2 mars 2014 7 02 /03 /mars /2014 10:51

 

 

Certainement mon humour n’est pas à la hauteur pour le moment parce que je ne suis pas gaie, parce que ce qui se passe au Venezuela, en Ukraine, dans le monde me rend infiniment triste. Et m’inquiète aussi très fort, pour eux, pour nous, pour le monde.

A travers les événements qui se déroulent actuellement au Venezuela, et grâce à ce travail d’élucidation, cette production d’intelligence collective à l’échelle d’un continent qui démonte au quotidien les actions occultes et sous couverture d’un Empire qui ne dit pas son nom, les liens entre Washington (en tant qu’entité directrice de cet empire qui ne coïncide pas avec le « gouvernement des Etats-Unis) et l’extrême-droite internationale deviennent d’une limpidité qui ne peut que mettre en état d’alerte toute personne prenant conscience de l’émergence de ce fascisme mondial, d’un nazisme qui n’a jamais cessé d’exister, mais pendant des décennies s’est reconstruit, s’est structuré, a proliféré dans l’ombre, préparant les inconscients collectifs et, en particulier ceux d’une jeunesse sans mémoire de sa terrible réalité, à le recevoir comme sauveur, le national socialisme d’Hitler, comme le meilleur système possible qui satisfait tout à la fois les besoins matériels et les aspirations à la liberté du peuple est ce qui est enseigné à ces jeunes qui forment le premier cercle, les plus  éloignés du centre et des hauteurs de ce pouvoir hyper hiérarchisé dont les sommets ont soigneusement occultés aux yeux du public non initié.

 

Alors que les mêmes qui ont mené un coup d’état en Ukraine tentent à présent de faire tomber le gouvernement du Venezuela, c’est l’occasion de mettre en évidence quelques composantes communes de l’action de ceux qui s’arrogent le droit de décider des modes de gouvernements des peuples et d’utiliser la violence pour imposer leur point de vue. Et les réactions lucides, intelligentes, saines de l’immense majorité du peuple vénézuélien, et le travail de renseignement collectif à l’échelle de tout le continent sud, sont une aide précieuse pour comprendre en quoi consiste ce danger qui menace le monde.

Oui, aujourd’hui le Venezuela est certainement le pays le plus avancé au monde dans l’invention et la mise en place d’une réelle souveraineté populaire, et certainement celui dont le peuple et le gouvernement manifestent à travers un travail acharné la plus grande volonté de poursuivre ce processus jusqu’à ce que « le pouvoir devienne la chose la mieux partagée au monde ». Et oui, l’expérience de ce pays, les portes ouvertes par Chavez et le peuple bolivarien du Venezuela, à la dignité et à l’intelligence d’un peuple qui a confiance en soi, c’est étendue à travers l’Amérique Latine et représente aujourd’hui le courant de loin le plus fort de ce continent. Il aura fallu une fraude électorale d’une ampleur sans précédent, alliant des méthodes diverses et complémentaires, pour confisquer l’élection présidentielle du Honduras en décembre. Dans ce pays de 8 millions d’habitants, l’Ambassade des Etats-Unis dans sa généreuse « aide au développement » à elle-même distribué, au fin fond des campagnes 600 000 carte d’électeurs, accompagnées d’instruction concernant le bien voter, ajoutons les bulletins en faveur de LIBRE évaporés entre le bureau de vote et le COnseil Electoral nationale qui les centralisait, les mauvaises retranscriptions (toujours dans le même sens) , les intimidations directes, en passant par la distribution de bouffe avec photo du candidat US, distribué aux gens que son parti réduit à la famine, etc, les méthodes se conjuguent pour confisquer une élection qui devait conduire à la présidence la candidate du parti LIBRE né de la résistance au coup d’état de juin 2009. L’attentat manqué contre la candidate de gauche aux élections présidentielles en Colombie fin de semaine parle le même langage, et le fait qu’elle en ait réchappé parce qu’elle prend la précaution de se déplacer en voiture BLINDÉE en dit long. Cela nous dit aussi que certains sont prêts à tout, à nouveau, pour en finir avec la gauche et les peuple résistants d’Amérique Latine.

En ce qui concerne le Venezuela, plutôt que de nous focaliser sur la faible victoire de Maduro, c’est de l’éclatante victoire de Chavez en octobre 2012 dont nous devrions tirer les leçons. Après 15 ans une majorité du peuple est plus chaviste que jamais et veut continuer le processus, ce peuple là, ne s’est pas exilé et a prouver aux communales de décembre dernier que le verdict d’octobre 2012, après plus d’un an de présidence effective de Maduro est plus que confirmé. De même que 20 gouverneurs contre 3, une large majorité au parlement, une écrasante victoire aux dernières élections, communales, aucun doute ne peut subsister quand à la totale légitimité du gouvernement actuel, ni sont excellente implantation, sa large base populaire, dans la plus grande partie du pays.

En plus, au fil  des étapes du coup d’état, la violence de cette nouvelle nuit de cristal qui s’étend à présent sur plusieurs semaines, le manque de respect dont ces « rebelles » témoignent tant vis-à-vis du peuple que du bien public, leur grossièreté voir leur violence, envers quiconque les contrarie, opposant ou chaviste,, on amené les 85% de Vénézuéliens qui ont confiance en la démocratie de leur pays, à se ranger du côté de la constitutionnalité et à soutenir le gouvernement, réaffirmant pour  ceux parmi eux qui souhaitent un changement qu’ils veulent y parvenir par les urnes et non par la violence.

Nous avons énormément à apprendre de ce qui se passe au Venezuela. Des choses qui devraient nous mettre en alerte. Même dans le pays qui a la démocratie la plus stable et la plus avancée du monde, un pays où ni la disparition de Chavez, ni les énormes moyens de guerre psychologique développés à grande échelle, ni une déstabilisation économique créant une pénurie artificielle pendant un an n’ont pu renverser le gouvernement, ni même le déstabiliser, avec les moyens financiers mis en œuvre pour créer un renversement armé , une petite, une infime minorité, pourrait y parvenir, par la violence, par des méthodes terroristes, avec à ses côtés la plus grosse armée du monde, dans la douleur et le sang.

Les groupements d’extrême-droite qui mènent ce coup d’état - et toutes les preuves ont été mises en évidence, en espagnol en tout cas – sont une émanation directe de Washington, qui se préoccupe bien plus d’imposer et de protéger l’avance des transnationales en Amérique Latine au détriment des habitants de cette région du monde que de veiller à la satisfaction des besoins essentiels du peuple Etasunien. On peut même affirmer sans aucune hésitation que le peuple des États-Unis est lui-même mis à contribution au détriment de la satisfaction de ces besoins fondamentaux et de ces droits humains les plus basiques pour alimenter les énormes budgets que nécessite cette avancée, et ceux nécessaire pour assurer les conditions de dissuasion et de répression indispensable pour contenir toute velléité de dissidence et de rébellion sur le territoire interne des Etats-Unis.

Aujourd’hui, la situation est extrêmement tendue. Sans ces instigateurs, alliés et sponsors extérieurs, la tentative de déstabilisation actuelle au Venezuela n’aurait pas duré plus de quelques heures, elle n’aurait même pas eu lieu, parce que pour qu’elle puisse se produire, il aura fallu des années de travail de sape, de construction artificielle d’une opposition anti-démocratique et des centaines de millions de dollars.

D’autre part, Kerry a tenu hier une réunion avec la Ministre des Affaires étrangère de Colombie au sujet des mesures à prendre concernant le Venezuela. Tout indique que Washington qui a inventé, López, Capriles et Machado en tant que leaders d’une dissidence vénézuélienne, soit décidé à mener cette fois la déstabilisation au finish, jusqu’au renversement du gouvernement et à l’éradication du chavisme, ce qui tous ceux qui connaissent nous seulement son passé d’assassin des forces vives d’Amérique Latine, de torture de ces forces, d’obligation d’exil qui leur a été faite, par millions, de centaines de millions d’habitants du continents plongés dans l’arbitraire de la terreur pendant des décennies, n’ont aucun doute : éradication du chavisme signifie en l’occurrence massacre des chavistes et régime de terreur pour l’ensemble du Venezuela.

La rébellion de l’opposition ne s’est pas étendue. Les « mauvaises manières » de ses participants l’ont rendue odieuse au peuple qui en est la première victime. Malgré la participation d’une partie de l’oligarchie à la négociation de paix, celle-ci est déjà dépassée sur la droite. Cette oligarchie devrait elle aussi se souvenir du Chili, et de l’oligarchie locale qui après avoir soutenu Washington dans l’organisation du coup d’état militaire de Pinochet s’était vue évincée du pouvoir par un régime militaire. Nul doute que si le coup d’état aboutissait une grande partie de cette oligarchie elle-même court le risque de regretter un jour l’époque bénie du chavisme et de regretter amèrement d’avoir participer à son renversement.

L’étape suivante dont les prémisses se mettent en place, est celle du terrorisme et de la paramilitarisation et de l’aide militaire extérieure à cette prise de pouvoir par une infime minorité sous contrat avec des puissances étrangères qui si nous en reprenons chaque étape, n’a cessa de démontrer par chacune de ses tentative échouée qu’elle n’était pas le chemin choisit par le peuple du Venezuela.

Le temps est en suspend… à part quelques rare foyers d’une violence toujours plus radicale, des gens tués par balle alors qu’ils démontent des barricades et nettoient, un garde national déshabillé et battu, des chavistes qui voient leur maison cernés de nuit par des putschistes qui menacent d’y mettre le feu, un député chaviste,  battu lui aussi, alors qu’il tente de dialoguer avec les manifestants, les insultes et detructions matérielles, la volonté de paralyser l’activité du pays, les atteintes à la libre circulation des personnes, dont les dispositifs ont tué et mutilé des personnes sans distinction , etc, etc… ceci tout aussi monstrueux que ce soit, pourraient n’être que de faibles prémisses. Il règne comme une sorte de calme avant la tempête et chacun se demande comment en détourner le cours, en prévenir les effets.

Non la solidarité vis-à-vis du Venezuela n’est pas à la hauteur ni du soutient que mérite ce peuple, ni des enjeux nationaux, régionaux et internationaux de cette lutte de la démocratie contre le fascisme mondial.

Tolérer que l’attaque extérieure contre le Venezuela se concrétise, revient à ce faire complice d’un fascisme mondial – qui ne nous épargnera pas l’heure venue. En Europe aussi les armées de paramilitaires néonazis s’entraînent au quotidien, infiltre les armées, les polices et sont majoritaires dans les différents services de sécurité privés qui ont servis aussi à contourner les lois qui interdisaient leur existence. Et comme nous en sommes témoins au Venezuela, peu importe qu’une immense majorité d’un peuple désarmé soit opposé à leur idéologie, à leur pouvoir, face à leur force militaire il est de peu de poids, sinon dans la durée, à l’usure, à grand prix de morts et de souffrance.

Je n’ai ni solution, ni recette, je lance l’alerte espérant que d’autres s’en ressaisissent et que nous puissions chercher ensemble les manières de faire face à cette menace.

Anne Wolff

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commentaires

Dominique 07/03/2014 14:13


Bonjour Anne,


Le rapport des forces est tel qu'à moins que les peuples occidentaux sortent pour de bon de leur torpeur pour se mettre eux aussi à construire un monde meilleur, ici et maintenat, je ne vois
aucune issue si ce n'est plus de chaos, ceci jusqu'à l'apocalypse guerrière nucléaire finale ou l'harakiri écologique. Je suis d'ailleurs convaincu que c'est le but d'une partie des néocons
surtout aux USA, des salauds comme Bush ne se seraient pas fait construire des bunkers sous-terrain dans lesquels il serait possible de vivre pendant 200 ou 300 ans en autarcie complête s'ils
n'avaient pas l'intention de les utiliser. Les survivalistes sont des amateurs en comparaison, et ils feraient mieux de descendre dans la rue pour protester..


Ceci implique que je considère qu'il est hyper urgent de stopper les néocons et qu'il faut faire quelque chose de beaucoup plus grand qu'une simple lutte de soutien au Venezuela. En meme temps,
nous ne pouvons pas tout faire et il faut bien commencer par quelque chose.


Donc, pour répondre à cet appel, la gauche traditionnelle soit considère que le Venezuela est infréquentable, soit dit qu'elle le soutient à condition que ce pays fasse des choses qu'il n'a pas
envie de faire, ce qui en pratique revient au même. Maintenant, les positions des directions de partis ne représentent pas forcément les positions de leurs délégués et de leurs membres. Donc il
ne faudrait pas se limiter à de la simple information, mais aussi chercher à les faire participer.


Ensuite, il y a les associations de soutien aux peuples de beaucoup de pays, ainsi que les mouvements proches de ces associations qui devrait être recéptives et prêtes à s'engager à des degrés
divers. Il faudrait aussi toucher les millieux associatifs, autonomes, etc.


Ensuite il faudrait un site web qui permette de faire le lien et la coordination entre les différents acteurs, de partager des idées, etc. Comme je connais bien linux, je peux essayer de faire un
site de test, cela me permettra de me familiariser avec ce genre de programmes.


Amitiés,


Dominique

Anne Wolff 09/03/2014 13:22



Réponse en commentaire, désolée j'ai au moins mille traductions de retard ! Et la tête qui se divise entre le Venezuela et tant d'autres peuples en lutte au quotidien, dont je ne veux pas (trop)
perdre le fil...


Pas beaucoup de forces ni de bonnes volontés qui se manifestent... et là je subis les contre-coups des tensions des dernières semaines.... j'ai vibré à l'heure vénézuélienne, et à lire ces
derniers jours toute l'intéressante littérature produite au Venezuela au sujet des coups d'états """doux""" et de l'antithétique """non violence""" des méthodes de Gene Sharp, il semble bien que
ce soit aussi partie de la méthode que d'alterner ces moments de tensions extrême et relâchement, une érosion de la vigilance, une guerre des nerfs.


Il y a un gros boulot aussi à faire pour rendre compte de cette documentation des méthodes de Gene Sharp, et le travail fait par les analystes latinos nous permet de comprendre non seulement des
coups détat antérieurs, celui d'Ukraine et la tentative en sours au Venezuela, mais tout aussi bien des processus de sédition qui se déroulent dans une bonne partie du monde. Et aussi encore une
fois, la possibilité de faire les liens directs entre le mouvement faciste international et "les décideurs de Washington", des liens qu'il est urgent de comprendre aussi pour les luttes qui sont
à mener pour construire, peut-être, un jour, si elle se réveille une Europe des Peuples Souverains.


 



caligula63 02/03/2014 19:47


Bonsoir!


Effectivement, les plans US sont bien en place, et avancent à grands pas.


Je voulais simplement donner mon avis. Pour moi, la manne du Venezuela et aussi son pire cauchemard: le Pétrole. L'Or noir! C'est vrai, comme son cousin jaune, il est au centre de toutes les
convoitises, rien n'est assez cher pour le posséder. Ce n'est pas tant le fait de le voler aux pays producteur, mais plutôt qu'il ne puisse pas augmenter le niveau de vie du peuple.


Il y a des exeptions, bien sûr, come les pétromonarchies du Golfe, mais le "peuple" est quasi inexistant, et lorsque l'Occident n'aura plus besoin d'eux, je ne donnerai pas cher de leur peau; je
crois que, pour une fois, je me réjouirai de leur sort. Je sais, c'est mesquin, voire même ignoble, mais vu ce que ces chameliers ont fait aux peuples du Moyen-Orient, ce ne serait que juste...


Hadria (que je salue, même si on est pas toujours d'accord) pense que le Venezuela devrait signer un pacte avec la Russie. Dans un sens, elle a raison, mais il faut bien préciser que c'est la
Chine qui a massivement investie, et surtout du temps de Chavez. Problème - et de taille - la production pétrolière est passée en dessous des 800 000 barils/jour, c'est loin de ce qu'il faudrait
pour que le gouvernement Maduro puisse tenir ses engagements. Certes, Pékin peut être compréhensif, mais il a besoin de ce pétrole. Pour résumer, Maduro a la tête entre le marteau et l'enclume.


Autre problème, si Poutine peut se permettre d'annoncer le déploiement de son armée en Crimée et en Ukraine, le président chinois n'ira jamais jusque là. Et on peut le comprendre. Cependant, son
engagement au sein de l'ONU (je parle de l'armée, là; pas du conseil de sécurité) fait que certains de ses soldats se retrouvent aux quatre coins du Monde, et que les autres pays commencent à
s'habituer à les voir...


Pour en revenir aux USA et à leur ingérence - que ce soit en Amérique du Sud, en Afrique, ou en Europe de l'Est; je ne parle pas du Proche-Orient, là c'est plus qu'évident - cela ressemble plus à
l'histoire du plombier qui essaye désespérément de boucher les trous sur des canalisation plus que pourries...Ce que fait Washington, en ce moment, c'est juste de contrer les BRICS, par tous les
moyens; et tenter de garder la tête hors de l'eau.


Pauvre monde, dites-vous? Perso, je préfère dire: Planète de merde!


Amitiés...

Anne Wolff 03/03/2014 00:46



Merci pour ces infos éclairantes. Je
reconnais que de la Chine, je ne sais pas grand-chose, si ce n’est qu’elle a besoin d’une grande partie des terres et ressources de la planète pour satisfaire les besoins de son innombrable
population et que ces méthodes de colonisation et d’appropriation du monde sont beaucoup plus subtiles (moins grossières) que celles de ce rivaux US et d’autant plus redoutables…. Je sais aussi
que les conditions de travail qu’elle impose dans les maquiladoras sont abominables et que ses projets de cités modèles au Honduras n’ont rien à envier au néo-libéralisme le plus pur, emblant
plus le fruit des héritiers d’Hong Kong que du rêve (de l’illusion) communiste, qui n’a d’égal en mensonge que le fameux rêve américain… des décennies pendant lesquelles les peuples leurrés sont
lancés dans la poursuite de mirages, pendant que le rouleau compresseur de la réalité transforme le monde à l’image des prédateurs qui se l’approprient… Je l’ai dit, je le répète, je crois qu’il
est temps de se réveiller, de faire le bilan des dégâts, et de voir comment on pourrait se mettre à réparer la casse.


Les bases russes ? Mille fois ce
vieux renard d’Atilio Boron, s’est inquiété de voir que l’Amérique Latine décolonisée, malgré la multiplication de bases dormantes mais permettant de rapides projection de force US en n’importe
quel point de son territoire, n’arrivait à construire ni une position commune au sujet d’une menace partagée, ni le système de défense commun qui y réponde… au contraire, petit à petit le camp de
ceux qui accueillent ces bases, renforcent leurs accords militaires et pratiquent des exercices conjoints n’a cessé de grandir et de se renforcer alors qu’une majorité de pays continuent
d’envoyer leurs soldats à Fort Banning où leur est prodiguée la formation de l’ex Ecoles des Amériques…


Une école militaire commune de l’UNASUR
vient d’être créée en Equateur, combien de temps pour produire des résultats ? Est-ce suffisant pour garantir de parvenir à un équilibre des forces ? Le même jour le Paraguay annonçait
un renforcement de sa collaboration militaire avec les USA…


A la mort de Chavez, je me suis dit que
ce qui ferait un jour le plus cruellement défaut au Venezuela, c’est Chavez le militaire, ces qualités de stratège et le respect de l’armée qui lui était acquis comme à un des leurs. Je crois que
ce moment est venu. Paradoxalement ce qui manque aussi c’est cette capacité qu’il avait de rire et de faire rire, cette bonne humeur contagieuse, l’offensive des sales gamins rebelles n’auraient
pas résisté deux jours à son rire,


Il y a aussi tout ce poids de non-dit,
non élucidé qui pèse autour du fait que la SEBIN a tiré et tué, dans les deux camps… autant de fissures dans la confiance du peuple chaviste, autant de fragilité dans les négociations de paix
avec l’opposition… je vois bien aussi que le programme de distribution de pouvoir aux communes ne s’est pas fait alors qu’il était nécessaire pour renforcer l’enracinement de la révolution, le
peuple comme un enfant devenu adulte mais à qui le pater familias refuse encore et toujours le droit et les moyens de prendre en main ses responsabilités et son destin… Ce n’est pas le
gouvernement qui doit descendre de la rue, c’et le peuple qui doit entrer à Miraflores.


La question la plus difficile en ce
moment et je la retrouve posée par des chavistes sincères, « de toda la vida » quel est la limite de la critique juste, quelle est celle qui doit être différée, pour être formulée quand
le calme sera revenu ? Qu’est-ce qui doit être dit, quelle sont les questions qui doivent trouver une réponse pour rétablir la confiance, l’unité, quelles sont celles qui pourrait provoquer
un agrandissement des fissures avec le risque de faire voler en éclat tout le processus. Et ces questions font écho à celles qui se posent au Venezuela.


Et ne pas perdre de vue que Washington
acculé n’a pas le choix, et que sa volonté proclamée d’aller cette fois jusqu’au bout de l’éradication du chavisme est bien réelle, et que le combat qui s’engage, est à mort… avec toute les
conséquences prévisibles et imprévues qui en résultent pour le monde, mais dite cela en Europe francophone et on vous regardera comme si vous tombiez de Mars


La proposition la plus réaliste et
concrète qui émerge récurrente, c’est celle qui dit que la seule issue est dans la construction d’un réel pouvoir populaire qui transcende les frontières… et devienne un véritable pouvoir de
décision. Comment ?



HADRIA RIVIERE 02/03/2014 13:24


Dans un tel contexte pourquoi Maduro aurait-il refuse une base militaire Russe, sur le sol Vénézulien?


Ce n'est guére logique d'un part et d'autre part étonnant pour l'heritier de Chavez!!!


Dans la mesure où nous savons qu'une telle base equivaud à construire un parapluie de protection auquel les yankees n'oseront jamais s'attaquer..


 


Hadria RIVIERE

Anne Wolff 02/03/2014 17:33



Honnêtement je ne sais pas. D’autant
qu’un renforcement des accords stratégiques avec le Chine a eu lieu simultanément. Je ne vois qu’une explication qui me satisfasse, la menace d’invasion est imminente, une base ne se construit
pas en un jour, décider de son implantation provoquerait inéluctablement et immédiatement cette attaque que le Venezuela, chaviste et une majorité de l’opposition veut éviter à tout prix. Avec
raison. Ce serait un massacre.


Il faut aussi tenir compte de la tournée
que le chancelier Jaua vient de faire en personne dans tous les pays alliés ou potentiellement neutres dans un conflit ouvert avec Washington… cela a sûrement été aussi l’occasion de mise au
point de stratégies communes…  en prenant un maximum de précaution pour échapper à l’espionnage que seule une rencontre physique directe permet (et
encore).


Je me pose aussi pas mal de questions
concernant l’attitude de Maduro envers Washington et Obama, Kerry… D’une part il a un discours intérieur où il démonte et stigmatise leur intervention et d’autre part envers eux il ne cesse de
retendre une main qui se fait mordre à tous les coups.


Hier j’ai rigolé – malgré la gravité de
la situation, je me suis surprise à me dire : Si Chavez était là, il nous aurait fait un sketch dans lequel il les aurait tous, des étudiants sifrinos au gouvernement des USA, tués de
ridicule… Ce n’est qu’après que je me suis rappelée que les chefs d’états ne font pas des sketchs, mais discours officiels… Ce talent qu’avait Chavez de désamorcer des bombes par le rire, manque
incontestablement à Maduro.


Depuis quelques jours je suis perplexe
et je vois bien que beaucoup de vénézuéliens chavistes sincères et qui accordent leur confiance « au choix de Chavez » le sont tout autant que moi. Beaucoup s’inquiètent du « coup
de timon » à droite, du recul de la Révolution que représentent les exigences de l’oligarchie pour négocier à la Conférence de Paix, à la Commission mixte sur l’économie… J’ai même appris un
nouveau mot, PERRINA, c’est le nom d’une marque de nourriture pour chien de Nestlé, et fin des années 80, début des 90, c’était devenu la nourriture du grande partie du peuple le plus pauvre. Et
oui, des gens qui ont connu cette époque, qui savent sans conteste que c’est cette même oligarchie qui a provoqué cela et ne s’en et pas souciée qui se retrouve à présent à poser ses exigence à
la table de négociation, redoutent de voir revenir le PERRINA dans le foyers. Ce sont les mêmes qui ont prouvé qu’ils n’avaient pas changé en organisant la pénurie.


La confiance dans le projet de Chavez
sort intacte et renforcée de l’épreuve, il semble aujourd’hui que ce qui manque ce sont des dirigeants qui l’incarnent réellement dans toutes ses dimensions. « La commune ou la
mort ! ». et oui, quand on a pu constater la maturité dont a fait preuve le peuple lors du coup d’état de 2002, on ne peut que s’interroger, comment se fait-il que cette redistribution
de pouvoir communal qui rendrait la révolution absolument indéboulonnable ne soit pas plus avancée ? Comment se fait-il qu’il n’y ait pas plus de figures politiques qui comme Camila Vallejo
au Chili se détachent à l’horizon d’espoir des nouvelles générations ? Et me revient une phrase que j’ai entendu à de multiples reprises au cours des dernières années, y compris concernant
des projets locaux dans ma petite Belgique : Tous les éléments sont là, mais la sauce ne prend pas. Et à l’analyse, on se rend bien compte qu’un travail de sape est mené en permanence par
ceux qui nous construisent un Monde Marchand pour que les sauces ne prennent pas et que les soufflés retombent… qui constituent l’alternative.


J’ai moi aussi bien des questions, et
seulement des ébauches de réponse, parfois contradictoires, la seule certitude, oui Washington et ses alliés - ou créatures -d’extrême-droite cherche la faille qui permettrait l’invasion du pays.
Oui, d’autres pays de la région sont sur la liste, et oui une alliance avec la Russie qui est elle aussi agressée en ce moment est de bonne guerre. Et oui cette invasion doit être évitée à tout
prix… les premiers massacrés seraient sans nul doute ceux qui représentent le plus grand espoir pour le Venezuela de demain.


Pauvre monde…


Anne



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