11 mai 2014 7 11 /05 /mai /2014 22:03

 

 


Par Ganna Goncharova et  Alberto Montaner.

 

 

Les événements d’Odessa

Le 24 avril, lors de la session de l’assemblée du Gouvernement Régional d’Odessa, le chef de la Direction Régionale du Ministère de l’Intérieur, Piotr Lutssiuk, signale aux députés la nécessité de faire quitter la région aux groupes paramilitaires qui, s’étaient maintenus à Kiev sans aucun contrôle, et furent envoyés par les nouvelles autorités à Odessa pour se débarrasser d’elles provisoirement. Selon ce que rapporte Lutssiuk, ces groupes (qui d’après certaines sources, atteindraient les 3OOO membres) ont établi dans la région 12 postes de contrôle routier illégaux. Dans lesquels, montent la garde, par tournante, environ 1 500 personnes. En plus, la semaine précédente à la session à laquelle il est fait référence, la police locale a découvert à Odessa un dépôt d’arme appartenant à Pravyi Séktor, lequel contenait des balles, armes blanches, matraques, bouteilles de cocktails Molotov et des paquets d’explosif.

*Les médias locaux ont pour leur part rendu compte de multiples conflits qui ont eu lieu aux postes de contrôles illégaux entre des miliciens néonazis et des voyageurs d’Odessa ou des visiteurs de la ville. D’après ce qui a été dénoncé, les premiers rompaient les vitres des automobiles, maltraitaient les voyageurs et exigeaient de l’argent pour accorder le passage. Du coup, le gouverneur nommé par les illégales autorités de Kiev, Vladimir Nemirovsky, a tenu un discours en défense des dits contrôles qui, selon son opinion, sont nécessaires pour contrôler les activités de la police. (sic !!!)s

C’est dans ce climat qu’ont eu lieu les tragiques événements du 2 mai, dont les antécédents sont (en plus de la pré-mentionnée arrivée massive de membres de Pravyi Séktor), d’une part, l’existence préalable d’un camp d’activistes anti-Maidán à Kulivovo Pole (un parc au centre de la ville),qui avait déjà souffert de nombreux assauts de la part tant de la police que d’éléments nationalistes radicaux, et d’autre part la convocation d’une manifestation nationaliste des supporters des factions ultra-nationalistes radicales des deux équipes qui jouaient ce jour là à Odessa, le Chernomórets local et le Metallist de Járkov. Au début, on supposait que ces manifestations allaient rester pacifiques. Dans une video qui montre les débuts de la marche on peut voir un bien connu « centurion » de Pravyi Sektor (à Maidán ces groupes s’organisaient dans des groupes de cent néonazis.NdT) revêtu d’un gilet pare-balles, parler avec quelqu’un, d’après le contenu de la conversation, on a supposé que son interlocuteur aurait pu être le ministre Avakov lui-même, qu’il trompe sans vergogne en disant que ses « gars » étaient désarmés et que lui-même avait été blessé par une pierre envoyée par les « séparatistes » encore que ces deux derniers faits soient démentis par cette vidéo (antérieure au début des affrontements) et celles qui furent enregistrées pendant l’assaut de l’édifice des syndicats. Là déjà, parmi des individus revêtus de tenues de camouflages et armées de bâton et de barres métalliques, un des gardes du corps du « centurion », en uniforme paramilitaire, dit à un policier : « Faites nous faire un bout de chemin et nous ferons notre travail ». Il est donc hors de doute que la manifestation ait été planifiée comme une attaque organisée.

Pendant de temps des activistes de la dite Odésskaia Druzhina ou Masnada Odesita, (mouvements de contre-insurgés) campaient à Kulikovo Pole, en recevant des nouvelles de cette manifestation, ils se divisèrent entre ceux qui pensaient qu’il valait mieux rester pacifiquement dans le campement et ceux qui se décidèrent de partir à la rencontre (de la manifestation) car ils pensaient, et avait bien raison, que l’objectif réel de la marche était un nouvel et définitif assaut du campement. Ainsi alors que 100 à 150 personnes sont restées au camp, un autre groupe de 150, est parti rejoindre la manifestation, identifiés par des rubans de l’Ordre de Saint-Georges qui sont utilisés comme signes distinctifs de la contre-insurrection (car ils sont associés à la victoire sur les troupes nazies de la Seconde Guerre Mondiale). Ce groupe, portant des objets contondants et dans certains cas protégés par des casques et des boucliers comme en utilisent les anti-émeutes, s’est dirigés vers les manifestants qui s’étaient regroupés sur la place Sabórneia, lesquels étaient occupés à crier des slogans ultra-nationalistes de types fasciste Slava Ukraiiny ! et lançant des slogans contre les moskaly (littéralement « moscovites », appellation exprimant le profond mépris dans lequel les ukrainiens tiennent les russes). Ceux qui arrivèrent de Kulikovo Pole se trouvèrent là, face à quelques 1 500 personnes, c’est pourquoi, lors des affrontements qui ont suivi, ils ont eu la pire part.

C’est alors que se déroule la partie la plus confuse des événements, pour laquelle les témoignages sont, c’est logique, contradictoires. Les manifestants nationalistes accusent la police d’avoir agit en faveur des « activistes pro-russes », les défendant en constituant un bouclier humain. Même comme cela, les deux parties commencèrent à se lancer mutuellement des pierres et n’importe quel objet lançable qui leur tombait sous la main. Ceci suggère que la police tenta sans succès d’établir un cordon de sécurité entre les deux groupes, mais que finissant par être débordée, elle décida de se tenir à l’écart. Cependant dans une autre vidéo on constate que le comportement de la police (dont quelques membres portaient des brassards rouge, comme certains des nationalistes) est extrêmement déconcertant, parce qu’on les y voit ouvrir une brèche dans le dit cordon, permettant le passage à l’un et l’autre des groupes qui s’affrontaient.

De là, nous avons déduit que leur intention était de chauffer l’ambiance de manière à ce que les hostilités dérivent d’elles-mêmes sur un assaut du campement cité, mais ce qu’ils n’ont pas bien calculé c’est que le point d’ébullition serait atteint aussi rapidement avec des résultats tellement dramatiques. Confirment ce point de vue les images de cette même vidéo dans laquelle on voit le chef de la police d’Odessa mêlés aux manifestants et la disparition des participants au ruban rouge (ceux-ci réapparaîtrons parmi les assiégeants de la maison des syndicats) quand les manifestants nationalistes s’achemineront enfin vers Kulikovo Pole. Quoiqu’il en soit, ce qui n’admet aucun doute, c’est la passivité ultérieure des forces de sécurité ; ce qui constitue un des catalyseurs de la tragédie.*

Dans le feu de l’action, les nationalistes ont poursuivi leurs adversaires dans ce parc et une partie de ceux qui étaient là à camper, plus quelques passants non prévenus, finirent par se réfugier dans le bâtiment des syndicats, où ils se retrouvèrent encerclés par les manifestants de signe contraire. Selon le témoignage d’un de ces derniers, en conséquence des mouvements spontanées des affrontements, une partie des « agresseurs pro-russes » s’est réfugié dans le dit édifice entre les feux croisés des cocktails Molotov. Dans l’une des vidéos diffusées sur internet il y a quelques images, à première vue confuses, dans lesquelles on voit comment un cocktail Molotov, soi-disant lancé par un des réfugiés dans le bâtiment, tombe sur un appareil d’air conditionné, ce qui aurait provoqué l’incendie, donnant aux nationalistes la possibilité de parler d’auto-immolation. Selon cette même version, la police est restée sur place et les pompiers ont accompli leur mission, pendant que les membres de « l’autodéfense de Maidán » (autrement dit ceux de Pravyi Sektor) auraient aidé les gens à sortir des flammes, les défendant des coups des supporters furieux.

Cependant, les multiples vidéos enregistrées, plus ou moins en caméra cachée, pendant l’assaut, révèlent une situation très différente. Commençons par la vidéo mentionnée comme preuve par les manifestants nationalistes, là, il est évident que le rez-de-chaussée et la porte principale de l’édifice sont déjà en train de brûler quand le cocktail Molotov est lancé. En plus, même en ne prêtant pas grande attention, on constate parfaitement que la trajectoire de la bouteille n’est pas verticale mais décrit une parabole, dans laquelle elle tourne plusieurs fois sur elle-même, jusqu’à aller s’écraser contre l’appareil d’air conditionné, ce qui prouve factuellement qu’elle a été lancée depuis l’extérieur. En plus, sur l’omniprésent et quasi omniscient internet nous pouvons trouver des photos de joyeuses jeunes filles qui posent pendant qu’elles préparent des cocktails Molotov pour Pravyi Séktor, photos qu’elles diffusent elles-mêmes sur les réseaux sociaux, fières de leur travail au service de la patrie ukrainienne. En ce sens il n’y a pas le moindre doute que l’immeuble fut incendié par ses attaquants et le fait qu’ils ont commencé par incendier les portes révèle l’intention d’empêcher la sortie des occupants. De fait il y a une autre vidéo dans laquelle on entend un des assaillants crier : « Ecoutez, nous allons brûler ces putains de pédés dans le bâtiment ».

Dans ce même enregistrement, on entend clairement les coups de feu répétés et on voit les manifestants nationalistes, plusieurs d’entre eux en uniforme paramilitaire incluant des casques de l’armée, armés de bâtons et pour la plupart, portant un masque. On remarque aussi le dit « centurion » de Pravyi Séktor (sans blessure aucune, pour sûr) qui tire plusieurs coups de son pistolet en direction de la corniche du second étage où un des assiégés tente de fuir les flammes. sans qu’aucun des assiégeants lui vienne en aide, alors que de nouveaux cocktails Molotov frappent continuellement contre les portes et la façade de l’édifice et que l’on entend l’un des assiégeant dire à quelqu’un qui tentent de fuir par les fenêtres. “Tiens ! Prends pour te rafraîchir !”, cri qui s’accompagne clairement du lancement d’un autre cocktail Molotov. Ce type d’action explique pourquoi dans le bâtiment certains des corps, ont seulement la tête et les mains brûlées, et pas le reste du corps. Dans une autre vidéo ont entend une femme qui appelle à l’aide depuis une fenêtre de dernier étage, peut après, on voit trois manifestants nationalistes s’accouder à cette fenêtre, arborant un drapeau ukrainien. Grâce à la position de la fenêtre, la femme qui criait a été identifiée, dans les photographies prises postérieurement du cadavre d’une femme enceinte, étranglée avec un fil électrique, il s’agit d’une travailleuse des syndicats qui étaient sur place pour réaliser des travaux d’entretien. Pendant tout ce temps, la police brille par son absence, soulignée par la voix off de l’auteur de la prise de vue, qui se réfère régulièrement aux assiégés comme « les 300 Spartiates », en claire allusion à ceux qui sont tombés face aux Perses en défendant le défilé des Thermopiles. La police anti-émeutes arrivera seulement lorsque que certains des assiégés ont commencé à sauter depuis l’immeuble en flammes, ce qui indique qu’elle était dans les environs, mais n’osait pas intervenir (ou avait l’ordre de ne pas le faire jusqu’à ce que la situation devienne tout à fait insoutenable. Pour rendre justice à tous, il faut reconnaître qu’alors la police et une partie de ceux qui entouraient l’édifice (parmi lesquelles il y avait des gens en attente en plus des manifestants) tentèrent de créer un couloir pour évacuer avec sécurité les assiégés qui arrivaient à sortir du bâtiment (une sécurité telle que la plupart on été arrêtés sous inculpation de terrorisme, 69 d’entre eux ont été libérés le lendemain par la foule en colère. NdT), pendant qu’une partie des assiégeants continuaient à lancer des pierres contre les rescapés, en criant Slava Ukraiiny !. L’opérateur de la vidéo demandent alors qu’ils aident ceux qui tentent de sortir et quelques-uns de manifestants lui répondent « Ces chiens !à Kiev, on leur coupe la tête aux activistes et à leur pute de mère ! » ; ce qui se référant aux habitants d’Odessa est une accusation qui n’a pas de sens , en plus de fait, on a pas constater qu’à Maidán quiconque ait été décapité, ce qui révèle la haine absolue et irrationnelle qui a rendu possible la tragédie.

Toutes les circonstances, d’un autre côté sont loin d’avoir été mises en lumière. D’après les témoignages de plusieurs survivants, a l’intérieur du bâtiment il pourrait y avoir eu, non par une cinquantaine de victime, chiffre reconnu jusqu’à présent, mais au moins 200, vu qu’au début de son occupation, les membres de Pravyi Séktor ont poursuivit « les activistes pro-russes » et ont abattu à coups de feu plusieurs d’entre eux, ce qui explique également les photos des cadavres, plusieurs présentent à la tête des blessures par armes à feu. Selon les dire des témoins, plusieurs réfugiés auraient été conduit dans les caves où ils ont été exécutés ».

Par conséquence, l’incendie n’aurait pas eu pour but unique d’en finir avec ceux qui étaient encerclés dans le bâtiment, mais bien aussi de faire disparaître les traces des assassinats qui ont été perpétrés là-bas.  Il est évident que pour faire toute la lumière sur ce qui s’est passé, il faudrait l’intervention d’une instance compétente et neutre, mais les actuelles autorités putschistes ukrainiennes qui ont célébré de manière réitérée l’action de leurs « patriotes » dans cette « action antiterroriste », jamais ne vont autoriser une enquête approfondie examinant les détails de la tragédie. Pour le moment, qui se sentirait capable de le faire peut voir les terribles images captées à l’intérieur de l’édifice, ainsi que les doutes, questions suscités par les mêmes concernant le déroulement des faits, au sujet desquels nous n’avons pas la compétence nécessaire pour nous prononcer, mais qu’il serait très éclairant de voir contestés par quelqu’un de qualifié.

A tout cela on peut ajouter les enregistrements faits par les assiégeants à l’entrée de l’édifice, après que l’incendie soit éteint, on les voit qui pillent les cadavres et qui se moque des missels et icônes miniatures que certains portent dans leurs poches. Pour compléter le tableau, dans les pages web pro-nationalistes il a été diffusé pour se référer aux morts la dénigrante désignation de la « centurie enfumées » en claire et ironique contre-désignation de la « centurie céleste » c’est-à-dire les victimes (martyrs dans leur terminologie) des actions de Maidán. Les déclarations faites au sujets de ces événements par des politiciens opportunistes comme Yulia Timoshenko, où d'authentiques fanatiques ultra-nationalistes comme la députée de Svoboda Irina Farión, ne font rien d’autre que d’augmenter le climat de haine ethnique le poussant à l’exaspération de même que le communiqué du SBU sur la présence complètent fausse de « provocateurs russes’ qui seraient en train de « déstabiliser » Odessa, Donetsk et d’autres villes ukrainienne offrant ainsi aux illégitimes autorités surgies du coup d’état du 22 février et à ses bases armées, les milices ultra-nationalistes d’extrême-droite, l’excuse pour déchaîner la présente vague de terreur, dont la victime potentielle est l’ensemble de la population qui ne partage pas l’idéal fascistoïde. En définitive, c’est une excuse pour assassiner leurs propres citoyens. 

Tout en reconnaissant l’imprudence de la contre-insurrection d’Odessa (encore qu’il soit possible qu’à la fin la mesure n’aurait pas été une meilleure parade), il est clair que ce qui s’est produit dans l’immeuble des Syndicats d’Odessa constitue un lynchage en bonne et due forme, qui est totalement inadmissible même s’il avait concerné un authentique groupe terroriste, puisque la présomption d’innocence et le droit à une justice équitable font partie des plus élémentaires des droits humains. Mais il est évident que dans la situation actuelle de l’Ukraine, nous sommes confrontés au plus absolu mépris de ceux-ci, a fortiori de l’état de droit. C’est seulement de cette manière que l’on peut comprendre que le gouverneur Nemirovsky ait « promulgué » depuis sa page facebook ( !!!) une « édit » prenant date ce jour même du 2 mai, dans lequel il déclare à l’encontre de toute loi et de tout principe éthique, que « Toute action des habitants d’Odessa qui sera dirigée vers la neutralisations et la détention des terroristes armés sera considérée comme légale ». Comme il fallait le rédouter la chasse est ouverte.

 

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Sources en espagnol :

   http://marquetalia.org/2014/05/07/terror-fascista-en-ucrania-por-ganna-goncharova-y-alberto-montaner-frutos/

Terror fascista en Ucrania 

Traduction Anne Wolff

 

 

De la même auteure : 

Plongée au cœur de la crise politique ukrainienne.1

Plongée au cœur de la crise politique ukrainienne.2 

Ukraine, terreur fasciste, peuple en danger : regard d'une Ukrainienne 1

Ukraine, terreur fasciste, peuple en danger : regard d'une Ukrainienne 2

Ukraine, terreur fasciste, peuple en danger : regard d'une Ukrainienne 3

 

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commentaires

Gaudefroy 15/05/2014 15:47


Bonjour,


merci pour ces traductions ainsi que vos commentaires sur le site
du grand soir qui sont souvent très instructifC'est la première fois que je trouve cette information, reconstituant un peu mieux le puzzle de ce qui s'est passé :


" Ainsi alors que 100 à 150 personnes sont restées au camp, un autre groupe de 150, est parti
rejoindre la manifestation, identifiés par des rubans de l’Ordre de Saint-Georges. Ce groupe, portant des objets contondants et protégés par des casques et des boucliers "


Cela expliquerait pourquoi, de l'autre côté de la barricade, ceux qui avaient des brassards rouges étaient
masqués et se permettaient d'ouvrir le feu sur la foule alors que les autres sans brassard, visage souvent à découvert (je pense aux casques oranges par exemple), se bornaient à regarder ou à
lancer des pierres.


Dans cet article traduit pour le Réseau Voltaire, il y a à ce propos une erreur remarquable (je leur ai
signalé mais pas de réponse) :


" Pas un seul agent de la police d'Odessa ne s'intéresse à l'homme (au casque orange) qui met en joue et abat
les supporters de l'équipe de football. " avec photo à l'appui...


http://www.voltairenet.org/article183721.html
  Or dans la vidéo montrant précisément le même plan à 36mn56, on voit très clairement l'homme en question utiliser...un lance-pierre ;)
https://www.youtube.com/watch?v=Cq1OhkuLzeA&feature=player_detailpage#t=2215


J'ai fait une courte compil des images de face du groupe pro-russe parti à la rencontre des
manifestants  :


https://www.youtube.com/watch?v=zlHsNAKXJVw


Compte-tenu de cet article, ne pensez-vous pas que militants prorusses et
agents provocateurs ont été machiavéliquement mélangés dès le début des affrontements ?


Amicalement.

Anne Wolff 16/05/2014 16:01



Un élément qui semble échapper à une
majorité de francophones, et pour cause, c’est beaucoup mieux relayé en Espagnol, les gens qui se sont fait piégera à Odessa, ne sont pas des pro-russes. Ils appartiennent à des organisations et
mouvements sociaux de gauche et antifascistes qui ne souhaitent – ou du moins ne souhaitaient pas avant l’incendie – le rattachement à la Russie. Les trois mains qui déchirent le drapeau au début
du texte sont les corporations occidentales, chinoises et russes qui se partagent le pays et en dépouillent le peuple. Avant de traduire les textes de Ganna Goncharova, j’ai lu des jours et des
nuits, autant ce que publiait les journaux russes en français, que les relais en espagnols - plus nombreux qu’en français de témoignages d’Ukrainiens qui vivent dans le pays - ou comme Ganna, y
ont vécu  une partie de leurvie et y ont encore leur famille, leurs amis de toute une vie, des forums aussi… Puis j’ai trouvé ses textes qui non
seulement faisaient la synthèse de ce que j’avais lu, mais en plus replaçait cela dans le contexte politique du pays et reflétait les compilations d’infos faites par l’auteure, qui non seulement
avait des informations de première main, et qui trilingue Ukrainien – russe – espagnol, avait eu accès aux sources des deux parties.


Toutes les infos reprises
ici,  à l’exception des parties qui concernent les luttes antinazies dans les provinces de l’ouest, peu documentées,  sont confirmées par une multiplicité de sources : Les gouvernements auto-constitués des provinces de l’Est ne reconnaissaient pas les russes comme leurs
représentants, mais au contraire voulaient parvenir à un autogouvernement de souveraineté populaire qui mettent les corporations (russes) comprises au pas, en refusant le néo-libéralisme.


Tout indique que la maison des Syndicat
était un piège prémédité, et là plusieurs témoignages lus au cours des derniers jours parlent d’un gaz qui aurait tué aussi certainement que le feu. Pour étrangler une femme enceinte dans le
bâtiment, il fallait être à l’intérieur et d’autres éléments, d’autres témoignages, des apparitions de personnes avec le drapeau ukrainien aux fenêtres… vont en ce sens. En plus d’autres éléments
dans les parallèles qui peuvent être fait avec la situation au Venezuela où se retrouve également des nazis formés en partie dans les mêmes camps, qui ont brûlé de nombreux animaux domestiques
vivants dans les feux de leur barricade et depuis on arrosé d’essence un étudiant qu’ils avaient lynché, sauvé de justesse,  un chauffeur de bus avant
d’y mettre le feu qui souffre de brûlures qui mettront au moins six mois à se remettre, qui ont incendié volontairement cette semaine une voiture avec ses passagers et un sans abri de Bogota qui
a été brûlé vif avant-hier et la piste des néonazis locaux, qui ont déjà mené des opérations de lynchages de sans-abri est la plus plausible.


En fait inciter les insurgés à brûler les
animaux vivants prend tout son sens si on sait que les techniques d’incitation à la haine fasciste meurtrière passe par l’assimilation des cibles avec des animaux… ainsi les chavistes qui sont la
cible d’un lynchage évité jusqu’ici mais préparé par le nazis (listes des militants chavistes, de leur habitudes qui circulent sur les réseaux sociaux, marquage de leur maison et de leurs
véhicule, localisation de leur lieu de travail) sont appelé les « sapos » les crapauds… et quand on lit les commentaires sur les sites de ces charmants jeunes gens, ce sont des
comparaisons animale, les chavistes sont des gorilles, des chiens, des serpents….


Si on lit les articles francophones sur
des sites russes comme le Courrier de la Russie et autres, on constate un profond mépris des russes pour ces militants de gauche qu’ils associent dans une même images avec les groupes de
délinquants néonazis :des alcooliques, des drogués, des dégénérés… en d’autres mots  la même race… inférieure, comme le décrits Ganna, ceux que
les Russes avec un grand r considèrent comme des petits-russes et les ukrainiens ne valent pas mieux à leurs yeux très orthodoxes de grands Russes, race supérieure. Et comment se fait-il que
soudain, ces petits russes, qui connaissent très bien cette situation, et qui n’avaient aucune envie d’être rattachés à la Russie mais au contraire voulaient garder la gestion de leur industrie
régionale soudain lors du referendum ont changé d’avis et se dirigent vers une demande de rattachement à la Fédération Russe ?


Tout semble contre-productif dans cette
histoire… le piège qui radicalise le fédéralisme et le séparatisme et crée les conditions pour qu’aucune conciliation ne soit plus possible entre l’Est et l’Ouest. L’opinion publique mondiale,
(dont l’Européenne n’est qu’une petite part de plus en plus marginalisée et dont une partie toujours plus grande continue d’ignorer les ukrainiens eux même, mais par contre soutient toujours plus
largement Poutine) qui stigmatise d’autant plus le régime de Kiev et ses hordes de nazis. Et donc l’EU/UE par la même occasion.


On y voit déjà un tout petit peu plus
clair si on garde en tête que ceux qui sont morts n’était pas des pro-russes mais des antifascistes partisans d’un autogouvernement anti-néolibéral alors que les négociations qui se
déroulent au sommet ne se préoccupent pas de sauvegarde des populations mais bien de partages des richesses entre corporations, dont aucune ne veut se trouver à avoir à régler l’entrave au profit
débridé que constituerait un gouvernement autogestionnaire opposé à l’économie de marché.


Jusque-là ce sont des éléments qui
apparaissent et sont confirmés par diverses sources. Ici, mon hypothèse : Il y a bien eu un piège, les photos après l’incendie sont une mise en scène de l’horreur, le massacre et sa mise en
scène sont destinés à effrayer tous ceux qui en plus d’être opposés au fascisme de Kiev sont opposé au néo-libéralisme. Et on se retrouve dans la figure décrite par Ganna dans la première
entrevue, ses pronostics bien avant Odessa, non pas un génocide, mais un « idéocide » - comme Condor en Amérique Latine (où les meurtres quotidiens de résistants dans cette région du
monde), ou le massacre programmé des chavistes - commis avec la complicité active de l’Occident et tacite de la Russie. Un avertissement à tous ceux qui en Ukraine, en Europe et dans le monde
prétendent lutter contre le tout puissant néo-libéralisme, l’économie de marché et la compétitivité, un système reconnu et accepté par les trois grands USA, Russie, Chine, dont les gouvernements
ne représentent plus les peuples pour autant qu’ils l’aient jamais fait, mais bien l’intérêt de corporations spécifiques dans le partage des ressources de la planète en plein processus
d’accaparement capitaliste par expulsion des peuples. Et qui ont tout intérêt, tous autant qu’ils sont à ce que les populations pratiquent une auto réduction quantitative en s’entre-tuant
auto-réduction qui a pour cible privilégiées les « non qualifiés » d’une part et la dissidence et résistance potentielle à la gouvernance mondiale dont Poutine a encore affirmé
explicitement en avril qu’il  y travaillait en priorité.


Pourquoi ce point de vue est-il
systématiquement censuré, ainsi que tout ce qui met en évidence le caractère néolibéral d’extrême-droite de la Russie de Poutine, sur différents sites ?  Quelques questions dont la réponse nous éclairerait sur l’avenir que les Corporations réservent aux peuples du monde et d’Europe en particulier.


Et autres devinettes… les liens
privilégiées entretenus par l’extrême-droite électorale européenne à la fois avec Svoboda et le gouvernement de Poutine d’une part, de même que cette extrême-droite entretien des liens
privilégiés avec McCain qui lui-même soutien officiellement Svoboda, qui est également soutenu tout à fait officiellement par des gouvernements « de gauche » oou centre-droit
européens….  


Mais là moi, je vais prendre quelques
distances, un peu trop de ce monde glauque, ce que je vois venir est sérieusement inquiétant et j’ai besoin de me nettoyer la tête et de reprendre des forces. Il reste un texte que je veux
traduire, celui-là parle des sources de l’espoir.



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"Le vieux fascisme si actuel et puissant qu’il soit dans beaucoup de pays, n’est pas le nouveau problème actuel. On nous prépare d’autres fascismes. Tout un néo-fascisme s’installe par rapport auquel l’ancien fascisme fait figure de folklore […].

Au lieu d’être une politique et une économie de guerre, le néo-fascisme est une entente mondiale pour la sécurité, pour la gestion d’une « paix » non moins terrible, avec organisation concertée de toutes les petites peurs, de toutes les petites angoisses qui font de nous autant de microfascistes, chargés d’étouffer chaque chose, chaque visage, chaque parole un peu forte, dans sa rue, son quartier, sa salle de cinéma."

 

Gilles Deleuze, février 1977.

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