26 avril 2014 6 26 /04 /avril /2014 12:55

 

 

 

 

  Dans toute analyse en relation avec l’Ukraine, il est fondamental de prendre en compte le rôle joué par les multinationales dans la crise.

(...)
Le tableau se complète pas les mesures que le gouvernement néonazi fantoche de Kiev a commencé à prendre pour préparer le pays « afin qu’il affronte les douloureuses mais nécessaires réformes sociales et économiques” imposées par la médecine du FMI. Une des premières exigences du FMI fut que les subsides de gaz aux ménages soient réduits de 50%. Une autre exigence douloureuse du FMI inclus les diminution des pensions, de l’emploi de l’état et la privatisation des actifs et propriétés du gouvernement (traduction : que les corporations occidentales puissent acheter à des prix dérisoires les biens publics) ainsi que d’autres réductions dans les programmes de défense sociale de l’Ukraine.


Victor Wilches. Ukraine : gaz, pétrole et laboratoire néonazi (et la pièce maîtresse Venezuela) - Le blog de Anne Wolff

 

 

L’Ukraine est au bord de la famine et la situation s’aggrave quotidiennement. Les Ukrainiens plongent de pleins pieds dans l’austérité aggravée, et si aucune amélioration ne se produit à très court terme, les manifestations des régions où fédéralistes, antifascistes et pro-russes se sont unis dans une lutte commune contre la junte de Kiev, se doubleront d’émeutes de la faim.

A Maidan, se produisent à présent des manifestations contre les putschistes qui ont pris le pouvoir avec l’aide de Washington et de l’UE (un grand classique).

Un mouvement s’est crée « Pour une vie digne », une de ses militantes, Irina Bogdanets affirme : « Au cours de la dernière semaine, les prix des aliments ont doublés, les prix des médicaments ont augmentés de 50%, les services publiques et le prix du gaz de 50% », elle ajoute que ce qui se produit actuellement en Ukraine « est un Holocauste du 21ème Siècle ».

Cela en fait clairement partie en tout cas, le même auquel sont depuis longtemps soumis les peuples de la périphérie, ceux qui alimentent de leurs vies et leurs souffrances le modèle de développement, de croissance et permettent la perpétuation du mode de vie de l’Occident. Et auquel commence tout doucement à s’intéresser les Européens du Centre qui se sentent à présent eux aussi menacés. Ce qui favorise des courants nationalistes qui sont le colonialisme du 21ème siècle. Parce que si on poursuit leur logique pour l’ensemble de la planète et que chacun garde jalousement les ressources de son territoire en cultivant ses traditions, l’Europe se retrouvera parmi les régions les plus pauvres de la planète. Le nationalisme ne tient la route que comme vision raciste et élitiste qui accepte implicitement que les « Nations supérieures » se servent sans en payer le prix chez des peuples décrétés inférieurs.

Et à présent l’Ukraine est devenue un microcosme de ces contradictions ou la lutte ethnique prend le pas sur la lutte de classe, avec la promesse d’un pouvoir vertical qui propose à ceux de son ethnie, les joies du « Meilleurs des Mondes » au détriment de tous les autres.  Quand tous les frères de « race » blanche (en l’occurrence) sont décrétés être supérieurs – tous-  par nature à toutes les personnes des autres ethnies décrétées elles inférieures et qui fait du patron blanc l’allié naturel de l’ouvrier blanc dans la domination du travailleur noir, jaune, rouge et autres variantes. La Stratification « Raciale » transformant en élite jusqu’à la dernière des petites frappes blanches, jusqu’au dernier dernier des beaufs mous dans sa relation aux races « inférieures », le fondement même du colonialisme qui a toujours offerts aux misérables blancs (en l’occurrence toujours) la possibilité de se transformer en Maîtres en d’autres contrées, assurant sa domination par la mise en esclavage d’autres ethnies.

Dans ce contexte, il est équivoque, comme à tendance à le faire la gauche (moi inclue), de relayer la lutte Ukrainienne comme une lutte pro-russe contre pro-occidentaux en effaçant et rendant invisible les caractéristiques de lutte de classe qui sont inhérentes au conflit… seuls les Corporations y gagnent, Russes ou Occidentales. Et il est certain que dans la phase actuel le modèle Russe est infiniment plus favorable aux siens que ne l’est le modèle Occidental… toute la différence entre un « Bon Maître » et un « Mauvais Maître ».

La question et c’est avant tout une question de conscience que chaciun doit se poser pour soi-même est: "Voulons nous encore des Maîtres ou défendons-nous la Souveraineté Populaire ?" Et si c’est la Souveraineté Populaire alors nos alliés sont les travailleurs des usines du tiers-monde, ceux qui fabriquent nos vêtements dans les usines du Bengladesh comme les ouvrières des maquiladora d’Amérique Latine qui fabriquent notre électro-ménager dans des conditions d’esclavage. C’est aussi le peuple d’Ukraine qui ne veut ni de la domination occidentale et du FMI, ni de la domination Russe.

Ce sont les paysans du monde déjà unis par centaines de millions au sein de la Via Campesina qui défendent la Souveraineté Alimentaire avec toutes les conséquences de réforme agraire mondiale qu’implique ce choix, et toutes les conséquences qui en découlent en termes de réorganisation du monde dans le renversement de la relation ville/campagne… le renversement de l’exode urbain par un repeuplement paysan des campagnes… Qui est l’UNIQUE manière d’échapper au pouvoir des corporations. Mais cela implique des choix de modes de vie qui sont aussi des choix éthiques. A savoir si nous acceptons que d’autres payent de leur vie et de leurs souffrances notre droit à gaspiller les ressources pillées de leur pays, pour pouvoir acheter à bas prix les produits de leur souffrance pour prendre notre place dans la hiérarchie raciste.

Et les lieux qui sont à la pointe des conflits entre ces deux possibles ce sont l’Ukraine et le Venezuela. La première parce qu’elle est l’enjeu d’un combat entre le corporatisme occidental et le corporatisme russe (et Chinois par ricochet), le second parce qu’il est à la pointe de la lutte, son gouvernement inclus, pour le modèle de souveraineté populaire. Mêmes si des critiques qui peuvent être faites au gouvernement Vénézuélien, pour ces choix en matière de développement, mais cela reste un conflit entre amis, entre partenaires capables de dialoguer pour trouver des issues communes.

La description de la situation de l’Ukraine actuelle, fait penser aux descriptions dela Grèce faite par Panagiotis Grigoriou sur son blog Greek Crisis :

 

« Beaucoup de citoyens ont cessé d’aller dans les cafétérias et chezle coiffeur, les hôtels sont vides, la majorité des travailleurs des services publics se retrouvnt sans emploi. Au cours des dernières semaines dans la capitale 50 restaurants et cafétérias ont fermés, les analystes prévoient que d’ici la fin del’année,ils seront 200. Un des indicateurs de la chute du  niveau de vie est la hausse du prix des aliments qui est de 25%. La chute de la monnaie nationale a pour conséquence de faire doubler le prix des produits d’importations.

« La situation est menaçante. Demain nous ne pourrons plus nourrir nos enfants » avertit le candidat présidentiel Sergueï Tiguipko.


Et nous savons bien que d’ici peu nous serons logés à la même enseigne.


C’est donc le moment de faire des choix en toute conscience et en sortant de modèles binaires. Le sacrifice total de toute dignité prôné par le néolibéralisme, le sacrifice des « autres » prônés par un nationalisme qui est un fascisme soft pour ceux qui accepteront cette règle, ou la construction d’alternatives en d’autres termes… la mienne, partagée par des centaines de millions de gens dans le monde,  est celle qui se fonde dans le pouvoir populaire qui a comme cellule de base des collectivités la commune et se construit « Jour après jours, contingence par contingence » (Chávez) dans une harmonisation de diversités, et l’humanité organique comme fondement, et qui est prise au cœur de la lutte inter-capitaliste qui est sur le point de se déchaîner… une guerre à l’issue incertaine, dans laquelle nous sommes de fait parties. Dans quel camp, avec quel but, quel projet de monde ?

 

Anne Wolff

 

Citations extraites de
"Lo que sucede en Ucrania es un holocausto del siglo XXI" – RT

 

 

 

Les militaires ukrainiens à Cherkaskovo

 

Les militaires ukrainiens à Kramatorsk

Ukraine aujourd'hui... et demain ? source  image

 

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Published by Anne Wolff - dans Planète urgence
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Gilles Deleuze, février 1977.

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