22 janvier 2014 3 22 /01 /janvier /2014 21:10

 

 

Sans que le gouvernement mexicain le sache, l’agence nord-américaine a scellé des alliances avec de groupes de narcos pour obtenir des informations clés sur leurs rivales et a de cette manière alimenté la violence.

Par Doris Gamora | El Universal/

     

MEXICO – Les agents antidrogues et de la justice des Etats-Unis ont négocié sur le sol mexicain avec les membres des cartels du narcotrafic pour obtenir des informations sur leurs rivales, ce qui a conduit à des saisies de chargements et des détentions, une situation qui a augmenté la violence dans tous le pays pendant le gouvernement de Vincente Fox et Felipe Calderón.

Selon les documents judicaires obtenus par El Universal, pendant une enquête d’une durée d’un an, avec plus de cent entrevues, Washington avait connaissance et autorisait ces réunions de procureurs et agents avec les narcotrafiquants. Les contacts ont commencé avec le puissant cartel de Sinoloa que dirige Joaquin « el Chapo » Guzmán recherché depuis son évasion en 2001 d’une prison mexicaine de haute sécurité.

Durant les gouvernements de Fox et Calderón, les procureurs fédéraux nord-américains et agents de la DEA se réunirent avec des trafiquants de drogues à Mexico. David Gaddis, alors directeur de la DEA, qui a  son siège dans la ville de Mexico autorisa ses agents à se réunir avec des membres des cartels sans en informer le gouvernement mexicain et ils permirent, par des accords écrits, que les narcotrafiquants continuent à opérer.

Entre 2000 et 2012, et en particulier entre 2006 et 2012, pendant le gouvernement de Calderón, les Etats-Unis établirent avec le Mexique des accords de collaboration sans précédent pour le combat du narcotrafic. En parallèle, ils menèrent une guerre secrète au moyen de leurs agents, qui se réunissaient directement avec les membres des cartels.

En juin 2009, un accord entre le Département de Justice et le Département de Sécurité Interne des Etats-Unis permis que, tant des agents de la DEA, que de l’Office de l’Immigration et des Douanes (ICE) disposent de l’autorité pour enquêter sur des suspects de narcotrafics à la frontière et au niveau international.

Sans la présence d’aucune autorité mexicaines, comme l’impose les accords binationaux, et sans en informer le gouvernement du Mexique, les agents ont construit un réseau d’informateurs de narcotrafiquants, qui ont signé des accords de coopération, sujets à résultats, pour qu’ils puissent en tirer des bénéfices futurs, parmi eux, l’abandon des charges aux Etats-Unis.

En certaines occasions les agents de la DEA ou du gouvernement des Etats-Unis fournirent des données obtenues lors de ces réunions, sans le signaler, au gouvernement du Mexique pour que les polices ou les militaires mexicains procèdent à des arrestations. Pendant la présidence de Calderón, 12 des plus importantes détentions furent provoquées par la DEA.

En Colombie, la DEA et autres agences étasuniennes obtinrent, il y a des années des informations d’organisations rivales du cartel de Medellin, de Pablo Escobar. Ce travail, réalisé en collaboration avec la police locale, dut qualifiée de « grand succès » par Myles Frechette, ex ambassadeur des Etats-Unis à Bogota. « Le problème du narcotrafic se poursuit en Colombie, mais nous avons obtenu la réduction du trafic de cocaïne et d’autres drogues », dit Frechette dans une entrevue avec l’Universal

Depuis les années 80, la DEA opère de la même manière tant en Colombie qu’au Cambodge ou en Thaïlande, et depuis plus de dix ans elle applique la même stratégie en Afghanistan, selon Edgardo Buscaglio, Professeur de l’Université de Colombie. « Il est évident que ce modus operandi implique une violation du droit international public, en plus d’ajouter d’avantage de combustible au feu de la violence, avec des violations des procédures régulières et des droits humains », dit Buscaglio.

Le cas qui établit en détail les tactiques des agents de la DEA lors de réunions à Mexico et de négociation avec des membres des cartels est le processus judiciaire qui se déroula dans un tribunal de Chicago contre Vincente Zambada Niebla, fils de Ismael “el Mayo” Zembada considéré comme le numéro Deux du cartel de Sinaloa. Ces réunions se réalisèrent en plus de 50 occasions en territoire mexicain, selon les documents judiciaires.

 

“Le gouvernement des Etats-Unis et ses agences ont une longue tradition d’accord de l’immunité à des criminels pour commettre des crimes en contrepartie d’informations reçues concernant d’autres criminels », dit la défense de Zambada Niebla.

Cette tactique, mentionne la défense, fut largement utilisée par le Département de Justice et ses agences dans « la guerre contre les drogues » sans que soient prises en compte les pertes de vies occasionnées ni l’évolution du trafic de drogue aux Etats-Unis.

 

En se basant sur ses conversations avec un autre agent et avec la direction de la DEA Manuel Castañón, qui fut partie dans le cas de Zambada Niebla, explique que la réunion initiale à Mexico avec les narcotrafiquants devait explorer une coopération potentielle. « Il est habituel que dans une rencontre initiale avec des potentiels accusés coopérants nous tentions de nous faire une idée de la majorité de ses conduites criminelles possibles et d’explorer quels types d’informations il pourrait procurer concernant les conduites criminelles des autres, nous parlons le moins possible et écoutons le plus possible » dit Castaño

Entre 2009 et 2011, la DEA établit aussi des contacts avec des membres notables des cartels du Golf et des Zetas. Sous le gouvernement de Enrique Peño Nieto le nombre d’agents de la DEA au Mexique diminua. Cependant on ignore si l’agence a maintenu les contacts avec les Cartels de la drogue en quête d’informations sensibles.

Traduction Anne Wolff

Source en espagnol

Publicado por Leandro Morgenfeld

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