8 septembre 2010 3 08 /09 /septembre /2010 19:24

 

 

http://www.infokiosques.net/IMG/arton381.jpg

 par Hakim BEY                      

 

Sommaire

1. Les Utopies Pirates 2. En attendant la Révolution 3. La psychotopologie du Quotidien 4. Le Net et le Web 5. "Partis pour Croatan" 6. La Musique comme Principe d’organisation 7. La Volonté du Puissance comme Disparition 8. Des trous-à-rats dans la Babylone de l’Information Annexes La linguistique du chaos... Hédonisme appliqué... Autres citations

 

http://www.le26.net/taz.gif

Zones Autonomes Temporaires

 

extraits du texte à lire sur : [infokiosques.net] - TAZ : Zone Autonome Temporaire

TEXTES PIRATES ! - mode de vie et… 

 

[...]Récemment Bruce Sterling, un des chefs de file de la littérature Cyberpunk, a publié un roman situé dans un futur proche. Il est fondé sur l’hypothèse que le déclin des systèmes politiques génèrera une prolifération décentralisée de modes de vie expérimentaux : méga-entreprises aux mains des ouvriers, enclaves indépendantes spécialisées dans le piratage de données, enclaves socio-démocrates vertes, enclaves Zéro-travail, zones anarchistes libérées, etc. L’économie de l’information qui supporte cette diversité est appelée le Réseau ; les enclaves sont les Iles en Réseau (et c’est aussi le titre du livre en anglais : Islands in the Net). [...]

 

pirate de Salé au 

 

Bristol squat

Bristol squat:: OS grid ST5974 :: Geograph Britain and Ireland - photograph every grid square!

 

[...] Nous ne cherchons pas à vendre la TAZ comme une fin exclusive en soi, qui remplacerait toutes les autres formes d’organisation, de tactiques et d’objectifs. Nous la recommandons parce qu’elle peut apporter une amélioration propre au soulèvement, sans nécessairement mener à la violence et au martyre. La TAZ est comme une insurrection sans engagement direct contre l’État, une opération de guérilla qui libère une zone (de terrain, de temps, d’imagination) puis se dissout, avant que l’État ne l’écrase, pour se reformer ailleurs dans le temps ou l’espace. Puisque l’État est davantage concerné par la Simulation que par la substance, la TAZ peut "occuper" ces zones clandestinement et poursuivre en paix relative ses objectifs festifs pendant un certain temps. Certaines petites TAZs ont peut-être duré des vies entières, parce qu’elles passaient inaperçues, comme des enclaves rurales Hillbillies - parce qu’elles n’ont jamais croisé le champ du Spectacle, qu’elles ne se sont jamais risquées hors de cette vie réelle qui reste invisible aux agents de la Simulation." [...]

 

DSCF2322

YURTAO, la voie de la yourte.

[...]

Dire : "Je ne serai pas libre tant que tous les humains (ou toutes les créatures sensibles) ne seront pas libres" revient à nous terrer dans une espèce de nirvana-stupeur, à abdiquer notre humanité, à nous définir comme des perdants.

 

Je crois qu’en extrapolant à partir d’histoires d’"îles en réseau", futures et passées, nous pourrions mettre en évidence le fait qu’un certain type d’"enclave libre" est non seulement possible à notre époque, mais qu’il existe déjà. Toutes mes recherches et mes spéculations se sont cristallisées autour du concept de "zone autonome temporaire" (en abrégé TAZ, désormais). [...]

 


304509056_05a1eb22a0

YURTAO, la voie de la yourte.

 

[...]Qu’en est-il alors du rêve anarchiste, de l’état sans État, de la Commune, de la zone autonome qui dure, d’une libre société, d’une libre culture ? Allons-nous abandonner cet espoir pour un quelconque acte gratuit existentialiste ? Le propos n’est pas de changer la conscience mais de changer le monde. J’accepte cette juste critique. Je ferai cependant deux commentaires : premièrement, la révolution n’a jamais abouti à la réalisation de ce rêve. La vision naît au moment du soulèvement - mais dès que la "Révolution" triomphe et que l’État revient, le rêve et l’idéal sont déjà trahis. Je n’ai pas abandonné l’espoir ou même l’attente d’un changement - mais je me méfie du mot Révolution. Deuxièmement, même si l’on remplace l’approche révolutionnaire par un concept d’insurrection s’épanouissant spontanément en culture anarchiste, notre situation historique particulière n’est pas propice à une si vaste entreprise. Un choc frontal avec l’État terminal, l’État de l’information méga-entrepreneurial, l’empire du Spectacle et de la Simulation, ne produirait absolument rien, si ce n’est quelques martyres futiles. Ses fusils sont tous pointés sur nous, et nos pauvres armes ne trouvent pour cible que l’hysteresis, la vacuité rigide, un Fantôme capable d’étouffer la moindre étincelle dans ses ectoplasmes d’information, une société de capitulation, réglée par l’image du Flic et l’Oeil absorbant de l’écran de télé.

 

 

les_meilleures_photos_2009_selon_life_033

YURTAO, la voie de la yourte.

 

 

Bref, nous ne cherchons pas à vendre la TAZ comme une fin exclusive en soi, qui remplacerait toutes les autres formes d’organisation, de tactiques et d’objectifs. Nous la recommandons parce qu’elle peut apporter une amélioration propre au soulèvement, sans nécessairement mener à la violence et au martyre. La TAZ est comme une insurrection sans engagement direct contre l’État, une opération de guérilla qui libère une zone (de terrain, de temps, d’imagination) puis se dissout, avant que l’État ne l’écrase, pour se reformer ailleurs dans le temps ou l’espace. Puisque l’État est davantage concerné par la Simulation que par la substance, la TAZ peut "occuper" ces zones clandestinement et poursuivre en paix relative ses objectifs festifs pendant un certain temps. Certaines petites TAZs ont peut-être duré des vies entières, parce qu’elles passaient inaperçues, comme des enclaves rurales Hillbillies - parce qu’elles n’ont jamais croisé le champ du Spectacle, qu’elles ne se sont jamais risquées hors de cette vie réelle qui reste invisible aux agents de la Simulation.

 

P1090265

YURTAO, la voie de la yourte.

 

 

Babylone prend ses abstractions pour des réalités ; la TAZ peut précisément exister dans cette marge d’erreur. Initier une TAZ peut impliquer des stratégies de violence et de défense, mais sa plus grande force réside dans son invisibilité - l’État ne peut pas la reconnaître parce que l’Histoire n’en a pas de définition. Dès que la TAZ est nommée (représentée, médiatisée), elle doit disparaître, elle va disparaître, laissant derrière elle une coquille vide, pour resurgir ailleurs, à nouveau invisible puisqu’indéfinissable dans les termes du Spectacle. A l’heure de l’État omniprésent, tout-puissant et en même temps lézardé de fissures et de vides, la TAZ est une tactique parfaite. Et parce qu’elle est un microcosme de ce "rêve anarchiste" d’une culture libre, elle est, selon moi, la meilleure tactique pour atteindre cet objectif tout en en expérimentant certains de ses bénéfices ici et maintenant.

 

 

astrosurf.com/cieldaunis/chaos

 

En résumé, le réalisme veut non seulement que nous cessions d’attendre la "Révolution", mais aussi que nous cessions de tendre vers elle, de la vouloir. "Soulèvement" - oui, aussi souvent que possible et même au risque de la violence. Le spasme de l’État Simulé sera "spectaculaire", mais dans la plupart des cas, la meilleure et la plus radicale des tactiques sera de refuser l’engagement dans une violence spectaculaire, de se retirer de l’aire de la simulation, de disparaître. La TAZ est un campement d’ontologistes de la guérilla : frappez et fuyez.

 

uuu

 

 

Déplacez la tribu entière, même s’il ne s’agit que de données sur le Réseau. La TAZ doit être capable de se défendre ; mais l’"attaque" et la "défense" devraient, si possible, éviter cette violence de l’État qui n’a désormais plus de sens. L’attaque doit porter sur les structures de contrôle, essentiellement sur les idées. La défense c’est "l’invisibilité" - qui est un art martial -, et l’"invulnérabilité" - qui est un art occulte dans les arts martiaux. La "machine de guerre nomade" conquiert sans être remarquée et se déplace avant que l’on puisse en tracer la carte. En ce qui concerne l’avenir, seul l’autonome peut planifier, organiser, créer l’autonomie. C’est une opérationde bootstrap. La première étape est une sorte de satori - prendre conscience que la TAZ commence par le simple acte d’en prendre conscience. (Annexe III)

 

 

http://t0.gstatic.com/images?q=tbn:k9X4fbtrZiG34M:http://www.jfsgeneva.com/concept_deco/images/filmographie/tribu2/tribu2.jpg&t=1

geneva.com/concept_deco/images/filmographie/tribu2/tribu2.jpg


 

 


Partager cet article

Repost 0

commentaires

Présentation

  • : Le blog de Anne Wolff
  • Le blog de Anne Wolff
  • : Comprendre la globalisation, apprendre à y résister
  • Contact

Profil

  • Anne Wolff
  • Amoureuse de la vie, d'une fleur, d'un papillon, d'un arbre, du sourire d'un enfant, je m'oppose à tout ce qui conduit à la destruction systématique de ce que la nature a créé, de la vie, de la beauté du monde, de la tendresse et de la dignité
  • Amoureuse de la vie, d'une fleur, d'un papillon, d'un arbre, du sourire d'un enfant, je m'oppose à tout ce qui conduit à la destruction systématique de ce que la nature a créé, de la vie, de la beauté du monde, de la tendresse et de la dignité

No Pub

Malgré les publicités imposées dans sa nouvelles versions qui apparaissent sur ce blog,celui-ci reste un acte gratuit.

Recherche

Nouvelles formes du fascisme

"Le vieux fascisme si actuel et puissant qu’il soit dans beaucoup de pays, n’est pas le nouveau problème actuel. On nous prépare d’autres fascismes. Tout un néo-fascisme s’installe par rapport auquel l’ancien fascisme fait figure de folklore […].

Au lieu d’être une politique et une économie de guerre, le néo-fascisme est une entente mondiale pour la sécurité, pour la gestion d’une « paix » non moins terrible, avec organisation concertée de toutes les petites peurs, de toutes les petites angoisses qui font de nous autant de microfascistes, chargés d’étouffer chaque chose, chaque visage, chaque parole un peu forte, dans sa rue, son quartier, sa salle de cinéma."

 

Gilles Deleuze, février 1977.

Archives