1 février 2012 3 01 /02 /février /2012 22:24

 

« Je veux, si je suis élu Président de la République, que d’ici à deux ans, plus

personne ne soit obligé de dormir sur le trottoir et d’y mourir de froid. »

(Nicolas Sarkozy – fin 2006)

 

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Décidément, les promesses politiques n’engagent malheureusement que ceux y ont encore la naïveté d’y croire…

Ce matin, j’apprends avec tristesse et néanmoins sans surprise que Xavier Emmanuelli (fondateur du Samu Social et ancien Secrétaire d’Etat à l’action humanitaire d’urgence) a décidé de démissionner du Samu Social, organisme centralisant le « 115 » et menacé par une coupe budgétaire de 25% (alors que je rappelle que le champ d’intervention de l’urgence des sans abris relève de par la loi directement et principalement de la responsabilité de l’Etat).

J’apprends cette nouvelle sans réelle surprise, car la situation de l’urgence se dégradait déjà depuis des mois.

Le 29 juin dernier, déjà, une trentaine d’association d’aide aux plus démunis, parmi lesquelles Emmaüs, Médecins du Monde, le Secours Catholique et la FNARS, avaient dénoncé dans un communiqué des dizaines de suppressions de places d’hébergement, « conséquence de réductions budgétaires inacceptables en 2011 » (moins 41 millions d’euros en 2011, moins 64 millions d’euros attendus en 2012), parlant de « mépris » de la part des « plus hautes instances de l’Etat ».

Le Centre d’hébergement parisien Yves Garel, géré par le Samu Social, qui accueillait des hommes et des femmes SDF, venait d’être fermé, après plus d’un an de négociation.

Il manque pourtant actuellement, en Ile-de-France, 13.000 places d’hébergement et de logement de stabilisation.

Les réductions annoncées des crédits de l’Etat risquent d’avoir ainsi des conséquences humaines tragiques : en effet, si l’Etat ne revient pas sur ces dispositions, 15.000 personnes se retrouveront à la rue dès le mois d’août.

Selon Xavier Emmanuelli, « le gouvernement ne comprend pas ce qu’est l’urgence sociale, qui vise à maintenir les gens en vie ».  Il dénonce « les technos, les mecs qui pensent structure, budget, et pas souci de l’autre », expliquant que l’Etat et la Mairie de Paris « se tirent dans les pattes ».

Aucune solution n’a été proposée aux personnes déjà concernées, alors que la loi DALO, instaurée en mars 2007, stipule pourtant qu’aucune personne accueillie en hébergement d’urgence ne peut être remise à la rue.

Certains élus, trop rares, se sont quand même indignés, comme Christian Favier, Président (PC) du Conseil Général du Val-de-Marne : « Une nouvelle étape, inhumaine et dramatique, vient d'être franchie dans le sort indigne réservé aux personnes sans logis ».

Pour infos, et malgré les promesses, là encore non tenues, de Nicolas Sarkozy, la France est bien rétrograde face à ses voisins européens… « Selon les chiffres publiés par la Fédération européenne des Associations Nationales Travaillant avec les Sans-Abri (FEANTSA), la France est de loin la plus mauvaise élève pour l’accueil de personnes sans-domicile fixe : près de 33.000 personnes entrent ainsi dans  la catégorie « Sans-abri » qui regroupe les personnes « vivant dans la rue » et « hébergement d’urgence ». Rapporté à la population française, cela donne un taux de 52 SDF pour 100 000 habitants, bien loin devant l’Espagne (26), la Belgique, l’Allemagne (22) et l’Angleterre (19). La Pologne (16) et la Finlande font aussi meilleure figure. » 

J’espère en tout cas (peut-être naïvement) que ce sujet sera une des priorités des candidats à l’élection présidentielle.

En attendant, il y a de plus en plus d’hommes et de femmes qui vivent dans la rue (dont plus d’un tiers ont un travail), dont certains meurent, et ce, dans l’indifférence générale.

 

 

Source : « Je veux, si je suis élu Président de la République, que d’ici à deux ans, plus personne ne soit obligé de dormir sur le trottoir et d’y mourir de froid. » (Nicolas Sarkozy – fin 2006) - Le blog de Valerianne

 

Ajoutez que 8O OOO à 120 000 personnes qui vivent dans les campings sont menacés de se retrouver dans la rue pour faire place nette aux bobo-touristes par la loi Léonard votée par l'unanimité des quelques présents avec l'abstention silencieuse d'un communiste... Que du beau monde !

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commentaires

R
<br /> http://sansrien.blogspot.com/<br />
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A
<br /> <br /> Merci, justement je faisais une recherche pour voir un peu ce qui se passe. Pour moi ce sont des crimes du système et ni homicide involontaire, ni non assistance à personne en danger, non plutôt<br /> de l'association de malfaiteurs (de l'humanité). Je crois que je vais ponter un autre blog sur la précarité au quotidien... mais là je règle d'abord son comtpte à Mélanchon qui est à présent sur<br /> mon petit carnet noir avec Obama et la Clinton.<br /> <br /> <br /> J'espère que Asselinault ne veut pas lui aussi annexer la Wallonie....<br /> <br /> <br /> Dès que j'ai un peu de temps je lirai son programme... comme je ne serai pas française demain,j'ai un peu de temps....<br /> <br /> <br /> Si jamais, toute info sur la précarité, y compris celle bien vécue m'intéresse. Et je vais relayer l lien ici..... Maerci<br /> <br /> <br /> <br />

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"Le vieux fascisme si actuel et puissant qu’il soit dans beaucoup de pays, n’est pas le nouveau problème actuel. On nous prépare d’autres fascismes. Tout un néo-fascisme s’installe par rapport auquel l’ancien fascisme fait figure de folklore […].

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Gilles Deleuze, février 1977.

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