1 décembre 2012 6 01 /12 /décembre /2012 22:00

 

 

 

samedi 1er décembre 2012


Ils étaient très énervés, et il y avait de quoi : un de leurs copains avait été cambriolé par un "Maghrébin", il fallait se venger. Sur qui ?. Sur des "Arabes", bien sûr, et n’importe lesquels.

C’était l’an dernier aux Baisses, un hameau proche de Salon-de-Provence.
Les sept copains préparent leur expédition punitive, échangeant de délicieux SMSS :

"Tu veu venir se soir o arabe" (sic),

"Se soir ratonade o baisses" (resic).

La nuit du 20 décembre 2011, ils se lancent à l’assaut d’un squat où logent des ouvriers saisonniers sans papiers.

"Police, sors !" hurlent-ils.

Habillés en kaki et équipés de fusils gomme-cogne, ils tirent.
Les habitants, paniqués, s’enfuient.
L’un deux est atteint de cinq projectiles dans le dos, un autre est passé à tabac.

Les attaquants filent et échangent ensuite des SMS tout aussi poétiques :

"Ct violent, javé du sant partout.

- Ta eu 1 dent ?.

- Et non, g tapé partou, g plus pensé, mes le point américain c vrément violent, g mi le premier coup direct à la machoire".

Quelle déception, hein !.

Car cette dent, ratée, était le trophée promis au cambriolé.

Les blessés, terrorisés, ont porté plainte, l’enquête a été bouclée, le 24 janvier 2012.

Et, une fois les agresseurs retrouvés, que s’est-il passé ?.

Du racisme, ça ?.

Mais non, voyons !.

Le procureur d’Aix-en-Provence n’a nullement retenu cette circonstance aggravante, pas plus que l’extraordinaire gravité des faits.

Le proc, décidément adorable, s’est contenté de délivrer à ces gentils petits gars de la région une citation à comparaître un an plus tard, soit le 26 novembre.

C’était lundi, mais l’affaire a été renvoyée au 18 mars.

"c violent" !.

Par D.S. dans le Canard enchaîné du 28/11/2012

Il y a près de 50 ans, en 1964, Hugues Aufray, chantait la chanson de Dylan inspirée d’un fait réel, "La mort solitaire d’Hattie Carroll" ...on n’a guère évolué depuis...

Transmis par Linsay

***

La Mort Solitaire De Hattie Caroll [1]

William Zanzinger a tué Hattie Carroll
Il l’a tuée sans raison d’un coup de canne en or
Au cours d’une soirée donnée à Baltimore.
La police appelée désarma l’assassin
Il fut accompagné jusqu’au poste voisin
Inculpé d’homicide et gardé en prison.

Refrain

Vous qui philosophez tout le temps et critiquez les gens
Ne sortez pas votre mouchoir, vous pleurerez plus tard.

William Zanzinger tout juste vingt quatre ans
Possédait un domaine d’au moins trois cents hectares
Héritier, protégé par de riches parents,
Des soutiens politiques et des murs de dollars.
Il haussa les épaules, poussa quelques jurons
Et fut presque aussitôt libéré sous caution.

Au refrain

Hattie Carroll était plutôt noire de couleur
Elle avait 50 ans et dix enfants mineurs
Elle vidait les ordures et apportait les plats
S’approchait de la table mais ne s’asseyait pas
Elle n’osait adresser la parole au patron
Vidant les cendriers, balayant le salon,
Elle fut tuée sur le coup, pauvre femme de misère
Elle qui n’avait rien fait à William Zanzinger.

Au refrain

Au palais de justice, le juge pris son temps
Pour étudier l’affaire très attentivement
Il dit tout citoyen pris en flagrant délit
Qu’il soit riche, qu’il soit pauvre, devait être puni
Et que la loi ferait aucune distinction
Condamnant sans faiblesse ceux qui tuent sans raison
Attendus ces motifs, le juge d’un ton sévère
Donna six mois de prison à William Zanzinger.

Vous qui philosophez tout le temps et critiquez les gens
Vous pouvez sortir vos mouchoirs, il est temps de pleurer.


[1] on peut écouter la chanson en tapant le titre sur http://uwall.tv/

 

Source : Une ratonnade de rien. - Rouge Midi

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Published by Anne Wolff - dans Métastases du nazisme
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