25 septembre 2013 3 25 /09 /septembre /2013 11:02

 

Dilma Rousseff a ouvert cette Assemblée Générale de l'Onu

Je ne sais pour vous, mais jusque ici je ne m’étais jamais intéressée de trop près aux assemblées générale de l’ONU qui me semblaient une mécanique à ratifier les positions de l’Empire Transnational représenté par le régime étasunien du moment. Monde unipolaire et hégémonie des gendarmes autoproclamés, sans qu’aucune remise en question ne prenne assez d’ampleur et renverser ce qui apparaissait comme un ordre immuable des choses.

L’ONU, une organisation sous contrôle, Jean Ziegler décrit fort bien cela dans « Les nouveaux maîtres du monde… ». Parlant de sa propre expérience, il raconte par exemple l’espionnage permanent sur chacun de ceux qui y travaille et comment pour y échapper, les informations importantes ne peuvent passer par le courrier électronique, mais bien être remises en main propres par un porteur de confiance.

Cette fois pourtant, frustration, je voudrais avoir une connexion à Internet qui m’offre la possibilité de suivre les débats, en en particulier, bien sûr, les interventions de ce pôle multipolaire que la plupart ici continuent d’ignorer : l’Amérique du Sud en tant que telle. Dilma Rousseff, Evo Morales, Cristina Fernandez de Kirchner prenaient hier la parole, et j’aurais aimé pouvoir suivre cela en détail.

Tout au cours des semaines qui ont précédé, de multiples échanges ont eu lieu entre différents pays du continent Sud-Américain pour préparer les différentes interventions sur des thèmes brûlants. Simultanément à New York, les représentants de l’ALBA tiendront leur propre réunion.

Nous savons que plus largement, cette assemblée sera l’occasion d’une radicale remise en question du rôle de gendarme auto-proclamé de notre monde imposé par les États-Unis. Le dernier G20 qui s’est tenu à Moscou nous en a donné un avant-goût. L’Occident s’y est vu détrôné par une alliance de puissances émergentes, dont nous savons qu’elles sont la figure de proue de la réprobation mondiale qui veut en finir avec l’attitude belliqueuse de la nébuleuse globalisante incarnée par le gouvernement des Etats-Unis. La Russie, la Chine, le Brésil, l’Inde, l’Argentine, l’Afrique du Sud y ont vertement remis en place Obama, qui était dans ses petits souliers.

 

L'Occident détrôné

Source image : L'Occident détrôné

Si la Syrie est l’obstacle sur lequel l’empire s’est déjà cassé quelques dents, d’autres thèmes émergent qui sont autant de pierres dans son jardin et d’épines dans son talon (d’Achille ?). L’espionnage sans limite auquel se livrent sans vergogne les services secrets US est un de ces thèmes qui a été porté sur l’Agora par Dilma Rousseff qui ouvrait cette assemblée. La même Dilma qui en raison de cet espionnage a supprimé la visite qu’elle devait faire aux Etats-Unis le 23 octobre.

Evo Morales, incarne quant à lui la voie du refus de tous ceux qui s’insurgent contre la tentative de recolonisation musclée du continent Sud, clairement annoncée par Kerry, qui a donné la couleur en affirmant que les USA allaient s’occuper vigoureusement de leur arrière-cour. Provocation ? Maladresse ?

Une telle déclaration était inacceptable pour tous ceux qui construisent la souveraineté et l’autodétermination de cette région du monde, phare pour tous ceux qui souhaitent un monde de paix, multipolaire, fondé sur la complémentarité des peuples et non sur leur mise en rivalité, leur mise en concurrence.

Dans un monde aux ressources matérielles limitée, ayant subi une explosion démographique la complémentarité et le partage équitable est la seule optique possible pour qui souhaite la paix et le bien-être pour les habitants présents et à venir. Ce qui implique un changement radical de nos manières d’habiter la planète.

Comment en effet pratiquer une consommation « responsable » et « soutenable » quand les modes de production, la nature et la qualité des produits est toujours plus nuisible. Comment trouver une issue, alors que la « croissance » forcée reste centrale, ne bénéficiant qu’aux quelques-uns qui sont entré dans la spirale du Profit, au prix de destruction irréversible de la planète. Richesse ? C’est quoi au juste. Il faudrait peut-être redéfinir cette notion selon des critères « raisonnables » (moins quantitativement matérialistes et plus qualitativement joyeux). Sérieuse ? Non je ne suis pas sérieuse… Inquisition hors de nos murs ! Austérité de même.

Comme beaucoup, je suis critique des modes de développements adoptés y compris par les gouvernements rebelles (au néolibéralisme) d’Amérique du Sud. De nombreux mouvements populaires locaux, avec à leur tête les associations paysannes et indigènes, d’ailleurs ne cessent de les remettre en question. C’est un autre débat, qui doit impérativement être mené mondialement, et en particulier en Europe.

Ceci dit, l’Europe des Peuples ne pourra se construire que si nous balayons principe de cette concurrence (ni) libre, (ni) parfaite qui est le fondement idéologique officiel de la construction européenne actuelle et que nous apprenons en pratique ce que mise en complémentarité des ressources veut dire. Ce qui ne sera possible que si nous renonçons à cette attitude de roquets de l’Impérialisme, illusion de supériorité de notre civilisation européenne dévastée par les effets néfaste de l’acculturation et du colonialisme yankee. Il serait plus que temps d’en revenir à plus d’humilité, de renoncer à nos propres attitudes suprémacistes de colonisateur-civilisateur et d’aller prendre de la graine là où le marché des semences n’est pas encore monopole de Monsanto et cie.

Ce qui se passe se passe ces jours-ci à l’ONU est donc de toute première importance aussi pour nous européens, le trône de l’Empereur que nous servons vacille et nous courrons le risque de nous retrouver relégués avec les Maîtres aux oubliettes de l’histoire, complices de ceux pour qui la globalisation signifie « dominer par les armes de guerre, celle que mène les militaires, guerre économique dont les règles internationales contraignante réduisent la politique à des démonstrations de parades de bonnes intentions, guerre psychologique qui par mainmise sur l’information de masse et la déstructuration des enseignements colonise les consciences et domine les opinions publiques. Nous courrons un risque bien plus grave, celui de récolter les fruits de la haine que nous avons semée.

Pour tous ceux qui aspirent à la paix, la souveraineté, l’autodétermination, cette mise au ban des nations des Etats-Unis qui se profile à l’horizon de cette assemblée est un préalable indispensable. Pourquoi ?

Comme beaucoup d’entre nous, gens simples et pacifiques, je me serais bien contentée de cultiver mon jardin et de partager avec de bons voisins et visiteurs de passage, les charmes et la plénitude d’une vie simple, active, de la joyeuse convivialité de ceux qui sont bien dans leur vie et dans leur peau et ne demandent rien de plus que de prendre leur place goutte d’eau dans la mer des peuples. Encore eut-il fallu que cette Mer soit celle de la Tranquillité.

J’aurais plus volontiers passé ce temps consacré à élucider les marasmes de la géopolitique internationale à cultiver mon jardin, créer les objets utiles à la vie quotidienne, partageant mes savoir-faire avec d’autres pour le faire collectivement dans des relations d’échange et de partage continué, dans la  joie et la bonne humeur. Mais justement cela aujourd’hui est toujours plus frappé d’interdit par un modèle de gestion du monde qui ne supporte pas l’existence d’alternatives, les détruits systématiquement et fait tout ce qui lui est possible, y compris par le meurtre, la torture, l’emprisonnement pour empêcher de germer et de croître ces tentatives, ensemencement du monde par d’autres possible que celui de la guerre totale, du contrôle et de la domination absolue de peuples soumis aux lois imposées par un petit-nombre, dont ils faut bien reconnaitre qu’ils sont de dangereux malades mentaux dotés d’une puissance démesurée et meurtrière.

GUERRE AUX ALTERNATIVES ! est un de leur slogan implicite favori.


C’est une réalité concrète, que nous éprouvons dans nos quotidiens et d’une manière plus dramatique les plus précarisés parmi nous. Ce sont donc des constats de terrain qui m’ont amenée à mettre le nez dans cette merdouille. Ceux qui me connaissent un peu savent que je n’hésite pas à me retrousser les manches et mettre de l’huile de bras quand il s’agit de nettoyer concrètement des terrains souillés de la réalité, même là où d’autres sont rebutés. Nettoyer est toujours une bonne chose, quelques mètres carré de planète rendus à l’harmonie, c’est toujours cela de gagner. Mais cela ne suffit pas, les souilleurs pollueurs disposant de moyens industriels de destruction de planète, nos moyens artisanaux ne seront efficaces que si nous arrivons à les empêcher de nuire d’avantage.

Qui nettoiera les terres rendues radioactives par les bombes de l’Empire ? Fungi ? Qui restaurera les campagnes empoisonnées par le Roud-up et les cultures contaminées par les OGM de Monsanto et cie ? Etc… Ce sont des problèmes mondiaux qui ne peuvent être résolu tant que ne sera pas mis un terme à ces pollutions criminelles à échelle planétaire.

 

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Et pour entrer dans un autre registre, comment trouver des manières de vivre ensemble en bons voisins respectueux les uns des autres tant que les multiples foyers de la guerre diffuse (concept fondateur des stratégies actuelles du Pentagone, dans sa volonté de conquérir la « domination du spectre total » d’ici à 2020) sèment la haine entre les peuples, exacerbe les différents idéologiques et religieux entre voisins, et produit les conditions de possibilité  de guerres civiles aussi en Europe. Les dernières manifestations de l’extrême-droite, en Grèce comme en Espagne sont loin d’être anodines, les perspectives de coup d’état fasciste dans ces deux pays prennent chaque jour d’avantage de consistance. Ce qui nous apparaissait comme impossible il n’y a pas si longtemps, rivalise en ce moment comme possible (ne les laissons pas devenir probable !) avec les projets de monde qui impliquent la reconnaissance de la personne en tant que telle, sans racisme ou autre discrimination. Ce projet pour lequel « Toute personne a droit au respect et au moyen de la dignité du seul fait qu’elle existe ». Un projet que je ne puis plus qualifier de projet de gauche pour la raison assez évidente qu’une bonne partie de la gauche occidentale est raciste, colonialiste, suprémaciste, et pour une partie ralliée sans condition au néolibéralisme, alors que bien des gens qui se disent apolitiques œuvrent à ce projet en y mettant tout leur cœur, toute leur intelligence, toute leur énergie.

C’est très certainement un des écueils auquel nous nous heurtons en ce moment, si l’extrême-droite de plus en plus puissante se réunit sur la base très clair de la haine, du rejet et de la destruction de l’Autre, aucune théorisation commune ne vient servir de liant permettant à ceux qui s’y opposent de donner leur pleine puissance, celle qui unit (encore) une majorité d’habitants de la planète. Union dans un projet commun et pacificateur que nul encore n’a réussi à exprimer clairement en tant que ce courant de conscience planétaire qu’il constitue.

 

Réfléchissez deux secondes. Vous constaterez que sur cette planète, une majorité d’habitants, braves gens de tous pays, aspirent avant tout à vivre en paix jouissant pleinement du droit d’autodétermination locale. Et pour ceux qui prennent la peine de porter leur regard au-delà des affirmations obsolètes de l’Occident triomphant, cette affirmation « Tout le monde veut vire comme nous » est un gros mensonge pernicieux. Si les peuples que nous avons pillés n’ont au départ pas eu le choix, transformés en esclaves de nos modes de production, dépouillés de l’essentiel pour satisfaire les consommateurs repus d’autres continents, lointains et inconnus d’eux, beaucoup affirment à présent haut et clair : Nous ne partageons ni vos valeurs, ni vos aspirations et nous voyons bien que vos mode de vie, de production et de consommation ont pour conséquence la destruction de toute éthique et de l’existant, toujours dans le malheur, la sinistrose, l’abrutissement et ce terrible isolement auquel l’individualisme concurrentiel condamne ceux qui le pratiquent à outrance »


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C’est aussi de cela dont il sera question ces jours-ci à l’Assemblé Générale de l’ONU.  Et si nous pouvons d’une certaine manière nous réjouir de ce rôle de leader de la dissidence mondiale endossé par Poutine au cours des derniers mois, nous ne pouvons ignorer que ce même Poutine est encore porteur d’un modèle hégémoniste, quand bien même celui-ci serait multipolaire. Quand à la Chine… je ne suis pas la seule à être terriblement inquiète par cette conquête économique silencieuse qu’elle opère actuellement dans le monde.

La visite de Maduro en Chine et les accords conclus qui font de la Chine un investisseur privilégié au Venezuela, comme dans d’autres pays d’Amérique,  Latine, a été l’occasion d’exprimer cette inquiétude. Si Maduro a fortement insisté sur les aspects d’alliance stratégique renforcée comme fruit de cette rencontre, nous voyons bien, que cela ne va pas sans une possibilité de mainmise de la Chine sur une partie du pétrole vénézuélien et d’autres secteurs économiques cruciaux. A surveiller donc de très près. Les formes de la diplomatie, obligent-elle à passer sous silence le caractère esclavagiste des conditions de travail de centaines de milliers d’ouvriers et d’ouvrières chinois? N’est-ce pas aller trop loin que de reconnaitre le modèle chinois comme positivement socialiste et susceptible de s’intégrer au projet de socialisme « siglo XXI » ?

Si je ne suis pas une spécialiste, ni de l’Amérique Latine, ni d’autres sujets, je me qualifierais plutôt d’observatrice intéressée et assidue, toujours frustrée par les limites que le temps et mes capacités mettent à la découverte de cette organisation  multipolaire dans la diversité qui s’invente chaque jour dans la région. CELAC, UNASUR, MERCOSUR, ALBA, PETROCARAIBE,  … autant d’organisation dans lesquels se retrouvent certains gouvernements régionaux (tous dans la CELAC). D’autre part il y a les accords des pays « amis » des USA, sous forme de traités de Libre Echange ou d’accord militaires… ou les regroupements comme UnoAmerica dirigé par le sinistre Uribe qui regroupe tous ce que le continent compte de nazis et autres fascistes, généraux de dictatures, et occupe une place de choix dans l’internationale fasciste mondiale… un sujet d’étude à part entière !

Les associations de souveraineté des gouvernement, déjà difficile a appréhender exhaustivement, sont peu de chose,  comparé aux multiples formes d’associations locales et transrégionale qui unissent directement les peuples entre eux, comme la récente apparue ALBA des peuples qui permet aux populations dont les gouvernements ne sont pas membres de l’ALBA de s’unir à ce mouvement. Il y a là une incroyable qualité et quantité de conscience et d’intelligence en action pour poser les bases de l’unité  d’une multiplicité dans la diversité. Associations indigènes trans régionales, celles de paysans, celles que motivent une vision politique ou économique commune, association de média populaires, associations de commune…. Innombrables…

Cette diversité n’est pas réductible, et chacune de ses associations, chacun de ces collectifs est singulier et en tant que tel ne peut être compris qu’envisagé selon ces particularités, son histoires, ses réalisations et ses rêves pour l’avenir.

On est loin de la mécanique globalisante avec ses règles uniques pour un monde unique qui en font finalement un objet d’étude assez simple. Ses méthodes varient en fonction des contingences locales, des degrés d’acceptation de l’opinion publique et de complicité des gouvernements, dont certains n’ont aucun scrupule à mettre leurs forces de l’ordre et de la répression au service de ce pouvoir global, contre les habitants de leur pays dont ils sont officiellement mandataires. Mais elles ont un but unique homogénéisant, cet attracteur fatal qui efface les histoires, les différences, les originalités pour fondre tous et tous dans ses moules de conformisme carcéral. Grande machination du monde. Les produits de la mécaniques sont des objets fort simple au regard de la complexité-diversité des sujets vivants.


Tout cela pour dire que oui, ce désir de voir mettre le Président Obama, son gouvernement et ses complices, au ban des nations civilisées dont Evo Morales se fait le héraut dans cette assemblée - reprochant à Obama de parler « avec uncynisme mensonger » comme « le gendarme, le patron ou le propriétaire du monde » – cette érosion de pouvoir, de puissance de crédibilité que subit le gouvernement des USA (et ceux qu’il représente… pas le peuple de ce pays, en tout cas) sont des préalables indispensables à une refondation du monde qui donne de l’espoir à beaucoup d’entre nous. Espoir de pouvoir déjà simplement relégitimiser les possibilités de créations d’alternatives, confisquées, interdites, criminalisées, rendues impossibles par des lois et règlement iniques, l’appropriation-confiscation du territoire où les ancrer.

Cela ne doit pas émousser notre vigilance à l’égard des autres puissances aspirant à des formes de concentration de pouvoir hégémonique.

Néanmoins, une Assemblée Générale de l’ONU dans laquelle il n’est pas entendu d’avance qu’une fois de plus les USA dicteront leur loi et leur programme sans que personne ne soit susceptible de les contrer, c’est une grande première. Mais un tout petit début…

Anne W.

 

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22 septembre 2013 7 22 /09 /septembre /2013 10:55

 

 

Ceci est vraiment un billet de colère. J’en suis gavée de cette discrimination entre bons pauvres, ceux qui malgré les apparences parfois aspirent vraiment à l’intégration sociale et à l’emploi et les autres les vrais mauvais, la lie, le rebut qui crachent tout autant sur l’emploi que sur l’intégration sociale.

Et cela m’énerve d’autant plus quand cela stigmatisent des jeunes qui n’avaient pas demandé à grandir dans un tel monde, à un tel moment de l’histoire que l’avenir prend d’emblée l’apparence d’une impasse. Pour tous ceux en tout cas qui ne prennent pas en toute conscience le risque d’ouvrir de nouveaux possibles, cette jeunesse consciente qui se bat parfois à raison, parfois avec les erreurs qui constituent l’expérience, mais qui sont debout et affrontent toutes les formes de répressions que le système à préparer pour eux encouragé parla léthargie et souvent la connerie de ceux qui les précèdent ramollis par les mythes de l’état-providence et l’illusion qu’ils entretiennent encore qu’il est des solutions d’avenir au sein du système actuel.

A tous ceux qui les critiquent ces jeunes qui constituent (souvent maladroitement) un front du refus, tant que vous ne serez pas actifs pour leur ouvrir d’autres possibles, tant que vous ne serez pas vous-même rebelles à la résignation, l’austérité, tant que vous n’aurez rien d’autre à leur faire miroiter que des emplois qui les conduisent vers la pire des misères, l’absence de rêve, la résignation à perdre sa vie à gagner les picaillons qui permettent d’acheter de fausses richesses qui contribuent à une vraie destruction de la planète et de tout avenir possible pour cette jeunesse inquiète, bouclez-là. Vous n’avez aucun droit de reproche. Faites votre examen de conscience, qu’avez-vous fait de positif dans votre vie pour leur léguer un monde tout simplement vivable ?

Ils n’ont que ce mot là à la bouche, EMPLOI, crié sur tous les tons, gémi au fond des foyers de misère. C’est lamentable, le peuple des esclaves en appellent aux maîtres pour améliorer leur pitance et pouvoir s’offrir les produits merdiques de la « création de richesse » qui met à mal la planète comme lieu où la vie est possible et ne rendent pas heureux. .

Nous ne voulons pas d’emploi, nous voulons des métiers, des activités qui contribuent à poser les bases d’un monde meilleur, quand bien même il n’adviendra jamais, au moins on aura essayé.

Franchement cela me fait gerber, toutes ces tentative de montrer qu’il existe de bons chômeurs » : la preuve c’est qu’ils cherchent activement des emplois qui leur fiche d’avance la nausée à force d’être dénués de sens ou lourd de conséquence néfastes pour le devenir du monde. Quand ils existent.

Il y a ces petits jeunes paresseux, qui traînent en bande, qui n’essayent même pas ma bonne dame…Non mais. Les générations précédentes ce sont battues pour que le travail soit digne et les travailleurs respectés, convenablement rémunérés, évoluant dans un milieu ambiant ouvert et agréable. Pour que diminuent les écarts de qualité de vie entre les riches et les pauvres, ce qui impliquait surtout la fin de l’écart culturel, l’accès pour tous à une éducation de qualité qui était la première barrière à franchir pour que tous enfin jouissent des conditions de possibilités de l’équité.

Et aujourd’hui on demande à des gamins, bercés de mythes, admirateurs du joueur de foot et autres vedettes qui gagnent des sommes astronomiques que rien ne justifie, bercés dès le plus jeune âge par les mythes d’Hollywood, leurrés dans leur conception de la richesse – qui n’appartient qu’aux autres – de se faire tout petits pour se fondre dans le moule d’emplois chiants, mal rémunérés, sous contrôle de petits chefs en crise d’autorité. Et on ne cesse de leur clamer qu’ils auront de la chance s’ils trouvent un emploi et que c’est cela la vraie vie. Faut arrêter les mecs. C’est du mauvais délire et ils ont bien raison de vous envoyer chier les gamins avec vos emplois à la cons, vos rêves pour minus, albatros avortés.

Ils le savent les gamins que vous avez profité sans  compter des illusoires richesses passées, ramollis devant vos télé pendant que d’autres leurs confisquaient les droits que leur grands-parents avaient conquis de haute lutte. Ils le sentent bien, ces gamins qui ne savent même pas ce que se rebeller veut dire, ils ne connaissent que la diversion entre copains, les passe-temps, ils le savent que ces emplois qu’on leur fait miroiter comme une aubaine contribuent à construire un monde dont ils ne veulent pas, continuent d’aggraver des problèmes qui leur pèse en forme de cette angoisse latente d’un avenir sans horizon.

Ils ont bien vu leurs parents moroses qui leur imposent moins la pression de leur frustration depuis qu’ils sont gavés d’antidépresseurs. Alors ils prennent de la coke, les gamins parce que cela leur donne pour quelques heures une illusion de grandeur, le sentiment enfin de transcender les limites de cet univers carcéral que vous avez encouragé par votre négligence.

Ils ne sont pas dupe les gamins de la grande arnaque à l’emploi. Ils n’ont pas les mots pour le dire, normal, l’enseignement qu’il n’ont pas reçu traduit déjà ce mépris de classe qui leur a été imposé dès l’enfance comme une donnée incontournable du monde où ils auraient à vivre..

La seule idée d’un emploi les emmerde, et ils ont bien raison. Ils n’ont pas envie d’endosser le manteau de la résignation. Alors ils recréent par leur bande les tribus primitives dans laquelle ils peuvent se faire une place, une dignité, un honneur que la société n’offre pas.

Je ne crois pas que ce soit la bonne réponse, mais l’apprentissage de la résignation ne l’est pas non plus. Ce qui se passe dans le monde est gravissime. On peut envisager en toute lucidité une prochaine disparition de l’humanité et on vient proposer à une génération qui héritera de problèmes quasi insurmontables de se couler dans le moule du conformisme d’un bétail élevé pour l’abattoir et qui broute paisible en attendant son heure, pendant que le maître se réjouit de le voir engraisser. Que du profit, pour lui.

Elle n’est pas coupable cette génération à peine sortie de l’enfance de se retrouver face à un héritage pourri qu’aucun inventaire ne leur permettra de refuser.

Je sais l’impasse où conduisent ces illusions de rébellion des bandes de désoccupés, j’ai mal pour ces enfants trahis par ceux-là même qui se devaient de leur ouvrir l’avenir comme une multiplicité de possibles qui donne envie de se bouger le cul pour construire le monde duquel on fait partie. Et ces mêmes qui ont manqué à tous leur devoirs de responsabilité vis-à-vis des générations à venir sont aussi souvent les premiers à leur jeter la pierre à ces sales gosses, quand ils n’essayent pas de les contraindre à endosser ce manteau de mesquinerie qui les a pousser à accepter toutes les compromissions, profils bas pour quelque miettes de pseudo-vie… sécurité, tu es trop petite, trop étroite, une petite cage de désespoir.

Ils le sentent bien ces jeunes qui refusent, parfois sans trop savoir pourquoi, le moule social et l’échelle des hiérarchies que ceux qui les critiquent sont les premiers coupables de cette situation de misère que constitue le manque d’alternative.

La rage que je ressens est à la mesure de cette douleur, d’avoir vu trop de ces beaux enfants pleins de promesses, finir la gueule écrasée contre le mur de l’impasse dont on ne ressort que mort. Ils rêvaient d’un autres monde, ils n’avaient ni les connaissances, ni la force pour construire « contre », ce qui aurait du être construit « pour ». Ils ne savaient pas faire la guerre, seulement inventer, imaginer, créer, faire exister au quotidien des mondes-solutions. Ils avaient cette sagesse intuitive, respect d’une nature dans laquelle ils apprenaient à se fondre, partie de… et petit à petit l’espace c’est réduit, ils n’y avait plus de lieux pour habiter le monde hors des « plans d’aménagement du territoire qui transforment le moindre pissenlit en marchandise, où moindre jardin est bardé de règlement d’Ordre Public.

Construire des alternatives à présent implique d’entrer en guerre avec un système qui les interdit. Construire des alternatives est une vocation de guerrier, armés de conscience, de détermination, discipliné dans la réalisation de son œuvre, prêt à se battre pour la défendre envers et contre tout et tous.

Je vois bien que parmi ces jeunes qui rejoignent les bandes qui enfreignent la loi, et tombent souvent dans une délinquance qui les mènent en prison, où commence la spirale vers le crime, il y a cette rage de ne pas avoir été pris en considération, de n’avoir pas trouver d’ouverture autre que le sacrifice d’eux-mêmes qui en feraient des petits moutons, déjà mort à la grandeur du rêve avant même d’avoir commencé à vivre.

Ne leur jeter pas la pierre avant d’avoir mesurer la part de votre responsabilité (qui peut être d’avoir laissé faire) dans les situations sans issues valables auxquels ils sont confrontés. Et comme il n’est jamais trop tard pour bien faire, peut-être serait-il temps de se bouger le cul pour remettre sur le chantier ce monde des grands-parents, ceux d’avant la télé, qui rêvaient pour leur petits enfants d’un monde apaisé, dans lequel on ne parlerait plus de paix, de liberté, d’équité, de bonheur. Parce qu’il n’est point besoin de parler des évidences acquises, on les vit simplement.

Les chemins existent, ils sortent des autoroutes du système, ils proposent des manières de convivialité, des manières de produire qui sont en rupture avec la logique du profit matériel, de la production de richesse qui détruisent la planète sans combler nos besoin essentiels. Ils ne portent certainement pas, jamais, le vilain nom d’EMPLOI.

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6 septembre 2013 5 06 /09 /septembre /2013 13:39

 

 

Vine Deloria, écrivain et historien Lakota (sioux pour leurs ennemis) raconte :

Sur les réserves, des westerns étaient régulièrement projetés dont le scénario était invariable. Après bien des mésaventures et déboires, une courageuse famille de colons était attaquée par les méchants indiens. Dans sa ferme, cernée par des attaquants nombreux, la situation est désespérée.

La salle, public natif, retient son souffle…

Puis vient la musique qui annonce l’arrivée de la cavalerie. Qui se pointe en effet. Tue les méchants indiens et délivre les gentils blancs.

Soupir de délivrance dans la salle.

Ceux qui connaissent un peu l’histoire de la conquête génocidaire de ce continent qui deviendra Amérique ont eu l’occasion de lire de nombreux récits, en particulier concernant ces régions des plaines du Nord, racontant l’histoire de petits colons qui n’auraient pu survivre dans ses régions inconnues sans l’aide que leur a apporté spontanément les natifs. Mais déjà la rupture est consommée entre le petit peuple dont le statut n’est parfois pas bien meilleurs que celui des esclaves noirs et cette caste de banquiers et industriels qui là-bas comme en Europe vont par des révolutions instrumentalisant le peuple (bonne chair à canon) éliminer les survivance des aristocraties agraires et féodales au profit d’une nouvelle autocratie, urbaine, industrielle et financière, avec ces travailleurs corvéables à merci et jetables après usage.

La manipulation hollywoodienne est depuis toujours une arme de propagande utilisant l’émotivité du public pour imposer des contre-vérités.

Cette manipulation hollywoodienne, nous l’avons vu culminer avec la superproduction : « Devine qui va présider demain », mise en scène de la première campagne présidentielle d’Obama, subsidiées par les banquiers et autres transnationales à vocation monopolistique. Alors que dans une prestation digne d’un Oscar, notre candidat, nous raconte des larmes dans les yeux et des trémolos dans la voix, l’histoire de cette vieille dame pensionnée qui lui a envoyé un mandat de trois dollars, une parmi toutes ces petites gens qui ont rendu dit-il sa campagne possible… no comment, sauf que c’est à ce moment précis que j’ai compris qui était en réalité ce candidat à la Maison Blanche : un imposteur.

La suite confirmera.

Nous voici à nouveau face à ce type de mise en scène destinée à jouer sur les cordes émotionnelles d’un public à la conscience amoindrie à force d’être plongée dans les brouillards de la propagande.

Si les USA nous ont habitués depuis longtemps au viol répété du droit international, aux interventions criminelles, que ce soit dans leurs interventions officielles ou dans leurs guerres secrètes, ce qui se produit là, actuellement en France est interpellant. Nous le savons, à titre personnel la France n’a jamais hésité à mener les pires guerres colonisatrices, la France défendait son empire et son « rôle » colonisateur avec le soutien tacite ou implicite d’une bonne partie de la gauche (qui se cachait et se cache encore derrière les vertus civilisatrice de la (néo)colonisation). Ses bourreaux d’Algérie ont servis de modèle à l’Ecole de Tortionnaires dite à l’époque des Amériques qui laisse aujourd’hui plus vives que jamais les blessures ouvertes du massacre d’une génération de jeunes Latino-Américains parmi les plus idéalistes, les plus généreux, les intelligences vives de nations qui poursuivaientt leur rêve, souveraineté nationale équitable et complémentarité régionale.

Malgré des centaines de milliers de morts, dans un idéocide digne des pires périodes de l’Inquisition, dont la liste chaque jour s’allonge, ce rêve aujourd’hui est plus vivace que jamais. Ce rêve est un vieux rêve humain qui traverse les siècles, les millénaires, mille et mille fois attaqué, physiquement anéanti sans que disparaisse jamais la petite étincelle qui rallumera le flambeau repris de génération en génération. Celui d’une humanité délivrée du fardeau de la guerre, vivant en paix et bonnes convivialité et complémentarité d’un bout à l’autre de la planète. Ce rêve prend forme aujourd’hui en Amérique Latine porté par des mouvements populaires locaux et régionaux et facilité par certains gouvernements. La réalisation de ce rêve, qui est aussi le produit heureux de ce syncrétisme –humanité – auquel participent collectivement des humains de toutes origines est évidemment insupportable à ces « Whyte Supremacist » que sont les dirigeant du pouvoir globalisant. Des « inférieurs » s’attribueraient ces richesses, fussent-elles de leur propre territoire, qui deviennent de droit à cette nouvelle élite blanche  qui constitue certainement une nouvelle aristocratie totalement dépourvue de noblesse, aristocratie marchande des nouveaux riches, qui ne connaissent d’autre valeur que celle du Profit.

Ce qui est nouveau donc,  c’est ce rôle clownesque interprété par Hollande président socialiste, de larbin soumis de Washington, entraînant le pays dans une guerre d’agression, comme un chien idiot suit le maître capable de le mettre à mort un jour si il y va de son intérêt ; mais bon, on a beau comme cela vient d’avoir lieu retirer des médias les photos qui le montrent de la manière la plus flagrante, nul doute que ce président a tout d’un imbécile heureux. Là c’est une hypothèse toute personnelle, mais il me semble parfois que sa Valérie ne lui a été mise dans les pieds que pour le rendre un minimum présidentiable. Rebondit, en concurrence avec Sa Royale antérieure, il ne faisait manifestement pas le poids. Une partie de ses électeurs a certainement voté pour ce « gentil nounours » incapable de faire du mal à une mouche…

Voter pour un « président normal » alors que le monde et le pays traversent des crises majeures, c’est stupide. En de tels périodes au contraire, en de telles circonstances, le recours à des mandataires aux talents extra-ordinaires s’imposerait. Le problème : de tels personnages n’ont plus cours dans l’Europe asservie et acculturée contemporaine, Europe homogénéisée, normalisée, conformisée par le colonisateur, comme autant de nivellements pervers (détournement de sens) et par le bas. Les nostalgiques de de Gaulle (combien de tentatives d’assassinats) qui fleurissent aujourd’hui à gauche comme à droite, ne me contrediront pas, même si personnellement je ne pense pas que ce soit un de Gaulle qui manque, mais bien les formes d’organisations du peuples et la conscience qui les accompagnent en tant que fondation d’une démocratie participative, mais c’est un autre sujet.

Nous sommes témoins, de la mise en œuvre d’un scénario hollywoodien de série C, quand les mandataires du peuples se font les interprètes d’un très mauvais mélo dont les arguments ne tiennent pas la route, mais qu’importe, il ne s’agit pas d’en appeler à l’intelligence – surtout pas – mais bien aux réactions émotionnelles d’un public soumis aux lavages de cerveaux d’une propagande intensive, arme de guerre psychologique de la colonisation de l’Europe par les grand marchands boulimiques qui veulent faire du monde un Grand Marché Unique dont-ils auraient le contrôle absolu : l’abrutissement, l’abêtissement, pas un mélo une tragédie.

Ce qui fait le plus défaut dans les analyses actuelles, c’est un calcul de conséquences de ces interventions - programmées de longue date et dans le cadre d’un agenda précis, dont cette agression de la Syrie est un évènement, ni le premier, ni le dernier - en termes de probabilité, tout en sachant qu’une attaque de la Syrie plongerait le monde dans une imprévisibilité qui aurait pour seule certitude une intensification de la guerre du tous contre tous. Non seulement les conséquences économiques de cette guerre serait désastreuses pour les peuples d’Europe, mais notre continent court le risque de devenir le champ d’action intensive de groupes terroristes, voir un des champs de bataille d’une guerre planétaire.

Les arguments développés par Kerry sont plus « vigoureux » (comme son désir exprimé d’ingérence en Amérique Latine) mais non moins fallacieux. D’autant que le vote favorable à la guerre par le Congrès faisant fi du droit International, associerait le peuple étasunien aux crimes de ceux que représentent son gouvernement, alors qu’il est de notoriété publique qu’une majorité de ce peuple est opposé à cet intervention. Nous nous doutons que l’intervention revue à la baisse qui est actuellement mise en vente au Congrès, n’est pas le projet final, seulement la version édulcorée qui devrait permettre d’entamer les hostilités.

Je ne prétends vraiment pas pouvoir donner de réponse à cette question : « Jusqu’où cette intervention conduirait-elle la planète vers une guerre planétaire ? » Nous savons que le gouvernement Syrien, autant que les Russes, les Chinois, les Iraniens… préparent une réponse guerrière en cas de frappe de la Syrie par les force US sans ratification du Conseil de Sécurité, autrement dit sans que la preuve soit faite que le gouvernement Syrien est bien auteur de l’utilisation d’armes de destructions massives contre le peuple de son pays.

Contre le peuple de son pays, ceci à son importance puisque les USA qui utilisent depuis des décennies des armes de destructions massives agent orange, uranium appauvri, phosphore blanc contre des peuples déclarés ennemis par le gendarme du monde n’ont jamais fait l’objet d’aucune sanction de ce Conseil, la possibilité n’a même pas été évoquée…

Un texte que j’ai lu hier en espagnol, donne ou régime Obama quelques leçons de gouvernement responsable concernant un pays ruiné et subissant une catastrophe humanitaire sans précédent avec ses camps misérables, pour expulsés de leurs logis par les banques voraces qui avaient bien calculé leur coup, ses habitants de tunnels, ses toujours plus misérables par dizaines de millions.

Il serait temps effectivement que ce régime qui a été élu par le peuple pour opérer une rupture à la politique belliqueuse et coûteuse des Bush et cie, avec le désir de ce peuple de cesser de jouer le rôle de gendarme du monde pour voir son gouvernement se consacrer aux questions économiques internes prenne ses responsabilités envers le peuple qui l’a élu. Il est bon de le rappeler, même si c’est un pieux souhait dont on sait déjà dans ce climat d’incertitude aggravé qui prélude aux entrées en guerre qu’il ne se réalisera pas, que les fous qui gouvernent préfèreraient voir la planète à feu et à sang plutôt que de renoncer à leurs prérogatives auto attribuées.

Je le déplore, non seulement parce que c’est l’aveu de l’impuissance des peuples d’’Europe Occidentale et de l’incapacité de leurs gouvernants (qui n’en sont pas les représentants) de porter encore ce flambeau d’indépendance. Je trouve que c’est un comble que ce soit un Poutine qui nous donne des leçons de droit international. Je redoute en cas de guerre que cette incapacité à nous positionner en défense de ce droit international qui représente un minimum, sinon en lutte contre toute forme d’impérialisme, de colonialisme et de lutte contre toutes les formes d’exploitation de l’humain, du vivant et de l’étant, proposant la complémentarité partout où tente de s’imposer cette concurrence pseudo-darwiniste, pseudo-scientifique, fabriquée de toute pièce. La complémentarité comme source de bonne convivialité entre voisins planétaires. La complémentarité et le partage comme condition d’une paix durable et d’un monde serein, et même heureux.

En ce qui nous concerne, la première tâche est de substituer à cette Europe de la concurrence et du Libre Echange qui est un rapt programmé, une Europe de complémentarité, ouverte sur cette base sur le reste du monde.

Ce que je redoute, pour l’Europe et non pour le monde, c’est que la chute de ses nouveaux maîtres qui n’imposent leur pouvoir que par la force et la corruption, entraîne la chute de notre continent, particulièrement pauvre en ressources essentielles, alors que les pays émergeants du Sud au regard de nos comportements passés et actuels estiment qu’il n’y a aucune raison de nous venir en aide. Et franchement on pourrait les comprendre.

Un risque est de nous voir soumis à de nouveaux maîtres Russes, par exemple dans un repartage du monde au sein d’un impérialisme multipolaire. Je reconnais que Poutine est certainement le plus grand homme politique en fonction sur la planète à ce jour, cela ne me le rend pas plus sympathique pour autant.

Un monde réellement multipolaire, beaucoup d’entre nous y aspirent, la solidarité avec les peuples de la Terre est une manière d’être et nous trouverons sans peine notre chemin dans un monde d’échange, de partage, de complémentarité. Les Européens en général ont un énorme chemin à faire pour devenir des personnes responsables au sein de collectifs d’habitants, prenant les décisions qui les concernent à différentes échelles. Humilité requise.

C’est une tâche souvent fastidieuse, souvent ingrate, de longue durée (tant de retard déjà), et pourtant c’est le seul chemin pour parvenir à un éuilibre, toujours dynamique, invention perpétuée, riche d’imprévu. Tout le contraire de ce monde de contrôle qui n’a d’autre promesse à nous faire que l’asservissement, la destruction et la mort.

Etre gouvernés par des imbéciles aux ordres nous oblige-t-il à leur ressembler ?

Anne W

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5 septembre 2013 4 05 /09 /septembre /2013 07:51

 

 

 

L’image du jour : protestation contre l’intervention en Syrie au congrès des Etats-Unis source : Fuerte protesta: Manos con sangre detrás de John Kerry mientras hablaba en el congreso de EEUU 

Symbolique des contradictions qui agitent les USA. Kerry qui avait en son temps manifesté contre la guerre au Vietnam devenu le faucon de service, alors que se lève dans l’opinion publique du pays un nouveau courant de résistance aux guerres de l’Empire.

Nous le savons, quelle que soit la position du Congrès l’intervention US en Syrie aura lieu, elle fait partie d’un agenda sans cesse retardé par toutes les formes de résistance qui marquent le hiatus entre théorie et pratique. D’une part un programme global pour le monde et ses habitants qui vise à faire de la planète un lieu entièrement sous contrôle technocratique, un lieu régit par une ingénierie sociale et d’autre part la réalité des habitants qui s’opposent à ce projet et sans cesse en retarde l’application, alors que de nouveau pôles de puissance politique se constituent dans le monde en opposition à sa globalisation.

Au cours des dernières années, j’ai essayé de comprendre ce qu’impliquait ce concept de globalisation, en tant que projet de monde à venir tant à l’échelle planétaire que dans ses retombées dans nos quotidiens. La caractéristique principale de la globalisation est qu’elle repose sur une idéologie qui allie capitalisme et scientisme.

La naissance de la « Science Moderne » comme fiction de possibilité d’une science exacte du monde réel, étendue à la gestion du vivant est à l’origine de cette idéologie. Quand quelques hommes croient pouvoir remplacer Dieu - pour ceux qui y croient ou se substituer à l’évolution naturelle pour ceux qui n’y croient pas.

Un projet tel que pour qu’il fonctionne, il lui faut d’abord remodeler le monde en fonction de lois qui ne sont pas celles de la vie réelle.

Ce projet qui est aussi un projet de contrôle – « Domination du spectre total » sont les termes de l’objectif du Pentagone pour 2020 - n’a cessé de se heurter à l’obstacle intrinsèque que représente  pour lui la vie réelle en tant que source inépuisable d’imprévisible. Au lieu de faire marche arrière et de reconnaître cette erreur fondamentale : la mécanique et la biologie sont des sciences s’appliquant à des êtres différents, la mécanique fabrique ses propres objets, alors que la biologie est la science de l’étant vivant, créé indépendamment de l’intervention humaine, les adeptes du projet se sont enfoncé toujours davantage dans le fanatisme, préférant éradiquer le vivant que renoncer à leur modèle « idéal ».Une relation perverse s’est établie entre « science » et capitalisme, alors que le capitalisme dans sa conquête de pouvoir total, unique et centralisé sur l’ensemble de la planète, et sa visée d’instauration d’une gouvernance technocratique a changé de nature.

Nous le constatons à présent, au quotidien, une concentration de pouvoir inouïe dans le monde se produit, non parce qu’une idéologie aurait conquis les cœurs et les intelligences de ses habitants, mais parce que quelques-uns ont mis en place un système qui leur permet d’accumuler le capital de telle manière qu’ils se transforment progressivement en propriétaires de la planète. Propriétaire de la terre, des personnels politiques, des systèmes d’éducations, des forces de répressions,… Si nous rouvrons le livre de l’histoire en oubliant ce qui nous a été inculqué dans des programmes revus et corrigés par les « Vainqueurs », nous découvrons une réalité fort différente des matrices d’opinion en vigueur.

En lisant les mémoires de la Pasionaria cet été, une évidence m’apparait, si le reste de l’Europe était venue au secours du peuple espagnol en lutte contre l’insurrection fasciste jamais la seconde guerre mondiale n’aurait eu lieu. Au lieu de cela nous voyons les armées allemandes et italiennes intervenir alimentées par les carburants étasuniens alors que les gouvernements européens jouent alors la carte de la « non-ingérence ». La Guerre d’Espagne est bien le premier épisode de conquête fasciste dans le monde, une conquête qui n’a jamais cessé et qui se découvre aujourd’hui comme un courant puissant, transplanétaire, plus puissant que jamais !

J’ai fait quelques autres lectures dont j’aimerais vous parler, ce sera pour plus tard. Mais toutes me conduisent à cette même conclusion : le fascisme est partie intrinsèque de l’idéologie globalisante. Et ceux qui en sont aujourd’hui les héritiers sont aussi les héritiers de ceux qui ont fourni le carburant qui ont permis d’écraser le peuple espagnol, qui ont armé Hitler pour sa guerre « éclair » ou qui ont utilisé les nazis après-guerre pour éradiquer les  « hérétiques » à leur doctrine de la pensée unique. Partout nous pouvons retracer les liens qui unissent à travers la planète ceux qui appartiennent à cette internationale fasciste qui ayant agi dans l’ombre pendant des décennies, après la même période de guerre psychologique, qui impliquait la concentration des principaux médias mais aussi une mainmise sur les programmes scolaires et la pénétration (voir la fabrication) des groupes d’opposition, et la menées d’autres guerres qui conduisait à l’élimination physique des dissidents,  dont le Plan Condor en Amérique Latine est sans doute une des manifestation les mieux documentées.

Le spectre du Stalinisme agité pour discréditer tout projet de gauche possible a fait long feu.

Je vais encore m’attirer les foudres de ces ignares petits crétins antifas qui se prennent pour les nouveaux zorros sans bien comprendre quelle cause ils servent réellement, Je ne suis plus certaine que l’étiquette « gauche » soit accolable à mon actuelle conception du monde. Non que sois plus recevable à mes yeux quelque projet de droite que ce soit, mais que j’entends ce message venu des peuples d’Amérique Latine, creuset d’un nouveau monde possible : »Les notions de gauche et de droite sont encore et toujours celles issues de la culture des colonisateurs. Que nous importe à nous, leur position dans l’hémicycle après une révolution qui n’est pas la nôtre, qui n’est pas de nos civilisations, qui n’est pas de notre culture »

Et la question est donc d’aller au-delà de ce concept de gauche, en intégrant d’autres valeurs qui ne sont certes pas les valeurs discriminatoires ethniquement et socialement de la droite, mais partant, comme le proposent ces peuples, de l’existant et de l’unité de base qui est la commune, non pour réaliser un programme pré écrit mais bien pour inventer collectivement ce programme selon les contingences, besoins et désirs réels ainsi que l’expriment de nombreuses personnes rencontrées cet été dont certaines ont une démarche active en ce sens : « Ce monde d’avant, il faudra bien qu’on y revienne ». Il est certain que l’insatisfaction est à présent la chose au monde la mieux partagée avec l’angoisse de cet avenir incertain dont plus personne ne sait ce qu’il nous réserve. Particulièrement pour ceux toujours plus nombreux qui ne croient pas aux actuelles légendes au sujet de la Syrie et s’interroge sur les buts réels d’une intervention US officielle, qui semble-t-il est programmée pour avoir lieu envers et contre tout et tous,  sachant que le premier tir US est capable de déclencher un embrasement régional susceptible de s’étendre à d’autres régions de la planète, Europe en tête, dont nous savons déjà à travers de nombreux exemples dont ceux précités de la guerre d’Espagne et de la dite Seconde Guerre mondiale ont été organisé par les pères idéologiques de ceux qui assassinent aujourd’hui la Grèce l’Espagne, et autres pays… Et tous les éléments se mettent en place pour permettre d’étendre la mortelle pressurisation financière des Peuples à l’ensemble du continent : misère et contrôle social.

A la lumière de cela, et d’une lecture de l’histoire un peu moins naïve que celle qui nous est inculquée dans les manuels scolaires et autre fabriques de matrices d’opinions et qui nous enseigne que ces pères idéologiques déjà deux fois par le passé, première et seconde guerres dites mondiale n’ont pas hésité à sacrifier les peuples d’Europe à leurs intérêts, et il est plus que douteux à constater la désinvolture avec laquelle ils plongent toujours d’avantage notre continent dans le chemin vers une mortelle misère que de tels scrupules à présent les habitent,

Oui, il a de quoi être extrêmement inquiet ! Les simulations artificielles des guerres telles qu’elles se pratiquent actuellement ont démontré que dans la pratique elles se heurtent à un élément imprévisible dans leurs calculs, la force de résistance des peuples qui stimule leur intelligence et leur inventivité. Dans la souffrance, la mort et la destruction les consciences se réveillent. Puissions-nous éviter d’en arriver là ! Les mains ensanglantées qui se lèvent derrière Kerry sont aussi des mains tendues vers tous ceux, et ils se comptent par centaines de millions, qui sont en toute conscience opposés à une intervention US officialisée en Syrie. La guerre, toujours produit d’étranges alliances. Celles qui se nouent entre ceux qui sans pourtant être susceptibles de se mettre d’accord sur un projet d’avenir ont un ennemi commun.

C’est à présent une question centrale : Quelles sont les alliances recevables sans risque de nous perdre ? Comment les nouer de telle manière à constituer une barricade de l’opinion publique contre le danger d’embrasement de la planète ?

Anne W.

 


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2 septembre 2013 1 02 /09 /septembre /2013 08:39

 

 

Automne : Fall Colors in the Forest

 

Ainsi va le monde. Alors qu’il faudrait parler ici de ce qui se passe en Colombie, des grèves générales de nombreux secteurs qui exigent une économie plus solidaire mais aussi et surtout une réforme agraire, alors que le président a déployé l’armée dans le pays dans ce qui ressemble bien à un état de siège et que des individus violents qui se mêlent aux manifestations pacifiques déclenchent de sanglantes répressions, j’ai comme beaucoup d’entre nous le regard tourné vers la Syrie, et ses ennemis.

La Colombie j’y viendrai, deux mois d’absence d’Internet me mettent en état de « mise à jour » et tout cela prend du temps qui toujours manque et encore et encore. Laboratoire des USA sur le continent sud, tête de pont de la guerre menée par les faucons du Nord sur le territoire Sud dont Kerry a réactivé le caractère, à leurs yeux, d’arrière-cour qu’ils se réservent d’approcher vigoureusement à l ‘avenir, ce pays subit depuis plus d’un demi-siècle une guerre dite de « basse intensité » qui livre sa population aux mains de sicaire, de bourreaux, de violeurs de femmes et d’enfant alors que plus de 5 millions de paysans s’y sont vu expulsés de leurs terres au profit de transnationales, extractivistes ou Monsanto, alors que le Traité de Libre Echange dont le caractère asymétrique prouvé des Traités de Libres Echanges conclus avec les USA transforme ce pays en importateur de produits de base, en perte croissante de souveraineté alimentaire, dans des échanges toujours plus inégaux au fur et à mesure que s’accroit sa dépendance.

Ce qui n’est pas original en soit puisque ce sont les mécanismes récurrents de la globalisation capitaliste et que nous savons à présent que les mêmes processus produisent les mêmes effets, que l’Europe ne sera pas épargnée, la Grèce, pour ceux qui se donnent la peine d’essayer de comprendre ce qui s-y passe en témoigne. Au milieu de tous ces malheurs, une image me parle, celle de la privatisation des plages, lieu où le peuple dépouillé petit à petit de tout ce qui fait la dignité humaine pouvait encore se ressourcer pour affronter le pire, sont soustraites au bien public réduisant d’autant es espaces de liberté sans lesquels  nous sommes toujours plus réduit à évoluer dans un univers toujours plus carcéral.

Comprendre la globalisation, c’est comprendre que ce sont les même transnationales qui petit à petit se transforment par une accumulation inouïe de capital, une confiscation de bien public et une appropriation des terres en propriétaires de la planète instaurant une société de contrôle qui a la volonté de régir jusqu’à nos comportements, jusqu’à nos pensées.

Comprendre la globalisation, c’est comprendre que ce sont les mêmes qui agissent en différents lieux et que leur pratiques ne différent que parce que différents peuples, différentes régions se trouvent à des moments différents de de leurs histoires qu’il s’agit de conduire tous par des processus d’homogénéisation vers ce grand bassin « attracteur fatal » l’Histoire selon leur point de vue et l’avenir qu’ils projettent.

Comprendre cela, permet de prendre la mesure de ce dont ils sont capables en termes d’atrocités génocidaires, en termes de destruction de vie et de dignité humaine, en termes de… rien de bon. La Grèce et puis l’Espagne devraient tout de même nous mettre la puce à l’oreille… L’ultime réduction, celle qui conduit une partie de la population vers la misère comme une longue agonie, que certains raccourcissent en se donnant la mort, devenue la seule issue digne, ce stade ultime du capitalisme, qui le conduit à tout dévorer, se rapproche. Il n’est plus question que d’achever d’éroder les libertés par l’arsenal juridique et autres réglementation alors que les forces de répression subissent d’intensifs entraînement à la contrinsurrection, pendant que se poursuit une autre érosion celle de « l’opinion publique » par une propagande qui est l’outil d’une guerre psychologique commencée de longue date et qui a conduit ses aspirants propriétaires de planète à s’approprier peu à peu non seulement les médias mais aussi un droit de détermination des programmes scolaires de la maternelle à l’université !

En ce sens, ce qui se produit ces jours-ci dans la guerre à la Syrie (et aux Syriens) est important puisque voici que sous la pression d’une opinion publique mondiale défavorable à une intervention (officielle) de l’OTAN ou des USA dans cette guerre, l’intervention est retardée, le temps de lui redonner quelque apparence de légitimité, par exemple un vote positif du Congrès des USA - qui irait néanmoins à l’encontre des décisions du Conseil de sécurité de l’ONU, où il est certain que la Chine et la Russie continueront à exercer leur droit de véto. De nombreux facteurs entrent en jeu dans ce qui dans nos pays est bel et bien un revirement de l’opinion publique qui ne souscrit plus à la propagande officielle.

Il serait intéressant d’analyser les facteurs qui ont produit ce revirement. Je suis persuadée que ce qui fait le plus pencher la balance est la prise de conscience des risques qu’impliquerait cette intervention pour les habitants de nos régions. Risque du déclanchement d’une guerre mondiale, risque aussi de représailles terroristes en Europe, risque de crise économique aggravée par une hausse du prix du pétrole,…

J’ai donné hier aussi un autre argument que je reprends ici :

« A voir le déroulement de la guerre civile en Syrie, même ceux qui sont persuadés que Bashar-el-Assad est un dictateur sanguinaire à éliminer, ne peuvent croire qu’il est un crétin commettant une telle erreur stratégique.

Et donc apparaissent comme les imbéciles de l’Histoire, Obama et Hollande qui se sont évertués à nourrir cette légende. »

Et comme je n’ai plus beaucoup de temps, je termine en relayant une question fort intéressante, d’autant plus qu’elle n’est pas posée par la « communauté internationale » redresseuse de torts :

Et dans le cas contraire, celui où l’opposition serait reconnue coupable d’utilisation d’armes chimiques, que fera la « Communauté internationale » ? Qui « punira »-t-elle et comment ?…

Entre Syrie & Palestine ….. le prix Nobel de la Paix pose ses choix. | Mes coups de coeur

On est en droit de s’interroger à ce sujet et d’exiger des réponses claires.

Je ne sais plus qui a dit (cela se trouve sur résistance 71  ) : « Nous ne sommes plus dans un jeu d’échec mais dans une partie de poker », mais c’est on ne peut plus censé.

Allons-nous laisser quelques fous de pouvoir et de possession jouer notre avenir au poker ? Seule l’éveil des consciences et la prise de responsabilité populaire peut détourner le cours de ce destin fatal.

Anne W.

 

 

 

 

 

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24 août 2013 6 24 /08 /août /2013 17:29

 

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Pour mon retour, un clin d’œil à ceux qui se reconnaîtront. Deux mois sans électricité, avec quelques incursions sporadiques sur Internet. Deux mois de rencontres, discussions et échanges. Deux mois pour prendre de la distance et reposer mes racines dans un nouveau territoire. 

Premier constat sous forme d’écho de paroles partagées, de toute part j’entends « Ce monde n’est pas celui que nous souhaitions, mais on ne nous a pas demandé notre avis ». Un constat terrible qui nous démontre une fois de plus que ce que nous appelons ici et maintenant « démocratie » est un leurre, une fiction, un écran derrière lequel les réelles forces d’influence agissent et modèlent le monde sans souci des habitants qui le peuplent. Habitants qui vivent douloureusement la dépossession grandissante d’un territoire qui autrefois était le leur. De la privatisation croissante des espaces publics aux règlements intrusifs qui organisent nos espaces privés de manière toujours plus normatives, le monde se transforme petit à petit en une étouffante prison de conformisme global. Et beaucoup de gens en ont marre, alors qu’une grande partie d’entre eux ne voient pas d’issue. Leur destin appartient à d’autres qui leur dictent leurs conduites de manières toujours plus contraignantes.

La tarte à la crème de l’écologie capitaliste est de plus en plus rance. L’écologie est à présent utilisée comme une des meilleures alliées de l’instauration d’une dictature qui ne dit pas son nom. Nombreux sont ceux qui le perçoivent, et parmi eux beaucoup ne font pas la part des choses, rejetant en bloc tout souci de préservation de la planète malgré l’état d’urgence.

Ce n’est qu’un des symptômes de la dépossession politique qui se fonde dans une désinformation dont l’enseignement est le vecteur structurel, alors que le cheval de Troie télévisuel (et autres outils de la guerre psychologique) poursuit son travail de sape des consciences au cœur de nos foyers – qui n’en sont plus vraiment. L’ignorance est un fléau, voulu par certains qui la crée à dessein, pour servir leur desseins personnels, dictés par une idéologie perverse qui est leur conditionnement dur : mécanisme. Si leur sort n’est pas enviable, les produits de leurs actions sont néanmoins néfastes pour tous, nous les subissons au quotidien. Les sphères centrales du pouvoir globalisant sont peuplées de fanatiques qui tentent par les moyens les plus pervers, les plus cruels, les plus destructeurs de remodeler la planète à l’image de leur vision homogénéisante.

 La planète n’est ni une image, ni un laboratoire. La vie, l’évolution ne peuvent se soumettre, qu’importe, éradiquons le vivant, les machines sont plus dociles. Forcément, une idéologie de machination du monde, inadaptée au vivant, a pour logique son remplacement par des produits de la mécanique dont la « biologie » de synthèse, aboutissement du délire triomphaliste des croyants du rationalisme, négation de toute rationalité, est l’ultime délire.

Il s’agit bien sûr ici de l’expression d’une opinion, amplement partagée. L’enjeu est l’avenir de la planète. Ce dont il est question ici c’est de notre manière d’habiter cette planète et d’y « vivre ensemble », c’est-à-dire du politique. Et l’idée exprimée est celle d’un peuple souverain se réappropriant le pouvoir dévolu à la fiction « nation ». « Peuple souverain » est la fondation d’une démocratie participative, lorsque « nation » est l’entité fictive qui est constitutive de la démocratie représentative.

Nous constatons à présent que dans l’immense majorité des cas de démocratie représentative, les élus n’agissent pas comme des mandataires, mais bien comme des dirigeants aux pleins pouvoirs. Donner sa voix à, devient synonyme de se déposséder du droit à la décision, de la dépossession du choix de son destin personnel et collectif. Pas besoin d’être expert en géopolitique pour comprendre que les élus agissent au sein des sphères de pouvoir en coalition avec des dirigeants représentants d’intérêts « supérieurs » (et particuliers) qui ne sont pas ceux du peuple.

Je n’entrerai pas ici dans le débat au sujet de la démocratie comme meilleure forme ou non de politique collective. Parce que ce débat n’est pas à l’ordre du jour. Je suis persuadée qu’il existe de meilleures formes possibles d’organisation politique, mais elles sont encore à inventer, dans la théorie comme dans la pratique, et dans le monde du peuple souverain de telles inventions sont forcément collectives et aboutissement de longs processus de vivre ensemble, dont les fondations mêmes sont absentes actuellement.

Aujourd’hui, c’est de ce travail de fourmis dont il est question, un travail trop longtemps négligé. Un travail collectif, modeste, à la base, aux ambitions locales. Il ne s’agit pas de mettre des masses en mouvements entant que suppôts d’une tentative d’appropriation de pouvoir, mais de permettre l’expression collective de personnes aux consciences fortement déterminées, expression qui est le préalable à la prise de décisions collectives et effectives..

D’une part un sentiment d’urgence pressante et sans cesse accrue face que destructions irréversibles qui rendent chaque jour plus difficile l’invention d’un monde de bonne convivialité planétaire, d’autre part, brûler les étapes serait encore bien pire et conduit toujours à faire pression sur les consciences, prosélytisme et contrainte, alors que le travail actuel est celui d’ouvrir des espaces de parole libérée et d’actions collectives locales dont les échanges et liens sont les fondations (rhizomes) des collectifs à plus grande échelle : communalisme.

La vérité ne se tient pas là comme une référence ultime et immuable inscrite inchangée depuis la nuit des temps. Autrement dit, il n’est pas question ici de jugement moral et encore moins de condamnation mais bien de choix éthiques et politiques, toujours relatifs et subjectifs quand bien même cette subjectivité serait collective. Le choix de manière de vivre au présent, de manières d’habiter la planète et d’entrer en relation avec ses voisins qui est aussi le choix d’avenir qui en découle. Nul n’est si petit et si insignifiant qu’il ne participe de fait – par son action ou sa passivité - à la création d’un monde en devenir. Autrement dit encore, on ne change pas le monde, l’évolution est changement permanent, le monde change, c’est sa nature et chacun à notre échelle nous participons de ce changement.

Il ne s’agit donc pas de chercher des coupables, mais bien de prendre conscience de l’affrontement de conceptions du monde antithétiques, et porteuses de projets de monde inconciliables, il s’agit de choisir et de mettre en pratique, il s’agit d’inventer, de créer et de réaliser un projet de monde, de le concrétiser, au quotidien.

Cette question du choix d’un avenir est donc centrale. J’ai fait une série de choix qui m’ont conduite à poser un principe fondateur « Chacun a droit au respect et aux moyens de la dignité du seul fait qu’il existe ». 

Or ce qui pour beaucoup d’entre nous ressemble à une évidence, n’est pas unanimement partagé. Que bien du contraire dans un monde où se multiplient les foyers de guerre qui n’existent que parce que certains affirment, en se fondant sur des critères (souvent ad-hoc) qui leur sont propres, avoir d’avantages de droits que d’autres, entre autres, le droit de main mise par une minorité sur l’ensemble des ressources (celles dites « humaines » comprises) de la planète étant le problème majeur auquel nous sommes confrontés (nous qui partageons ce principe et également le refus de toute forme d’ingénierie sociale ou de dérives sécuritaires…) actuellement. Une nouvelle phase d’accumulation du capital - une phase monopolistique qui constitue pour différentes raisons un changement de nature du capitalisme, sa phase ultime, qui conduira soit à sa disparition, soit à celle du vivant – met d’emblée ceux qui s’opposent à cela dans un état de guerre. Non pas que tel soit leur choix, mais que celui du camp adverse, est l’état de guerre contre tous ceux qui s’opposent à leur dessein de domination du spectre total, comme l’exprime entre autre le programme du Pentagone (J.V. 2020), leur programme.

Un sacré boulot d’éducation permanente, culture politique et historique mais également l’apprentissage et le développement de savoir-faire artisanaux concrètement productifs tant en terme de convivialité heureuse (croissance qualitative) que dans ceux de la production d’objets matériels destinés à la consommation ou trouvant place dans la durée. Et pour cela, il nous faut des lieux pour habiter le monde, ce qui nous place d’emblée dans une guerre qui ne dit pas son nom, celle de l’appropriation du territoire par ceux qui l’accapare et/ou en réglemente l’usage de manière toujours plus contraignante.

J’aurai certainement bien des informations à diffuser au cours des mois à venir concernant les choix imposé par les pouvoirs pas très publics  (et ceux à qui ils obéissent) en matière d’aménagement du territoire, et j’espère aussi avoir quelques éléments concrets à faire circuler concernant ceux qui leur résistent.

Ma petite victoire présente est de me retrouver à nouveau habitant légalement ma petite caravane malgré tous les obstacles mis à l’habitat permanent dans ce type de logement et tous les autres obstacles rencontrés au cours des dernières années, pure malveillance ou venant de ceux –les crétins systémiques - qui sont atteint de cette étrange perversion de vouloir protéger les autres de leurs propres choix a-normaux.

 

A suivre…

Anne

 

 

 

 

 

 

 

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19 juin 2013 3 19 /06 /juin /2013 10:02

 

 

Bon après quelques différents avec ma patronne qui est aussi ma propriétaire, me voilà en posture précaire, et les états d’Anne entrent en veilleuse pour une durée indéterminée. J’ai encore une fois choisi le risque plutôt que la soumission. Ce n’est pas une question d’orgueil mais bien d’honneur et d’intégrité.

C’est absolument terrible parce qu’il se passe tellement d’évènements important qui mette en place une nouvelle donne en forme de guerre globale, de guerre totale, avec tellement de petits signes parfois apparemment insignifiants à décrypter, tellement de tectonique de plaques, avec la diplomatie officielle : amélioration des relations entre le Venezuela et les USA, et nouvel échange d’ambassadeur, alors que Washington fait des préparatifs d’invasion du Venezuela depuis la Colombie et continue à soutenir les tentatives de déstabilisation à l’intérieur du pays et que deux blogs se  constituent de plus en plus nettement dans la région, qui opposent les gouvernement rebelles au néolibéralisme aux alliés de Washington en ce qui concernent les état, mais aussi et surtout les peuples en lutte sur tout le continent Sud en prise directe avec les transnationales et les appareils de répression qui les servent.

J’aimerais beaucoup pouvoir vous parler de cela plus en détail, comme le dit Rina Bertaccini, professeur d’Université Argentine et présidente du mouvement pour la paix Mopasol, il est affligeant que dans les Universités Européennes, ait été abandonnée l’étude de concept comme celui d’impérialisme sans lequel il est absolument impossible de comprendre les enjeux actuels et qui est au cœur de nombreuses recherches dans les Universités Latinos et aussi d’un débat politique populaire qui démontre la forte conscience politique qui fleurit dans la région ainsi que cette dynamique de production d’intelligence collective qui devrait nus inspirer.

Un peu attristant de constater cette prise de conscience qui se fait aussi là-bas, en ce moment : une grande partie des peuples européens des pays ex riches ne valent pas mieux que leurs gouvernements, aucune solidarité avec le sud continental et mondial, et la prévalence d’un esprit colonial qui grandit au fur et à mesure que l’austérité s’installe. Le constat est fait : ces peuples-là sont prêts à s’allier avec le pouvoir dans les pilages de richesses planétaire si cela leur permet de conserver leurs prérogatives. Je le constate aussi autour de moi. Et j’ai essayé d’attirer l’attention sur le développement et l’émergence d’un fascisme transnational fort bien organisé, mais également et surtout, sur ces matrices d’opinion populaires qui permettent à un projet de « White supremacy » de s’enraciner toujours plus profondément. Le Nouvel Ordre Mondial que nous annoncent ceux qui le promeuvent est un projet fasciste qui n’a jamais cessé d’être allié du nazisme et de ses héritiers.

Grâce à Rina Bertaccini entre autres, jai pu prendre connaissance de différents aspects militaires de ce projet, grâce au programme du Pentagone pour le monde J.V. 2O2O dont on ne parle pas dans l’information francophone alors qu’il intervient au quotidien sur nos territoires puisqu’il implique la formation de nos forces de répression par les hommes des Opérations Spéciales US (qui ont pris le pouvoir au Pentagone) mais aussi dans sa dimension de culture stratégique qui implique la participation de la « société civile » à la mise en place du projet. Si Rina Bertaccini nous décrit la toile d’araignée militaire US déployée sur le continent Sud, Stella Calloni a, quant à elle, mit en évidence ces réseaux d’ONG et autres associations directement ou indirectement subsidiées par Washington et dont le rôle est subversif, visant à contrer tut projet d’alternative au néolibéralisme. Tout cela est en mouvement en ce moment, depuis que la mort de Chavez, les manœuvres de guerres néocoloniales se déchaînent, si la guerre économique, psychologique et médiatique est dominante, les signes de préparation d’interventions militaires se multiplient.

Si cette guerre se déclenche nous pourrons être certains que nous assistons à la fin d’un monde, l’Amérique Latine rebelle étant le dernier rempart qui protège également relativement l’Europe rebelle de l’agressivité, de la violence des Marchands. Nous passerions alors dans une phase de chaos mondial aux issues incertaines. Mais qui assurément entrainera des morts, des destructions innombrables et des souffrances innommables sur toute la planète.

Le président d’Equateur Rafael Correa se détache comme nouveau leader de l’intégration régionale du continent Sud qui aujourd’hui malheureusement implique l’urgence de développer un fort appareil de défense commune.  Il est à l’initiative de projets et mesures dont nous devrions nous inspirer du contrôle régional des modes d’action des transnationale’ a cette œuvre éminemment salutaire qui met sur le tapis la question du statut et des degrés de liberté qu’il faut octroyer à des médias appartenant à la corporation et qui font de la propagande en sa faveur et quasiment plus du tout d’information. Une question qui se pose aussi à nous.

Il y a tellement de choses à dire mais je dois m’occuper de l’emballage de mes petites affaires, en espérant que e réussirai encore cette fois à les sauver ainsi que ma chère petite caravane. Je rigole, j’en ai vu d’autres. Grâce à ce blog et à quelques mois relativement tranquille, j’ai pu tirer les leçons de mon travail de lutte de terrain contre la pauvreté, et aussi de l’échec que j’ai subi dans ma rencontre avec les différentes institutions. J’ai pu aussi comprendre mieux en quoi consiste ce qu’il faut bien appeler une guerre aux pauvres, d’autant que je viens encore de me confronter aux matrices d’opinion qui en sont constitutive.

Un autre constat que je voudrais développer, si j’en ai l’occasion, et qui me tient à cœur : ma patronne, comme moi, provenons toutes deux de famille de grosse bourgeoisie de gens de robe. Mais ma famille était progressiste, athée et humaniste alors que la sienne était conservatrice, catholique et néolibérale. J’ai appris tout au cours de mon enfance à respecter chaque personne en tant que personne, à ne mépriser aucun travail qui soit utile et indispensable même. C’est pourquoi je n’ai vu aucun déshonneur à nettoyer cette maison qui depuis deux ans avait été quasiment laissé à l’abandon, avec 25 chiens pas très propres en liberté, alors que Madame passe ces journées allongée devant la télévision. Je ne pourrais pas rester comme cela dans la poussière, les toiles d’araignée et à certains endroits les stratifications de merde et de poil sans me bouger le cul pour nettoyer cela. Pourtant aux yeux de Madame ai-je appris cette semaine, mon statut de femme de ménage me place 10 (sic) crans au-dessous d’elle. Dans mon échelle de valeur, je place plus haut celui qui nettoie la merde que celui qui s’y vautre… mais chacun les siennes. J’étais un peu sidéré quand j’ai appris cela au milieu d’autres déchaînements soudains de procès d’intention misérabilistes.

C’est vrai j’ai passé l’hiver dans une caravane, dont j’ai fait un petit bijou chaleureux, joli, accueillant. Je me suis liée d’amitié avec mes voisins biquets et biquettes et comme les chiens, ils vont très fort me manquer. Je n’ai eu d’autre sentiment de manque que celui de vivre dans un monde plus doux. Je n’ai pas eu froid, pas eu faim, j’ai pu faire ce qui m’intéresse grâce à mon boulot, ce n’était pas une fin en soi, mais un temps de recul pur comprendre un peu mieux ce monde avec lequel j’étais en grand décalage, encore en partie perdue dans ce monde promis au futur antérieur qui n’est pas (encore) advenu.

Ce que je voulais dire ici, c’est qu’un ne choisit pas de naître ou non bourgeois, mais que certaines éducations conduisent à accepter l’humilité d’accomplir n’importe quelle tâche qui contribue à la bonne vie, même si gamine vous n’avez jamais lavé une assiette et que d’autre vous conduisent à patauger dans la merde si vous n’avez pas de bonne pour vous taper le boulot pour ne pas déchoir.

La bourgeoisie dont je suis issue à aujourd’hui en grande partie disparu, remplacée par cette bourgeoisie crée par les Grands Marchands. Je peux pourtant témoigner de ce que cette classe – avec des carences et des défauts - était récemment porteuse et actrice d’un projet émancipateur, équitable et respectueux de tous. C’est l’éducation que j’ai reçue qui m’a fait choisir un chemin d’intégrité, d’humilité, de rejet des hiérarchies sociales. Vu l’évolution du monde, cela s’est transformé en objection de conscience. Je peux donc patauger dans la merde s’il le faut parce que nettoyer, il faut bien le faire, c’est nécessaire et bienfaisant. Mais si en échange je rencontre le mépris, je ne peux que rendre mon tablier même au risque de me retrouver dans la rue… je refuse de toutes les fibres de ma conscience un monde qui institue des hiérarchies entre les êtres.

Et donc au boulot pour préparer de nouvelles aventures… faut que je m’y mette là


Anne Wolff (et fière de lêtre)

 

Et en prime aperçu de létat du monde


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8 juin 2013 6 08 /06 /juin /2013 04:40

 

Réponse intégrale au commentaire de JC Allard (Stériliser les pauvres… | Les 7 du Québec   ) que je remercie d’avoir si bien compris mon propos et petite mise au point, en général.

C’est l’eugenisme des années trente au sens strict dont Marginean a parlé plusieurs fois dans ses articles.

http://www.les7duquebec.com/non-classe/leugenisme-et-le-darwinisme-social/ 

Je suis persuadé qu’en 2013 c’est un canular, pour en faire le rappel et qu’il faut prendre ça au deuxième degré. Le fait que l’article soit traduit par Ann Wolf, une blogueuse respectée, me conforte dans cette opinion. Si d’ici quelques jours on s’apercevait que c’est UNE PROPOSITION SÉRIEUSE, il faudrait y réagir, mais ce serait la preuve que le monde va encore plus mal qu’on ne le croit, ce qui est peut-être justement ce que veut montrer Ann Wolf.

Pierre JC Allard

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Merci JC.  Après lecture d’une partie des commentaires qu’ont suscité ces quelques lignes, j’’étais déconcertée et vaguement dégoûtée. Beaucoup d’émotion, de ressentiment, de hargne : « Quand j’entends le mot héritière, je sors mon révolver ». Moi la Gina, en tant que personne, elle me ferait plutôt pitié.

Après, les dégâts que des personnes avec de tels moyens peuvent occasionner à notre planète est une autre question, un vrai nid de serpents de questions. Des questions qui si elles  suscitent la colère, appellent cette colère, blanche de l’intégrité menacée qui stimule la lucidité parce qu’il est question de survie et que ce n’est pas le moment de se laisser dominer par ses émotions.

Oui c’était au second degré (une spécialité belge souvent mal comprise des autres peuples), et oui je découvre que le monde va beaucoup plus mal qu’on ne le pense. Et oui, à travers les commentaires même, je retrouve ce vieil eugénisme qui reprend vigueur depuis que certains ont déclaré que nous étions trop sur terre, Bill Gates le premier et lui aussi a les moyens de nuire énormément et ne s’en prive pas. Et oui, il existe un grand mouvement fasciste international pseudo-darwinien, eugéniste et malthusien qui prône la « suprématie blanche » et une réduction drastique des populations colorées de notre planète. Les opérations de « nettoyage » des vagabonds à Athènes ou à Bogota sont menées par une même fratrie exhibant les mêmes symboles.

Et oui, des opérations de stérilisations consenties ou forcées ont lieu sur la planète, et elles se fondent sur des critères de race et de classe. La fondation Bill et Melinda Gates en est un des principaux acteurs.

Quant à la Gina, dans certains de nos tribunaux des gens sont condamnés parce que « capables du fait » et si dans certains milieux ce genre de déclarations, au nom d’un « politiquement correct » à respecter ne se font pas (encore) en public, en privé, on ne se prive pas. Et ce qui est inquiétant, c’est que des propos de cette nature qui étaient jusqu’ici le triste apanage d’une grosse bourgeoisie occidentale de (très) droite devient courant au point que même parmi la partie de la population blanche la plus méprisée par la hiérarchie sociale, ils circulent, élitisme de bas-étages, pour certains le seul critère de valorisation à leur portée, appartenir à une catégorie de « bien nés » du seul fait d’être blanc de souche. Et les matrices d’opinions sont là pour les encourager.

Et oui, ce n’était pas très gentil de ma part de publier une photo de cette dame au physique ingrat. Et mon but n’était pas de me moquer du douloureux fardeau de laideur de cette pauvre femme. Mais bien de poser la question de qui sont ces élites autoproclamées qui prétendent faire vivre le monde dans leurs fantasmes passéistes. De rappeler que la seule supériorité de ces gens, en tant que personnes, consiste en un (grand) nombre de zéros mal acquis sur leur compte en banque, ce qui est somme toute, dérisoire.

Je crois que dorénavant je me contenterai de traduire Allard, Calloni, Petras, Bertaccini … qui font appel à l’intelligence plutôt qu’à l’émotion. Il y a déjà bien trop de haine que pour réveiller celle qui dort.

Personne ne s’est inquiété des chevaux sauvages… une information trouvée sur apporea et que je n’ai pu vérifier mais qui si elle est vraie, mériterait pourtant qu’on s’interroge à ce sujet.

Anne Wolff

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11 avril 2013 4 11 /04 /avril /2013 11:56

 

 

Réponse au commentaire de VIVI au sujet des précédentes parles de SDF

 

Merci Vivi, j’ai vraiment eu du mal à écrire ce texte. Finalement la fille m’a rendu un grand service. Pendant des années j’ai refusé de mettre les pieds dans ce bistrot plein d’ombre, préférant discuter avec mes amis sur les bancs même par moins dix degrés.

Ton commentaire va m’aider à rectifier le tir. Je suis une survivante, parfois je dédie quelques moments au souvenir de mes amis trop tôt disparus. Ou de ceux qui semblent vivants mais dont la conscience n’est plus présente. Et ce qui est terrible, c’est de constater que la plupart d’entre eux étaient des êtres lumineux mais affectivement très fragile. Comme l’ami dont je viens d’apprendre la grave maladie de cœur. Je l’ai vu peu à peu se faire engloutir, et lui-même le disait que cet entourage le détruisait, pendant quelques jours, quelques semaines, il parvenait à se détacher, mais le piège c’est qu’il y a quelques personnes vraiment bien dans le lot et qu’elles constituent une niche affective pur ceux qui ne trouvent plus de tendresse ailleurs.

Et c’est cela qui depuis longtemps m’interpelle, et pas que moi. J’ai fini par trouver ce qui unissait toutes ces personnes : elles étaient et sont les habitantes d’un autre monde possible, de bons convives, avec souvent du talent à revendre, mais si fragiles qu’il leur faut un milieu de douceur et de gentillesse pur s’épanouir. J’ai souvent fait le lien entre l’addiction à l’héroïne et un immense manque affectif que la substance semble combler.

Comme cette petite fille, naïve et trop jolie, arrivée de Flandre pour fuir un père gynécologue aux tendances incestueuses.  Une fois qu’elle a été accro à l’héro, elle a été « prise en main », elle s’est prostituée pour avoir sa dose, elle avait perdu ses rondeurs d’enfance et ses joues de campagnarde, méconnaissable, une junkie « comme les autres ». On l’a retrouvée dans un parc, morte d’overdose. On a pu établir qu’elle y avait été jetée vivante. Les journaux ont titré « Mort d’une junkie »…

Les êtres lumineux et fragiles sont des proies pour toutes les formes de mesquineries et de méchancetés, de harcèlement ou d’exploitation affective. Et c’est cela qui m’a mise en colère. Je n’ai pas trop l’habitude de la ramener sauf pur rigoler, mais je suis forte, résistante sauvée par ce rapport profond avecl a nature, c’est moment où je me sens pleinement partie de la montagne, la forêt, une campagne encore bucolique. Ce qui s’est passé-là ne m’atteint pas en ce que je suis sinon de voir que j’ai pu me faire des illusions sur certaines relations, mais sans plus. J’ai assez eu à me battre pour rester moi-même, je suis immunisée.

Ce que j’ai essayé de montrer c’est cet « attracteur fatal » qui produit tant de dégâts. Tu es SDF donc tu es… inculte… alcoolique… drogué… sale etc…

Un bouquin m’a apporté beaucoup « La famille, la société, la folie » de Cooper et Laing, les antipsychiatres. Ils démontrent, entre autre, comment on peut briser une personnalité fragile à force de harcèlements du style « tu n’es pas ce que tu dis être, moi, je sais mieux que toi qui tu es ». Ce livre m’a sauvée, il m’a donné les outils pour décoder certains comportements, comme la fabrication d’un bouc-émissaire au sein d’une famille. J’ai été sauvée aussi par mon besoin d’apprendre pour comprendre les situations que je dois affronter. Et cette confiance en moi, d’avoir prouvé à différents moment que j’étais la « meilleure » quand il s’agissait de mettre en équation un problème. Les études ont toujours eu cela aussi pour raison : me prouver que je ne délirais pas, que je raisonnais juste et recevable par les examinateurs du système. Une garantie de validité pour mes idiosyncrasies.

Mais cela n’empêche, jamais je ne jugerai quelqu’un parce qu’il est faible, fragile, incapable d’assumer psychologiquement les rapports de concurrence. Depuis quelques temps il m’est apparu clairement que les différents « pôles empli » ont joué le rôle d’une sorte de crible, sélectionnant ceux qui étaient susceptibles de s’intégrer sur le marché de l’emploi. Le premier critère étant la soumission au lien de subordination. (En Belgique, c’est même le premier stage du parcours formation), ensuite vient la capacité d’entrer en concurrence avec ses pairs, sans scrupules ni état d’âme, après viennent les compétences.

Tout cela accompagné d’un dénigrement constant de l’expérience de ceux qui pour diverses raisons – au sujet desquelles j’ai une vision très claire - ne sont pas intégrables. Cette opération de sélection est en voie d’achèvement. C’est pourquoi ceux qui initialement étaient des marginaux après avoir été requalifiés d’exclus (de leur délire consumériste), sont à présent qualifier de rebuts. Expression entendue pour la première fois dans la bouche d’un policier au sujet des Indignés. En cherchant plus loin, j’ai constaté que cela correspondait à cette nouvelle matrice d’opinion qui implique qu’après avoir mené à bien le processus d’exclusion, il faut détruire le rebut ou le rendre productif par le travail forcé.

Ce qui est terrible, c’est de voir que les couches les plus basses de leurs hiérarchies sociales, sont les premières à crier « Haro » contre plus miséreux. Comme cette populace qui se précipitait pur assister aux exécutions en place publique et dans ce terme de populace j’inclus tous ceux qui se sont délectés de l’assassinat de Kadhafi, harpie Clinton en tête. Ce n’est pas une question de position dans la hiérarchie, mais bien d’un état d’esprit qui prouve qu’une partie des humains n’ont pas évolué, et qu’ils constituent eux un poids de mort pour l’ensemble de l’humanité évoluée qui aspire à vivre en paix dans le respect de l’existant. De cette humanité-là, j’ai rencontré des gens et lu des auteurs venus de tous les coins de la planète, y compris parfois d’ultime petits recoins de bout du monde.

Il existe à présent un pouvoir central qui est un frein à l’évolution qu’elle pervertit en la détourant de son cours naturel et de son sens. Et plein d’imbéciles les suivent aveuglément et répondent comme des marionnettes à ceux qui tirent les fils de la haine et de l’agressivité.

Mes amis détruits faisaient partie de cette humanité plus évoluée, qui a pour      caractéristique une grande sensibilité, de la gentillesse, ce qui ne fait souvent pas le poids face à des primitifs qui se distinguent par leur capacité à fabriquer des machines de guerre particulièrement efficaces et destructrices et qui sont en soi une atteinte à la dignité de l’humain. Et les personnes qui agissent comme je l’ai vu faire mercredi contre cette invention de leur triste imaginaire qu’ils ont fait de moi mercredi, et qui aurait pu être très dur, destructrice pour des personnes plus fragiles ou qui n’aurait pas de chauffeur à attendre pour les ramener dans leur nid douillet, promesse de happy end.

Finalement cela été un bon catalyseur cette colère pour me jeter à l’eau et dire des choses que j’avais sur le cœur avec toute la force de l’expérience éprouvée. Je l’avais souvent observé, à présent je l’ai vécu. Et comme j’ai les moyens de faire la différence entre ma réalité, mon vécu, mon expérience et le personnage projeté, sans que la confusion soit possible, cela me permet d’illustrer plus clairement cette notion « d’attracteur fatal » comme étiquette qui gomme les différences et efface les histoires, niant la réalité de la personne. Tu n’es plus Anne, Pierre, Momo, Marianne… tu es un ou une SDF… tous les mêmes. La Strada, une organisation qui prétend « venir en aide » aux SDF, prétendait même que pour pouvoir « les » aider, il convenait d’abord d’établir une fiche type du SDF…

Cela aurait déjà été absurde au temps de la pauvreté résiduelle, mais alors que la pauvreté structurelle atteint des couches toujours plus variées de la population, c’est non seulement ridicule, c’est scandaleux.

Seulement voilà, au cours de la décennie de 1995 à 2005, l’état belge a fait établir à grands frais des « Rapport sur l’état de la pauvreté en Belgique »… et devinez quoi ?... et bien les auteurs de ces rapports - qui ont couté beaucoup de temps et d’argent, mobilisé beaucoup d’énergie et que très certainement très peu de gens en dehors de moi ont lu en entier – posent d’emblée qu’ils se sont intéressé exclusivement à ceux qui sont pauvres de générations en générations, soit une approche de la pauvreté résiduelle à un moment où la pauvreté structurelle ne cessait de gagner du terrain. Pour le fun, je signale qu’une des conclusions de ces dix ans de rapport, les auteurs n’avait finalement pas d’indicateurs fiables et que pour comprendre les pauvres, il s’agirait d’abord de les ficher… ben tiens !

Pendant quelques années où’ j’ai été impliquée dans ces processus de lutte contre la misère, je me suis heurtée aux associations et institutions de lutte contre la pauvreté, un objectif que je ne partage pas, puisque je défends des principes de simplicité et de pauvreté matérielle qualitativement riche et heureuse, épanouie. Active et conviviale, comprenne qui peut mais quand je regarde autour de moi dans ma petite caravane, quel luxe, quelle abondance, mais ma tente à l’orée du bois dans un lieu sans route me manque et quelques bons voisins avec qui entretenir des bonnes relations de convivialité créatrice.

Et donc il y a des rapports qui n’ont rien avoir avec la réalité et qui servent de justificatif à des matrices d’opinions qui déforment la réalité en stigmatisant hors de propos. L’assistanat n’a jamais été mon truc, je préfère de loin les relations équilibrées de solidarité réciproque, les mises en œuvre de complémentarité. En 2007, je croyais encore, après avoir lu de nombreux autres rapports et recommandations aux politiques, que je pourrais rencontrer de l’aide pour monter mon projet d’habitat groupé. Après avoir mesuré le hiatus entre le discours et les actes, j’ai espéré au moins une neutralité, je sais à présent que ce genre de projet doit se monter soit en toute discrétion ou contre la vlonté systémique qui a d’autres objectifs pour les « pauvres » devenus rebus que de leur permettre d’être dignes, heureux et productifs à leur manière.

Margaret est morte, mais TINA court toujours.

TINA = il n‘y aura plus d’alternative parce que nous les auront toutes détruites ainsi que le nécessite notre volonté de « domination du spectre total » (voir J.V 2020, le programme de mise sous contrôle militaire de l’ensemble de la planète d’ici à 2020, un texte rédigé par les têtes du Pentagone qui ne laisse aucun doute quant aux objectifs de la globalisation homogénéisation du monde).

Et ces pauvres crétins qui n’y survivront pas croit malin de se valoriser en jetant hors de leur bistrot pourri une pauvre SDF qui vient de se faire jeter de son précaire logement et de l’insulter par-dessus le marché, parce que vu de leur point de vue, c’est cela le scénario ! Et ces pauvres crétins sont seulement exemplatifs de centaines de milliers, de millions d’autres, qui lèchent la main du maître qui les bat mais mettent à mort les plus faibles de la meute.

Je me suis laissé aller là… réponse qui va se transformer en billet, il est temps que les SDF s’expriment un peu quant à leur réalité….

Tout de bon à toi VIVI

 

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10 avril 2013 3 10 /04 /avril /2013 12:44

 

 

Ouf ; il m’aura fallu une semaine pur retrouver une humeur un peu plus sereine après  mes dernières mésaventures bruxelloises. Une semaine aussi pour me dire que peut-être j’ai les mots pour exprimer ces mésaventures

Je suis donc partie à Bruxelles mercredi passé, en voiture,  avec un voisin. Avril, le printemps quelques degrés de plus à la campagne qu’en ville où souffle un vent glacial. Je ne suis pas vraiment habillée assez chaudement, à force d’en rêver du retour du printemps… et un peu pecnaude qui débarque parmi les habitants policés de la ville. J’ai renoncé au dernier moment à mettre des bottes plus élégantes pour m’en tenir à mes bonnes grosses bottes fourrées, un geste qui s’avèrera salvateur.

Je prends un café en compagnie du voisin dans ce bistrot que fréquentent les copains et dans lequel je n’ai pas mis les pieds pendant des années, n’y retournant que pur que ne soit pas trop dépaysé mon ami le vieux chien hérité à la mort de son maître avant de l’emmener à la campagne afin qu’il puisse y vivre paisiblement et librement sa dernière année de vie.

Un bistrot de zone, « la salle d’attente de ceux qui n’attendent plus rien ». Sinistrose pour une partie de la clientèle formée de petits vieux, de largués de la vie qui viennent y chercher un semblant de chaleur humaine, et la faune d’assistés et de petits (et plus grands) délinquants de la débrouille pour survivre (mais aussi de criminels plus organisés). Alcoolisme et addiction aux drogues, légales ou non, y font bon ménage. Et les toilettes servent parfois de boutique pour des deals. Les patrons n’ont pas non plus trop de scrupules à acheter des biens volés quand ils peuvent faire de bonnes affaires, ni non plus à accorder des crédits démesurés à des gens qui n’ont pas les moyens et qui y laissent la plus grande partie de leur revenus « de remplacement », chômage, RIS, pension, invalidité, autant dire de forts petits revenus. En début de mois, chacun paye ce qu’il peut de sa note et se retrouve sans un balle pour la suite.

Personnellement, je n’aime pas trop dépenser mes quelques petits sous pour perdre mon temps en douteuse compagnie, sans rien en retirer de constructif, donc j’évite : pour le prix d’un verre d’eau pétillante au bistrot, neuf litres au magasin d’à côté. L’équation de la bonne vie se compose d’un facteur de relations de bonne convivialité constructive, d’une bonne santé qui permet d’être dynamique et d’un bon usage de l’argent.

Ayant quasiment tout perdu quatre fois en l’espace de 8 ans, je n’ai plus vraiment une garde-robe à mon goût, et comme m’a dit un jour une jeune amie «  Toi parfois tu es habillée comme une princesse et parfois t’es habillée comme une paysanne », il reste la paysanne, avec l’avantage d’écarter les crétins qui ne s’intéressent qu’au paraître social. Cela permet aussi «  entre autres indicateurs – de mesurer l’évolution croissante de la stigmatisation de la « pauvreté ». J’ai pu percevoir cette intensification du rejet des « exclus » qui ne portait pas ce nom autrefois, les gens s’écartent comme s’il s’agissait d’une maladie honteuse et très contagieuse, et les regards qui jugent toujours plus durement se multiplient et se font plus agressifs.

Il serait temps que je suive les conseils de Marcuse et me fasse une petite cure intensive de téloche pur comprendre les composantes de cette matrice d’opinion dont je mesure l’intensification accélérée sur le terrain, mais aussi les changements de nature. Au début de la crise (1975), ceux qui se retrouvaient sur le carreau ne s’appelaient pas encore exclus, ils bénéficiaient d’un esprit de solidarité. La phase suivante à consister à fabriquer l’exclusion – fabriquer et nourrir le concept, en produisant un glissement dans les composantes. Au début en le faisant bénéficier d’une certaine sympathie de l’opinion publique et puis progressivement, par glissements successifs, un nouveau concept a fait son apparition ; les « rebuts » de la société : inutiles, profiteurs, fraudeurs. Aujourd’hui très clairement se mettent en place les conditions de la chasse aux miséreux, de leur criminalisation ou de leur psychiatrisation puisque de plus en plus, l’accent est mis sur le fait que les sans-emplois auraient un problème dans leur tête, non pas comme conséquence des difficultés auxquels ils doivent faire face du fond de leur impasse, mais bien comme cause de leur exclusion d’une société bien ordonnée.

Or comme le dit si bien le journal le Soir, il y a 1 emploi pur 40 demandeurs, alors que les conditions d’obtention d’un revenu de remplacement sont de plus en plus subordonnées à la recherche d’emploi à temps plein, pur sadisme, d’une part et à la disqualification de toute recherche d’autres formes d’activité productive, celles qui relèvent de la construction d’alternatives. Et donc depuis quelques années, j’observe de plus en plus de gens qui pour échapper au harcèlement de la quête d’emploi ont recours au certificat médical qui atteste de leur incapacité, pour des raisons conséquence d’addictions ou pour des problèmes psychologiques.

Pendant la plus grande partie de ma vie adulte, je n’ai pas bénéficié de sécurité sociale et j’ai donc appris à prendre soin de ma santé, qui est comme je le disais plus haut une composante essentielle de l’équation de la bonne vie. Je sais donc mettre à profit les capacités d’autoguérison qui sont en chacun de nous, je sais aussi que se déclarer malade à un effet psychosomatique de renforcement de la maladie, encore renforcé par les prescriptions redoublées de médicaments aux effets « douteux » quand ils ne sont pas franchement destructeurs physiquement mais surtout moralement. Cela est un véritable fléau !!! Et mon petit cœur saigne régulièrement d’en observer les effets chez des personnes que j’aime bien.

Mercredi passé, j’ai donc appris qu’un de mes amis en conséquence d’une situation telle que je viens de décrire est, à 40 ans atteint d’une grave maladie et que ses jours sont en danger, et il y a quelques jours, j’ai appris qu’un autre, en conséquence de 25 ans de consommation de méthadone légalement prescrite et alcoolisme toujours plus profond, avait passé le cap, celui par lequel la conscience a sombré définitivement sans espoir de retour -sauf miracle qui n’arrive jamais.

 En ce qui concerne la méthadone, le code de déontologie des médecins leur impose d’inciter leurs patients à faire « une dégressive » jusqu’à arrêt total, or, je n’ai cessé d’observer le contraire. J’ai vu à plusieurs reprises des personnes qui se plaignaient de contrariétés, sortir de consultation avec non seulement une augmentation de la dose de méthadone, mais des ordonnances interminables de « mange-conscience ».

Pour être honnête, je dois avouer qu’au cours de la dernière année, j’ai doublé ma consommation de médicaments, au lieu de mes deux aspirines annuelles pour des migraines ophtalmiques, j’en ai pris 3 et 1 dafalgan… une mauvaise pente, je sais.

Pendant les mois de septembre et d’octobre 2012, j’ai tremblé pour ma caravane, deux crétins qui voulaient me sortir de ma « pauvreté » (encore les matrices d’opinion)  ont mis au point à mon insu un « plan de sauvetage » qui m’a précipitée dans la situation la plus critique et précaire que j’avais jamais eu à affronter, j’ai failli perdre ma caravane qu’ils voulaient détruire – on ne peut pas vivre comme cela et être bien, Ils veulent jouer les pygmalions et m’offrir des conditions de vie décentes à leurs yeux en échange de ma dépendance et d’une reconnaissance éternelle. Au secours !!! On me l’avait déjà fait ce coup-là : quand une banque à commencer à racheter la vallée où je vivais pour y développer du tourisme écologique en 4X4, plus question d’être aussi pauvre en ces lieux, j’y ai perdu l’accès à mon petit bout de terrain, la maison que je construisais, le potager aux terrasses construites de mes petites mains et compost maison (merci les orties et les biquettes) et à mes bois bien aimé. J’ai dû laisser sur place mes quelques biens, 1OOO mètres de chute, la ville, le choc des civilisations. Et une erreur d’aiguillage, en me trompant d’histoire d’amour pour me retrouver embarquée dans ce genre de galère destructrice dont, avant de la vivre, j’aurais dit qu’il fallait être absolument conne pour vivre cela. Une leçon de tolérance en quelque sorte. Je suis partie à la dérive, me suis retrouvée en m’investissement bénévolement dans un travail avec des associations qui prétendent lutter contre la pauvreté et pour le droit au logement. Un leurre, des alibis du système, posant quelques emplâtres sur des jambes de bois pour les unes, carrément néfastes pour les autres. Je proposais un projet qui a rencontré beaucoup de soutien et de sympathie de la part de centaines de personnes mais qui a fini  par échouer parce que j’ai trop fait confiance aux institutions administratives associatives, je me suis laisser mener de leurre en leurre, pendant que ma petite équipe irrémédiablement se dégradait. Ce petit groupe, regorgeant de talents, qui partageait une bonne convivialité, la solidarité et l’humour jusqu’en 2007 est aujourd’hui mis hors d’état de construire quoi que ce soit d’autre que les conditions de son autodestruction accélérée. Et moi qui entretemps ai reperdu deux fois mes affaires et autres pertes limitées, stop, je n’ai plus envie une fois de plus de repartir de rien et j’adore ma caravane et mes petites affaires sauvées du dernier désastre.

Ce blog qui a eu 4 ans ces jours-ci, retrace aussi le chemin parcouru pour comprendre les chroniques de ces autodestructions induites comme phénomène récurrent et intrinsèque de la globalisation homogénéisation. Faire la part des choses entre un discours officiel trompeur et la réalité des faits d’un vécu de terrain. Projet abouti, qui m’amène à m’interroger sur l’avenir du blog – sous quelle forme et selon quels axes privilégiés à l’avenir, en essaimant ou non - mais cela c’est une autre histoire. En tout cas, malgré la virtualité du web, je pourrais l’intituler rétrospectivement « Bienvenue dans le monde réel » – en tant que son cheminement m’a permis de trouver les moyens d’interpréter cette réalité, et l’apport majeur est certainement venu d’Amérique Latine, qui a décidé de rompre avec la langue fourchue de la « White Supremacy »  pour aller droit aux faits sans double discours, garantissant une stabilité sémantique sans laquelle aucun discours, aucune communication, n’est possible qui ne soit brassage de vide ou créateurs de nouvelles réalités qu’ils prétendent décrire alors qu’ils la fabriquent.

Mais plus urgent que l’avenir du blog, mon avenir personnel. j’ai sauvé ma caravane, actuellement en stand-by, et en ai une autre à disposition pour l’hiver. De petits boulots m’ont permis de vivre cet hiver dans une relative abondance, d’avoir chaud, de refaire un début de réserves financières – je ne fréquente pas les bistrots, achète très rarement de l’alcool, autant d’économisé, et j’ai pu faire tranquillement le bilan des années précédentes. Il est temps à présent de chercher un lieu où poser ma maison ambulante. Tout bon SDF sait que la préparation de l’hiver commence en mars. Avec le printemps retardé de cette année, cela complique d’autant les choses.

Avant de repartir, il me faut reconstituer ce qui me manque d’essentiel depuis la dernière perte de la majorité de mes petites affaires.

Comme je suis quelqu’un de très logique et cohérent, j’ai choisi il y a bien longtemps de ne pas encourager – autant que faire se peut – les circuits de production à lourde empreinte écologique. Pour éviter que de nouveaux dégâts se commettent par mon inconscience, depuis plus de trente ans, je refuse donc d’acheter des produits de première main et/ou de production industrielle. Et je récupère ce que je peux de ces objets dit de charme menacés de destruction ou je fabrique ce dont j’ai besoin avec des matériaux de récupération. Je participe aussi peu que possible aux crimes de destruction de richesses essentielles, patrimoine de l’humanité et aux pillages accompagnés de meurtres et de souffrances distillées aux peuples qui en sont les légitimes détenteurs. Ce qui au départ était vœu de pauvreté en solidarité avec les peuples exploités est devenu une manière de vivre qui me comble en ce qu’elle m’oblige à être dynamique, astucieuse et créative, j’ai ainsi au cours du temps multiplié mes savoir-faire. Dans beaucoup de domaine du jardin à la couture en passant par la maçonnerie, je n’ai pas de prétention professionnelle, mais bien la capacité de créer par mes propres moyens ce dont j’ai besoin. Professionnellement mes talent sont de gestion de budget et d’intendance qui sont les domaines dans lesquels j’excelle et pour perfectionner des talents naturels, j’ai obtenu avec grande distinction un graduat en comptabilité, ce qui m’a permis aussi d’acquérir des bonnes bases de connaissances de droit civil, commercial, du travail, fiscal et de découvrir les applications pratiques d’un économisme abordé préalablement dans le cadre d’étude de philo des sciences. Je reconnais être moins douée pour la philosophie en général que pour des matières plus rationnelles et parmi la masse des philosophes seul quelques-uns ont retenu mon attention, les autres ne la sollicitant que le temps de passer avec succès un examen les concernant et de les oublier tout aussi vite. Néanmoins ces études furent d’un précieux apport sur de multiples plans et sont constitutives de ce que je suis. Voir ce petit passage de Deleuze à votre droite qui a fait partie des apports précieux.

Suite et fin ici :

Parole de SDF 2

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  • Amoureuse de la vie, d'une fleur, d'un papillon, d'un arbre, du sourire d'un enfant, je m'oppose à tout ce qui conduit à la destruction systématique de ce que la nature a créé, de la vie, de la beauté du monde, de la tendresse et de la dignité
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"Le vieux fascisme si actuel et puissant qu’il soit dans beaucoup de pays, n’est pas le nouveau problème actuel. On nous prépare d’autres fascismes. Tout un néo-fascisme s’installe par rapport auquel l’ancien fascisme fait figure de folklore […].

Au lieu d’être une politique et une économie de guerre, le néo-fascisme est une entente mondiale pour la sécurité, pour la gestion d’une « paix » non moins terrible, avec organisation concertée de toutes les petites peurs, de toutes les petites angoisses qui font de nous autant de microfascistes, chargés d’étouffer chaque chose, chaque visage, chaque parole un peu forte, dans sa rue, son quartier, sa salle de cinéma."

 

Gilles Deleuze, février 1977.

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