10 avril 2013 3 10 /04 /avril /2013 12:42

 

  Première partie ici : Parole de SDF 1

Et donc telle que je suis avec mes grosses bottes un peu crottées et mais vêtements de paysanne mais pas assez chauds pour ce jour-là, me voici à Bruxelles, prenant un café avec mon voisin dans la Salle d’attente de ceux qui n’attendent plus rien, avant d’aller faire mon tour aux Puces pur remonter mon petit ménage avant de repartir pur des régions plus boisées – je suis en manque de profonde forêt dans lesquelles me perdre, parfois j’en étouffe.

Assez vite, j’ai rempli mes sacs aux Puces, même qu’ils en débordent, une couette avec sa hausse impeccable, une bonne couverture en pure laine, un sac de couchage en coton et duvet, léger et qui ne prend pas beaucoup de place, trois bouquins, quelques vêtements surtout pour mon boulot de nettoyage chez les chiens et autres biquettes qui vous en consomment beaucoup. Comme je ne peux rien prendre de plus je décide de retourner au bistrot voir ce que fait mon voisin et voir si je peux poser mes acquisitions dans la voiture pour profiter de mon passage en ville pour faire quelques autres achats de choses introuvables dans ma campagne perdue pour qui est à pied.

Manque de bol, il n’est pas là et comme je n’ai pas de téléphone je ne peux le contacter. J’attends donc un moment en espérant le voir arriver… puis signale à la barmaid que je vais faire quelques course à côté et que j‘arrive. « Pas de problème » qu’elle me dit. Pour ne pas que cela dure trop longtemps je me rabats sur le magasin voisin, plus cher et pas meilleur que ceux dans lesquels je vais d’habitude, je fais donc plusieurs fois le tour pour faire les meilleurs achats possible au meilleur prix.

Quand je ressors je trouve mes affaires dans la rue.

Et là tout bascule. Je rentre dans le bistrot pour demander quoi. Une habituée que je n’aime vraiment pas – ce qui est rare de ma part – mais que je ne fréquente pas non plus, me dit que c’est elle qui a mis mes affaires dehors, je n’ai jamais fait cela de ma vie, mais là c’est parti tout seul je lui flanque une gifle, avant d’aller au bar où la gonzesse me dit avec une mielleuse hypocrisie « Oui m’enfin, c’est pas moi la patronne »… OK les mecs, j’ai vu le topo, je sors pour ne pas laisser mes affaires abandonnées. Et la malfaisante me suit en m’insultant. « Mes affaires puent la mort » qu’elle dit. Pure invention de sa part. Plus tard je vais les renifler sous toutes les coutures, rien, une petite odeur d’encens sur deux pulls mais rien de repérable dans ce bistrot dans lequel la moitié de la clientèle au moins se lave rarement. Même aux Puces il y a des gens qui vendent des choses lavées et j’ai déjà été dérangée par l’odeur de lessive bon marché dont usent certains marchands, mais ce n’est pas le cas cette fois. Je veux bien reconnaître qu’elle faisait désordre, mais sans plus, c’est pourquoi j’ai signalé que je partais faire quelques courses.

Je ne vais pas vous retracer toute la scène dans laquelle la malfaisante puis une autre personne – bien bourrée comme d’habitude mais pour qui j’avais plutôt de la sympathie et n’ai jamais eu que des rapports sereins ou gentils u neutres - m’agressent à tour de rôle. Chacune vient une fois face à moi et approche de mon visage leurs grosses joues et leurs yeux aux pupilles contractées pour me hurler les deux « DROGUEE » et l’une me traite de clocharde et l’autre pur se réjouir de ce que j’ai été jetée dehors de la caravane par la propriétaire qui est une amie commune, ce dont il n’a jamais été question. Je veux repartir parce que j’ai besoin de retrouver ma caravane et la forêt, mais en qui la concerne je reste aussi longtemps que je veux m’a-t-elle dit.

Je reconnais que quand la Malfaisante est venue se plonger dans mon regard, j’ai eu envie de la tuer, j’expliquerai après ce qui m’est passé dans la tête à ce moment précis, mais bon, je suis une personne raisonnable qui contrôle ses pulsions de violence et à la microseconde de pulsion meurtrière en a succédé une autre de calcul de conséquence, sans domicile et sans papiers en plus, dans ce coin-là, chez les flics cela aurait été le massacre, même si sans aller jusqu’à la tuer, j’avais tout simplement accepter le rapport de violence. Ma gifle n’avait rien de violent, juste la correction justifiée pour une action mauvaise de méchanceté gratuite.  C’est la suite qui a fait monter ma colère, parce que je suis toujours plus violente quand on s’en prend à ceux que ‘aime que quand c’est à moi qu’on s’en prend de cette manière.

Droguée, venant d’alcooliques chroniques et bouffeuses de médocs, cela me semble tout de même un peu surfait en ce qui me concerne. Que la Mauvaise me hurle qu’elle est chez elle dans ce bistrot, qu’elle y vient tous les jours et qu’on m’y voit moi une fois tous les 36 du mois, me semble tout à mon honneur étant donné que c’est le seul bistrot où je mets les pieds, cela dit que j’ai mieux à faire de ma vie (et de mes sous) que de la passer au bistrot        . Clocharde… on me l’a déjà fait celle-là, et il est clair que de mener une vie de nomade et de vagabonde pauvre, en restant honnête (j’y tiens, c’est un de mes luxes) sans sombrer dans la misère est de plus en plus un exercice de funambulisme – surtout quand des crétins prétendent vous aider contre votre volonté comme cela m’est arrivé plusieurs fois au cours des dernières années. Je m’en sors mieux que bien grâce à un long apprentissage et dans les moments les plus difficiles, j’ai toujours pu bénéficier de retour de solidarité.

C’est infiniment plus difficile et déstructurant pour ceux toujours plus nombreux qui se retrouvent dans ce genre de situation sans y être préparés, sans avoir consciemment et volontairement accepté les contraintes du nomadisme et de la pauvreté, s’en même être capables de concevoir les joies – parfois je savoure mon bonheur – que l’on peut retirer de se donner les moyens du bien-vivre dans les conditions de la plus grande précarité. C’est un beau défi et j’aime cela.

La Malfaisante m’a aussi traitée de clocharde et de « petite vieille »,je n’ai pas envie de coller mes photos sur le web, mais bon, je vous aurais donné un aperçu de petite vieille qui se porte pas trop mal. Il est temps que je reprenne un soin accru de ma santé un peu malmenée au cours des dernières années, mais il me reste quelques acquis de l’athlétisme quotidien de la vie en montagne qui l’aurait mise en danger si elle ne m’avait provoquée ailleurs que du seuil du bistrot avec dix personnes pour lui prêter main forte si j’avais céder à la provocation.

Pourquoi alors ai-je envie de la tuer ? Au nom de toutes les petites vieilles, éventuellement droguées et alcooliques, qui se voit jetées dehors de leur précaire refuge, qui cherchent un peu de chaleur dans un bistrot, même glauque, même craignoss, même brassant de la sinistrose autant que de bière et qui lorsqu’elles partent un moment s’acheter à manger, en prenant soin de ne pas acheter n’importe quoi, à n’importe quel prix, retrouvent leurs affaires dans la rue, et les clients lumpens du bar pourri, patrons et personnel à l’avenant qui se joignent au geste de pure méchanceté, mais aussi à la stigmatisation.

A cause de celui qui les fréquente tous les jours ces gens de la rue dont de nombreux gamins aux histoires tragiques et qui en sont encore à dire que s’ils se retrouvent dans la rue, c’est qu’ils le veulent bien.

J’ai passé quatre heures dans le froid à attendre mon chauffeur, j’ai bien failli me chopper la crève et j’ai eu un gros coup de cafard, qui m’a fait bien pleurer en lisant le lendemain « La loi du plus faible » de Grisham, ramené des Puces, et qui décrit la situation des SDF à Washington et en voyant comme nous prenons toujours plus ces chemins de terrible misère ici. J’ai pleuré, mon ami gravement malade, j’ai pleuré pour le gamin qui s’est fait sus mes yeux traiter de drogué avec haine par le barman dans le même bistrot, et lui c’est vrai et pas qu’un peu, et je connais un peu son histoire, et pour n’en point dire plus, enfant de drogués, enfant de la prostitution, de la délinquance des parents, et ils sont aussi de plus en plus nombreux à échouer sur la plage abandonnée des rebuts de société, SDF sans famille à 14, 15, 16 ans.

J’en croise de plus en plus de ces lumpens haineux, de ces petits bourgeois revanchards qui peu à peu se convertissent à l’idée que tous ces rebuts, ces charges sociales devraient sinon être éradiqués du moins être mis dans des camps où par la force ils seraient rendus productifs. Quand on a en tête les schémas de la globalisation homogénéisation, eugéniste, esclavagiste, on se dit que ces imbéciles scient avec frénésie la branche sur laquelle ils sont assis, mais quand on compatit, et entre en empathie parfois, avec le poids de souffrance qui sont la conséquence aussi de cette attitude stigmatisante, mesquine et malveillante devenue générale qui fait que ceux qui sont au bas de l’échelle sociale s’en prennent avec virulence à ceux qui arpente l’horizontalité de gré ou de force, parfois c’est la colère qui s’impose car sans cette complaisance de certains faibles à faire le jeu des puissants, aucune des dérives dont nous pâtissons actuellement ne serait possible.

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12 mars 2013 2 12 /03 /mars /2013 10:27

 

Réponse au commentaire d'Anne-Marie   (Les coups de coeur d'Anne-Marie)   sur La propagande hollywoodienne et la CIA 

 

C’est en grande partie grâce à ces géants d’Amérique Latine sur les épaules desquel(le)s j’essaye de me hisser que ma vision du monde c’est petit à petit transformée. Ou plutôt, ils m’ont appris à nommer ce que je discernais tout en m’apportant l’immense soulagement : si la plus grande partie d’un continent à une vision similaire, c’est que je ne suis pas en train d’halluciner ou alors c’est une hallucination vraiment très collective !

Après j’ai compris que en montagne, et sans médias, non seulement je n’avais pas été prise dans les matrices d’opinions de la propagande, mais j’étais susceptible de recevoir comme un choc ce que je découvrais en revenant en ville et que les habitants qui y avait été habitué petit à petit par glissements successifs, des changements progressifs effectués de telle manière qu’ilsoit chacun sous le seuil de perceptions.

J’avais déjà perçu cette dérive quelques années auparavant. Je m’étais dit en rigolant que si j’étais prof d’univ, je collerais mes assistants à la tâche fastidieuse d’étudier tous les glissements qui dans un domaine donné constituaient des restrictions progressives d’espace de liberté.

Il y a une chose dont je me rends compte à présent, c’est que j’étais passée à côté de quelque chose de basique, essentiel : le pouvoir de la propagande. Le fait même que nous ayons été soumis à une arme de destruction massive des consciences, dont la propagande est un outil, pas le seul,  ne m’est apparu que récemment dans toute son ampleur.

J’avais bien vu qu’au fur et à mesure que la médias se retrouvait concentrée au main de quelques grosses firme capitalistes, et que les études de journalisme étaient rendue toujours plus insipide, nous nous retrouvions toujours d’avantage face à des outils de désinformation et de divertissement – de diversion – parce que c’est un rôle sous-estimé des médias  faire diversion, comme le font certaines mesures politiques, avec sarko, c’était la burka, avec Hollande, c’est le droit pour les homosexuels d’être des petits bourgeois comme les autres, pour un socialiste qui malgré leurs quelques enfants et leur longue vie commune n’a pas épouser sa Ségolène par refus d’ l’institution « bourgeoise » du mariage, c’est un comble !

Donc si j’ai encore du mal l’exprimer avec les bons concepts, je perçois clairement que ce qui est nommé « intérêts et sécurité des Etats-Unis » ne sont en fait ni les intérêts, ni la sécurité des habitants de ce pays, mais bien ceux du pouvoir central globalisant d’une corporation marchande, celle des grandes transnationales apatrides qui petit à petit confisquent le monde et jusqu’à notre liberté de penser, de manger, de nous soigner comme nous l’entendons.

Il faut que je relise certains textes concernant les nouvelles stratégies militaires des USA pour pouvoir exprimer techniquement les étapes d’un coup d’état militaire qui s’est produit dans ce pays pendant le premier mandat d’Obama, mandat pendant lequel tout démontre qu’il agissait comme mandataire des transnationales (qui l’ont sponsorisé), pas du peuple.

C’est d’autant plus important que ce déplacement de pouvoir qui fait du Pentagone le second échelon du pouvoir est un remaniement incluent un programme mondial sous le nom d’opérations conjointes et de cultures stratégiques. En France, opération Scorpion pour l’aspect « contre insurrectionnel), et ne sais plus le nom exact des clubs sécurité-défense, sortes d’opération Tupperware, destinées aux associations et cadres de la »société civile », afin de faire passer la pilule des nouveaux systèmes de contrôle et de répression (et de leurs coûts). Un détail ? Il existe d’incessant va et vient, entre l’armée US et les Sociétés des Marchands d’Armes, ont retrouvent les mêmes à différents moments à des postes à responsabilités grassement payés pour les seconds. Les opérations conjointes dans leur aspect militaire (incluent la militarisation des polices), 150 !!! cent cinquante pays du monde ont reçu la visite des instructeurs des Opérations Spéciales, et ont acheté le matériel de répression/contrôle des populations produit par les Marchands d’Armes.

Bref il n’y a que quelques pays principalement en Amérique Latine qui ont refusé poliment de former leur armée et leur police aux techniques de protection-défense des intérêts et de la sécurité des Etats-Unis transnationales dans le monde.  Quand on lit les analystes, les journalistes et divers blogs d’Amérique Latine, tout cela devient évident.

Si Obama a eu le rôle de vecteur d’une transformation politique lors de sont premier mandat, ce fut bien de rendre le pouvoir politique insignifiant, relégué au rôle de diversion, pendant que dans l’ombre se poursuit l’implacable avancée de l’Empire des Gros Marchands. Quelques textes sur ce blog décrivent l’ensemble du processus, il faudrait que je remette un peu d’ordre dans tout cela. Si le Grand Esprit de la Terre m’accorde un plus grand crédit Internet, ce sera fait. Mais j’ai d’autres priorités pour le moment. Montrer la différence par exemple entre le Président Hugo Chavez, mandataire populaire et Obama, marionnette populiste d’une dictature qui agit dans l’ombre, pendant qu’il fait joujou avec ses drones tueurs.  

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10 mars 2013 7 10 /03 /mars /2013 12:26

 

 

 

Réapprendre le monde pour se le réapproprier.

J’ai essayé de rendre un peu de cette ambiance des 70, il parait que les 60 n’étaient pas tristes non plus. Souvenirs d’enfances…les infos…on a tout juste la télé,  je vois des tas de gens courir dans les rues, crier très fort et aussi des pavés qui volent. Je demande ce qui se passe, ma grand-mère (nul n’est parfait) me répond « Ce sont des voyous »… mai 68, elle avait rien compris, il s’agissait en fait de gens qui cherchaient la plage cachée sous les pavés, comme je ne tarderai pas à l’apprendre.

« Sous les pavés la plage », « L’imagination au pouvoir »…  et à gauche comme à droite, cette promesse d’une société de loisirs actifs… et cette indissociabilité des mouvements gauchistes et hippies de l’époque, la fête est au cœur de nos luttes. « Il y a de la joie dans l’air… » du bonheur… Il y a aussi cette rencontre avec les camarades venus d’ailleurs, bientôt arriverons les réfugiés Chiliens et autres militants menacé par le Condor.

J’ai commencé à fréquenter l’université bien avant d’y être étudiante, s’y pratique un sitting permanent, (« Des fraises et du sang », c’est aux states pas chez nous !) des discussions passionnées avec les étudiants de gauche venu du monde entier. Des bistrots accueillent les uns les vietnamiens de la droite dure, d’autres nous reçoivent nos camarades et nous. Plus tard je rencontrerai un ex-militaire d vietnamien devenu mercenaire au service des EU en Amérique Latine : « Tuer, toujours tuer, je n’en pouvais plus » me dit-il. Et je sens alors que j’ai froid dans le dos !

Nous nous battons contre LA guerre et donc contre toutes les guerres, mais nous ne savons pas ce que c’est la guerre. Nous nous battons contre toutes les formes d’exploitation de l’humain par d’autres qui ne les ont plus trop… Nous sommes à un tournant mais nous ne le savons pas. Comme ledit Stephen King dans un bouquin plus ou moins autobiographique, à ce moment-là tout était possible et nous n’avons rien fait. Le fait que nous ayons cru à l’époque à des versions dignes d’Hollywood des révolutions russes ou chinoises, en dit long notre conception de la révolution a déjà été revue et corrigée par Disney.

Il faut bien dire que cette jeunesse agitée dont certains s’attribuent pompeusement le titre d’avant-garde du prolétariat, le prolétariat elle ne sait pas trop ce que c’est. Les Trotskystes par exemple sont implantés principalement dans les lycées et parmi les classes moyennes de l’époque, une jeunesse dorée et cul-dans- le-beurre… les uns songent déjà à faire carrière dans le futur régime, alors que d’autres ne sont là que pour dépenser leur trop plein d’énergie. Un jour, un camarade trotskiste me tombe dessus plein d’enthousiasme : « On a recruté un jeune ouvrier », il en pleurerait d’enthousiasme, la connexion est faite entre l’avant-garde et le peuple. Le jeune ouvrier devient la mascotte, après on se rendra compte que c’était un flic… no comment.

Ce sont les grandes grèves des mineurs de 60-61 qui marquent en Belgique la fin de la lutte ouvrière comme telle parce que la fin de la classe ouvrière comme telle se dessine à l’horizon. De prolétaires, les ouvriers deviennent des nantis, des petits bourgeois qui défendent leurs acquis. Encore une fois que une fois que les exceptions me pardonnent, je parle en général.

La fausse prospérité de l’après-guerre, dont nous bénéficions à l’époque, encore pour quelques temps, va démobiliser les forces qui souhaitaient un réel changement de manière d’habiter la planète. Téloche, bagnole, machine à laver, le camping-car pour les congés payés à la Côte d’Azur dans des campings surpeuplés… Avec nos capitalistes on est tout de même mieux lotis que les Russes avec Staline ou les Chinois avec Mao.

A l’époque l’austérité et le manque de libertés « individuelles » apparaissent d’avantage comme des attributs d’une gauche à contre-courant de l’histoire que le capitalisme qui déverse en abondance, ses « nouvelles verroteries » sur les marchés créés dans ce but, et tout cela à crédit, mais nous ne le savions pas. Nos gouvernements nous endettent mais ne s’en vantent pas, et font passer cette soudaine abondance pour le résultat de leur bonne gestion. Le progrès est du côté du « Rêve américain », les savants russes et étasuniens mène une perpétuelle courses contre la montre, devoir de résultat… »Nous sommes les premiers à avoir marché sur la lune », c’est aussi un enjeu politique. En réalité espionnage aidant, les recherches se déroulent sur des terrains similaires et ne cesse de se talonner. 

C’est aussi l’époque où les techniques de manipulation des inconscients collectifs avancent à vitesse accélérée, faut bien dire que les Russes sont doués et ont ce grand avantage de pouvoir utiliser le matériel humain à leur convenance sans avoir à se soucier d’opinion publique. Ce qui est évidemment très bénéfique pour la recherche au service du Progrès.

Manque de bol pour nous, une fois que l’opinion publique va vivre plus à Beverly Hills ou Dallas, suspendue dans l’attente du prochain épisode de sa série préférée, dont les héros, à force font partie de la famille, la révolution ? C’est quoi…  Je n’ai pas vu un seul épisode de Dallas ! Mais bon comment y échapper quand les gens autour de vous commencent à parler de J.R.  comme d’un vieux pote temporairement en difficulté, mais on lui fait confiance, on le connait, il va s’en sortir.

Un petit livre réunissant quelques essais d’Umberto Eco « La guerre du faux » décrit  assez bien ce qui se passe là. Fiction et réalité se mélange jusqu’à l’indiscernable, les militaires-là qui massacrent ce village, c’est pour de vrai ou c’est du cinéma ? Une petite anecdote mais qui en dit long, toujours à la même époque des copains musiciens (de gauche) que le système fait une tentative qui restera sans suite, de récupérer, parte tourner un clip au Luxembourg, avec quelques gamins qui leur sont gentiment fourni par leur « manager ». Notre grande vedette nationale  Plastic Bertrand  est là également pour tourner son propre clip… des gamins s’approchent de lui, le touche et s’étonnent « Tu existes en vrai ! » Ben oui, moi j’ai bien cru longtemps que les confitures du magasin, c’étaient des faux fruits.

Une autre image, on descend à Genève avec le fils d’ami qui doit avoir 3-4 ans à l’époque. Dans l’appartement la télé est allumée, un film – comme beaucoup entrecoupé de scène de grade violence », je ne fais pas attention, quand soudain je vois le petit garçon, fasciné, le regard plein d’horreur. Chez lui, il n’y a pas la télé. Pour les gamins chez qui elle fonctionne parfois en permanence, la violence est banalisée… Cela aussi fait partie de la propagande. La guerre partout, des scènes d’une violence inouïes, c’est banal donc c’est normal. Et la confusion entre réalité et fiction accentue le désinvestissement de la réalité.

Encore une fois, je pourrais donner une multiplicité d’exemples qui vont dans le même sens. Quelques personnes ont pris la peine d’établir le lien entre des enfants et jeunes tueurs et l’usage imposés de certains médicaments à la jeunesse potentiellement turbulente. 6millions de petits étasuniens sous Ritalin, j’ai des potes qui se défoncent avec ça, de ceux qui ont l’expérience de drogues dites dures… « Ton neveu, on lui donne du Ritalin ? Tu peux m’en amener, tu peux m’en amener » Débit saccadé, j’ai ces consonance d’un appel pressant en écho…

En France, en Belgique, on y est aussi. En Belgique, pour ma génération, les militantes trop sautillantes et autres jeunesses un peu allumée du caisson… de la joie à l’état pur, je vous dis on essayait de leur filer du lexotan. On m’en a prescrit, je ne demandais rien, je n’avais aucun problème de santé, j’étais plutôt bien dans ma peau (avec les réserves des doutes de l’adolescence, normal) ma mère avait dit au médecin que j’étais un peu trop »nerveuse » et j’en ai pris, pendant deux semaines, avant de tout balancer, c’est quoi cette merde… D’abord j’étais pas nerveuse, j’étais plutôt « excité comme une puce », débordante d’énergie, de santé, d’enthousiasme pour notre « nouveau monde »… c’était plutôt  bon signe… si je suis une « survivante », c’est que tous ces moments de joie forme une petite nappe phréatique de vitalité, je m’y ressource quand le doute me prend.

Je l’ai déjà dit  « Moi les médicaments, Beurk ! » C’est peut-être pour cela que je suis en bonne santé, malgré mes dérives des dernières années. Mais voilà, les drogues légales étaient déjà là pour réfréner  nos enthousiasmes militants et nos aptitudes à mettre beaucoup d’énergie à faire la fête… Ce sont les lavandières qui ont inventé de French Cancan, au bal du samedi soir, elles devaient avoir une sacré énergie pour se démener comme cela après une semaine de dur labeur. Un peu de ritalin ou de lexotan aurait sans doute arrangé ce problème devenu socialement réprouvé… les débordements d’énergie de la jeunesse, les trop grandes pulsions de vie.

Bientôt les caméras dans les rues détecteront les comportements « déviant », notre belle jeunesse s’en va devoir apprendre à marcher droit si elle ne veut pas se faire repérer les jours de guindailles. Triste monde !

Pendant que nous cultivions notre illusion de monde meilleur à venir, c’est « le meilleur des mondes » qui s’installait en douce sur notre territoire. Les stratégies de la néocolonisation par les transnationales  sont récurrentes. Là nous entrons dans une nouvelle phase de leur conquête de la domination du monde, le gant de velours est usés, les carottes transgéniques sont trop cuites, nous entrons dans l’ai de la « main de fer » et du bâton.

Mais comment en sommes-nous arrivé là.

Statégies néocoloniales appliquées à la seconde guerre mondiale. Première étape : fabrication de la guerre. Catalyse des tensions entre différents groupes qui seront armés par les mêmes. Le système est un système cybernétique dont les mécanismes de renforcement sont conçus pour que les Profiteurs en sortent toujours gagnant et sur possible sur plusieurs tableau à la fois. Je suis certaine qu’il doit y avoir quelques parts des diagrammes qui en tracent les principaux mécanismes. On arme les uns, on arme les autres et tous payent ou s’endettent, les marchands d’armes ont déjà gagné, les deux parties leur sont redevables. Après peu importe qui sera vainqueur de la guerre, ceux qui ont faits cette guerre sont perdants par rapport à ceux qui l’ont fabriquée, impulsée, organisée…. Les forces vives de la nation  sont affaiblies par la guerre, et une partie des infrastructures du pays sont détruites… Un dernier petit coup sur Dresde pour faire bonne mesure.

Ne pas perdre de vue que l’entité « gouvernement des Etats-Unis » est une officine de second rang (parmi les outils effectifs) par rapport au pouvoir transnational, central, et globalisant, qui par son intermédiaire met l’armée du pays à son service.  Aujourd’hui le gouvernement US (pas contrôlable à 1OO%) est passé au troisième rang derrière le Pentagone (qui émane directement du pouvoir central), histoire d’un coup d’état silencieux).

Néocolonisation, première étape, guerre et destruction.

Deuxième étape, reconstruction. Les « autorités » traditionnelles du pays sont évincée, une nouvelle classe dirigeantes est créés de toute pièce composées d’autorités traditionnelles convertie et d’une classe de nouveaux riches qui doit sa fraiche fortune au nouveaux maîtres, VBD, le boucher en est l’exemple parfait en Belgique et les petits livres « VDB » et ses amis sont exemplatifs. Après les marchands d’arme, vient le tour des promoteurs immobiliers. Ces livres démontent les mécanismes de la destruction de Bruxelles et de sa reconstruction qui s’en sortent multimillionnaires. Un exemple, l’immeuble qui a abrité la grande poste place de Brouckère. Faut d’abord mettre à bas un peu de mémoire, on appelle les copains, Froidecouer ou Crèvecoeur (c’est pas une blague, ils s’appellent vraiment comme cela, la Belqique est le pays du surréalisme) amène leur bull et ciao Bruxelles ma belle. Reconstruction, toujours les copains, Blaton dont la devise pourrait être détruire ou construire on s’en fout du moment qu’on s’enrichisse. Construction d’une tour modèle US garantit. Le droit d’emphytéose est cédé à une société pour un franc symbolique, VBB y a ses hommes de paille, deux étages sont loués à prix d’or à la commune de Bruxelles dont il est bourgmestre. A chaque étape, lui et ses copains du CEPIC ,extrême-droite catholique, se sont enrichis. Ils ont à présent les moyens de participer à la stratégie de la tension, VDB, prépare son coup d’état militaire… il va échouer, trop tôt, l’opinion publique est loin de se laisser berner. Il faudra quelques décennies supplémentaires et les plus lucides d’entre nous, se pose aujourd’hui la question « Elle  en est où aujourd’hui, l’opinion publique ? »

Pour cette étape de destruction, j’ai abordé la question urbaine. La colonisation de la campagne, la transformation du paysage m’entraînerait loin dans des considérations écosophiques qui viendront plus tard. « Les palombes ne passeront plus » et autres récits du paysan, historien et romancier Michelet donnent quelques bonnes description qui incluent l’état d’esprit dans les campagnes face à cette transformation qui va créer un nouvel exode rural.

Ce qui nous mène à une troisième étape : propagande et colonisation culturelle, substitution progressive du Marché Unique Mondial Globalisé au marchés locaux. Ce qui ne va pas sans une transformation induite des mentalités, des modes de vie, des habitudes.

Principe de base : le prêt conditionné… on vous prêtes de quoi reconstruire à condition que vous achetiez ce qu’on vous dit d’acheter pour en faire ce qu’on vous dit de faire. Et effectivement comme je le disais ci-dessus, une nouvelle caste va y trouver l’occasion d’un enrichissement immédiat qui en fait une collaboratrice dévouée : les nouveaux riches, qui n’étaient rien et soudain se retrouvent à des postes de pouvoir et ou d’influence dans leur pays par la grâce des nouveaux maîtres.

Si nous voulons reconquérir notre territoire, nous devrons nous aussi user de cette notion qu’utilisent les paysans et les gouvernements rebelles d’Amérique Latine, celle de « Bien Mal Acquis » appliquée à la Propriété Privée dans un système de capture.

A chaque étape, il y a eu des prêts. La guerre, cela coute cher, la reconstruction aussi. A chaque étape ces prêts sont conditionnés et permettent l’introduction du Marché sur nos territoires. A chaque étape, les prêts sont demandés et accordés sans compter. Les emprunteurs ont confiance, les bénéfices promis sont juteux, ils n’ont sans doute même pas conscience qu’ils prennent un risque. Les créanciers eux, jubilent. Il est de plus en plus clair qu’ils savent déjà, que surgira la crise opportune… adieu bénéfice, course en avant de crise en crise, d’endettement en nouveaux endettements, effondrement de nos économies. Nos gouvernements ont mis en gage notre patrimoine commun, les créanciers réclament leur dû, privatisation… ils se sont appropriés notre territoire, il leur faut aussi nos âmes.

Après il y a tous les rouages, mais le mécanisme de base est très simple et il fonctionne tout aussi bien à l’échelle des ménage, dans le crédit à la consommation pour des objets qui doivent être remplacés de plus en plus vite et l’immobilier, on connait l’histoire. Pourquoi vous croyez-que les banquiers ont prêté à tour de bras aux étasuniens ou aux espagnols, sans demander aucune garantie des prêts pour investissement immobiliers ? Vous les croyez cons ? Incompétents ? Vous êtes naïfs, la machine de capture est bien rôdée, et quelques-uns ont été grassement payés pour porter le chapeau d’une incompétence programmé, de quoi être largement consolés de passer pour l’imbécile de l’histoire, avant d’être réengagés discrètement ailleurs, le temps de se faire oublier..

Ce n’est pas un complot, c’est une stratégie, l’Europe première région du monde à bénéficier des joies de la néo-colonisation.

Et j’arrête là pour le moment

Anne

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9 mars 2013 6 09 /03 /mars /2013 13:55

 

 

Et donc me voilà parcourant le champ de bataille déserté par la gauche qui s’est rendue sans combattre sinon entre soi. L’illusion électorale et la promesse d’un monde de loisir et d’abondance ont calmé les ardeurs belliqueuses de la classe laborieuse en quête de dignité.

 

Désormais la « démocratie » est un du, le système est consacré, on ne lutte plus pour y mettre fin, on revendique, on récrimine, et lutte pour le droit d’être un bon consommateur. « Emploi et pouvoir d’achat » des revendications d’esclaves du système, de ceux qui n’ont pas connu ou ont oublié le monde d’avant, se gavant de hamburger ketchup et bière (avec alcool pas comme au states), ils rêvent « américain ».

Du temps de mon enfance, les « petites gens » avaient des rêves plus nobles, les droits conquis ne l’ont été que par l’alliance du bon sens du peuple partagé avec quelques bourgeois éclairés, n’en déplaisent à certains. Deux auteurs – russes- Tolstoï et Zinoviev et deux auteurs français, Sartre et Laborit,  m’ont apporté beaucoup dans ma recherche de ce qu’est la « liberté » et Bush a fait le reste.

Les russes d’abord. Tolstoï, mon préféré, et qu’on ne vienne pas me dire que de tels auteurs, tout bourgeois ou nobles qu’ils soient n’ont pas contribué à l’humanisation de l’homme. Mon préféré c’est « Anna Harénine », non pour Anna, dont je me fiche à vrai dire mais pour Constantin Levine, l’agronome, incarnation de Tolstoï, je saute des passages pour poursuivre le fil de ses réflexions. Je prends alors vraiment conscience que homme, femme, d’ici ou d’ailleurs dans l’espace et dans le temps, certains être semblent partager les fibres d’une sensibilité commune.

Cela me donne vraiment envie de le relire… et¨donc Tolstoï va vouloir accorder la liberté aux serfs d’une de ses terres pour y créer une sorte de commune. Les serfs refusent parce que cette liberté leur semble trop chargée de risques et de responsabilités, alors que là, ils ne manquent de rien. Et Zinoviev fera résonnance à cela, Zinoviev est un dissident écrivain et logicien d’URSS, dont je recommande vraiment la lecture de « L’antichambre du paradis ». Une fresque de l’URSS au quotidien, traversée par l’évangile selon Yvan. Yvan c’est la parole libre de ceux qui se réunissent, assis sur des caisses en bois, dans les parcs, au coin d’une rue,  pour partager la vodka… et philosophent, une autre figure de la liberté. Zinoviev partira vivre aux USA, il donnera des conférences. Un petit bouquin, « Ni liberté, ni égalité, ni fraternité », de quoi faire faire un bond en avant à nos »universalistes » sectaires et aux utopistes libertaires. Ce n’est pas que Zinoviev, soit contre la liberté, l’égalité ou la fraternité, ce qu'il nous explique justement c’est que ces concepts n’ont aucun sens universellement donné une fois pour toute et reconnu de sens commun par tous.

Il nous raconte le désarroi de ses compatriotes débarquant aux Etats-Unis et se trouvant face à l’obligation de faire sans cesse des choix (liberté) et bien, ils trouvent cela pénible. Ce qui fait résonance avec le refus de la liberté des serfs de Tolstoï dont l’argumentaire est de l’ordre « Hé là, mon gars, t’es responsable de nous, tu ne vas pas te débarrasser de nous comme ça…qui nous donnera ceci, cela quand on en a besoin… » Un parallèle avec l’état providence ?

Mais continuons notre parcours et voici Sartre, celui de la Nausée, mais aussi celui des « Chemins de la liberté » Dans la Nausée, le héros, en quête de liberté absolue, va se libérer peu à peu de tous ces attachements et de toutes ces obligations, abdiquer de toutes ses responsabilités, et peu à peu le monde va perdre sa consistance, se déformant sous ses yeux. L’histoire se termine avec Roquentin, sur un quai de gare, attendant le train pour nulle part, absolument libre et absolument seul.  Moralité : la liberté sans responsabilité est une liberté vide. Il n’existe pas de liberté absolue mais bien des espaces de liberté. Une espèce en voie de disparition, à protéger d’urgence. Les espaces de liberté sont fonction des responsabilités assumées et de la contingence. Un peuple qui ne prend pas la responsabilité active de la préservation des espaces de liberté, se verra privés de ceux-ci. Déléguer sa responsabilité politique c’est aussi déléguer ses droits, la nation souveraine et le peuple souverain sont deux entité totalement différentes, dans la première les droits ont été confisqués « par les représentants de la nation », éléments de réflexion trouvé dans un cours de droit constitutionnel, c’est encore une histoire de subtile glissement de sens. Le genre de notion qui me semble-t-il devrait être enseignée à chacun dès qu’il est en âge de comprendre. Mais cela c’est l’intérêt des peuples, pas celui de la nation.

Quand on veut refonder un monde, mieux vaut examiner les fondations.

Les « Chemins de la liberté » m’ont beaucoup appris sur ce qu’est la guerre réelle…je relirais avec plaisir. Un passage décrit la transformation de la perception du même paysage dans le pays en paix et dans le même en guerre, le paysage rassurant, familier soudain devient la source de danger possible, derrière le buisson dont la vue apaisait, peut se cacher l’ennemi qui va bientôt surgir et Sartre poursuit ainsi de proche en proche, jusqu’à la louche entre en état de guerre, une arme possible contre l’ennemi qui attaque ? Je pense à ces petites familles dont les pays sont quotidiennement survoler par les drones tueurs et qui redoutent à chaque instant de la nuit (en général,  ils volent de nuit) que le prochain soit pour eux…les dégâts « collatéraux, ce sont aussi ces peuples plongés en permanence dans la terreur. L’état de guerre est une privation de liberté. L’état de peur et à plus forte raison de terreur est une privation de liberté. La négation de tout espace de liberté possible. La terreur est une prison intérieure lovée dans les entrailles, partout on l’emmène avec soi.

La politique du soupçon à laquelle on nous incite aujourd’hui dans nos vie quotidienne, qui se double d’appels à la délation requalifiée de civisme est la forme atténuée (de basse intensité ?) de l’état de terreur. Voir le microfascisme de Deleuze (dans la colonne de droite). 

Celui qui n’a pas peur de se faire agresser peut à présent redouter de se faire dénoncer à tort par un voisin jaloux. Les petites boites pour dénonciations anonymes que posait l’Inquisition (voir Leroy-Ladurie qui en reprend le texte et le contexte pour un village dont j’ai oublié le nom. Edifiant !). Une nouvelle liberté offerte au peuple, celle de dénoncer et d’en tirer gloriole et éventuellement d’autres avantages, la vache du voisin dénoncé par exemple… Hier les délateurs rasaient les murs profils bas, aujourd’hui ils font la fête en se vantant de leurs exploits… Grâce à eux on a arrêté cet incivique petit vieux – un clochard, beurk ! - dont le clébard chiait sur le trottoir (le chien  on l’a piqué, le vieux est à l’asile). Scandale ! clament les braves gens qui trinquent en levant haut leur verre. Vive la propreté ! Vive la sécurité ! Vive la liberté ! Les chiens à l’abattoir ! Les vieillards à l’hospice !

Je n’exagère même pas, certains en sont là, cela correspond à l’idée qu’ils se font de leur propre liberté… et ceux qui vont plus loin, ils sont plus rares mais ils existent : »Et plus vite il crèvera le vieux moins on payera d’impôts pour nourrir sa sale tronche, et en Grèce, certains passent à l’acte ,tant qu’à nettoyer autant y aller à fond, exit le vieux, exit le chien, deux bons coups de barre de fer et l’affaire est réglée.. J’ai ouï dire qu’à Bogota aussi, cela barde pour les vagabonds… Et c’est là qu’il s’agit de choisir quelle liberté vous importe et ce que vous êtes prêts à donner de vous-même pour qu’elle puisse exister.

Celle dans laquelle le vieux et son ami chien ont le droit de finir leur jour, tranquilles, en ne manquant de rien, pas même d’un brin de causette avec les voisins, sur un banc, à la veillée. « Allez viens boire la soupe Papy » Ou la liberté qui veut que l’on se débarrasse du fardeau de ces bouches inutiles, et les barres de fer feront très bien l’affaire, propre et sans gaspillage d’énergie. Encore que ceux qui se chargent de ce genre de nettoyage n’y vont pas à l’économie, ils ont tendance à rouer de coups leurs victimes dans une grande explosion de haine exultante.

 

 

Et Laborit que nous dit-il ? C’est dans « La nouvelle grille ». J’étais déjà arrivée à la conclusion que la liberté était un concept vague, flou, un peu fourre-tout et chacun à la sienne. Et hop, la notion fécondante ! Laborit nous dit Liberté et Démocratie sont des concepts émotionnels. Le genre de concept idéal pour la manipulation des inconscients collectifs…tout le monde y va d’une même émotion mais pas d’un même contenu mais cela, n’a aucune importance. La plus magistrale illustration d’utilisation d’un concept émotionnel pour manipuler une foule : Le slogan de la première campagne d’Obama « Yes we can… », le mantra d’une grande messe collective. Et depuis qu’a pu faire chacun de ceux qui l’ont hurlé en y projetant son rêve ? Et ce rêve commun d’une majorité du peuple étasunien, en finir avec les guerres et ce rôle de gendarme du monde que personne n‘a sollicité, et s’occuper un peu du bien être dans le pays… « Oui  cela on le peut » criaient-ils à l’unisson, les voilà bien bernés.

 

C’est un bon outil de résistance à la manipulation, quand quelqu’un veut vous inclure dans une dynamique collective fondée sur des slogans, demandez-vous qu’elle est vraiment la consistance de ces slogans, son sens commun condition d’une action collective consciemment partagée. Je bannis la notion de masse du vocabulaire de mon monde rêvé sauf dans son sens de masse critique mais la masse critique nécessaire pour que ce monde advienne n’est pas faite de magma d’inconscients collectifs se déchaînant sous la pression des émotions mais bien de l’action concertée, organique, collective, auto organisée de personnes déterminées chacune d’abord personnellement, elles ont effectué un choix volontaire et conscient  et se rejoignent pour agir de manière  complémentaire. Ce choix volontaire et conscient de chacun, je l’appelle liberté, la possibilité qu’une masse critique soit atteinte pour que des choix de liberté personnelle trouvent résonance et se réalise par une action collective, c’est la contingence. La liberté est toujours fonction de la contingence qui constitue ces conditions de possibilité. On a toujours la liberté de souhaité nager dans un lac de montagne quand on crève de soif au milieu du désert… la contingence n’est alors pas favorable à la concrétisation de ma liberté, et si soudain elle le devenait, on parlerait de miracle, l’irruption de l’improbable, que par nature on attendait pas, que l’on attendait plus. Ainsi dans le monde contraignant de la pensée unique, nous sommes quelques-uns qui continuent à miser sur l’improbable, un monde de paix et de bien-être pour tous. Oser le penser, oser le dire, oser le mettre en œuvre à sa petite échelle, cela semble dérisoire, et pourtant cela participe de la persistance de ce monde comme possible et quand un seuil de masse critique est proche, nul n’est si petit qu’il ne puisse jouer un rôle déterminant.

Et nous continuons à miser sur ce monde parce que les « lois »s de la nature nous disent que si ce monde doit advenir, il y a toutes les chances qu’il surgisse quand et où on ne l’attendait pas entrant en expansion par résonance, et  c’est là que nul de ceux qui en participe n’est trop petit pour servir de relai et d’amplificateur.

Conclusion : la liberté n‘est pas un concept universel dont le sens est sans équivoque partagé par tous. Aucune proposition politique ne peut donc être élaborée sur ce concept sans qu’il soit très explicitement signifié ce qu’on entend par là.

Je vais donc poursuivre en précisant, j’utiliserai liberté dans un sens proche de « droit à l’autodétermination ».

Et Bush, là-dedans ? Bush ici est un symbole, celui d’une certaine conception de la « Liberté et de la Démocratie », un art consommé en fait d’instrumentaliser le caractère émotionnel de ces concepts à des fins manipulatoires, non sans auparavant avoir utilisé les matraquages de toutes les formes de propagande pour créer les matrices d’opinion susceptible d’y réagir dans le sens voulu. Et cela marche ! Et cela court, et même à gauche.

La pensée inclusive et les formes de recouvrement sont alors exclues. « Qui n’est pas avec nous est contre nous » à quoi je réponds « Qui n’est pas explicitement contre vous est avec vous », et me voici par un de ces étranges amalgames de la pensée unique, l’amie des Talibans. Et c’est là que nous entrons dans l’espace subtil des zones de recouvrement.

Suis-je amie des Talibans parce que je refuse l’hégémonie de l’Empire des Transnationales ? Pour savoir de qui on est ou non l’ami ou l’allié, il faut se tourner vers l’avenir et se demander : Si tel réalise son projet de monde et moi le mien, quel type d’interférences auront nous ? Je suis certaine d’une chose, c’est que je ne veux sous aucun prétexte vivre dans un monde régenté par les Talibans, mais je ne me sentirais pas mieux dans un monde soumis à la dictature d’intégristes catholiques… Et ce que d’autres en pensent pour eux-mêmes, les concerne au premier chef.

Je peux aussi pousser un peu plus avant. Si les fabricants d’armes et marchands de haine, via leur entreprise d’ingérence internationale (CIA) n’avaient pas jugé bon de sponsoriser et de renforcer les Talibans pour en faire une pièce maitresse de leur jeu d’échec contre les Russes en Afghanistan, nous n’en serions pas là. Le problème Taliban, mais aussi, l’émergence de l’Islam sur la scène internationale comme religion de guerre est une conséquence de jeux stratégiques irresponsables qui se permettent de financer et de renforcer des mouvements contraires aux principes qu’ils prétendent défendre. Après, les Talibans ont essaimé, constituant une multiplicité de petits noyaux qui ont grandi, détachés des origines, s’agrandissant des victimes et témoins des conséquences pour les peuples de la région des ingérences et guerres US ou de l’OTAN. Et cela est une autre donne. Et un sacré chaos… du genre dont toujours plus d’imprévisible peut émerger qui laissera les pronostiqueurs pantelant. Je suis donc en droit de dire que les fauteurs de guerres restreignent de mille manières mes espaces de liberté entre autre en créant les conditions qui font que je vis à présent dans un monde de soupçon là ou existait un monde de respect, en méfiance d’autrui là ou existait l’ouverture.

Parce que cela sont les lois de la nature et non leur «science  économique » inventées de manières à ce que « la loi du plus riche soit celle du plus fort et  toujours la meilleure », en méconnaissance absolue des vraies processus de la nature et de la vie, processus étant un terme plus adapté que celui de loi quand il s’agit de décrire l’existant, et sa permanente évolution.

Ceux qui inventent des lois pour le vivant, toujours, cherchent à le contraindre, qui cherche à le contraindre provoque des états d’instabilité.

En réalité :

« Qui provoque l’instabilité déchaîne l’imprévisible »

C’est tout pour aujourd’hui

Anne

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8 mars 2013 5 08 /03 /mars /2013 21:03

 

L’éclatement de la gauche a coïncidé avec l’introduction massive de drogues dures, provoquant une démobilisation massive de la jeunesse la plus turbulente. Insensible aux chants de sirènes des dealers, j’ai pu observer les effets sur d’autres. Observer n’est peut-être pas le bon mot, c’est de certains de mes plus proches amis dont il est question, et beaucoup ne sont plus là pour témoigner, être témoins de la douleur de veux qu’on aime, voir leur conscience petit à petit engloutie par des substances mortelles qui en deviennent maîtresse, c’est souvent dur et plus encore l’impuissance.

Et aujourd’hui je continue « d’observer » ; et un constat s’impose, Big Pharma a assurément conquis ses parts de marchés de la drogue, en toute légalité. Connaissez-vous le Rovitrol ? Il y a peu, je n’en avais jamais entendu parler, cela remplace parait-il le Rohipnol qui avait mauvaise presse, et en plus d’être prescrit à tour de bras, pour diverses raisons, comme des problèmes de manque d’alcool au réveil, cela circule aussi au marché noir, et certains lorsqu’ils prennent cela avec de l’alcool deviennent furieux…

La drogue est un problème majeur, elle a englouti une partie de la gauche que j’aimais,  potentielle ou avérée…. Exit la conscience politique, j’ai besoin de ma dose…

Petit détour complotiste. Nous avons déjà fait connaissance avec les trolls, « Serré-du-cul » et « Rabat-joie », une nouvelle figure s’inscrit dans le paysage : le dealer. J’ai assez bourlingué pour avoir croisé certains d’entre eux, beaucoup de petits poissons et quelques-uns d’un peu plus d’importance. Il y a une règle que mes amis respectent, c’est tout à leur avantage, c’est aspect de leur histoire, je ne partage pas, je n’ai pas à savoir, qui ne sait ne peut parler. Cela me permet d’avoir une relation sur d’autres plans un peu plus constructifs… mais bon. Un dealer, cela n’apparaît pas sui generis, celui qui planterait quelques pavot dans son jardin n’irait pas très loin avec cela.

Une série de question se posent donc : d’où vient la drogue ? qui organise le trafic ? qui en tire bénéfice ? Avant cette arrivée massive, il y avait de petites filières pour « initiés », soit des gens avec pas mal de pognon qui avaient leurs sources, soit les voyageurs qui ramenaient d’avantage des quantités conso personnelle et partage avec les potes, que de monter le gros bizness.

Il va y avoir deux étapes qui vont constituer un élargissement des cercles des consommateurs, chaque fois : plus de quantités offertes pour des prix plus bas et une diversification des substances, je parlais de l’augmentation terrifiante de l’usage de drogues pharmaceutiques. En prison, il y a longtemps qu’ils ont compris qu’en plus des médicaments distribués et parfois imposés gracieusement par l’administration, il faut laisser couler les petits trafics pour éviter les ambiances d’émeute. Quand l’ensemble de la société ressemble toujours d’avantage à l’univers carcéral, les mêmes méthodes s’imposent. Une constante est aussi le coup double, les services secrets finançant leurs guerres illégales en jouant du trafic d’armes et de drogues et en les déversant sur les « quartiers à risques », ghettos noirs par exemple.

Aux hippies la drogue sera présentée comme le chemin d’une mystique sans efforts qui ouvrent les chemins de l’ésotérisme, à  ceux qui envisagent de se révolter, elle est proposé comme un chemin de transgression de »l’ordre établi »… A présent à tous, des drogues sont présentées comme le moyen de juguler la souffrance morale née de conditions de vie de plus en plus insupportable. Dans tous les cas, elle ne permet pas le développement d’une conscience politique partagée.

Après les années d’illusion donc, la gauche implose sous l’impulsion de forces intérieures, introduites pour la faire éclater, il y a un morcèlement ? Les plus timorés, socialistes bourgeois principalement, mais aussi des anciens de la base propulsés aux sommets des syndicats signent des deux mains le contrat social et deviennent une composante du système. Certaines adhésions ont certainement eu leur prix, et je le dis aux petits ambitieux actuels qui sont à gauche avec une vocation de pouvoir personnel, le système adore pouvoir exhiber ses convertis et il est prêt à payer pour faciliter les conversions. Militer à gauche peut donc être un tremplin pour sauter quelques échelons de la hiérarchie à droite. Là non plus je ne donnerai pas de noms, mais les exemples foisonnent.

Me voici donc en errance au début des années 80, mais où c’est qu’elle est passée ma gauche ? Nous sommes alors un groupe d’amis, pas des militants, mais nous avons pour la plupart d’entre nous des idéaux et une sensibilité de gauche, et nous essayons de les appliquer dans notre vie quotidienne en même temps que nous nous soucions de l’impact sur l’environnement de nos manière de vivre… à la recherche de la simplicité. De temps en temps, ponctuellement nous participons à des actions militantes, mais ce n’est pas ce qui nous rapproche.

Des groupes comme notre tribu, j’en ai croisés pas mal au cours de mes errances. Certains étaient tout droit venus en repli après avoir été déçus par la politique. Faute de pouvoir construire le monde avec tous les camarades (à l’époque l’expression circulait encore librement) du monde entier… « Camarades, debout, debout, le monde va changer de base, nous ne sommes rien soyons tout ! » L’internationalisation de la lutte on y croyait.

Une évidence vu de l’époque, si les entreprises commencent à délocaliser parce qu’ailleurs la main d’œuvre est exploitable à merci, ben, on va soutenir les camarades « d’ailleurs », pour que eux aussi bénéficient de conditions de travails décentes – en attendant d’en finir une fois pour toute avec l’exploitation… l’internationalisme cela s’appelait… certains doivent bien s’en rappeler.

Quand la « classe ouvrière » commence à râler parce que les salauds de gosses de jaunes leur pique leur boulot, on est mal avec la révolution. Je  ne fais pas partie de la classe ouvrière et n’en suis pas issue, mais j’ai eu d’autres luttes, d’autres engagements, d’autres partages et de solidarités. Et nous étions nombreux de toutes origines sociales et ethniques, beaucoup d’entre nous faisaient partie de cette gauche essaimée. Mais le temps passant, les plus jeunes ne savaient même pas de quoi il était question, à part ceux à qui de plus anciens avaient transmis leur expérience. N’oublions pas que pendant la durée de ce récit, du début des 70 a maintenant la population mondiale a doublé.

Alors même que nous entrions en « crise », que les systèmes d’enseignements étaient progressivement démantelés, que la gauche latino se faisait massacrer et en Europe affadie ou négligeable  découragée, la gauche ne servait plus qu’à maintenir une fiction d’alternance. Que veut dire alternance quand il n’y a plus d’alternative.

Je pense que la carotte présentée par le « pouvoir » a fait son effet, puisque 2000 sera la société d’abondance et des loisirs dans le système capitaliste aussi, encore un petit effort et on y est, pourquoi encore se battre contre le capitalisme puisque finalement c’est kifkif. Et c’est certain que je n’aurais pas eu des amis du monde entier qui venaient me parler de la réalité capitaliste dans les pays « sous tutelle » comme dit la « Déclaration de droits de l’Homme », j’aurais pu y croire.

Cela fait presque 40ans maintenant que la mondialisation nous conduit de crise en crise, toujours « passagères » mais toujours plus grave, réduisant (en chiffre absolu, mais soit on est beaucoup plus) mais aussi an proportion toujours plus de gens à la misère). Alors que dans notre conception du monde, premier monde, première version, le progrès avait un sens positif qui n’était pas remis en question, progrés de la qualité de vie, pour tous et partout, aujourd’hui le progrès est celui d’une régression sur tous les plans, progrès de la dégradation de l’existant au Profit d’une réalité remédiée alors que le capitalisme a fait de la planète son grand laboratoire et que nous ne sommes pas loin du grand hôpital de Nietzsche. 

Ce renversement sémantique témoigne d’un renversement du cours des choses. Nous pourrons après nous intéresser à la manière dont se greffe les épiphénomènes, mais l’essentiel, c’est cela, pendant que nous sommes encore occupés à essayer d’inscrire notre projet de monde dans le cadre modestement revu et corrigé d’expériences locales, un changement s’est produit, nous sommes engagés sur une trajectoire qui conduit le monde très loin de l’abondance, la paix planétaire et la prospérité promises.

Et nous ne mesurons pas l’ampleur du phénomène, ce que mondialisation et globalisation veulent dire dans le cadre de ce projet qui apparait en filigrane, jusqu’à devenir de plus en plus visible, l’instauration d’une gouvernance (pas d’un gouvernement) mondiale, non pas une démarche politique émanant des peuples, mais bien une gestion économiste technocratique de l’ordre du quantitatif. Production – Consommation – Profit dans le monde du tout marchandisable, imposée « d’en-haut » à ceux « d’en-bas » qui n’ont pas été consulté, et beaucoup de ceux qui ont voulu s’y opposer ont été muselés. Notre monde est un monde sans haut ni bas… et quand j’emploie ce genre d’expression consacrée par l’usage, j’ai toujours envie de demander, en haut et en bas de quoi au fait ?

Refusant de participer à l’entreprise de prosélytisme clientéliste qu’était devenue une gauche racoleuse, dont les pratique sociales se limitaient à faire de la politique sans implication de terrain, ne franchissant les portes des usines qu’en période de campagne électorale, n’ayant pas envie de passer ma vie en querelles groupusculaire, mais ayant aussi tiré les leçons de ma brève carrière (à succès) d’agitatrice politique, ayant compris que les manipulations et instrumentalisations de la gauche parles « agents du pouvoir » ou des ambitieux, nous mettait souvent au service de causes contraires à celles que nous pensions servir, n’ayant reconnu ni dans le modèle « soviétique » ni dans le modèle chinois l’incarnation de mes aspirations, ne voulant pas renoncer cependant à transformer le monde en au moins un peu meilleur, me voilà en quête d’un jardin sans clôture. Peu, c’est mieux que rien.

Je crois que nous sommes nombreux à avoir penser que si nous la société dans son ensemble ne voulait pas de nos propositions, on allait pas forcer les gens quand même… On était des gamins enthousiastes à l’idée de participer à quelque chose de beau, de grand, de généreux, pas des aspirants dictateurs… tant s’en faut. Il est clair que quelque part on se disait que les gens finiraient bien par voir qu’on s’éclatait un peu plus que les constipés du système. Et qu’ils se demanderaient pourquoi ils continuaient à se faire brimer dans des emplois à 3 sous  avec des petits chefs, des sous-chefs, des chefs, des grand chefs et des carcans partout.

On avait toujours rien compris, nous pensions pouvoir construire « en marge » alors qu’ils avaient commencé à l’effacer la marge. Le début programmé de la fin de toute alternative possible… ce n’est pas un complot ce sont les méfaits d’une idéologie à vocation totalitaire.

Donc la gauche que j’aimais, une partie c’est engloutie dans la drogue, une partie des dirigeants a fait alliance avec le système sous forme de « contrat social », il y a les opportunistes qui ont changés de drapeaux, ceux qui regrettent que le temps « perdu » a militer face défaut à leur plan de carrière,  et d’autres atomisés ont essaimer porteurs d’un idéal de gauche, d’un projet de gauche qu’ils ont essayés de réaliser dans un cadre local en dehors des circuits de la politique, du politique en action.

La gauche que j’aime c’est celle-là, la suppression des alternatives la menace dans le silence étourdissant des gauches « officielles ».

Mais d’où vient cette menace ? C’est ce que je vais essayer de retracer ensuite. Et de montrer aussi qu’aucun projet de gauche ne tient la route dans le cadre d’un contrat social au sein du système global.

Anne

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8 mars 2013 5 08 /03 /mars /2013 15:59

 

 

  Grandes résolutions, j’ai décidé ce matin de m’atteler à cette tâche ardue : me situer politiquement.

Pour Hannah Arendt, trois plans de l’existence humaine sont le travail (cycle de la consommation), l’œuvre (qui s’inscrit dans la durée), LE politique (manière des humains de s’organiser entre eux).

Or nous pouvons constater aujourd’hui une réduction de ces dimensions humaines par une projection de l’ensemble sur le plan de la consommation. Une opération de réduction qu’on appellera modernité, un accident de l’histoire qui risque bien de nous être fatal. La politique est une confiscation par quelques-uns - qui le monopolise - du politique qui est   de chacun et de tous. Au cours des dernières décennies, nous avons vu que des pouvoirs économiques s’appropriaient non seulement nos médias qu’ils ont rachetés mais la caste politique qu’ils fabriquent à présent à grand coût de propagande. Pour enfin reterritorialiser l’ensemble sur le seul plan économiste. Et nous retrouvons bien cette notion de la consommation, mise en évidence par Hannah A., comme unique préoccupation admise.

Il est urgent de nous réapproprier nos histoires, les manuels scolaires sont des outils de propagandes qui ancrent dans la conscience des enfants, les mythes de la non-civilisation que nous sommes à présent.

Au cours des derniers mois, je me suis interrogée sur le sens de mon engagement dans ce contexte inédit qui est le nôtre à présent. Une question persiste qui traverse mon histoire depuis la fin des années 70 : « Où est passée la gauche que j’aimais ? »

Nous sommes nombreux  jeunes et ados de cette époque, à avoir traversé une époque militante en nous vivant comme les bâtisseurs du monde à venir. L’avenir nous appartenait. Nos chemins croisaient les sentiers hippies dans un refus commun des guerres d’Indochine : « Vietnam ! Laos ! Cambodge ! L’Indochine vaincra ! »… et nous étions unis par ces aspirations communes de ceux qui projetaient l’an 2000 comme société de loisir actif quand les humains, tous bien nourris, seraient débarrassés du travail obligation/exploitation pour se consacrer au travail plaisir/acte gratuit (pour la beauté du geste). invention/création.

Nous étions portées par l’élan, la force de ces récents anciens qui avaient conquis les droits et les espaces de liberté qui nous permettaient de réinventer le monde débarrassés enfin des carcans de l’Inquisition, pensée libre et féconde, et des jougs de l’exploitation… nous en aurions bientôt fini avec ces surcharges inutiles : les coûts patronaux et les administrations pléthoriques  nécessaires au maintien de leur Ordre.

Nous n’avions rien compris, nous n’avons rien venir, nous étions idiots et cela, chacun l’est pour soi. Et la gauche a cessé d’exister… Une partie, les jaunes se sont rendus aux arguments du système, ils s’en sont fait les complices, supplément d’âme ou alibis. L’autre partie s’est atomisée, morcelée en groupuscules qui depuis ne cessent de se quereller, incapables de reconstruire une unité qui permettent d’intégrer les variantes. Nous savons à présent que cet état de choses a été provoqué volontairement par ceux qui déjà déroulaient les programmes de leur projet de domination globalisée du monde.

Petite digression, du côté du complot. Je pourrais dire que je suis adepte de la théorie du complot depuis le 11 septembre... 1973, depuis que les troupes de Pinochet sponsorisées par le département d’état US et formées à l’Ecole des Amérique ont pris La Moneda conduisant Allende à la mort. Cela s’appelle ingérence colonisatrice et elle est polymorphe. Dans la mesure où la majorité des formes d’ingérence se produisent de manière occulte de manière a favoriser le déroulement d’un projet de monde dont les moyens et la fin sont volontairement dissimulés par leurs auteurs, aux autres habitants de la planète alors que ce programme à leur vie et leur avenir pour enjeu : oui, il y a un complot. Après le coup d’état au Chili, il y a eu le plan Condor, et toutes les formes de manipulations destinées à saper la gauche européenne de l’intérieur. Tout une partie de ces processus étant connues grâce à « leurs documents », alors je vous le dit pour ne pas voir les complots et manipulations qui se trame en permanence et se mettent en place dès qu’apparait un mouvement du ou de la politique susceptible de nuire à la réalisation du programme.

Ainsi donc, cette jeunesse ambitieuse, architecte en puissance de futurs joyeux, un monde construit en chantant, si elle a semé des graines n’a quant à elle pas eu le temps de grandir qu’elle avait disparu minée par d’autres ambition ou par la zizanie qui n’a depuis cessé de miner ses rangs et le fait encore aujourd’hui. Que les vieux militants obstinés et fidèles à leurs idéaux mepardonnent, et je sais qu’il en existe qui malgré toutes les trahisons des dirigeants de partis ou syndicaux n’ont jamais désarmés, le combat contre la désillusion aura été leur principal combat sans gloire, juste une question de confiance et de fidélité. Pardonnez-moi de vous dire que jusqu’ici, votre isolement vous rend négligeables pour le système, que vous contribuez à maintenir cette illusion de dissidence possible qui n’en a plus pour longtemps. Jusqu’ici : parce que la ténacité de vieux militants qui humblement n’ont jamais désarmé est exemplaire et une source de force pour d’autres. Vous êtes assurément une des composantes de la gauche que j’aimais.

Parmi les « récupérés » certains aussi ont ma sympathie, ils jouent les idiots utiles dans les institutions et autres associations, personnes ne les écoutent, mais ils témoignent de la diversité des opinions exprimées dans les débats. Ils planent sur leur petit nuage survolant un monde imaginaire. Et de temps en temps on leur permet de réaliser une action, cela met un peu de fantaisie dans l’austérité. Je n’ai pas pour eux le respect que j’ai pour les vieux militants, mais ils sont en général de ceux que tout le monde aime bien : les doux rêveurs.

Mais que sont devenus les autres, les atomisés ? Les uns, déçus, ont juré qu’on ne les y prendrait plus. Ils sont comme on dit « rentré dans le rang » et certain ne se souviennent même plus à présent qu’ils avaient autre fois rêvé d’un avenir meilleur. On les retrouve aussi parmi ces classes moyennes bobo-écolos, homo cretinus autosatisfactus,  leur panier en paille sous le bras pour faire son (super)marché bio… Sans méchanceté, notre parti Ecolo regorge de ce genre de spécimens dont la connaissance de l’écologie est équivalente à celle que j’ai du Chinois Mandarin. De vraies calamités, à la masse, ils ont fait d’avantage à eux tout seul,  pour discréditer l’écosophie que l’ensemble des autres partis toute tendances politiques confondues ; ils ont favorisé l’instauration de toute une série de mesures ‘austérité racket » sans obtenir aucune avancée écosophique.

Parlons un peu d’écosophie, pourquoi le choix de ce terme. Je récapitule donc : très tôt, j’ai douze ans, ma vie va s’inscrire dans le cadre d’un engagement politique. A treize je commence à déserter l’école, aucune envie d’apprendre des conneries qu’il me faudra désapprendre par la suite… « Hé les mecs, avec un monde à construire, pas de temps à perdre avec des diversions, exit les cours d’histoire. Et surtout les heures d’enfermement ! » Me v’là « agitatrice politique » comme ils disaient. J’avoue sans aucune honte que mon bagage politique était alors plutôt limité et que mon engagement était d’avantage fondé dans le désir de vivre sur une planète où chacun ayant le respect de tous et les moyens de la dignité pourraient enfin œuvrer en paix. Le politique donnant une dimension collective et conviviale à nos existences. Cette conception que nous étions nombreux à partager, - passant de la parka militante à la chemise indienne sans changer de peau, nous dépensant à crier notre force de vie dans les manifestations avant d’aller danser jusqu’au lever du jour suivant - est bien sûr historiquement située, et plus spécifiquement située à la charnière de deux mondes. Nous sommes les enfants de l’Après-Guerre, la dernière nous dit-on alors au moins dans nos régions et bientôt dans le monde inspiré par nos sages préceptes « Paix et prospérité ». Je fais appel aux témoins de cette époque, et j’essaye de me reporter, et je sais que certains me diront que j’avais un point de vue de gosse de bourges. Ben oui, j’ai pas choisi, je suis une gosse de bourges et même pour une partie de ma famille de très gros bourges… et à douze ans, je n’avais pas encore eu l’occasion de repasser au crible les valeurs véhiculées par mon éducation, après j’étais bien trop occupée à changer le monde (ou du moins à me l’imaginer). Je l’ai fait depuis – passer aux cribles de mon projet de monde, les évidences dans lesquelles j’ai grandi, sociale ou familiales) et ce que je peux remettre en question ne se détermine pas en fonction de critères de classes.

Orwell ou Huxley, nous apparaissaient à l’époque comme plein d’imagination, mais un peu timbrés aussi pour inventer de telles fictions. De là à postuler que ceux qui les mettent en pratique aujourd’hui, et bien pire,  sont encore plus timbrés, il n’y a qu’un pas que je franchis allègrement.

Nous étions une gauche joyeuse, conquérante d’espaces où poser nos pénates, nous avions l’âme en fête, nous serions les contemporains de la fin des guerres et de toute les formes d’injustices et d’exploitation/oppression et du travail, enthousiasmant et utile, nous avions plus qu’il n’en fallait en perspective pour donner sens et consistance à nos destins.

« Nous », j’ai compris plus tard que nous avions été minés, pas seulement par « Serré-du-cul » et « Rabat-Joie », les espions du pouvoir, des trolls en vérité, venus nous rabattre le caquet, mais aussi par ceux qui nourrissaient d’autres ambitions purement personnelles ou sectaires et que ceux-là instrumentalisaient la puissance du mouvement pour leur propre fins. Et d’autres un peu espions et un peu ambitieux, se retrouvent aujourd’hui dans les échelons supérieurs de la hiérarchie sociale, quelques-uns ont conservé l’étiquette gauche collée sur leur pedigree, d’autres l’ont fait disparaître. Je ne donnerai pas de noms malgré que certains, fort connus, me viennent en tête. Non ?

Petit à petit, le mouvement s’est transformé, il est méconnaissable. J’ai donné les grandes lignes de cette transformation. Les trolls étant ce qu’ils sont, ils monopolisent les réunions, les détournent dans de futiles polémiques, mille fois recommencées, Kronstadt, Potemkine, Yalta… « Poum, poum tralala, l’anarchie vaincra »… les petites ritournelles de l’inertie militante,… une fois réglées les querelles théoriques, les discussions s’engagent pour savoir quelle secte aura son nom en tête de l’affiche de convocation à la prochaine, manifestation, le problème, c’est que quand cela est enfin réglé, les militants de base, les petites mains censé ronéotyper l’affiche se sont barrés, lassés ou appelés par d’autres obligations… Pendant ce temps, les flics expulsent à la matraque, les hyppies, des territoires occupés, campements,  marchés libres,  place publique, plage. Je le sais, j’y étais aussi….

En bonne militante et personne qui n’aime pas dépenser ses petits sous pour des bêtises, en faisant un « calcul de conséquences » à partir des effets produits sur d’autres, j’évite le piège des drogues qui commencent à envahir massivement le marché. Un petit tour du côté du complot, ne le perdons pas de vue, vu que Big Brother lui nous observe. Mais non je ne suis pas parano, Un coup de chance vu que je me retrouve sur deux listes d’organisations passées dont les membres ne doivent jamais être totalement hors de vue de la sûreté de l’état, et je vois effectivement les « grandes oreilles » se pointer aux tournants (de ma vie),j’en rigole, c’est au contribuable de se plaindre pour le gaspillage ainsi fait de son argent. Je ne vole pas dans les magasins, mais je ne suis pas contre par principe, juste un truc de conscience et de dignité à préserver, donc si un surveillant me colle, je le promène un moment, cela laisse le champ libre pour d’autres… Et certains doivent savoir que j’adore raconter n’importe quoi, et tout, et son contraire, surtout quand je sais qu’il y a des micros sous le bar du bistrot.

Donc la gauche part en couille, « Rabat-Joie » prend du galon, et moi je commence à me poser pas mal de questions et estime que je manque des connaissances de bases pour y répondre… détour étude, jury central (équivalent du BAC),des maths et des sciences pour éviter au maximum les matières sujettes à polémiques, et parce que j’aime cela. Université, première année, agronomie…

Notre professeur de botanique, un pionnier, nous initie aux fondements de l’écologie. Club de Rome, René Dumont, J’adore cela, j’aime la vie et en comprendre quelques mystères m’enchante, je plonge… Je suis toujours de gauche, mais je n’ai toujours pas approfondi les questions d’histoires qui me tracassaient, je suis plongée dans un autre univers ou les étoiles lointaines servent de référents, la Tour des Sciences. L’écologie depuis fait partie intrinsèque de ma manière de vivre et de penser.

Et comme je ne suis pas là pour raconter les aléas de mon histoire personnelle mais bien en parler en tant que située dans une époque et des courants de pensées, je vous en épargne les accidents et méandres. Je dois interrompre mes études après la première année, dans une ambiance catastrophe,  je reviendrai à l’université, 15 ans plus tard, pour étudier la philo, avec quelques questions assez précises d’écologie politique. Et j’ai trouvé quelques réponses qui m’ont renvoyée à d’autres questions comme le veulent à la fois la démarche philosophique et l’évolution constante et accélérée de notre monde… Encore que pour être précise plutôt que de parler d’évolution il faut parler de « destruction accélérée de tout ce qu’a inventé et créé l’évolution pendant une durée interminable et incommensurable à l’échelle dérisoire de durée de nos vies humaines et de notre histoire ».

Pour raconter la suite je me placerai du point de vue que j’ai aujourd’hui. Ici je voulais relater cette période pendant laquelle nous n’avons rien vu venir. Perdus dans une illusion, conjuguée au futur antérieur, celle d’un monde à venir qui serait de loisirs et de prospérité. A l’époque la droite comme la gauche promettaient pour l’an 2000, une société d’abondance pour autant que nous acceptions de suivre leur chemin.

L’introduction du nucléaire civil, c’est faite sur le slogan d’une énergie bientôt gratuite, en quantité illimitée. Pour situer…Propre, on en parlait pas trop à l’époque.

L’étape suivante consistera à retracer ce chemin, du monde imaginé à la réalité, un chemin de désillusion qui pourtant n’a fait que renforcer mon engagement envers les valeurs d’amour, de partage, de générosité, de dynamiques créatives, le monde une invention continuée, un monde dans lequel chacun à droit au respect et aux moyens de la dignité du seul fait qu’il ou elle existe, un monde dans lequel il y a plusieurs monde, certains le vivent déjà, il lui ont donné un nom Communalité.

Anne

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6 mars 2013 3 06 /03 /mars /2013 00:03

 

 

Ben les p’tits gars, je vous le dis si quelqu’un m’avait raconté le monde version 2013, dans les années 70, j’aurais trouvé qu’il ou elle avait beaucoup d’imagination mais l’esprit tourné vers le négatif, et je me serais demandée si de telles affabulations pourraient même faire un récit de SF qui tienne la route.

Il y a encore cinq ans, je ne croyais pas que toute la planète puisse ainsi progressivement basculer dans la violence, l’horreur, la peur… et pourtant, c’est un monde qu’on assassine, notre monde à nous amoureux de la vie, qui n’avons jamais eu que faire de leur fausses richesses, ni des tentations de leur pouvoir morbide.

Qui sommes-nous donc, ce « nous » qui ne voulons ni emploi, ni patron et qui pourtant aimons travailler, peu nous importe que le boulot soit dur, pas trop bien payé quand la cause nous parle avec les mots du cœur, et avons pour luxe suprême de pouvoir nous permettre de poser gratuitement des actes qui nous mettent en accord avec notre conscience ? Qui sommes-nous qui ne voulons pas seulement être acteurs de nos vies, mais bien les co-auteurs du scénario de nos destins ?

 

http://mai68.org/spip/local/cache-vignettes/L468xH271/Allemagne_re-occupe_Grece-60a71.jpg


Cette image quand je vais en ville, je la perçois en filigrane… aimer ce que l’on fait et le faire par amour est devenu répréhensible. Regarder les passants en amis et non en concurrents, en rivaux, en dangers potentiels, ne serait plus de mise. Ce serait dommage, tous ces sourires, tous ces bonjours perdus, ces nouvelles du monde échangées sur un banc, qui nous apprennent que nos semblables viennent du monde entier.

La liberté ne se revendique pas, elle se pose. Seuls les esclaves ont des maîtres à qui ils quémandent un peu de liberté, une moins maigre pitance. Qui suis-je pour juger ainsi ? Petit sourire : une goutte d’eau dans un courant qui cherche son chemin vers le bonheur. Et qui ne vous en veut même pas, à vous, moutons du troupeau qui ouvrez les chemins par lesquels ils pourraient nous mettre des chaînes. L’avenir de l’Europe, jusqu’ici semble plutôt sombre.

Querelle de chapelles qui divisent fort opportunément les peuples qui s’apprêtent à chasser du démunis en toute bonne conscience microfasciste. Si vous croyez que j’exagère, c’est que sans doute, nous n’avons pas le même point de vue. Quand on est là, au bas de leur échelle, les passants « « « honnêtes » ne prennent plus la peine de dissimuler, le misérable, l’étranger voilà l’ennemi. Et c’est violent.

C’est cela qui me déconcerte le plus. De constater que ceux dont j’avais bien une petite idée des ambitions et quelle qu’idée quant à leur capacité de cruauté n’ait pas été mis au banc de la société, isolés, sans prise réelle sur la conscience des peuples qui n’ont jamais rien eu à gagner à se laisser prendre à leurs discours racoleurs de charlatans… il semble que ce soit toujours Socrate qu’on assassine.

Les diseurs de vérité n’ont jamais eu très bonne presse dans la civilisation Européenne. Combien d’entre eux et elles, brûlés sur des bûchers d’Inquisition ? Nous pensions en avoir fini avec ces temps d’obscurantisme, et les voilà qui reviennent plus forts, les licteurs sortent leurs haches entourées des faisceaux pour couper les langues trop bien pendues. Combien de journalistes ont payés de leur vie au cours des dernières années leur trop grande perspicacité ? Un métier dangereux journaliste, pour qui veut exceller. Mentir au peuple est un devoir pour les dirigeants de la République de Platon, ce grand parricide. C’est Socrate qu’on assassine.

Et pourtant le flambeau passe de génération en génération et les cendres des bûcher sont le terreau sur lequel éclosent les fleurs de liberté dont nous sommes les jardiniers et les gardiens. Un nouveau métier est né, là-bas, au Venezuela : Gardiens des Semences. Ici, être Gardien des Semences est punissable par la loi de la concurrence obligée, de la gratuité bannie, un Gardien des Semences est u résistant, comme aussi l’ami des orties. C’est de ce « nous »là, dont je vous parlais au début. Un nous qui préfère  les œuvres de la nature à celles des Hommes, s’il faut choisir. Un nous pour qui luxe, parle de ciel étoilé, de vénérables arbres, et d’une petite violette qui pointe sa petite tête printanière sous une feuille dorée de chêne, de l’espace ou respirer,  cette perception d’un autre monde qui vous vient à fréquenter longtemps la nature et qui se perd en ville.

Aujourd’hui, la plus grande partie de l’humanité habite les villes, les bidonvilles abondent où aboutissent les foules hagardes des paysans chassés de leur terre par les accapareurs… la chasse a commencé… J’ai lu des âneries j’en suis encore tellement en colère, que je ne trouve pas les mots pour en parler… alors je préfère aborder ce qui compte vraiment. De ces changements accélérés que connais la planète depuis quelques siècles qui en viennent à tout détruire sur leur passage, de ce que ces quelques siècles sont fort peu de chose au regard de cette longue aventure de l’humanité, et encore bien moins, rien, nada au regard de l’histoire du vivant. Et qui risquent pourtant de signifier la fin de cette longue aventure. Beaucoup à déjà été détruit irréversiblement. <Des actes terribles ont été posés, Ce n’est pas drôle, c’est même insoutenable, mais je vous invite à visiter ce site Uranium appauvri | Qwant Media  ce sont des choses que chacun doit savoir, que chacun a non seulement le droit de savoir, mais aussi le devoir pour toute personne qui prétend avoir un peu le sens de la responsabilité du devenir du monde. Et à cela je n’ai rien à ajouter, pour le moment…juste le temps du silence et du recueillement.

Anne

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26 février 2013 2 26 /02 /février /2013 14:10

 

 

Ainsi disait Léo Ferré

 

Nul doute que l’horreur ne soit de plus en plus de ce monde et qu’elle atteignent des sommets tellement inimaginables et inconcevables Pour des personnes gentilles et bienveillantes dont le vie a été relativement privées de l’état de guerre que celles-ci peine à réagir. C’est pourquoi les enseignements venus d’Amérique Latine sont tellement riches. Quand les gens là-bas se lèvent, c’est pour résister au fascisme dont ils ont encore en bouche le coup amer à la saveur morbide, encore la sensation du poids du joug sur les épaules… et toutes les larmes de sang qu’ont fait couler les bourreaux de l’Ecole des Amériques et leur émules, coulent encore en rivières qui demandent justice. « Ni oubli, ni pardon » ‘ qui choque chez nous quelques consciences frileuses - c’est aussi « Plus jamais cela », qu’il soit bien clair pour les aspirants tortionnaires et dictateurs, que quiconque atteint à l’humanité –crime contre l’humanité, celui qui est commis contre l’humanité en soi, la formation des bourreaux est un crime en soi qui atteint au plus profond ce que nous avons de meilleur en nous et qu’il est si agréable de pouvoir faire exister, et les actes qu’ils commettent nous déshumanisent tous… quand on gratte un peu la croûte du historiquement correct, que découvre-t-on… Nuremberg ne fut qu’une mise en scène, qui attirait le regard pendant que partout dans le monde les nazis essaimaient, allant jusqu’à retrouver fonction dans les institutions des deux Allemagne de l’après-guerre.

Cela est le fondement de la grande conspiration qui gangrène le monde, l’alliance nazie, l’alliance fasciste transnationale et apatride qui aujourd’hui refait surface décomplexée et dont nous commençons à mesurer la puissance sas bien comprendre ou percevoir les réseaux occultes et pour cause. Quand une jeune fille de 17 ans choisissait d’entrer dans la résistance lors de la dite « Seconde guerre » mondiale, personne ne lui demandait au préalable, si elle était née du bon côté de la barrière de la lutte de classe. Quelque chose de plus profond ce jouait, l’humanité en ce qu’elle a de meilleur, cette immense faculté d’aimer son prochain jusqu’à cette suprême abnégation, avoir conscience que le risque qu’on prend est celui de mourir dans les pires tortures… et pire encore, en n’ayant pas résisté jusqu’au bout, en ayant trahi les siens sous l’emprise de la douleur et de la peur.

Ces visages de personnes qui illustrent De la remilitarisation de l'Amérique Centrale 1

De la remilitarisation de l'Amérique Centrale 2

De la remilitarisation de l'Amérique Centrale 3

De la remilitarisation de l'Amérique Centrale 4

  sont les visages de personnes qui ont fait ce choix et assument ce risque, ils sont le miroir de notre indignité si nous choisissons de fermer les yeux sur ce qu’ils expriment, ils sont la source de notre espoir, si nous choisissons de partager à la foi le don – de soi au service de l’humanité dont nous sommes et les risques qui en découlent et dont nous commençons à peine à éprouver l’avant-goût. Ce qui est le quotidien depuis des décennies, des siècles, des millénaires pour les peuples opprimés de la Terre. Et les militaires que vous voyez sont ceux chargés de la anéantir..

C’est donc cela la fracture majeure qui traverse la planète, celle qui se creuse entre les fascistes, leurs alliés, leurs sympathisants et ceux qui s’opposent à eux quelle que soit la forme et le degré de leur engagement. Dans ce combat dont les champs de bataille recouvrent petit à petit la planète, nul n’est trop petit, ni trop faible qui veuille donner un peu de lui-même pour arrêter la bête.

Il n’est donc plus ici question de révolution, mais bien d’évolution, de ce que sera demain l’humanité et si même elle sera. Car le fascisme est aussi ce processus de déshumanisation. Tout fasciste se place d’emblée en-dehors de l’humanité, en niant l’humanité de l’autre, c’est toujours et sans aucune exception sa propre humanité qu’il renie.. C’est pourquoi et partout les fascistes fabriquent des tortionnaires. Et c’est pourquoi il est urgent que nous prenions conscience des racines psychiques de cette perversion qui produit des monstres qui a présent menacent de nous détruire tous. Le fascisme, c’est ce hors-humanité qui oppose infrahumain à surhumain ou à présent post-humain, et jamais ne laisse place à l’humanité en soi.

Là désolé si je n’ai pas encore les mots pour le dire comme je le voudrais…Les fascistes sont ceux qui nient l’existant, en font table rase, hallucinés par le mythe fondateur, en éliminant celui qui incarne ce que je n’accepte. Le principe d’Inquisition est le père de tous les fascisme et l’Occident n’a pas le monopole de l’Esprit d’Inquisition, tant s’en faut… pour notre malheur à tous.  Le fascisme c’est donc aussi cette maladie de l’âme et de la conscience qui trouvent ses racines dans un manque d’amour propre qui conduit à la haine de soi.

Un simple exemple, à travers ce que nous vivons aujourd’hui au quotidien de processus de fascisation du monde. Les appels à la délation, une matrice d’opinion qui se renforce, en faisant de ce qui était hier une honte – le délateur, c’est le traître, Judas… une source d’orgueil et de fierté en le requalifiant de civisme et orientant les pulsions de rejet vers des cibles choisies, boucs-émissaires. C’est une véritable institutionnalisation du fascisme comme valeur à vocation dominante que nous voyons se dérouler sous nos yeux myopes et elle atteint toutes les couches de la sociétés, y compris souvent les cibles, le principe étant de se revaloriser, non par un travail conscient et continu d’amélioration de soi, non par esprit de sérieux ou de conformisme mais bien parce qu’il y une sensation de sérénité et de bien-être à se sentir en accord avec sa conscience. L’amour-propre est un précieux don de la vie. Se dire que tout compte fait on aime bien ce que l’on est, et que ce qu’on a fait de sa vie n’est pas si mal, c’est le but en soi de toute existence réussie. Et c’est aussi une source illimitée d’amour d’autrui, une de ces richesses naturelles inépuisables que le fascisme détruit en détruisant ceux qui s’en font fontaine,  une fontaine qui trouve sa source aux racines communes de l’existant  la création dont nul ne peut prétendre appréhender ce qu’elle est ni dans la plus infime de ces parties, ni en son ensemble, avec la totalité des chemins de traverses, des impasses, des enchaînements et surtout ce miracle répété à l’infini, l’apparition constante de la nouveauté, du qualitativement inouï, de l’impensable d’hier, qui devient l’évident le quotidien de demain, l’imprévisible concrétisé, réalisé.

Aujourd’hui nous qui nous opposons au fascisme planétaire, nous n’avons plus le choix que de miser sur l’impensable, l’imprévisible et de le concrétiser si petitement que ce soit. Actes d’amour qui s’opposent à la montée des haines, des tensions, des divisions,, petits gestes de la solidarité qui renforcent, de l’entraide, pas de l’assistanat, l’assistanat est une des formes les plus perverses du microfascisme. Quand l’état s’empare  des mutuelles de solidarité populaire et en distribue les fonds dans un esprit de discrimination des ayants-droits, et comme nous le vivons, les dilapident, et nous conduisent au bord d’un gouffre qui évoque les falaises ou se pratiquaient dans certaines tribus, les suicides collectifs, quand la nourriture ne suffisait plus et que certains devaient se sacrifier pour la survie de la collectivité.

Or nous avons les moyens de faire que personne jamais n’en arrive à de telles extrémités mais plus pour longtemps, un seuil critique de destruction de l’existant est proche. Une nouvelle accumulation et concentration de ressources entre les mains de la transnationale fasciste, c’est aussi le passage d’un seuil dans leurs moyens de nuire déjà beaucoup trop effectifs, déjà beaucoup trop intenses, déjà beaucoup trop ancrés dans les nos quotidiens, mais aussi dotés d’un arsenal de contrôle et de répression - qui représentent aussi un détournement des fonds publics produits par les populations - mis au service d’intérêts privés (pour faire bref) qui sont l’antithèse de ceux des peuples, les moyens de la guerre qui leur est faite.

J’ai ramené de mon dernier « voyage » en ville un Larousse, un vieux Larousse illustré… des premières années du siècle dernier, 1906, Les illustrations seules sont déjà un véritable régal… On y trouve ni le mot fascisme, ni encore moins nazisme.

Sur une page de droite nous voyons illustrés le licteur, et la récolte du liège et la licorne, mais qu’est-ce donc qu’un licteur : « Officier qui marchait devant les principaux magistrats de l’ancienne Rome, portant une hache entourées de faisceaux : le dictateur était précédé de vingt-quatre licteurs. »

En vis-à-vis sur la page de gauche, voisinant avec la libellule, nous trouvons le, la  libérateur, trice : « Qui délivre une personne d’un grand péril, un peuple de la servitude  Bolivar fut le libérateur de l’Amérique espagnole. ». L’antonyme est l’oppresseur.

Durant des millénaires, l’humanité a cru et s’est multipliée dans des foyers indépendants les uns des autres. Les liens entre ces foyers étaient faibles et parfois inexistants. La notion d’interaction faible implique une interdépendance et une influence réciproque faible. A présent nous sommes très, très nombreux et les interrelations sont extrêmement fortes, rien ne se passe en un lieu de la planète qui n’ait d’influence sur toute sa surface. Des tendances intrinsèques de l’humanité se polarisent, il n’est plus question d’origine, sociales ethniques mais bien d’un choix de monde pour demain. C’est le grand affrontement final du libérateur et de l’oppresseur qui se produit y compris en chacun de nous. C’est ce choix de conscience que chacun peut faire dans sa manière d’être au monde. Tout ne se résume pas à cela, mais tout part de là, de ce choix fait en pleine conscience ou motivé par les brumes confuses de pulsions inconscientes. La liberté de choix de conscience existe au moins potentiellement en chacun de nous. L’esprit d’Inquisition est aussi ce qui vise à anéantir toute possibilité de choix. Quand Thatcher déclare qu’il n’y a pas d’alternative. Elle dit en fait « Nous ferons en sorte d’anéantir toute possibilité d’alternative » un acte Inquisitorial dans son essence, dans sa nature intrinsèque, la mise en hérésie de toute opposition possible.

La suite est beaucoup trop compliquée complexe, c’est selon, pour la développer ici. Je voulais juste apporter ma petite contribution a une redéfinition du combat, des alliances, des enjeux dans le but de créer les conditions d’une Nouvelle Alliance – Humanité. Une nouvelle alliance qui est celle du vivant contre le front de guerre qui déroule inlassablement la chronique d’une destruction annoncée de l’existant. Après il y a des milliers de livres à écrire…plus tard quand la vie aura repris le dessus sur la pulsion de mort qui nous déshumanise. Aujourd’hui c’est de la manière d’être au monde de chacun dont il est question, et de sa manière d’interagir avec autrui. Accepter les règle de la concurrence et de la rivalité qui font de chacun l’ennemi de tous, son rival, qui nous amène a arpenter le monde en état d’alerte et de suspicion guettant dans tous les autres le terroriste, le délinquant… c’est le règne de la terreur, non même en temps qu’elle soit en acte mais en tant que chacun la redoute jusqu’au plus profond de son sommeil comme possible comme le décrivent ceux qui vivent en des lieux que survolent chaque nuit les drones tueurs… ou c’est le monde ou chacun est un ami potentiel, une richesse à partager, une complémentarité a mettre en œuvre, ou un sourire un bonjour qui réchauffe le cœur.

« Le désespoir est la forme supérieure de la critique, pour le moment nous l’appellerons bonheur » Léo Ferré

Il m’a fallu longtemps pour donner un sens concret à cette phrase visionnaire qui depuis longtemps m’interpelle. Le désespoir, c’est la preuve en nous que nous sommes encore vivants, encore sensibles, encore lucides contrairement à tous ceux qui d’une manière ou d’une autres sont du côté des brutes et de ceux qui sommeillent en pleine vie. Le désespoir c’est de voir la gangrène gagner du terrain, avec son lot de souffrances qui auraient pu être évitées. Le bonheur c’est de pouvoir ce dire que malgré tous les liberticides que constituèrent autant de bûchers de l’Inquisition, je me sens bien plus proche aujourd’hui, en qui je suis et en ce que je fais, de ces femmes qu’ils ont brûlées en les appelant sorcières, que de ceux qui furent leurs bourreaux et le témoins complices et complaisant de leurs tortures et de leurs meurtres. Réenchaînement de l’histoire qui nous dit qu’ils peuvent détruire les corps, ils ne peuvent anéantir les idées qui renaissent des terreux fertiles que sont les cendres des bûchers, autant de martyrs sont autant de raisons de porter hauts les flambeaux, celui de l’humanité contre le fascisme, alliance de l’ordre noir qui définit lui-même hors et contre humanité…

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17 février 2013 7 17 /02 /février /2013 12:33

 

 

Certains jours je savoure mon bonheur. Avoir un toit, ne pas avoir froid, manger à ma faim, avoir juste ce qu’il faut de travail qui a du cœur pour permettre cela et me laisser du Temps Libre.

Certains jours je savoure mon bonheur et je me paye une grande pinte de rire. Le bonheur est dans le pré. Huit mètre carré de bonheur et miss Bichette qui rouspète et réclame à manger à grand « Mêêê, mêêê, mêêê ». L’autre jour alors que je la rembarre, v’là-t-y pas qu’elle se retourne et… me tire la langue !

C’est mignon chez moi, joli, accueillant, chaleureux, petit nid pour passer l’hiver, pas bien grand-chose, juste ce qu’il faut. Quelques petits objets charmants, rien de « valeur », que de la récup. Un petit monde reconstruit après un nième « tout perdu ». Et je savoure ce bonheur.

Et quelques fois je pleure. Tant de gens malheureux, perdus, sans espoir, sans avenir. Et tant de gens hargneux pour leur jeter la pierre. J’observe les changements qui se produisent en ville, sur la place. Il y a seulement quelques années nous étions un petit groupe de joyeux convives, un noyau d’amitié auquel venait se greffer les passants attirés par les rires et la bonne humeur qui régnaient entre nous.

Les beaux jours, les instruments de musiques sortaient et la place résonnait de rythmes et de chansons reprises en chœur. Des groupes se déplaçaient au bord des étangs où le monde venait à notre rencontre. Les échanges étaient riches.

Aujourd’hui c’est un vent de sinistrose qui souffle sur la place. En quelques années tout a changé. Un évènement marque un tournant. Nous sommes près du monument à deviser joyeusement quand un cri retentit à quelques mètres.

Un gamin vient de se faire poignarder, pour rien, pour avoir refusé une clope à un quémandeur. Le couteau c’est enfoncé profond, mais nous apprendrons après, que « Ouf, le gamin va s’en sortir ». Un de mes amis lui a tenu la main en attendant les secours, un autre est parti à la poursuite de l’agresseur. Plus tard, il me dira ; « Heureusement que je ne cours plus comme à 20 ans parce que en face d’un couteau, qu’est-ce que j’aurais pu faire ? »

Peu à peu les situations des uns et des autres se sont dégradées. Et aussi l’ambiance générale. Quelque chose se passe que je ne comprends pas très bien. Oui dans les grandes lignes et ces petits évènements qui en confirme le sens. Crise du logement… un perd son appartement et n’en retrouvera pas, puis un autre… et ainsi de suite. Les baroudeurs s’en sortent mieux, c’est un nouveau voyage qui commence, étrange nomadisme de ceux qui vivent « à gauche et à droite » terme consacré par les institutions !

Moi, je m’en fiche, je ne veux pas d’un appartement. Une cabane, une caravane, une yourte, un tipi,  une tente fabriquée selon mes moyens mes besoins, peu importe, petit, joli. Si quelque chose me manque aujourd’hui, c’est bien ce sentier qui commence au fond du jardin et s’enfonce dans les bois, dans la forêt. Je découvrirai peu à peu tous les interdits mis aujourd’hui à ces manières de vivre, marginale. TINA, cela veut dire aussi : « Nous effacerons les marges pour inventer l’exclusion ».

Au début du blog, je partais à la recherche de cet endroit, petit bout de planète à jardiner, convivialement, en bons amis, en bons voisins. J’ai petit à petit découvert un monde en perdition toujours plus jalonné de panneaux »Sens interdit » qu’il s’agisse des sentiers à présent clôturés des bois ou nous courrions gamins, que ce soit les chemins de la pensée, toujours plus balisés et les menaces de punitions qui grandissent : criminalisation.

Ainsi, les lois changent. Il y a longtemps que j’ai perçu ce phénomène, pendant les trois premiers quart du siècle passé, on assiste à une conquête de droits inouïes, dans l’histoire humaine, c’est ce que nous pensions, nous les Européens, culs-dans-le-beurre, qui nous laissions bercer de mythes, nous allions vers le meilleur des monde possible, pas celui de Huxley, non, ou alors celui qu’il décrit dans « Ile » ce livre méconnu. Le narrateur est envoyé par des sociétés pétrolières pour voir comment ils pourraient s’emparer des ressources pétrolières de cette ile sur laquelle les habitants d’une grande sagesse vivent dans le bonheur. Charger de les pervertir, peu à peu il se laisse séduire par leur sagesse et leur sérénité. La conclusion est triste – et fort prémonitoire. Le narrateur qui voudrait protéger ce petit monde sait qu’il ne peut rien et que ces maîtres eux feront fi de cette richesse humaine pour s’emparer du pétrole par n’importe quel moyen…

Un grand mythe que celui de la création de richesses. De quelles richesse est-il question et à quel prix ? J’étais riche de quelques amis de bonne compagnie, riches de nos partages dans cet espace public ouvert. Riche de ce que ce que nous dégagions comme bonne humeur favorisait des rencontres riches d’échanges. Riches de ces jours de pluie ou nous nous réfugions chez les uns ou les autres, pour un  repas commun. En fin de mois nous réunissions qui sa dernière courgette, qui ses trois carottes pour inventer des recettes de joie. Et il restait bien quelques sous au fond des poches pour une bouteille de vin.

Ce sont ces richesses-là, nos richesses, les seules qui comptent vraiment qu’ils détruisent à tour de bras. La dernière fois que je suis allée en ville, je suis revenue bouleversée. Que s’est-il donc passé ?

Un autre évènement, un soir d’été, un petit cercle de musiciens jouent sur la Place en sourdine. 22heures pile, les flics débarquent contrôle d’identité, faut arrêter, faut dégager, les voisins sont déranger… Un peu plus tard, c’est le foot, un bistrot à mis un grand écran en terrasse, des dizaines de personnes se pressent et souvent hurlent à qui mieux, mieux, cela se prolongera, tard dans la nuit, jusqu’à une heure, deux heures du matin ?  Toute la soirée, j’étais là, pas l’ombre d’un flic pour demander seulement de réduire d’un ton ce tapage nocturne. Il y a pourtant une brigade spécialisée en la matière dans la commune. Et en matière d’ivresse sur la voie publique, il y avait de quoi faire aussi… les flics ne se montrent pas toujours aussi tolérants, loin de là.

Alors c’est quoi ces deux poids et deux mesures. Comment le montrer mieux ce qui est permis, ce qui est interdit. Ce soir-là, un peu de marge a été effacée, la place appartient aux beuglants conformes, pas aux doux musiciens et ceux qui les apprécient. Le supporter du foot est socialement conforme, le musicien qui s’exprime gratuitement hors des espaces privés est un déviant… sens interdit.

J’ai raconté ce moment parce que la simultanéité des deux évènements mettait bien en relief la frontière, la limite du comportement socialement admis et de celui qui ne l’est plus.

Quand j’ai quitté ma vallée de montagne, la « fondation sans but lucratif «  (sic) d’une banque était en train de se l’approprier pour y développer du tourisme écologique. Depuis de fil en aiguille, j’ai petit à petit appris que ce genre de projet était un parmi des dizaines de milliers d’autres qui dans ce grand accaparement du monde, qui se produit à présent, se justifie de l’écologie pour confisquer l’espace public ou expulser les habitants légitimes pour faire place aux bobos touristes sans avoir à subir le désagrément d’avoir à rencontrer les locaux de cette écologie aseptisée.

Je suis revenue en ville. Bruxelles… c’était une autre ville que celle que j’avais quitté, Bruxelles ma Belle est morte, les Froidecoeur et Crèvecoeur (authentiques noms des sociétés de destruction qui ont mis à bas notre mémoire) l’ont enterrée dans les décombres. Ce que les bombes avaient épargné dans leur œuvre de destruction massive à la solde des promoteurs immobiliers, préparation du terrain à la colonisation culturelle, les bulldozers l’ont achevé.

Mais j’en étais en 1975, par-là, nous étions de cette gauche d’union des peuples de la Terre pour construire ensemble un monde d’équité. Un projet pour les peuples de la Terre, ensemble. Une hypothèse que je teste en ce moment, cette gauche-là en quelques années a été plus ou moins annihilée comme mouvement. Ceux qui sont restés fidèles à ces valeurs profondes, qui voudraient, par exemple qu’on ne lutte pas contre les délocalisations en concluant des accords avec les patrons, mais en allant à la rencontre des ouvriers et ouvrières exploités des autres continents pour les aider à conquérir leur droit. Refuser à la base le principe de mise en concurrence des travailleurs pas les patrons et lutter pour que cela ne puisse être en soutenant les luttes des plus exploités… voilà ce qu’est pour moi un combat de gauche. Comme celui que mène les ouvrières des maquilas d’Amérique Centrale.

Accepter le principe de compétitivité des entreprises, dans le but d’obtenir des emplois, c’est accepter le principe de la mise en concurrence des travailleurs par les capitalistes. Une concurrence dans le sens où ceux qui abdiqueront le plus de leurs droits auront peut-être quelque chance de survivre grâce à ce qui est une réelle mise en esclavage, alors que les autres crèveront sur l’autel de la dépopulation. Il n’y aura pas d’emplois, mais la course à la renonciation à des droits acquis dans le combat et dans le sang qui nous conduit tout droit à la criminalisation de tout mouvement de lutte pour la reconquête.

Voilà pourquoi je ne suis pas du parti des travailleurs qui se sont ralliés aux différents pactes sociaux qui n’ont jamais posé le problème dans sa dimension internationale. Mais nous savons qu’une grande partie de la gauche n’a jamais remis en question le principe de la colonisation, d’ailleurs institué dans la Charte des Droit de l’Homme par l’appellation « Peuples sous tutelle ».

L’hypothèse donc, c’est que au moment où la gauche jaune a fait le choix du social libéralisme, alors que la gauche plus radicale implosait et se perdaient en querelles stériles impulsées et entretenues par les semeurs de zizanies aux ordres, une partie d’entre nous ne s’est plus reconnue dans aucun de ces courants et c’est atomisée. Fidèle à ces valeurs, mais ne leur trouvons plus de champ d’application que dans des contextes locaux, dans les meilleurs des cas, vivant un douloureux isolement et l’impuissance pour d’autres. Beaucoup de ces expériences locales solidaires et innovatrices qui participent de cette refondation du monde sont issues de cette gauche atomisée qui resurgit dans l’expérience de la communalité en acte.

D’avoir un monde à construire, un monde à défendre, de ne  pas y renoncer est une force et une richesse.

Et comme je n’ai plus le temps de poursuivre ce billet, je conclurai provisoirement : aux yeux de certains de mes amis, je suis Dona Quichotta sin Mancha…. Je suis triste pour eux parce que je vois bien qu’ils subissent leur sort et ne pensent même plus qu’ils pourraient en surmonter les obstacles. Il a déjà longtemps, j’ai fait ce choix « Peut-être que je mène un combat qui sera perdu à l’échelle collective, mais quoiqu’il en soit le fait de l’avoir mené, aura rendu ma vie personnelle riche et intéressante, alors que de de pas le faire l’aurait privée de sens ». Dans tous les cas, je sors gagnante. Il ne reste plus maintenant qu’à remporter ce grand combat collectif. Mais comment en finir avec le désespoirs des uns, et les querelles des autres ?

Anne

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8 février 2013 5 08 /02 /février /2013 14:36

 

 

 

Bien que des milliers de fois, par des milliers d’analystes du monde entier les ressorts de l’action secrète et manipulatrice aient été mis en lumière, bien que des centaines de document déclassifiés et autres de « leur » texte aient mis en évidence l’action d’un gouvernement de l’Ombre qui agissait pour son propre compte sans en référer ni au Peuple, ni même à ses représentants, bien qu’il ait été mille fois prouvé que les mêmes plus grandissait leur pouvoir, plus ils abusaient de celui de former des gouvernements à leur convenance, que ce soit par des guerres, des coups d’état ou des castings politiques certain doute encore de l’existence d’un pouvoir occulte qui tient les rênes du pouvoir globalisant.

J’étais dans un petit village des montagnes de Catalogne le 11 septembre 2001, j’enfilais des perles quand la radio (que j’avais encore à l’époque) annonce la destruction des tours. Après on sombre en plein Orwell, v’là t-y pas que de drôle de martiens viennent de bouleverser l’existence des habitants de la planète Terre. Le soir au bar du village, les voisins pourtant pas très politisés ont tous la même réaction : « C’est un coup monté ! ». Quand je vois aujourd’hui des crétins incultes attribuer à Meyssan la paternité du conspirationnisme, je trouve cela assez réducteur.

Ce n’est que dans un monde sans mémoire, dans lequel l’histoire a été réécrite par les vainqueurs du moment, que les attentats du 11 septembre peuvent être pris sans examen. Cela fait un sacré bout de temps que j’essaye de comprendre ce monde. Quand Internet n’existait pas, il y avait les bibliothèques, les recherches prenaient plus de temps, il fallait trouver un fil et remonter d’indices en indices, séparer ce qui était significatif de ce qui ne l’était pas, piétiner sur place parfois parce que le fil s’interrompait.

Nous sommes nombreux à avoir ce socle de connaissances pré-internet, constitué de recherches et de nos expériences, confrontation avec la réalité des théories : résonances et « relais et brouillard » qui à travers les interfaces d’échelle traduisent d’une dimension à une autre les effets d’un même processus. « Tous les chemins mènent à Rome » pourrait se traduire actuellement par « Tous les chemins mènent au centre de pouvoir d’un Empire ».

Pour mes besoins personnels, je n’ai aucune raison d’aller élucider qui constituent ce centre de pouvoir, je peux très bien utiliser « la boite noire » des dispositifs d’expérimentation scientifique, sachant ce qui y entre on peut établir l’équation qui nous dit ce qui en sortira sans que nous ayons besoin d’élucider les processus internes de la boite. Dans un système mécaniste, tel celui qui est en train de semer son chaos planétaire, les fonctions importe plus que les individus qui les incarnent, les adeptes d’une idéologie fonctionne non comme des personnes à part entière, mais comme les incarnations de cette idéologie, carcan de leurs pensées dont est exclue la réflexion, comme retour sur soi de la conscience personnelle non formatée, comme source d’innovation en prise avec la contingence. C’est le règne du nécessaire, négation (et destruction) de l’existant qui doit faire place à ce qui devrait être – à leurs yeux de fanatiques. Les personnes s'effacent, ils resten des individus qui occupe des fonction et la fonctioncrée l'organe... machine ou individu.

Aujourd’hui ce qui est appelé à tort biologie de synthèse, nous atteignons l’extrême. Il ne s’agit plus de biologie, mais bien d’une hybridation homme-machine qui nous conduit vers une nouvelle espèce qui nous conduit au-delà du vivant. Pour que cette espèce puisse voir le jour, il faut lui faire place.Il ne s'agit pas d'une mutation (et des épreuves qu'elle doit affronter pour faire sens et se péréniser) ils'agit d'une re-médiation machinique de l'ensemble de la planète. Une dénaturation du monde.

Leurs textes ou leur discours Kissinger ou Gates, les expériences eugénistes des Rockefeller et autres hors-humanité, sont explicites. Si nous remontons au début des 70 nous nous trouvons à un tournant… anticipation de l’explosion démographique versus finitude des ressources. Un nouveau courant de pensée qui devient très vite politicien se développe : l’écologie, dont nous nous apercevrons après qu’il n’existe pas en soi. La logique de la manière d’habiter notre planète peut donner le jour à des théories fort différentes selon les prémisses retenues.

Pour en revenir au complot : le mécanisme triomphant annonçant la fin de la science pour cause d’omniscience acquise, l’homme devenu le créateur peut se passer de l’hypothèse de Dieu, l’histoire touche à sa fin parce que l’application des lois de la mécanique à la gestion des populations va permettre d’aboutir au meilleur des mondes possibles : homéostasie, c’est nier la nature même de la vie, rappelons-nous qu’elle n’a pas attendu l’homme pour inventer ce dernier, ce mécanisme triomphant va donc inspirer différents groupes qui se veulent acteurs politiques et économiques de la réalisation de ce monde, dont ils seraient aussi les maîtres… leur création. Selon les différentes formules le pouvoir et les richesses sont plus ou moins partagés, qu’importe puisque le grand maître est la Machination Objective, valeur de référence universelle totalitaire, qui a évacué l’éthique et le débat politique en disqualifiant la subjectivité.

Et effectivement les Grandes Révolutions qui vont suivre Française, Yankee, Russe ou Chinoise vont trouver place dans ce même socle idéologique. Nous verrons une gauche colonialiste messianique qui au nom de cet universalisme se fera alliée de la mutilation des peuples d’autres cultures et participera à l’entreprise colonialiste en contribuant à lui donner ce supplément d’âme d’œuvre de civilisation dont l’entreprise a besoin pour se justifier. Si les peuples d’Occident avaient eu pleine conscience de la nature esclavagiste et mortifère d’une colonisation qui est en fait le pillage des ressources nécessaires au développement du système mécaniste dans sa dimension industrielle y compris agro-industrielle, une partie au moins se serrait rebeller contre de telles exactions. Je ne parle pas du peuple actuel, mais de celui fort différent d’avant 1975. Pourquoi cette date, que je devrais précéder d’un plus ou moins, pour des raisons multiples, une des principale étant que face au défi représenté par la nouvelle équation de gestion de la planète : explosion exponentielle de la population en fonction des ressources disponibles, un choix a été fait parmi plusieurs possible. Le facteur qui va déterminer l’équation sera l’optimisation du profit d’une nouvelle corporation capitaliste.

Je pense personnellement qu’au cours des siècles qui ont précédé nombre de ceux qui ont initiés et concrétisés les révolutions, communistes d’état ou industrielles, de ceux qui ont inventé des modèles dans ce cadre mécaniste dont certains sont restés lettre morte pensaient sincèrement que leur projet de monde était le meilleur possible pour l’humanité. Et je doute que les précurseurs aient prévu l’explosion démographique que génèrerait leur système bien longtemps avant que ce soit un fait. Et comme toujours quand il est question de pouvoir, il y a le lot d’opportunistes qui sont prêts à adopter n’importe quelles idées du moment qu’elles les portent au pouvoir.

Tout « bon républicain » que la théorie du complot fait hurler oublie que le passage de l’Ancien Régime à la République (qui a pris un siècle entre restauration, empire, républiques avortées) ne se serait jamais produit sans une série de complots et de conspirations menée pour évincer la noblesse et l’église et faire place au monde nouveau des industriels et des banquiers, soumettant les peuples à de nouveaux esclavages, en les attachant aux machines (ainsi que le faisaient les yankee avec les esclaves industriels qui fabriquaient leurs uniformes lors de la guerre de sécession).L'esclavage industriel est une prolétarisation,quand o a plus que sa force de travail, c'est un sujet à creuser,

Il faut lire les recherches de la chartiste Régine Pernoud qui nous parle des régimes très complexes de propriété de la terre au Moyen-Age, en résumé c’est moins la terre qui fait objet de partage que les droits y afférents qui eux sont partagés entre différents bénéficiaires, du seigneur au glaneur, puisque le droit coutumier de glanage interdit de laisser la terre nue après récolte, ce qui restent de chaume et de blé, les fruits tombés, les légumes non récoltés appartiennent en droit aux plus pauvres qui viennent ramasser ou gratter la terre pour prendre ce qui leur revient en toute légitimité. ce qui caractérisel'esclave de la féodalité terrienne, le statut du serf qui n'est pas celuid'esclave en tant que propriétaire légitime d'une partie du produit de la Terre (avec des variantes toute la gamme entre esclave et libre est représentée) et l'esclave industriel, dépossédé de tout. Et cela reste de l'histoire contemporaine.

Je n’oublie pas, je suis une indigène d’Europe aux racines coupées par 500 ans d’Inquisition,  un idéocide, le martyr de la mémoire des Peuples, table rase des idées « hérétiques » quitte à massacrer ceux qui en sont porteurs. Mais nous le voyons, les idées ne meurent pas quand elles incarnent des tendances intrinsèques de l’évolution, malgré que les pratiques inquisitoriales qui se poursuivent et s’intensifient aujourd’hui, et malgré que l’Occident n’en a pas le monopole, puisqu’il s’active à instaurer et encourager toutes les formes d’Inquisitions locales y compris les plus sanglantes, en vue d’éradiquer ses nouveaux ennemis.  Pour qualifier ces nouveaux ennemis, après les hérétiques, les communistes vient un nouvel ennemi que cette phrase de G W Bush désigne «Qui n’est pas avec nous est contre nous », il ratisse large le petit George, me v'là désignée ennemie.Je pense personnellement que quiconque n’est pas explicitement opposés à sa clique et l’idéologie dont elle est porteuse en est au moins implicitement et passivement complice. Après une brève phase où les terroristes sont désignés comme une cible assez précise, le terme prend de l’extension, et aujourd’hui les textes leurs textes le disent « Quiconque nuit d’une manière ou d’une autre aux intérêts de la clique doit être réprimé »[i]. Les moyens de le faire sont variés, cela va de l’isolement par disqualification, de l’expropriation à l’emprisonnement, la torture, le meurtre, etc… la nouvelle directive européenne ordonne d’intégrer dans les droits nationaux des états ressortissant la criminalisation de l’incitation indirecte au terrorisme. (Nouvelle loi anti-terrorisme : Débusquer l’Oussama qui sommeille en vous)

 

Les résistants ayant toujours été des terroristes pour les oppresseurs qu’ils combattent, nous savons que dans le cadre de cette loi seuls les robotisés de la pensée conforme, les lobotomisés qui ne savent même plus ce que penser veut dire , ceux-là ne seront inquiétés que comme dommages collatéraux indispensables au règne de la terreur qui crée les conditions pour que nul ne se sente à l’abri et que chacun se méfie, souvent à juste titre de son voisin. Pour une application contemporaine de ce principe : Colombie: La répression et la terreur d’État se "consolident" à La Marina, Chaparral (Tolima).

Si je reprends inlassablement ce document JV 2020, c’est qu’il est l’expression la plus claire qui nous soit donnée d’objectifs qui ont des implications économiques et culturels et dont la militarisation du monde (forces de répression et société civile incluses, conjointes)  sous égide du Pentagone est une condition sine qua non. Alors que l’on appelle cela complot ou aberration de l’histoire, cela ne fait pas moins de dégâts. Que des gens s’en inquiètent qui ont des points de vue différents et qu’ils parviennent à des conclusions similaires sur base d’analyse des même faits semble assez logique. Que la domination US soit contestée par la grande majorité des habitants d’Amérique du Sud, d’Afrique et d’Asie est bien réel.

Qu’en Europe des enquêteurs d’extrême et autres droites, de la plupart des gauches, écologistes ou non étiquetés arrivent à des conclusions similaires en partant de l’étude de la même histoire, celle de la globalisation et de ceux qui l’imposent, n’a rien de surprenant. Ce n’est pas là qu’il faut chercher la différence, mais bien en terme de projet de monde. A partir de cette réalité, que proposons-nous pour l’avenir. Là une irréductible différence se manifeste et une des question cruciale  Comment déminer les tensions sociales du diviser pour régner que les matrices d'opinion ont excacerbé) Ce n'est peut_être pas un complot, en tout cas que pendant des décennies quelques grands groupes aient racheté tous les grands médias pour avoir le monopole de l'information,ce n'est pas "innocent" et c'est innacceptable, sauf àcréer les nêtres et les laisser tomber.

Que des crétin(e)s décervelé(e)s soit incapables de percevoir cette différence tout occupés à faire des amalgames sur base de procès d’intention, c’est assez normal puisqu’ils sont payés pour. Des opportunistes ne manquent pas peu importe le maître, du moment qu’il paye bien et nous offre la gloire que nous n’aurions pu conquérir par nos seuls mérites et capacités. Les médiocres, les minables, les frustrés, les jaloux, les jaunes en tous genres sont les piliers grâce auxquels le pouvoir de l’Ombre va pervertir toute société saine pour en affaiblir et éradiquer le résistance. Seuls ceux qui n’ont pas les ailes d’ assez ample envergure et assez puissantes pour leur permettre d’échapper à la pesanteur d’une idéologie-carcan, peuvent se contenter des fonctions que leur offre le système et trouver gratifiant de trouver place dans la hiérarchie sociale. Nous les non-intégrables, les irréductibles prenons encore plus de plaisir à nous jouer des obstacles que le pouvoir de l’ombre sème sur nos routes, quelles que soient les douleurs, les difficultés, les moments de retraites dans des impasses auxquelles il nous faut inventer de nouvelles issues qu’à nous conformer au règne de la médiocrité, de la normalité, de la conformité.

 

Que certains de ces crétins soient qualifié aujourd'hui de journalistes, de chercheurs ou d'experts, (un petit clind'oeil : Le Bon Coin », un risque pour la croissance et pour les profits)  cela n'a rien d'étonnant, autant les journeaux et autres médias ont fait l'objet  d'une mainmise qui ne s'était vue jusque-là que dans les dictatures du communisme d'état, autant les programmes des universitéet l'esprit des chercheurs ont été formatés pour servir les besoins de la globalisation, peu importe la qualité du travail. L'endettement des étudiants et la transformation des journalistes  en actionnaires contribuant à leur muselage. La connerie et la médiocrité faisant le reste. 

Que tous cela soit complot ou résultat de l'application d'une idéologie qui se propage indépendamment de quelque choix conscient et éthique, par ceux qui en sont les héritiers ainsi que des fortunes q'elle a procuré à leur famille ou aux nouveaux co-optés, les première victimes de TINA, le mostrequ'ils ot fabriqué, emprisonnés à jamais dans leur conditionnement qui ne leur permet de percevoir que ce qui leur a été ordonné et permis, bien loin de la réalité humaine dans son ensemble... c'est pareillement inacceptable. Et je m'insurge ! Je ne reconnais ni leur autorité, ni leur gouvernance. Noussommes les nouveaux insurgés, les nouveaux comploteurs.

Nous sommes les nouveaux comploteurs, nous complotons à ciel ouvert, nous sommes les humains rassemblés contre ceux qui se sont placés hors humanité en créant des échelles entre les êtres et les ethnies en fonction de critères que nous ne partageons pas. Nous sommes la corporation des amis, des bons voisins, des compagnons, nous sommes l’existant, les habitants de la Terre, dont nous faisons partie. Nous sommes les nouveaux comploteurs au service de la vie contre la machination du Monde, le Peuple des Humains complotant contre une oligarchie néfaste et malveillante. Et si un jour nous cessons de le faire ouvertement et de manière transparente, les cartes sur la table, c’est que tout simplement on nous aura retiré cette liberté de dire qui est fort menacée et non que nous voulions sombrer dans la manigance qui est un outil de l’autre bord.

 

Nous sommes les nouveaux comploteurs, les amis de l’existant, les amoureux de la vie, le peuple des humains, de sensibilité commune dans le respect de nos diversités. Nous sommes la nouvelle alliance naissante et il n’y a pas de place parmi nous pour les racistes, pour les prosélytes, pour les dominateurs. Refondation et communalité, nous unissent... patit noyaux d'espoir, territoires libérés si petits soient-ils où se découvrent, sinventent et se pratiquent des nouvelles manières de vivre ensemble, jardinniers de planètes, réparateurs d'écosystème, joyeux fêtards, inventeurs, créatifs, nous partageons sans compter et nous en sommes d'autant plus riches...

 

 

 

Image IPB

 Faux philosophe entarté par Deleuze

Nous sommes aussi les neveux de Deleuze.

 

 



[i] Les extraits ci-dessous sont extraits du document produit par les pontes du Pentagone et traduisent le but et les moyens des opérations militaires  menées par ses armées et autres outils de guerre d’ici à 2020. Ce qui inclus une militarisation de la société civile.

 Le noyau du document Joint Vision 2020 est la doctrine qui porte le nom de “domination du spectre complet”. Mais avant de nous en référer spécifiquement à ce concept, il convient de mettre en évidence quelques-uns des éléments qui interpellent à la lecture de JV2020. Ce document n’est pas conçu comme un projet à mettre en pratique dans l’avenir mais bien comme un processus d’actualisation permanente de la doctrine militaire des Etats-Unis. Il est centré sur un objectif stratégique définit comme « la nécessité de nous préparer pour un avenir incertain »

[…]Le texte permet, en plus, de découvrir comment le gouvernement nord-américain  perçoit lui-même sa propre politique de domination et le prochain développement de celle-ci, quand il dit, par exemple : « Les intérêts globaux et la responsabilité des Etats-Unis persisteront, et il n’y a aucun indice que les menaces envers nos intérêts ou envers ceux de nos alliés vont disparaître. Les concepts stratégiques de force décisive, projection de pouvoir, présence outremer et agilité stratégique continueront à régir nos efforts pour assumer ces responsabilités et affronter les défis du futur. »

Selon JV2020, la domination du spectre complet est “la capacité des forces des Etats-Unis, opérant unilatéralement ou conjointement avec des alliés multinationaux ou des forces-inter-agences, de vaincre, n’importe quel adversaire et contrôler n’importe quelle situation dans toute l’amplitude du spectre des opérations militaires » Et, il énumère ses différentes situations « incluant le maintien d’une attitude de dissuasion stratégique. Incluant l’action sur le théâtre d’opérations et activités de  présence. Incluant les conflits impliquant l’emploi de forces stratégiques et armes de destruction massive, guerres de théâtre principal, conflits régionaux et contingences de moindre intensité. Ces situations comprennent également celles ambigües qui oscillent entre paix et guerre, comme par exemple les opérations  pour maintenir et ramener la paix, de même que les opérations non-combatives d’aide humanitaire et l’appui aux autorités locales. »

[…]Si nos Forces Armées doivent devenir plus rapides, plus létales et plus précises pour 2020 qu’elles ne le sont aujourd’hui, nous devons continuer à investir et à développer de nouvelles capacités militaires

[…]« Trois aspects du monde de l’année 2020 auront des implications significatives pour les Forces Armées des EU. Premièrement, les États-Unis continueront à avoir des intérêts globaux et seront engagés avec une série d’acteurs régionaux. »

Notre sécurité et nos intérêts économiques, de même que nos valeurs politiques,  donneront l’impulsion à nos engagements avec nos associés au niveau international. La force conjointe 2020 doit être préparée pour  gagner dans tout le spectre des opérations militaires dans n’importe quel lieu du monde ; pour opérer avec des forces multinationale ;  pour coordonner des opérations militaires ; pour opérer avec des agences gouvernementales et avec des organisations internationales quand c’est nécessaire.

Précisément, le concept de “domination du spectre complet” implique que les forces des EU soient capables de mener des opérations rapides, soutenues et synchronisées avec des combinaisons de forces sélectionnées à la mesure de chaque situation spécifique et avec la possibilité et la liberté d’intervenir dans tous les domaines : mer, air, terre et information. En plus, du fait du caractère global de nos intérêts et obligations, les Etats-Unis doivent maintenir leurs forces de présence outremer et la capacité de projeter rapidement du pouvoir dans le monde entier dans le but d’obtenir la domination du spectre total. »

[…]Il met en relief, en plus que «  l’interopérabilité est la base des opérations multinationales et inter-agences effectives ». Et ajoute comme élément fondamental «  la coordination sui se produit  entre les éléments du Département de la Défense et les agences du Gouvernements des EU impliquées, les organisations non-gouvernementales, les organisations de volontaires privées et les organisations régionales et internationales avec le propos de réaliser un objectif » lequel devra se réaliser « malgré la diversité des cultures, des intérêts en confrontation et les différentes priorités d’intérêt des organisations participantes »

Permettez-moi de souligner ce paragraphe, parce qu’il explicite ce que l’empire applique systématiquement sur notre continent. Dans la politique de militarisation agissent non seulement les forces armées des EU proprement dites mais en plus des autres agences gouvernementales et des organisations privées de volontaires qui soi-disant viennent « aider généreusement » la population dans des objectifs de paix et de développement et bénéficient d’énorme subsides financiers pour mener à bien leurs plans.

Rina Bertaccini

Sources originale et traduction française : “El Complejo Académicomilitar Estadounidense y sus Relaciones con las Fuerzas Armadas en América Latina”  

Militarisation impérialiste : nouveaux masques pour de vieux projets –

 

 

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"Le vieux fascisme si actuel et puissant qu’il soit dans beaucoup de pays, n’est pas le nouveau problème actuel. On nous prépare d’autres fascismes. Tout un néo-fascisme s’installe par rapport auquel l’ancien fascisme fait figure de folklore […].

Au lieu d’être une politique et une économie de guerre, le néo-fascisme est une entente mondiale pour la sécurité, pour la gestion d’une « paix » non moins terrible, avec organisation concertée de toutes les petites peurs, de toutes les petites angoisses qui font de nous autant de microfascistes, chargés d’étouffer chaque chose, chaque visage, chaque parole un peu forte, dans sa rue, son quartier, sa salle de cinéma."

 

Gilles Deleuze, février 1977.

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