17 janvier 2013 4 17 /01 /janvier /2013 20:00

 

 

Au secours ! Que ceux qui attendent une réponse plus personnelle de ma part me pardonnent, je traverse une épreuve terrible, une intoxication grave qui me cause des lésions cérébrales et me rend inapte à la réflexion au moins pour un moment.

Je fais un boulot qui demande à la fois un engagement de cœur et de l’énergie physique, faut pas avoir peur de se retrousser les manches, c’est prenant et fatigant, mais cela me plait et me convient, il y a un seul point terrible : il m’oblige pendant de longues heures sinon à regarder du moins à entendre la télévision.

Et là vraiment, il m’arrive de me sentir le cerveau envahit par une vague de pollution mentale d’autant plus néfaste que je suis alors entourée de gens qui prennent ce que montre la télé pour vérité du monde. Si j’aime mon boulot et ceux avec et pour qui je bosse, qui ont de grandes qualités humaines et de cœur,  je ne me sens pas le courage d’entrer dans un débat qui remettrait en question cette vision du monde. Il faudrait tout reprendre depuis les bases, et ce n’est pas dans mes cordes en ce moment.

Je ressors de ces épreuves terriblement perturbée. Ce ‘est pas facile de digérer comme cela des quantités de désinformations flagrante et de divertissement stupides sans que le moral s’en ressente et sans que cela crée une cassure entre les recherches de mon Temps Libre, les rencontres avec ce monde d’intelligence  des chercheurs de vérité qui fleurit sur le web.

Arrivée de la montagne à la ville j’ai subi un choc de civilisation, celui qui sépare le monde des jardiniers de planète de ceux qui en sont les machinistes. Je subis maintenant d’autres chocs, ceux à répétition entre ce monde réel dans lequel je vis et le monde du web que je fréquente d’une part, et la difficulté de faire face à des consciences qui évoluent dans le monde fictif que le pouvoir a créé à leur intention. J’ai ce même sentiment détestable que je peux ressentir quand je croise des gens que je connais dont la conscience à basculer temporairement ou définitivement en conséquence d’usages abusif de médicaments, alcool et autres drogues dures. Dois-je en conclure que la télévision est une drogue dure a accoutumance qui permet à ceux qui s’y sont accoutumés d’en consommer des doses qui pour le non-initiés peuvent être profondément blessantes, voir mortelles ?

Marcuse disait que pour comprendre ce qu’il y avait dans la tête des gens autour de nous,  l’opinion publique, il fallait se contraindre à quelques séances de télévision et je comprends très bien ce qu’il veut dire. Seulement, si ce qu’on pouvait voir à la télé de cette époque ne volait pas bien haut, aujourd’hui, c’est carrément effrayant pour un esprit non préparé comme le mien. Il aura fallu des dizaines d’années de savant grignotage des consciences et des intelligences, comme pour tout poison, une mithridatisation pour que les cerveaux puissent recevoir de telles doses de poison sans accuser un état de choc ; comme ce n’est pas mon cas, je ressors complètement perturbée : « Comment est-ce possible ? Comment peut-on se passer (et le perdre) le temps à se gaver de telles conneries ? » ; J’ai ressenti les mêmes symptômes mais atténués lors de mes derniers « bains de ville ».

Sans avoir à regarder la télévision, il est tout à fait possible de percevoir dans les comportements la nouvelle matrice d’opinion qui en dépit de toute logique stigmatise les pauvres plutôt que la pauvreté. Quelque chose a changé dans le regard de ceux qui sont (encore) de l’autre côté de la barrière, les regards se font torves et soupçonneux, méprisants vers ceux qui habitent la rue. J’ai l’occasion dans ce temps que je passe en compagnie d’habitants de la rue de percevoir ce changement de manière palpable, un regard de mépris n’atteint pas de la même manière qu’un regard de sympathie ou de compassion. Pour moi qui le constate à intermèdes décalés, le changement est violent.

J’ai assez d’éléments pour pouvoir retracer la création volontaire de cette matrice d’opinion… et tout autant pour comprendre dans quel but elle s’interpose entre les habitants d’une même ville, d’une même région, d’un même pays. J’aurai l’occasion de développer cela quand j’aurai la disponibilité d’esprit qui me permettra de poursuivre le travail critique de mise en forme d’un écho de paroles partagées, celles des « misérables » jugeant l’action des pouvoirs pas très publics et des associations institutionnalisées qui les concerne.

Dans une vie vagabonde il est impossible de conserver avec soi sa bibliothèque, ses notes, ses références,  il faut tout avoir en mémoire, et personnellement il me faut un peu de recul et de tranquillité pour avoir la concentration nécessaire pour ce genre de travail. C’est pourquoi vous avez plus souvent droit à des premiers jets truffés de fautes… c’est cela ou rien, le fond plutôt que la forme entre l’urgence d’un monde en perdition et une vie comme une petite barque perdue sur le grand lac, il faut souvent ramer pour garder le cap, auquel cas le blog est loin de mes pensées.

C’est certainement une de mes réponses à ce système qui produit à tour de bras des autodestructions induites… vous ne m’aurez pas. Je refuse d’entrer dans vos méandres d’hypocrisie et de faux-semblants, je refuse de grimper votre échelle sociale, n’y pensez même pas !. Ni la carotte, ni la contrainte, ni la menace ne feront de moi votre complice. Bref je refuse de collaborer. Y compris et avant tout à mon reformatage en vue d’intégration, mon défi est donc de me donner les conditions d’une vie décente et intègre en me glissant dans les failles de plus en plus étroites que laisse le système aux marginaux. Mais c’est sans doute parce que j’ai quelques armes mentales pour résister aux tentatives de formatage que j’en perçois d’autant mieux les ravages chez d’autres qui n’ont pas les outils conceptuels pour contreffectuer les matrices idéologiques du système, véritable lavage de cerveau et dont la télévision est un vecteur incontournable.

Si la désobéissance civile se définit comme action collective, l’objection de conscience est un choix personnel. Et ma conscience objecte et s’oppose à la globalisation.

Parce que mon intime conviction est que la Machination de la planète met en œuvre des processus de destruction irréversibles de la vie et de ses conditions de possibilité, et que quand bien même cela marcherait, ce qui n’est pas le cas, je ne veux pas du projet de monde global qui tente de s’imposer comme seul possible, dans le plus absolu totalitarisme que l’on ait vu de mémoire humaine.

 Alors que nous sommes parvenus au moment où l’espèce humaine devrait se constituer comme telle, cherchant ensemble comment habiter sagement (écosophiquement) la planète, en bons voisins, nous assistons à un éclatement de l’espèce. C’est dans l’article consacré à la « capitale de SDF » - SKID ROW, L.A., USA - que je vois, pour la première fois dans ce contexte, le terme infrahumains, les auteurs latinos ayant moins de pudeur « politiquement correcte », ils n’hésitent pas à appeler les choses par leur nom, et si cela choque tant mieux… parce que c’est la réalité, c’est un constat que l’on retrouve partout où sévit la misère et en particulier la misère urbaine ; des personnes privées des moyens de la dignité et du bien-être dans la plupart des cas se dégradent inexorablement, c’est cette « Chronique d’une autodestruction induite »,dont je montrerai quelques mécanismes ultérieurement.

Lisez Greek Crisis de Panagiotis Grigoriou, qui est sans doute plus édifiant pour comprendre ce qui se produit chez nous, parce que plus proche. Vous prenez des gens normaux, vous les plongez dans la misère et leur caractère va se dégrader au même rythme que leur santé, que leur volonté. J’ai lu une citation de l’Abbé Pierre qui disait qu’il faut trois jours de rue pour faire un SDF quelles que soient les origines sociales de la personne, ce n’est pas tout à fait vrai, cela dépend de la persistance ou non de réseaux de solidarité informelle dans lesquels une personne est intégrée, mais qui ont effectivement tendance eux à se désintégrer en proportion de la déchéance de la personne. Mais oui, cela illustre bien cette notion d’attracteur fatal… hier une personne avec une histoire, un destin et demain la réduction au plus petit dénominateur commun « SDF » dans ce cas ; faut être bien accroché pour résister et les niches affectives jouent un rôle protecteur fondamental. C’est le parachute qui ralenti d’autant la descente vers le fond du gouffre. Je vois des gens que j’aime bien se transformer sous le poids de la misère et de l’absence de perspective d’avenir ; je sais que c’est un incroyable gâchis de qualités humaines, de talents, de savoirs faires qui auraient été tout à fait à leur place, pour le plus grand bien et plaisir de tous dans une société conviviale, et qui faute de lieux où s’épanouir périclitent et s’(auto)détruisent.

Infrahumains donc eux qui sont plongé dans l’indignité, et hors humanité ceux qui ont pris les décisions qui les y plongent et sont les mêmes que ceux qui sont en train d’assassiner une partie de l’humanité pour le bon fonctionnement de leur Machine Infernale, de leur système-monde. Toute leur (dé)formation fait d’eux des rouages de la machine chargés de veiller sur sa perpétuation et son bon fonctionnement en utilisant les méthodes d’ingénierie… un système dans lequel la fonction prime sur la personne, la transformant en individu, autre attracteur fatal, autre plus petit dénominateur commun.

Ceux qui se sont mis ainsi  Hors humanité, s’autoproclamant élites - à part et au-dessus de – s’arrogeant le droit de décider pour tous sans consultation de l’avenir de la planète, en se justifiant des illusions qu’ils se font sur leur propre compte, donc, moi je les appelle humanoïdes parce que leur pensée a été formatée sur des modes machiniques en contradiction avec les modes de pensée et d’être du vivant en général, de l’humain en particulier… Objectivement ils servent un projet de monde dans lequel l’humain naturel est incapable de survivre.

En conséquence de quoi des secteurs entiers de recherches et développement sont consacrés à la mise au point de cyborg, partie vivant et partie machine,  et de nanotechnologies intrusives et transformatrices de l’humain en « autre chose », un hybride. Une autre création d’hybrides sont les organismes génétiquement modifiés… et les mutations spontanées conséquences de leurs délire. Pitié pour les petits êtres mutants innommables, conséquence de l’usage de l’agent orange (et du Round Up à présent),de l’uranium appauvri et autres poisons de la soupe mutagène. L’apparition de ces hybrides, leur multiplication et les rôles qu’ils seraient chargés de jouer dans ce projet de monde rebutant, c’est bien d’un éclatement de l’espèce dont il est question. Et ceux qui se sont arrogé le droit d’agir comme cela, ce sont placé en dehors de l’humanité, qu’ils détruisent.

J’objecte de conscience pare que cette option d’hybridation est la conséquence de décennies de mise en œuvre de techniques de manipulation des inconscients collectifs qui misent sur « le pire en l’homme », sur ses instincts de mort, de destruction, de convoitise, de délation, de sadisme. D’autres options étaient possibles qui misaient sur d’autres qualités humaines. Cela je tenterai de le décrire quand je décrirai à travers mon expérience de terrain et autres références, comment la misère conduit la majorité à la déchéance morale pour quelques-uns qui y révèlent le meilleur d’eux-mêmes.

 J’objecte de conscience parce qu’une vie sans clarté, ni intégrité de conscience n’est que ruine de l’âme.

L’intégrité, une notion fondatrice qui exclut le mensonge, à commencer par ceux qu’on pourrait avoir envie de se faire à soi-même dans certaines circonstances. L’intégrité implique aussi de n’avoir jamais à dire « Oui chef » tout en pensant « Sale con »,ce genre d’hypocrisie qui gangrène la hiérarchie sociale et en fait un panier de crabe du plus vilain effet pour ceux qui contemplent cela de l’extérieur… Le conformisme social agit comme agent de perte d’intégrité.

Et entendre et regarder les mensonges et les stupidités que diffusent les télévisions, cela porte atteinte à mon intégrité, je me sens confrontée à une véritable pollution mentale, le genre de choses dont je me passe très bien. Il y a longtemps que j’ai choisi mon camp et je n’ai aucun penchant à me délecter des turpitudes de l’ennemi.

Une humeur du jour  donc en guise d’antidote donc au poison télévision qui m’avait plongée dans un état de stupeur horrifiée.

 

 

 

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Published by Anne Wolff - dans anne humeur du jour
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commentaires

florence 18/01/2013 22:43


bravo...je me suis bien retrouvée dans ces écrits...ouf! pas complètemement seule dans ma vision des choses.Merci !

Anne Wolff 19/01/2013 15:23




Bon, une longue réponse mais je me suis laissé emporter par le sujet…



Merci à mon enfance sans télé... ou si peu, je n’ai pas été accoutumée et pourtant je ne me suis jamais ennuyée. Je vois tellement de parents qui collent leurs mômes devant la télé le matin pour
avoir un peu la paix, sans visionner eux-mêmes ce dont ils gavent leurs marmailles... puis il y a ceux qui se donnent un peu bonne conscience en leur passant un "bon" film... dans pleins de foyer
l’écran fait partie intégrante de la vie quotidienne, allumé en permanence… même dans les montagnes.



Je crois qu’on devrait analyser plus profondément l’effet télé dans les histoires d’enfants tueurs, dans les phénomènes de « bandes », dans la délinquance comme issue à la misère… Parce
que le discours de beaucoup de délinquants, parfois difficile à déchiffrer quand il est écrit, il est question de guerriers et « d’hommes d’honneurs », toute une mythologie – qu’ils ont
apprise avec la télé  e t les jeux vidéo un autre fléau-  qui donne l’impression à des jeunes qui n’ont
aucun espoir de s’intégrer à la société de gravir les échelons d’une autre hiérarchie. Encore que « autre », il y a assez de « fictions » qui mettent en scène la corruption du
système pour que nul ne puisse ignorer la fusion d’intérêts entre le monde des affaires, les mafias et les administrateurs de l’état (depuis que la politique a été évacuée). Les mythe de Bandits
ne manquent pas dans le panorama Hollywoodien !



J’ai pleins de petites anecdotes, de moments où je me retrouve confrontée à ce monde de fiction en complet décalage avec mon entourage. Il y en a une qui plus que d’autres m’interpelle.



Un petit village de montagne en Catalogne, je vis en ermite au bas du village, deux fois je vais aller faire quelques emplettes au bar-épicerie du village, à six semaines d’intervalle. Deux fois
la même scène,… le bar, quelques consommateurs qui sirotent leur bière, j’attends que le taulier m’amène la commande, la télé, écran en hauteur est allumée. Deux fois ce sont les mêmes scènes de
torture d’Irakiens par des militaires étasuniens. Mes voisins sont imperturbables, même pas affectée pour un sous. Moi je repars malade et je ne m’en suis jamais vraiment remise au sens où
quelques chose d’irréversible c’était produit, il y avait le monde d’avant dans lequel de telles choses étaient impossible, et celui d’après dans lequel elles étaient devenues réalité
quotidienne. Je n’étais pas naïve au point d’ignorer que la torture existe. Je connaissais déjà une partie de l’histoire de l’Amérique Latine et de ses bourreaux. Mais à l’époque de tels actes
devaient être soigneusement dissimulés à l’opinion publique. Lorsque de témoins, des chercheurs, de vrais journalistes d’investigation mettaient en lumière de tels fait, les gens étaient non pas
indignés mais scandalisés, en colère, compatissants aussi. Alors que la torture devienne un spectacle publique donné en pâture au peuple ou la mort de Saddam Hussein ou l’assassinat de Kadhafi,
et que la conscience populaire soit à ce point blasée ou blindée ou pire pour certains –friande de - pour pouvoir le contempler sas sourciller, cela me parle d’un autre monde que celui dans
lequel j’ai grandi. Et cela me fait peur, non pas tant pour moi-même, que pour l’avenir de ma région, de l’Europe. « Quelque chose c’est passé qui a changé les mentalités en
profondeur » La plupart des gens ne pensent plus, mais mimétisent ce qu’ils voient à la télé. Ils sont devenus experts par procuration et manient des arguments qui sont calqué sur ceux des
dénommés « experts » pour les besoins de la cause du Système. Ils ne voient pas que leur arguments tournent en rond dans des cadres imposés dont il n’est plus question de sortir sans se
faire stigmatiser… délirant, utopiste, rouge-brun, facho devient plus rares depuis qu’une partie de la population est en train de virer sa cuti et de se dire que « Hitler et tout cela
c’était finalement pas si mal… vous voyez bien le merdier du « complot juif international » ». C’est aussi absurde que de dire que la France a été un pays collabo pendant la
seconde guerre mondiale parce qu’il y avait Pétain et effectivement beaucoup de collabos.



Cette matrice là non plus n’est pas innocente… je n’ai pas les tenants et aboutissants mais quelques fils et beaucoup d’indices comprobants : la croissance de la composante nazies dans les
populations y compris le nazisme islamiste est indispensable au devenir du système qui l’instrumentalise dans des buts peu avouables.



Et là aussi la télé et autres médias jouent un rôle ambigu, créant à la fois des matrices d’opinion pro-Israël et d’autres profondément antisémites… comme si Israël avait besoin de toutes les
« menaces » d’un antisémitisme ouvertement déclaré pour justifier ses politiques belliqueuses. Je ne puis m’empêcher de penser qu’il y a quelque délire paranoïaque là-dessous… Les
paranos ont tendance à se fabriquer des ennemis pour justifier leurs délires et aujourd’hui les médias appartiennent à des membres de cette clique parano qui se fabriquent des ennemis à tour de
bras… ce qui arrange ceux d’entre eux ou leurs potes marchands d’armes et ceux spécialisés en reconstruction et mainmise qui débarquent après destruction d’un pays et de ses habitants, surtout
les plus rétifs à la colonisation.. Rappelez-vous de Dresde, rien ne justifiait sa destruction en février 45.



C’est pourquoi j’aime bien cette notion de microfascisme de Deleuze. J’espère ne pas le trahir en traduisant cela par « Le microfascisme est tout ce qui en chacun d’entre nous rejette ce
qu’il ne comprend pas par peur de l’inconnu. » Après viennent la haine, et le désir de destruction, après viennent les noyaux d’inconscient collectifs qui regroupent toutes ces peur…j’ai
l’image d’un groupe qui marche dans les rues d’une ville entouré de protecteurs armés pour faire face à toute éventualité… j’ai l’image des chariots de l’invasion du far west, j’ai l’image de
tribus primitives qui ont leurs « police » qui veille pendant les déplacements et autour des camps. Ce sont des instincts très primitifs qui remontent à la surface.



Et puis les matrices d’opinion viennent agiter tout cela, désignent des boucs émissaires à la vindicte populaire. Et de la défense on passe à l’attaque. Je n’ai aucune sympathie pour les
mouvements de masses quels qu’ils soient. Cela ne veut pas dire que je n’en ai pas pour des personnes qui les composent. Combien de fois le témoignage de personnes qui se ressaisissant après une
émeute, un lynchage et se  tapent la honte de ce qu’elles ont fait : « Je n’étais plus moi-même ».  Un monde meilleur se construit avec des personnes conscientes, déterminées, qui ne se laissent pas emporter par leurs émotions et qui peuvent dire après
l’action « J’étais pleinement éveillée au meilleur de moi-même »… et si l’action était de guerre, cela n’exclut pas les larmes et les regrets.



 Les pacifiques ne peuvent que regretter d’avoir dû en arriver à répondre à la violence par la violence et ne peuvent que le regretter
amèrement…  mais faut-ils rester sans réaction quand des groupes paramilitaires débarquent pour vous assassiner parce que vos terres et les recherches
qu’elles recèlent intéressent leurs maîtres ? C’est de cette violence-là dont je parle. Il y a des situations qui ne donnent d’autres choix aux agressés que de prendre les armes. Et cela
m’interpelle, parce que si nous n’en sommes pas là, contrairement à ce qu’en pensent certains, un seuil est en train d’être franchi dans la violence par des  polices de plus en plus formées aux techniques de contre-insurrection mise au point par les « Forces d’Opérations Spéciales » étasunienne. En France le
projet conjoint s’appelle projet Scorpion… et la torture au moins de « basse intensité » en fait partie. Des centaines de pacifistes blessés parfois gravement à Notre Dame des Landes
posent un choix…. Je me tire parce que c’est trop chaud pour moi ici… après viendra la question d’où aller quand le territoire est confisqués. Je me range du côté des pacifistes et pour que cela
ne soit pas trop douloureux je me joins (ou non) à un groupe comme les désobéissants qui pratiquent les formes collectives de résistance passive ? Je réponds à la violence par la violence.
Mesurée…réponse de défense et protection. Et le risque toujours présent de la spirale de la violence ou de son détournement à des fins qui nous échappent. Une de ses fins est que cette explosion
démesurée est voulue et encouragée par le système pour d’obscures raisons de contrôle global. Et nous retombons sur ces matrices d’opinions crées non seulement par les médias du système mais
également toute une série de petits Trolls aux ordres qui viennent polluer le Web, y semer la zizanie et/ou la confusion.



Quelques scandales viennent d’éclater en Bolivie, Equateur, des personnes mal intentionnées avaient créé de faux comptes tweeter aux noms des Morales et Correa dans un but d’intoxication. Ceci
pour dire que l’élément noyau n’est pas tant la télévision ou les médias que « la matrice d’opinion » qui se crée par les médias mais aussi par l’enseignement,  par les clubs qui cultivent l’idéologie du système(CFR, Siècle… ce genre de Club), par des noyautages d’organisations (syndicats, groupes d’opposition), par des
instrumentalisations du réels en opposants des masses à d’autres masses, des forces de répression au peuple…



Nous avons des médias appropriés par quelques groupes qui en ont expulsés les vrais journalistes, et les influences qu’ont ces groupes sur la qualité de l’enseignement et même sa nature fait
qu’on ne forment plus aujourd’hui de journalistes au sens ancien de ce terme… et c’est valable pour l’ensemble de l’enseignement supérieur, il n’est plus question de connaissance mais bien
d’orientation vers les besoins du marché. Une bonne partie de l’enseignement importé dans les pays colonisés était de cette nature. On ne venait pas apporter la connaissance aux petits africains
mais bien les formations qui leur permettraient de participer à l’exploitation de leur territoire. L’université à présent forme les étudiants dans le cadre imposés par ces matrices, le peu
d’espace de liberté qui y subsiste sera totalement annihilé par leur privatisation. Voir l’article publié par Chien Guevara au sujet de la formation des énarques dont on pourrait dire qu’elle
consiste à désapprendre à penser en général et surtout par soi-même.



Une éducation qui ne cesse de réaffirmer les limites dans lequel penser est permis… et surtout ni créativité ni innovation. Comme si on vous fournissait en kit la liste des arguments autorisés, à
vous de trouver les moyens de les articuler… et en fonction de l’évolution des contingences, de nouveaux petits kits complémentaires d’arguments autorisés sont mis en circulation. C’est
complétement inintéressant en soi. Cela ne nous pose question que parce que cela fait du dégât dans nos vies.. et qu’il faut bien nous interroger sur qui sont ces médiocres qui dépècent nos pays
avec des petits airs de sainte nitouche.



Les Universités ont longtemps échappé à ce formatage, elles ont été un vivier qui permettaient aux « révolutionnaires du monde » d’échanger des idées, de participer à des actions
communes, de nouer des liens d’amitiés. Certains professeurs – les meilleurs - dans leur pratique encourageaient vivement cela. Quand ils ont disparu ceux qui les ont remplacés n’étaient pas de
la même trempe. C’est toute une culture, culture proprement européenne, ouverte et syncrétique, critique et émancipatrice que j’ai vu s’éteindre doucement pendant que s’y substituait
insidieusement l’acculturation de la colonisation yankee.



Il reste en Europe quelques porteurs de flambeau mais beaucoup  se font vieux et supportent mal la douleur qui résulte du spectacle de la
transformation du monde et de toutes ces souffrances et destructions qui auraient pu être évitées. Effacement des mémoires, une grande opération d’effacement de nos mémoires collectives a eu lieu
et se perpétue à vitesse accélérée. Il s’agit de détruire les musées d’Irak, ce patrimoine de l’humanité et d’installer « Disney world » à Bagdad, en bousillant un parc public comme il
a été projeté de le faire. Comment s’appelle l’équivalent du génocide quand il s’agit de destruction des mémoires, de destruction d’idées qui ne cadre pas avec le système, y compris par
l’élimination physique de ceux qui en sont les porteurs ?



Des pratiques déjà très chères à l’Inquisition qui en connaissait déjà un sacré bout en matière de torture et de cruauté et surtout de conditionnement des consciences par la terreur. Mais les
catholiques ne sont pas des chrétiens, le droit d’usure crée un hiatus infranchissable entre les deux religions. Quant à l’Inquisition on en a perfectionné depuis et pas qu’un peu, les méthodes
et techniques y compris celle de conditionnement mental des masses pour mieux les asservir ! Et la télévision a joué un rôle clé pour banaliser tout cela. Ce n’est pas l’invention de la
télévision en soi qui est en cause, la preuve c’est que depuis l’invention d’Internet des (combien ?) millions, dizaines de millions, centaines de millions de personnes seules ou
collectivement… partent en exploration à la recherche d’informations pertinentes et une partie de ceux-là, en plus la relaye ou la crée.



Ce qui est en cause ici, c’est l’utilisation de la télévision comme cheval de Troie de la culture d’entreprises (économiste et militaire), et du divertissement (stupide) qui en fait partie. On a
bien travaillé, on a payé ses impôts, on a voté… on a gagné le droit de se divertir et de se bourrer le crâne de fiction sans intérêt qui vident la tête de contenus plus dynamiques. Et tous cela
baigne dans des images de guerre, de violence, de cruauté où se mêlent réalité et fiction jusqu’à l’indiscernable, les plus pures horreurs peuvent alors être diffusées dans la plus grande inertie
et indifférence du public.. Pourquoi on réagirait puisque c’est (devenu) NORMAL !!!


 



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Gilles Deleuze, février 1977.

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