19 avril 2009 7 19 /04 /avril /2009 08:36
 

l’utopie ou la mort » est le titre d’un livre de l’agronome René Dumont publié au début des années 70 et qui est à l’origine du développement de l’écologie politique. Il fait écho aux avertissements lancés par le Club de Rome en 1969 et qui mettait l’accent sur la finitude des ressources de la planète et prévoyait l’explosion démographique qui s’est produite depuis. Un cri, un appel : il est urgent de changer nos modes de production et nos modes de consommation ! Changer nos conceptions du monde ! Quarante ans ont passé et nous n’avons rien fait d’autre qu’aller vers le pire !


Ce livre a été déterminant pour l’évolution de ma conception du monde personnelle. C’est de conception du monde dont il sera question dans cet article. Qu’est-ce qu’une conception du monde ? Qu’est-ce qu’un système de valeur ? Qu’est-ce qu’un projet de monde ? Qu’est-ce que la notion de compossibilité ? Qu’est-ce que cela implique ?


Tout être humain a une conception du monde. Cette conception peut être vague, inconsciente, bourrée de contradictions, nourrie d’évidences ou mûrement réfléchie, éprouvée en théorie comme en pratique, sans cesse soumise à l’épreuve de la remise en question, elle n’en existe pas moins. Et toute conception du monde s’accompagne d’un système de valeurs discriminatoires entre « bien » et « mal », avec plus ou moins de cohérence et de sens de la nuance entre ces deux extrêmes.


Tout humain est également porteur d’un projet de monde qui est la manière dont il désire voir se dérouler son avenir. Que ce soit la réalisation d’un plan de carrière avec famille à l’avenant, que ce soit le désir de cocooner devant la télévision pour le restant de ces jours, que ce soit devenir maître du monde ou bâtisseur d’utopie, il s’agit de projets de monde. Deux projets de monde ont ensemble un haut degré de compossibilité quand leur réalisation est possible simultanément sans que l’un nuise à l’autre. Soit parce qu’ils sont complémentaires et la réalisation de l’un contribue à la réalisation de l’autre, soit parce qu’ils n’empiètent pas l’un sur l’autre, ils n’occupent pas le même territoire et ne se rencontrent pas.


Qu’est-ce que cela implique ? Pour le comprendre dans le contexte actuel, il faut faire appel à d’autres notions, issues d’un autre ouvrage déterminant pour la construction de ma conception du monde, il s’agit de « La nouvelle alliance » de Stengers et Prigogine. Je ferai une étude approfondie de cet ouvrage en tant qu’il amène des outils indispensables à la critique de l’économisme dans sa prétention à se vouloir science héritière des sciences exactes, avec toutes les aberrations qui en résultent. Les premiers de ses outils permettant de définir les domaines fort limités dans lesquels quelle que science que ce soit peut prétendre à une relative exactitude et domaines qui ne concernent certainement pas le vivant et encore moins les complexes sociétés humaines. Ici je me bornerai à sortir trois notions de ma boite à outils : la notion d’irréversibilité, la notion de point de bifurcation et celle d’horizon temporel de Liapounov.

 

Pour illustrer les fondements de la mécanique classique (La Science Exacte par excellence), je prendrai cette assertion mécaniste de Descartes : « Je prends le chien, je démonte le chien, je remonte le chien et c’est toujours le même chien ».  Bien sûr, c’est absurde et cela fait rigoler et pourtant, pour les adeptes du mécanisme il y avait là un idéal potentiellement réalisable que seule notre imperfection nous empêchait d’atteindre. Mais la mécanique classique va plus loin puisque ses équations impliquent l’existence d’un temps absolument réversible. Autrement dit tout phénomène soumis aux équations de la mécanique classique est sensé pouvoir remonter le temps. Le vieillard pouvoir revenir vers la jeunesse, la bille remontera la pente qu’elle a descendu, la bougie fondue se reconstituera, etc… Il n’en va pas ainsi dans la réalité, les phénomènes qui font notre quotidien sont irréversibles, il y a la grande marche en avant de l’évolution sans retour en arrière possible.


La notion de point de bifurcation et celle d’horizon temporel sont deux notions intrinsèquement liées. Je prendrai comme exemple une prévision lue dans un journal (que je ne citerai pas) et qui prenait l’évolution du taux de croissance de la population de ces dernières années pour prédire qu’en 2050 le nombre d’habitants de la planète serait de…je ne me rappelle plus, cela n’a aucune importance, car de telle prédiction n’ont aucune valeur, elles sont parfaitement absurdes et dénuées de tout intérêt.  Techniquement cela s’appelle des projections linéaires et s’accompagne du postulat implicite « toutes choses égales par ailleurs… ». Autrement dit s’il n’y a pas plus de guerres, pas plus de famines, pas de manque d’eau, pas plus de besoins fondamentaux non satisfaits,  pas plus d’épidémies, etc… la population devrait être en 2050…Regardez autour de vous, chaque jour les « choses cessent un peu plus d’être égales par ailleurs ». Et l’horizon temporel est ce point limite qui marque le moment où la projection linéaire cesse d’être valable parce que « les choses ne sont plus du tout égales par ailleurs» et que leurs influences conjuguées ont fait bifurquer le système : l’ont fait entrer dans un autre régime de fonctionnement à priori imprévisible, seulement évaluable en termes de probabilité. Le système est alors en état d’instabilité, il obéit à d’autres lois que celle d’actions-réactions des forces de la mécanique, c’est le moment où le battement de l’aile d’un papillon à Madagascar peut provoquer une tempête à Honolulu.


photo yurtao

Pourquoi est-ce que j’introduis toute cette théorie qui peut sembler rébarbative ? Parce qu’elle est indispensable pour comprendre la situation concrète qui est celle de notre planète et de ses habitants, là, présentement. Parce qu’il s’agit pour nous de devenir les papillons qui battent des ailes au bon endroit, au bon moment. Autrement dit il s’agit de comprendre comment avec un minimum de force produire un maximum d’effets, autrement dit encore comment créer des phénomènes de résonance efficaces, susceptible de changer le cours des choses. C’est le moment où jamais, il nous reste fort peu de temps pour comprendre où agir, comment et avec qui ?


Je vous laisse digérer cela, mon prochain article sera une tentative de mettre ces notions en perspectives dans les circonstances concrètes du monde contemporain. Je ne promets rien, je n’ai qu’une vision parcellaire –comme tout un chacun- de cette situation. J’essayerai cependant de tirer le meilleur de cette vision limitée, en espérant que d’autre viendront la compléter et l’enrichir de leur connaissances et de leurs expériences.


Anne
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18 avril 2009 6 18 /04 /avril /2009 14:53






« L’utopie ou la mort » est le titre d’un livre de l’agronome René Dumont publié au début des années 70 et qui est à l’origine du développement de l’écologie politique. Il fait écho aux avertissements lancés par le Club de Rome en 1969 et qui mettait l’accent sur la finitude des ressources de la planète et prévoyait l’explosion démographique qui s’est produite depuis. Un cri, un appel : il est urgent de changer nos modes de production et nos modes de consommation ! Il faut changer nos conceptions du monde ! Quarante ans et nous n’avons rien fait d’autre (ou presque) que d’aller vers le pire !



René Dumont met l’accent sur toutes les formes de désertification à travers le monde. Celles dues à l’érosion éolienne des sols à cause d’une agriculture extensive qui supprime les haies. Les vents ne sont plus freinés, la couche arable du sol est arrachée. Dans les grandes monocultures, des tracteurs trop lourds écrasent les précieux vers de terre. Au-delà d’une certaine dose, les engrais chimiques ne sont plus productifs et ils vont polluer la nappe phréatique. L’usage de ce surplus serait bien plus utile dans des pays atteints par la famine. René Dumont anticipe les conséquences de l’explosion démographique à venir. C’est un homme en colère. Dans de nombreux pays qui connaissaient la prospérité, en termes de « simplicité volontaire », les cultures vivrières ont été remplacées par des cultures d’exportation pour habitants des pays riches –cacao, café- dont les populations locales ne tirent d’autres bénéfices que de se retrouver à travailler comme esclaves dans les plantations de riches colons. L’importation du « modèle occidental » se traduit par des catastrophes. Vive le développement ! Vive « la civilisation » !

Je suppose que j’aurai l’occasion de développer quelques cas précis de mode de vie « primitifs » qui convenaient fort bien aux personnes qui les pratiquaient au quotidien, mais ici,  j’aimerais que chacun se pose la question en son « âme et conscience ». Qu’est-ce que l’Occident a apporté aux peuples qu’il a soi-disant « civilisés » ? Je suis Belge de nationalité et donc l’histoire du Congo m’interpelle. L’œuvre de Léopold II (roi mal aimé des Belges, et avec raisons ; roi qui détestait les Belges) dans ce pays est une œuvre de destruction massive.



Rappelons que la Belgique ne voulait pas du Congo, que du vivant du roi, elle fut propriété sa personnelle et qu’il légua ce pays en héritage à la Belgique. Comment peut-on léguer ce qui ne vous appartient pas ? Politique des mains coupées pour ceux qui ne veulent pas travailler dans les plantations, et les personnes qui se laissent mourir plutôt qu’avoir à subir cela, domestiques pour les planteurs…de quel droit ? De quel droit prend-on un peuple en otage ? De quel droit pressuriser un peuple, le mettre en esclavage ? De quel droit piller les richesses naturelles d’un pays ? De quel droit méprise-t-on sa culture sans prendre la peine de la connaître ? Sinon pour la coller sous forme de curiosité dans des bouquins d’ethnologues qui étudie des personnes humaines comme des entomologistes étudieraient des insectes ? Et de quel droit l’assassinat de Lubumba, l’homme qui a libéré les mots de la vérité, libérant la parole d’un peuple du carcan de l’hypocrisie colonialiste ?





« Tout le monde veut vivre comme nous ». Ce n’est pas vrai ! Il est plus que temps d’en finir avec cette idée de la suprématie du modèle occidental. Un modèle tellement merveilleux qu’il recueillerait l’adhésion spontanée de tous les habitants de la planète ? Universalité ? Ce n’est pas vrai ! Demandez aux Irakiens ce qu’ils en pensent (pour ne citer qu’eux). Il est temps de faire écho aux centaines de millions de voix qui clament de partout sur la planète : « Nous ne voulons pas de votre modèle. Il est sinistre, morbide, ne laisse pas de place à la joie, à la solidarité. Il enferme les enfants dans des carcans qui leur déforment le corps et l’esprit ! » Parlons-en des enfants « analphabètes » mais capables de déchiffrer une multitude de signes qui leur permettent d’évoluer dans des milieux où un petit occidental, fût-il premier de classe, ne survivrait pas cinq minutes ! C’est un des points de mon programme de rééducation  pour occidentaux pourris prétentieux : largué au milieu d’une forêt, avec un couteau et un peu d’eau, et retrouve ton chemin mon gars ! (On peut rêver !)



Ce qui est vrai, c’est que partout ou l’occidental est passé, il a détruit les traditions, les cultures, les modes de vie locaux. Stérilisation, et l’agriculture qui épuise les terres, et les déforestations, la pollution des eaux…Bref rendant une bonne partie de la planète inhabitable, l’occidental a provoqué les mouvements d’exode vers les villes ou vers les pays mythiques de l’Occident. Au secours ! Nous sommes envahis de vagues d’immigrés. Mais ce mouvement a été créé en entretenant le mythe de l’Occident auprès des populations locales. Il n’y a qu’une solution au « problème de l’immigration », c’est de restituer des conditions locales d’une vie digne ! Ouvrez les yeux, nombre de ces gens qui fuient la misère préfèreraient rester chez eux s’ils trouvaient sur place les conditions d’une vie digne. Je vis actuellement dans une commune où se côtoient (pas trop mal d’ailleurs) 169 nationalités, quasi la totalité des nations de la planète y ont des représentants. Souvent les gens viennent me parler, j’écoute ce qu’ils ont à raconter et c’est prodigieusement intéressant. Il ressort de ces conversations que la plupart de ceux qui sont arrivés ici, contraints par la misère, préfèreraient vivre « au pays » si seulement leur conditions de subsistance et celle de leur famille y était assurées. Ils ne sont pas ici par désir de s’enrichir, c’était vrai il y a quelques décennies cela : aujourd’hui ces personnes sont ici pour ne pas crever de faim.



N’oublions pas que nous sommes les héritiers de cinq siècles d’Inquisition et de chasse aux sorcières qui ont éradiqué nos cultures locales et modelé nos consciences à la dure par la torture et les bûchers, l’assassinat systématique de tous les dissidents. N’oublions pas que ce modèle occidental à vocation universel dont certains d’entre nous sont si fiers n’a pu voir le jour que par l’éradication violente des cultures locales. N’oublions pas que cette terreur est toujours présente dans les inconscients collectifs ! N’oublions pas non plus que la culture occidentale, s’est fondée par la rencontre avec la culture de l’Islam lors des croisades. Que cette rencontre nous a livré des trésors inestimables que ce soit dans le domaine des mathématiques, de la philosophie (Aristote était quasiment inconnu dans nos contrées), de l’hygiène, de l’agriculture, de l’architecture. N’oublions pas que sans cet apport, sans ce syncrétisme,  il n’y aurait jamais eu de culture occidentale !



Bref le « modèle occidental » n’a pu se construire et dominer une partie de la planète que par la violence et l’éradication, l’annihilation de toute autre forme de culture que ce soit dans les contrées où est né et où s’est développé ce modèle ou dans les contrées où il a tenté de s’exporter. Sa prétendue universalité est un mythe, comme les notions de démocratie et de liberté sont des mythes. Non tout le monde ne veut pas vivre comme nous, tant s’en faut ! 



Qui sont ceux qui adoptent notre modèle dans les pays de la périphérie ? Ce sont les bourgeoisies achetées par l’oligarchie pour l’imposer aux populations locales ! Encore que la plupart du temps, une fois détruits les modes de vie locaux, il n’y a qu’un alibi de culture. Ce qu’amène l’Occident ce sont les infrastructures qui facilitent le pillage des matières premières et les transports des produits de l’agriculture destinés aux riches des pays en voie de paupérisation.



Je rappelle que j’appelle pays en voie de paupérisation, les nations occidentales qui sous le poids de l’endettement voient des tranches toujours plus larges de leurs populations sombrer dans la misère. Et c’est bien là, le nœud de l’histoire : miséreux d’occident, populations pauvres des périphéries nous avons le même ennemi qui nous contraints de la même manière à obéir à ses diktats de déshumanisation du monde. Cet ennemi, c’est la petite tranche d’oligarques transnationaux qui par l’intermédiaire du FMI confisque le monde.



C’est une des mauvaises nouvelles du mois, on n’est pas sortis de l’auberge ! Le G-20 a décidé d’accorder au FMI les fonds censés nous sortir de la crise. Une vaste blague, une triste mascarade dont nous allons faire les frais. Ne nous leurrons pas, on peut toujours revendiquer l’abolition de la dette. On peut toujours revendiquer tout et n’importe quoi d’ailleurs. Revendiquer, c’est reconnaître son statut de soumission, de subordination. La liberté ne se revendique pas, elle se prend (elle s’autopose)!


photo yurtao

De toute façon, pour les aspirants Maître du Monde, renoncer au moyen de pression, d’étranglement que représente la dette détenue par le FMI, donc par eux, in fine, ce serait renoncer à leurs ambitions (on peut rêver…mais tout de même). Et cela bien sûr, ils ne sont pas prêts de le faire, jamais ils ne renonceront autrement que par la force de la contrainte ou de l’abandon.




La stratégie de l’abandon. La grève du consumérisme est une des armes de cette stratégie. Les pays d’Amérique latine et d’Asie qui se sont organisés pour rembourser leur dette et retrouver leur indépendance pratiquent également cette stratégie. Partout où cela est possible, il faut cesser de remplir les caisses de l’oligarchie en reconstruisant une économie de subsistance à partir de cellules de base en interaction. Certains pratiquent déjà cette stratégie. Mais chaque personne, chaque micro ou petite entreprise, chaque association qui s’ajoute au rhizome (je développerai cette notion à la fois complémentaire et opposée à celle de réseau plus loin dans un autre article) est un ancrage de plus dans la réalité d’un autre monde (plus doux) en construction, en action.

 

photo yurtao

Pour y parvenir, il y a une lutte politique et une lutte juridique à mener, stratégie de la contrainte. Il est urgent que ce construise des associations internationales de lutte pour le droit à un habitat différent : yourtes, tipis, cabanes, caravanes, roulottes, maison de terre paille, etc…Une autre lutte concerne la politique fiscale : exemption totale d’impôts pour les petites entreprises et pour les petits revenus. Une taxe légère sur les multinationales compenserait largement le manque à gagner pour l’état. D’autre part une telle politique permettrait à de nombreuses personnes qui aimeraient créer de petites entreprises, mais on peur en cas d’échec de se retrouver surendettées, d’échapper à la honte d’être « socialement assistés » et l’état se verrait crédité des revenus de remplacement qu’il n’aurait plus à distribuer.

Bref il s’agit d’une lutte pour le droit à la simplicité volontaire et la création des structure légale et fiscale qui permettront de concrétiser ce droit sans vivre sous la menace constante du risque de l’expulsion, du risque de criminalisation.

Utopie : Il y a de nombreuses personnes qui vivent comme cela aujourd’hui prouvant qu’il est possible de vivre « autrement » dans la beauté, le confort et la joie avec de très petits moyens financiers et matériels. Ces modes de vie offrent les facettes d’un syncrétisme culturel qui transcende le modèle occidental. Ils sont donc subversifs en tant que leur existence même réfute l’universalité de ce modèle. Ils dérangent le pouvoir qui cherche à les éliminer, personne par personne, lieu de vie par lieu de vie. Il ne suffit donc pas de pratiquer la stratégie de l’abandon, il va falloir aussi user de la contrainte pour imposer nos manières de vivre. N’oublions pas une chose, jamais : tous les politiciens, tous les représentants des « forces de l’ordre » ne sont pas les défenseurs conscients et volontaires des Profiteurs. Il ne faut pas s’aliéner ceux qui pensent de bonne foi agir pour le « bien », mais au contraire, il faut les convaincre, les gagner à notre cause, s’en faire des alliés, ils peuvent nous rejoindre, ils peuvent nous être utiles dans les luttes à venir. Il y aura bien assez (bien trop) de « sang et de larmes », pas besoin d’en rajouter pour le plaisir de jouer au héros, pour le plaisir de jouer aux martyrs.

 


Il y a également une lutte de propagande à mener. Nous ne retrouverons des économies nationales, des politiques nationales que si nous remboursons la dette au lieu de l’augmenter. Il faut que cela se sache, que des réflexions soient menées pour trouver les moyens d’y parvenir. « Ils ont des yeux mais ils ne voient pas. Ils ont des oreilles mais ils n’entendent pas » C’est le cas de la plupart de nos concitoyens trop conditionnés pour voir au-delà de ce qu’on leur dit de regarder les oreilles bouchées pour tout ce qui n’est pas systématiquement correct.





Une chose me rassure tout de même, quelques personnes, qui il y a quelques années, me prenaient pour une délirante totale quand je leur annonçais les catastrophes à venir si on ne se magnait pas le cul (et j’étais bien en-dessous de la vérité) commencent à avoir un autre regard et une autre écoute. La prise de conscience est lente, trop lente, mais cependant réelle et en constante avancée. Que peut-on faire pour accélérer  le réveil des consciences? Que peut-on faire pour que se multiplie les initiatives pratiques et concrètes de construction au présent d’un monde plus joyeux ?

 

Anne

 


Anne

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17 avril 2009 5 17 /04 /avril /2009 19:31



J’en vois déjà certains qui bondissent : « Comment elle est contre la liberté ! » « Comment elle est contre la démocratie ! » « C’est certainement une totalitariste, une fasciste, une communiste ! » Ben non ! Si je remets en question ces deux notions, c’est parce que ce sont des mythes et que ces mythes sont utilisés pour nous faire monter dans le train du totalitarisme de l’oligarchie des profiteurs sans nous poser de questions. « Qui n’est pas avec nous est contre nous ». Qui oserait contester le bien-fondé de vouloir répandre partout sur la planète la liberté et la démocratie de gré ou de force. Et plutôt de force comme en font la douloureuse expérience en ce moment les afghans, les irakiens, les pays soumis aux diktats du FMI et bien d’autres avant eux.

 

 


Je conteste donc la validité de ces deux notions comme fondement d’un monde de douceur. Rappelez-vous Athènes, le berceau de la démocratie. Athènes démocratique était à la tête de la ligue impérialiste de Délos. Et le discours des dirigeants athéniens était très clair. Vis-à-vis de ses alliés, considérés comme des vassaux : soit ils se soumettaient « librement » à la volonté des dirigeants athéniens et recevaient une bonne part du gâteau de butin, soit ils y étaient contraints par la force et leur sort serait beaucoup moins enviable. Quand au peuple athénien non citoyen, bref la majorité, il convenait de lui fournir un bien-être matériel suffisant pour qu’il ne se pose pas la question des limites de sa liberté.

 


Après avoir été longtemps occulté derrière un discours plus perfide, un usage du double langage, voici que le discours étasunien du leadership se fait beaucoup plus transparent. On a pu voir les émissaires d’Obama et le président-vedette lui-même exiger très clairement de leurs vassaux (que certains oligarques n’hésitent plus à qualifier très clairement en ces termes) de l’OTAN une participation accrue à leurs « efforts de guerre » actuels et à venir. Pour celles à venir, le concept de guerre contre le terrorisme se voit remplacé par celui bien plus flou encore de « Opérations Contingentes Outre Mer ». On le voit tout un programme, mais quel programme ? C’est un point à élucider, ce qui ne peut se faire sans lire une fois de plus entre les lignes de poudre aux yeux des média officiels qui nous vendent le concept d’un président étasunien « pacifiste ».

 
Photo : yurtao
Or si une bonne partie de la population de l’Union Européenne se demande quelle est la réelle utilité de l’OTAN depuis la chute du mur de Berlin et la fin de la guerre froide, si la question de la légitimité des interventions en ex-Yougoslavie, en Afghanistan est posée, si de telles questions au moment où la crise du capitalisme appellerait un changement structurel radical devraient faire l’objet de débat public et de référendum, il ne semble pas que les dirigeants européens, eux ait le moindre scrupule de conscience à participer aux mascarades du G-20 et de la grande fête de l’OTAN. Sans doute est-ce pour cela que les sondages annoncent qu’un tiers de la population des pays de l’Union ne voit pas de raison d’aller voter aux élections européennes de juin.

 


Où est la démocratie là dedans, quand quelques décideurs choisissent pour une masse de décidés les options de l’avenir, que cela leur plaise ou non ? Où est le droit à l’autodétermination des peuples (liberté) quand il ne leur reste que le fatalisme, le renoncement, la résignation et quelques espaces de « liberté » -la grande fenêtre de la télévision ?- pour « faire passer le temps », en attendant le pire qui est encore à venir.  Si c’est cela la liberté, si c’est cela la démocratie, alors je dis NON ! Je ne veux ni de votre liberté de pourrir sur place toujours plus misérables, dans un environnement toujours plus dégradé, avec un tissu social réduit à une trame élimée. Je ne veux pas non plus de votre démocratie qui délègue ma responsabilité vis-à-vis de l’avenir à des irresponsables de faits.




Les politiques : irresponsables de fait. Pourquoi ? Parce que nous vivons le règne d’une dictature économiste qui ne laisse d’autre rôle aux politiques que de faire avaler aux populations l’amère pilule de décisions prises en amont par les oligarques et leurs valets. (Les politiques appartenant également pour la plupart à la catégorie des valets. )

 


Qu’est-ce qui permet ainsi de faire pression sur les nations qui n’ont d’autre solution que de se soumettre ? Ce qui permet de faire pression : l’endettement. Si nous prenons la Belgique de l’après guerre, sous les apparences de la prospérité nous avons en fait un pays en voie de paupérisation pour cause de surendettement. Exactement ce qui c’est produit dans la crise récente des subprimes. La reconstruction de l’Europe c’est faite à base d’endettement, hypothéquant l’avenir sur base d’hypothétiques bénéfices à venir.  Et qui ne sont jamais advenus.

 


1975, la crise du pétrole marque la fin du rêve. Il faut rembourser alors que les bénéfices promis manquent à l’appel. La suite on la connait. Le FMI devient l’organe décisionnel  de politiques internationales, exigeant de tout pays qui recourt à ses fonds des privatisations de tout ce qui étaient services publiques et bien commun et des coupes drastiques dans les programmes sociaux : éducation, santé, secteur de l’énergie, de l’eau et des infrastructures nationales,…La politique au sens traditionnel est effacée au profit d’un économisme forcené qui permet aux profiteurs de confisquer le monde en prenant le pouvoir dans des secteurs toujours plus vastes de ce qui était autrefois le bien de tous et l’objet des politiques nationales : dérégulation, libéralisme économique et mythe de la concurrence.

 


Pour en finir avec le mythe de la concurrence qui conduit grâce à la main invisible au meilleur prix tant pour les acheteurs que pour les vendeurs je prendrai l’exemple bien connu et douloureusement vécu par de nombreux ménages belges, celui d’électrabel, principal fournisseur d’énergie dans ce pays. Avant cela, une petite parenthèse, la main invisible ne fonctionne que dans les cas dit de « concurrence parfaite » pour lesquels il existe une multitude d’entreprises proposant des biens identiques dans des conditions de transparence pour ce qui est de la fixation des prix. La main invisible est alors une manifestation de la « loi des grands nombre » et ne fonctionne que dans un tel contexte. Et PAS , JAMAIS dans un contexte à vocation monopolistique !!!


 


Nous avons pu voir, ces dernières années, en Belgique une tranche nouvelle de la population sombrer dans la misère faute de pouvoir payer ses factures d’énergie. Nous voyons des ménages avec deux personnes qui travaillent se retrouver surendettés sans avoir abusé de crédit, ni vécu « au-delà de leurs moyens ». Des prix de l’énergie sans proportion réelle avec les coûts, des factures intermédiaires exagérées permettant à l’entreprise de spéculer avec l’argent des clients, des temps de remboursement anormalement longs pour les surfacturations et par contre des méthodes de voyous pour récupérer l’argent « dû » par des clients « mauvais payeurs » quelles que soient leurs conditions de précarité, voilà les méthodes pratiquées par cette entreprise. A côté de cela, électrabel dont l’actionnaire principal est Gaz de France-Suez dégage en Belgique de prodigieux bénéfices. Vous trouvez cela normal ? Moi pas.

 


J’ai pris l’exemple d’électrabel parce que  cet exemple est très douloureusement concret (et donc parlant) pour nombre d’entre nous, mais ce mode de fonctionnement est celui de toute entreprise à vocation profiteuse. Libéralisation du marché de l’énergie ? Voilà à quelle sauce on nous impose la liberté. Cette liberté, celle de la dérégulation monopolistique du capitalisme oligarchique : je n’en veux pas. Il existe heureusement d’autres producteurs d’énergie un peu plus honnêtes et il est toujours possible de changer de fournisseurs. Les quelques personnes que je connais qui l’ont fait se portent beaucoup mieux et leur porte-monnaie de même. Des sites comme ceux de Test-Achat et de Greenpeace, entre autres donnent de précieux renseignements pour choisir une société et pour la manière d’effectuer le changement. Si vous voulez un monde plus doux, sanctionnez électrabel et ses méthodes de voyou ! Renseignez-vous, changez de producteur !

 


Photo : yurtao
L’exemple ci-dessus était destiné à illustrer une des formes que peut prendre la notion de liberté. En l’occurrence il s’agit de montrer les conséquences de l’application du libéralisme économique comme doctrine de la liberté, celle de la dérégulation des marchés. J’ai évoqué plus haut les conséquences pour la démocratie : elle n’est plus qu’une façade – qui ne trompe plus grand monde – pour occulter les manœuvres de dictateurs qui prêts de parvenir à leur fin (du moins le croient-ils) - Nouvel Ordre Mondial – révèlent de plus en plus leurs manigances ! Et en plus ils en sont fiers, frappadingues totaux !

 


Les notions de démocratie et de liberté sont  donc des mythes, des notions fourre-tout à forte teneur émotionnelle  et non des concepts clairement définis en référence auxquels il est possible de se positionner sans ambiguïté ou risque de malentendu. C’est de cela dont il était question dans mon précédent article « On peut rêver » quand je signalais la nécessité d’interroger nos évidences ». Qu’est ce que je dis quand je dis « démocratie » ? Qu’est-ce que je dis quand je dis « liberté » ? A quelle réalité concrète fais-je allusion à travers ces deux notions. Faites un petit test autour de vous, posez la question « Que signifie pour toi liberté ? Que signifie pour toi démocratie ? » Vous verrez, c’est édifiant.

 


Que peut-on construire de stable, de solide, de résistant qui se fonderait sur des notions aussi floues, vagues, à géométrie variable selon celle ou celui qui énonce ces termes. Il va donc nous falloir inventer d’autres valeurs pour fonder notre monde. Ce sera l’objet d’autres articles. Douceur, partage, compassion, simplicité volontaire, convivialité, créativité, respect des différences,…sont des pistes de réflexion pour cette recherche, il y en a d'autres. Je vous laisse méditer.



Anne


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17 avril 2009 5 17 /04 /avril /2009 12:00

Conspiration or not conspiration ? Une question qui fait couler beaucoup d’encre, qui échauffe les esprits. Et pourtant en fonction d’un monde plus doux à construire cette question est tout à fait secondaire. Qu’il existe des  aspirants à devenir les « Maître du Monde », je n’ai aucun doute là-dessus. Qu’ils utilisent pour cela des méthodes qui sont de l’ordre du complot, ils s’en cachent de moins en moins et déposent une à une leurs cartes sur la table, révélant l’existence d’un projet de longue date qui vise à concentrer entre quelques uns l’ensemble des pouvoirs sur les habitants et les ressources de la planète.

 


Tant qu’il existera le plus petit ilot de résistance, tant que survivront quelques rêveurs, quelques porteurs d’utopie : il n’y aura pas de « Maître du Monde », car une partie si petite, si ténue soit-elle de ce monde leur échappera et leur projet de soumission totale des habitants de la planète à la pensée unique aura échoué. Or aujourd’hui nous sommes nombreux, de plus en plus nombreux à nous opposer au devenir que ces malades tentent de nous imposer.

 


Des tranches de plus en plus nombreuses de la population planétaire sombrent dans la pauvreté, dans la misère, se retrouvent prisent dans des guerres iniques. D’autres simplement, quoique disposant toujours des moyens matériels d’une vie digne, se retrouvent dans des états de misère morale qui justifient les drogues légales (antidépresseurs, psychotropes et autres barbituriques)  et illégales que les apprentis sorciers déversent sur le monde. Sans ces drogues pour paralyser les consciences, il y a longtemps que l’insurrection généralisée aurait éclaté en Occident.

 


Les faits sont là, il suffit de regarder autour de soi. De discuter avec les uns et les autres : la paupérisation est réelle, la sinistrose qui gagne du terrain aussi. Pourquoi ? D’abord parce que c’est la volonté de quelques uns, qui se prennent pour une élite à qui il reviendrait de diriger le monde. Ce qui dénote déjà un sérieux problème de santé mentale. Il n’existe pas pour eux de valeur humaine en terme qualitatifs. Ni la gentillesse, ni l’humour, ni la chaleur humaine, ni la capacité à générer la convivialité, des moments de bonne vie hors consumérisme ne sont pris en compte dans les bilans des Profiteurs.


Profiteurs est bien le nom qu’il convient de leur attribuer, car la seule, l’unique chose qui compte pour ces « à peine humains » ce sont les profits financiers. Ils n’évaluent la valeur d’une personne qu’en fonction à sa contribution à la production de ce profit. Toute personne qui ne contribue pas à ce profit aura donc à leurs yeux une valeur négative. Or deux choses sont à considérer : d’une part, une explosion démographique qui fait que nous sommes de plus en plus nombreux à habiter la planète et d’autre part, le fait que la production matérielle concrète de plus en plus mécanisée exige de moins en moins de main d’œuvre.

 


Quelle conclusion tirer de cela ? L’immense majorité des habitants de la planète sont considéré par les profiteurs comme du bétail, un cheptel à gérer, des esclaves (certains le sont déjà dans les faits et d’autres le sont à l’état potentiel). Que faire quand le cheptel n’est plus productif : il faut en éliminer une partie, et pratiquer la sélection (eugénisme) pour ne conserver que ceux qui sont indispensables au bon fonctionnement du système. C’est difficile à croire, pour le commun des mortels, que certains individus puissent considérer ainsi les êtres humains. Oui, c’est vraiment difficile à digérer, et c’est pourtant bien réel. L’esprit humain se rebelle, ce n’est pas possible ! Qui peut se prétendre humain et développer un tel système de pensée ?

 


Je pose la question, et ici intervient la question de la conspiration. Si conspiration il y a, alors nous avons affaire à des fanatiques, élevés génération après génération dans une idéologie déviante qui ne laisse aucune place à la « libre pensée ». Des êtres endoctrinés, à l’esprit étroit, limité par les œillères qui leur ont été posée dès la naissance. Et donc des êtres fragiles car dénués de tout sens de la réalité. S’il ne s’agit pas de conspiration, mais d’une sorte de phénomène émergent inhérent à la nature du système – j’expliquerai plus tard pourquoi je parle de système – auquel certain se rallient par un libre choix de conscience, alors nous avons en face de nous un ennemi bien plus coriace, car mieux armé des armes de la réflexion.

 


La vérité est souvent un composé. Dans les arcanes du pouvoir se retrouve en mélange ces deux aspects. Prenons un exemple bien connu de tous, la famille Bush. Considérons trois générations. Le grand-père, Prescott, le banquier des nazis est un être redoutable, une personnalité hors du commun qui sait très bien ce qu’il fait et pourquoi il le fait. George père est déjà un personnage bien plus pâle qui pendant la plus grande partie de sa vie a agi dans l’ombre poursuivant la réalisation d’un projet initié par ses ancêtres. Pendant des décennies il est un des acteurs incontournables du pouvoir politique aux Etats-Unis : comme directeur de la CIA, comme vice-président éminence grise, comme président et ensuite comme père du président en fonction. Car personne ne peut croire que le petit rejeton dégénéré de la famille, le paltoquet George W. soit capable de prendre quelque décision que ce soit.


Il existe donc des êtres qui sont des acteurs obligés. Ils n’ont pas le choix de leur destin car dès leur naissance leur rôle est écrit et seule une forte personnalité rebelle serait susceptible de se soustraire à une telle fatalité. C’est exactement ce qui se passe dans les états monarchiques : ici en Belgique, Philippe est né destiné à devenir le roi des Belges et peut importe si par nature ou par aspiration il eût préféré se faire capitaine au long court, marmiton ou instituteur…Il faut donc prendre conscience : s’il existe des monarchies, il existe aussi quelques grandes familles à vocation oligarchiques dont les rejetons se doivent d’être l’incarnation d’une volonté qui transcende les siècles. Ces gens ne sont donc pas une élite parce qu’ils ont conquis par leurs actes ce statut, mais ils se considèrent comme tel car ils ont été éduqués et inculqués dans l’idée que le statut d’élite leur revenait de droit, comme Philippe et Laurent, élite de la Belgique.

 


A leur côté, les acteurs volontaires, ceux qui ont choisi par ambition personnelle, par conviction de ce placer du côté des Profiteurs et de contribuer à la réalisation de leur projet. Les Cheney, Brezinski, Kissinger, et autres têtes pensantes qui accompagnent depuis des décennies, les acteurs obligés dans leur volonté d’instaurer un nouvel ordre mondial qui concentrerait le pouvoir planétaire entre les mains d’une oligarchie. Ils sont bien plus redoutables que les premiers car leurs œillères leur laissent un champ de vision plus vaste et ils jouissent de faculté de réflexion plus développées.

 


Une petite règle à méditer : Plus une personne gravite haut dans la hiérarchie sociale, plus il est probable qu’elle ait été l’objet d’un conditionnement fort qui lui impose ses manières de percevoir le monde et la réalité selon des catégories préétablies.

 


Un exemple bien connu des psychologues illustre ce type de phénomènes. A des sujets d’expérience est montrée une photo durant un moment se situant au seuil de temporel de perception. Nous sommes à New-York, la photo représente une agression au couteau dans le métro, les personnages en présence sont des blancs et un noir. Les sujets de l’expérience sont des blancs, la question qui va leur être posée : « Qui tient le couteau ? » L’immense majorité va répondre « Le noir tient le couteau » or ce n’est pas vrai : le couteau est tenu par un blanc. La plupart du temps nous voyons et percevons ce que nous avons appris à voir et à percevoir.

 


L’éducation des élites est un conditionnement fort en matière de ce qui peut ou doit être perçu. C’est pourquoi il y a parfois bien plus de vérité dans la parole d’un clochard éméché au coin d’un bar, au fond de la nuit que dans celle d’une figure politique internationale éclairée par les feux des projecteurs. Apprendre à écouter les humbles, les petits, les exclus. Certains ne le sont que parce que leur intelligence rebelle ne leur a pas permis de se fondre dans le moule de la pensée unique et systématiquement correcte. J’ai collecté comme cela quelques trésors d’intelligence et de lucidité qui m’ont réchauffé le cœur plus d’une fois. Tel ou telle « ne paye pas de mine » mais cela valait la peine de prendre le temps d’écouter ce que il ou elle a à dire.

 


Le premier pas pour la construction d’un monde plus doux est de passer au crible chacune de nos « évidences » car les évidences sont souvent des stratifiés de conditionnement qu’il nous faut démonter avant de pouvoir commencer à penser un peu plus librement et de reconquérir la faculté de rêver sans entraves d’autres possibles que la pensée unique anéantit en les occultant. Rêver est un devoir de résistance. Aucune conspiration ne peut résister face à la faculté de rêver et de concrétiser son rêve qui est un des propres de l’humain.

                                                                                            Anne

 

 

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Published by Anne Wolff - dans anne humeur du jour
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16 avril 2009 4 16 /04 /avril /2009 14:34


Parce que chaque jour, je rencontre des personnes qui me disent : « On en peut plus, on en a marre, mais que faire tout seul ». Le but que je me propose : créer des liens qui débouchent sur des actions concrètes pour se donner les moyens d’une bonne vie en toute simplicité. Tourner le dos à la morosité, à la sinistrose, au désespoir et mettre la main à la pâte. Ne pas perdre son temps à revendiquer, cela ne sert à rien. Cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas défendre ses droits, bien au contraire. Cela veut dire qu’il ne sert à rien d’attendre qu’une quelconque autorité, qu’une quelconque puissance supérieure qu’elle réalise à notre place les conditions d’un monde plus doux. Je rencontre tellement de talents qui à force de ne pas trouver d’espace où s’exercer finissent par perdre confiance. J’aime voir briller les yeux des personnes qui me racontent ce qui dans leur vie les a passionné. Parfois cela remonte à loin, et pourtant c’est là, bien vivant enfoui au fond des cœurs.




Photo : Barbesse, yurtao

Je pars donc à la pêche au trésor, trésor de créativité, trésor de capacité de réalisation. Mon premier projet est la réalisation d’un lieu d’habitat groupé fondé sur les affinités et les complémentarités. Création d’un lieu de beauté destiné tout d’abord à rendre heureux les quelques personnes qui participeront à ce projet. Ensuite à servir d’exemple pour d’autres en démontrant que pauvreté ne rime ni avec tristesse, ni avec misère. Pour créer ce lieu, il faudra développer de nombreux outils, tant juridiques et administratifs, appel à des architectes, etc, … que de fonctionnement interne du projet. Ces outils seront mis en partage avec tous groupes de personnes souhaitant développer des projets similaires.


Un autre aspect est de créer un rhizome international pour permettre de défendre le droit de vivre simplement, différemment, dans le respect des autres et dans le respect de la magique beauté de la nature. Actuellement les modes de vie « alternatifs » font l’objet d’une offensive massive, mais qui touche chaque projet séparément, il est plus que temps de regrouper les énergies pour poser le droit d’exister quand bien même on réfute le bien fondé des soi-disant inéluctables « lois de l’économie de marché » pour promouvoir la notion « d’écologie des marchés ». Je reviendrai longuement sur ce sujet qui me tient à cœur.


Bref, il s’agit, là où le tissu social est complètement élimé de tricoter un tissu convivial, fait de cellules de base autonomes mais en relation constante de partage et d’échange. Et puisque le monde humain se nourrit de théorie, préalable à toute action collective, je compte bien partager quelques concepts découverts au fil du temps et qui générant un autre point de vue sur la réalité, permettent également d’aborder l’action de manière constructive. Bref il faut arrêter d’aller se ramasser des coups sur la gueule quand il est possible d’être ailleurs à faire des choses amusantes qui permettent la bonne vie, qui sont la bonne vie. Ce n’est pas toujours possible, mais il faut profiter de toute ouverture qui nous permet d’être heureux ici et maintenant.



Bienvenue à toutes celles et tous ceux qui savent que la « loi du plus fort » est le fondement du capitalisme et non la loi de base de l’évolution qui connait bien d’autres modes d’interactions bien plus sophistiqués. Bienvenue à toutes celles et ceux qui pensent que les mots douceur, tendresse, gentillesse, joie, amour, partage sont les mots clés pour la création de l’humanité. L'humanité en tant qu’intégration des humains entre et leur existence comme habitants de la planète dans le respect de l’ensemble de ses habitants est encore à inventer. J’espère que nous pourrons contribuer à cette invention.



Tout un programme, mais je sais que nous sommes nombreux à vouloir y contribuer et j’espère qu’au fil du temps ce blog deviendra un lieu de rencontre entre personnes de bon cœur et de bonne volonté.  A bientôt

Anne

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"Le vieux fascisme si actuel et puissant qu’il soit dans beaucoup de pays, n’est pas le nouveau problème actuel. On nous prépare d’autres fascismes. Tout un néo-fascisme s’installe par rapport auquel l’ancien fascisme fait figure de folklore […].

Au lieu d’être une politique et une économie de guerre, le néo-fascisme est une entente mondiale pour la sécurité, pour la gestion d’une « paix » non moins terrible, avec organisation concertée de toutes les petites peurs, de toutes les petites angoisses qui font de nous autant de microfascistes, chargés d’étouffer chaque chose, chaque visage, chaque parole un peu forte, dans sa rue, son quartier, sa salle de cinéma."

 

Gilles Deleuze, février 1977.

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