18 février 2014 2 18 /02 /février /2014 10:37

 

 

 

L’ « Operacion Salida » se poursuit au Venezuela, elle a pour but avoué, la chute du gouvernement et l’éradication du chavisme. Un programme de douleur, de mort, de répression, de destruction du pays. Les sabotages se poursuivent, les provocations, un des aspects les plus répugnant de ce processus, c’est de voir que la jeunesse dorée, s’en prend aux établissements publics et à leurs étudiants, jusqu’aux tout petits de maternelle qui à Chacao (bastion de qui en est l’ex maire), ce sont heurtés à la violence, l’école à du fermer temporairement ces portes. Hier López par vidéo a appelé à une grande manifestation aujourd'hui et malgré le mandat d’amener lancé contre lui il assure qu’il y sera présent. Ce sera un moment clé de ce processus de déstabilisation qui annonce très clairement qu’ils iront jusqu’au bout cette fois… gouvernement renversé et chavisme éradiqué jusque dans ces acquis les plus bénéfiques aux peuples, éducation, santé, medias populaires. Ce qui évidement ne peut se produire sans l’assassinat des principaux leaders chavistes, l’assassinat de Juancho Montoya, militant chaviste de la première heure, par un tireur isolé la semaine passé, était un triste exemple.

Aujourd'hui il n'est plus question d'une opposition vénézuélienne qui implique une grande partie de la population, mais bien d'un petit groupe de putchistes, minoritaires, armés et formés avec l'aide de "Washington" dans le but très clair de déstabiliser le pays. L'atout de ce groupe minoritaire de putschiste armé : il n'a que faire ni des morts qu'il pourrait provoquer, ni de la destruction du pays, il n'est pas question de protéger quoi ou qui que ce soit, le peuple même d'opposition, il s'en tape, ce qui compte, c'et la prise de pouvoir par les membres del'oligarchie qui dirigent ce mouvement, un pouvoir de terreur. Le camp adverse lui a le soucis du bien de tous, y  compris du peuple opposant, le respect de la vie, et des acquis matériels qui contribuent à la rendre heureuse. Cela crée une asymétrie et rend la tâche du gouvernement et du peuple bolivariens infiniment plus complexe, il est infiniment plus difficile de protéger que de détruire.

 

A quelqu’un qui me trouvait pessimiste sur le forum du Grand Soir – qui mène un très bon suivi des événements - voici ce que j’ai répondu :

Je suis surtout très inquiète. J’ai vu en 2009 comment au Honduras Washington pouvait organiser un coup d’état contre un gouvernement légitime, et malgré les immense manifestations populaires et la condamnation unanime de l’ONU et donc de l’OEA, le perpétuer, jusqu’aux dernières élections de décembre 2013, que j’ai suivies en détails et qui sont la plus grande pieuvre de manipulation électorale jamais organisée, avec Kubiske l’ambassadrice US qui se posait carrément en porte-parole du gouvernement. Depuis le coup d’état de 2009, la lutte est permanente au Honduras et chapeau bas pour la Résistance, mais que de crimes, de douleur, de tortures, d’enfants morts de peur et de faim.

Quand on voit des manifestations du peuple bolivarien du Venezuela, ce qui me frappe ce sont les sourires, la joie qui se dégage, la vitalité, au Honduras juste après le coup d’état, les gens avaient cette énergie. Aujourd’hui les années de guerre permanente ont marqué les visages, et pour le petit peuple qui n’est pas militant c’est un terrible accablement qui émane. Qui a bougé pour soutenir le Honduras en 2009, qui s’est joint aux protestations contre la monstrueuse fraude électorale de décembre ? Pas grand monde. A travers le Honduras on peut observer le laboratoire le plus avancé du néo-libéralisme en Amérique Latine, et la souffrance quotidienne du peuple mais aussi la force, l’intelligence et la détermination de sa résistance, dans la douleur.

Aujourd’hui tout démontre que « Washington » pour des raisons stratégiques aussi bien qu’ économique et pour mener à bien ce grand délire que constitue la marchandisation totale du monde au profit d’un nombre très limité de personnes doit absolument remettre la main sur l’Amérique Latine, les dernière avancées comme la mainmise sur le pétrole mexicain, les concessions obtenues au Honduras, etc… ne lui suffisent pas, la marchandisation du monde est un absolutisme qui ne supporte pas l’« oisiveté » du moindre brin d’herbe, ni que les profits reviennent à d’autres que ceux qui la dirigent. Face à la montée de la Chine et de la Russie, face à l’implantation économique grandissante de la Chine en AL, mais aussi aux accords stratégiques qui se dessinent, pour que ne s’écroule pas la façade étasunienne en entraînant ceux qu’elle abrite, la mainmise sur l’AL est indispensable maintenant, et le Venezuela est le domino de la rébellion à faire tomber en premier.

Il y a une réelle jubilation d’un peuple qui construit le pays dans lequel il vit, cette jubilation elle existait au Honduras pendant les semaines qui ont suivi le coup d’état, grâce aux réformes mises en route par le gouvernement de Zelaya, mais il est dans la nature de l’Empire de punir, il faut punir ceux qui s’opposent à lui, effacer les sourires sur les faces réjouies des humains libres et souverains. Austérité, ne fait pas partie du vocabulaire économique, la pauvreté est tout à fait supportable, agréable même si elle se vit dans la joie, et j’ai une longue expérience choisie, c’est tout à fait possible, l’austérité est le principe moral qui accompagne la domination économique, et s’attaque aux consciences pour les soumettre – auto-châtiment.

J’ai une immense sympathie pour ce peuple joyeux du Venezuela, pour ces grands sourires, pour cette vitalité créatrice jubilatoire qui le parcourt. Mais je sais que pour « Washington » ce sont ces sourires la pire insulte à leur mal être de haine, et ils doivent être effacés pour que règne leur ordre d’austérité, et ils sont prêts à tout pour y parvenir, leurs forces armées sont d’ores et déjà sur pied de guerre, dans les bases colombiennes, dans les infiltrations transfrontalières de paramilitaires, la IVème flotte réactivée par le régime Obama, et une cinquième colonne préparée à l’assaut. Plus tous les fonds disponibles pour acheter des bandes de délinquants sur place pour augmenter le chaos. Et le pire, c’est que cette opposition violente est de plus en plus minoritaire même dans son propre camp, n’oublions pas la guerre qui se mène en interne, le 12 février 2012, Lopez se faisait évincer par Caprilès aux primaires présidentielles, aujourd’hui il veut prendre sa revanche et devenir lui le dirigeant du pays, même s’il doit le mettre à feu et à sang pour y parvenir. Alors oui, je suis inquiète. La question est « comment pratiquer la main de fer que nécessite les putschistes sans qu’immédiatement les forces de l’empire n’interviennent « humanitairement » pour « protéger » ces ordures, qui sont leurs créatures ».  Et là, ce que je disais en avril, à la mort de Chavez, ce qui fera un jour cruellement défaut au Venezuela ce sont ses extraordinaires qualités de stratège, aujourd’hui se vérifie. Mais, d’autre part, il y a une créativité de la révolution qui invente ses solutions, c’est un processus, vital, organique en pleine évolution et oui, je souhaite que la catalyse de la menace, lui permette d’inventer, une fois de plus, les solutions qui écarteront le danger. N’empêche je vais trembler aujourd’hui, et suspendre ma respiration comme je l’ai fait en juin 2012, lors de la tentative de coup d’état en Bolivie, dont presque personne n’a parlé parce qu’elle a échoué, le gouvernement et le peuple s’unissant pour ne pas céder aux provocations, sauf que cette fois cette attitude pacifiste ne suffit plus, les bolivariens doivent passer à l’offensive. Comment ? Aucun donneur de leçon ne peut les aider.  

Venezuela, du fond du cœur,

Vive le peuple bolivarien du Venezuela, que sa révolution devienne un modèle incontestable de ce qu’est la souveraineté populaire en acte.

Le legs de Chavez : « La Commune ou la Mort » : Vive la Commune Bolivarienne du Venezuela !

Anne Wolff

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Gilles Deleuze, février 1977.

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