15 mars 2014 6 15 /03 /mars /2014 12:07

 

 

VENEZUELA Quarante jours à la rencontre des mouvements sociaux.

 

 

«Je salue notre dangereux ami… » (rires) «…Joao Pedro Stedile, du mouvement des sans terre». Là où d’autres chefs d’Etat évitent tout risque d’incident diplomatique, le nouveau président du Venezuela, élu le 14 avril 2013, préfère bousculer le protocole pour se réunir avec les mouvements sociaux. La signature le même jour d’accords majeurs de coopération avec la présidente du Brésil n’empêche pas Nicolas Maduro de dialoguer avec ceux qui critiquent l’abandon de la réforme agraire et les progrès de l’agro-business sous le mandat de Dilma Roussef.

 

 

VENEZUELA Quarante jours à la rencontre des mouvements sociaux.
Réunion avec les mouvements sociaux à l’Université de Brasilia, Mémorial Darcy Ribeiro, 9 mai 2013

Réunion avec les mouvements sociaux à l’Université de Brasilia, Mémorial Darcy Ribeiro, 9 mai 2013

 

 Ce 9 mai 2013 au mémorial Darcy Ribeiro – qui pour Maduro «fait partie des hommes capables de transformer la conscience d’une époque» – c’est le porte-parole du Mouvement des Sans Terre, au nom des syndicats et collectifs présents, qui accueille le président vénézuélien. Le lutteur social rappelle que Chavez fut le premier à aller vers eux, à dénoncer les limites institutionnelles de l’État bourgeois en vigueur depuis trois siècles et à chercher l’appui des mouvements sociaux dans cette transformation. Avec les militants brésiliens, Maduro évoque la transformation du Marché Commun du Sud (MERCOSUR) dont le Venezuela assumera la présidence le 28 juin "en une identité de peuple, une opportunité de développement, d’intégration énergétique, économique, structurelle de nos pays", notamment à travers la consolidation du SUCRE, monnaie régionale qui met fin à la dictature du dollar pour la vente et l’achat de produits entre pays de l’ALBA, la Banque du Sud, la création d’une École de Formation des Mouvements Sociaux, la défense des ressources naturelles lors de la prochaine réunion de la CELAC à Caracas, l’organisation d’un Fonds Égalitaire de lutte conte la pauvreté à discuter au sein de l’OPEP : «nous ne sommes pas simplement un gouvernement, nous sommes une révolution populaire au pouvoir et nous transformons la société. Le pouvoir moral, politique, organisateur des mouvements sociaux est la garantie majeure pour les processus démocratiques de notre région et la clef de leur invincibilité face aux agressions impériales». La première étape de cette tournée dans les pays du MERCOSUR l’avait mené en Uruguay à la rencontre du Président Mujica et des travailleurs. Maduro, qui entra en politique à travers la militance syndicale, y a proposé la création d’une confédération des travailleurs à l’échelle du continent..

 

Avec les travailleurs uruguayens, 7 mai 2013

Avec les travailleurs uruguayens, 7 mai 2013

 

VENEZUELA Quarante jours à la rencontre des mouvements sociaux.

 

 

 

Quelques semaines plus tard à Cochabamba, lors de sa rencontre avec les mouvements sociaux boliviens en compagnie d’Evo Morales, le président du Venezuela a de nouveau plaidé pour la création d’une organisation continentale des mouvements de travailleurs, paysans, pêcheurs, communautés indigènes, mouvements féministes, étudiants et pour faire face ensemble aux nouvelles stratégies impériales et aux traités de libre commerce – notamment l’Alliance Pacifique mise sur orbite par les États-Unis (Mexique, Colombie, Pérou et Chili)- et aux plans de la droite latino-américaine pour détruire l’ALBA.“Nous avons décidé de développer fortement à travers l’ALBA tout ce qui concerne l’éducation publique gratuite et de qualité pour nos peuples, de fortifier nos universités publiques. Les pays membres de l’ALBA sont en tête des indicateurs de l’éducation universitaire en Amérique Latine et dans certains cas, dans le monde”. VENEZUELA Quarante jours à la rencontre des mouvements sociaux.

 

VENEZUELA Quarante jours à la rencontre des mouvements sociaux.
VENEZUELA Quarante jours à la rencontre des mouvements sociaux.
VENEZUELA Quarante jours à la rencontre des mouvements sociaux.
Bolivie, 25 mai 2013

Bolivie, 25 mai 2013

 

 

Bolivie, 25 mai 2013 Ce volontarisme social de la diplomatie bolivarienne est occulté, ou réduit à une « pétrodiplomatie », par les médias occidentaux qui taisent avec le même soin le « gouvernement de rue » au cœur de la politique intérieure que mène Maduro au Venezuela. Conçu pour "rencontrer directement les problèmes et les résoudre avec la population, organiser un nouveau modèle de gouvernement avec les conseils communaux, essence d’une nouvelle démocratie et du socialisme", ce « gouvernement de rue » a déjà pris des centaines de mesures et alloué les ressources nécessaires sur la base du diagnostic participatif. Pour rendre à l’État sa capacité d’action sur le terrain et lutter contre la corruption, Maduro a décrété six Régions Stratégiques de Développement Intégral (REDI). Tout va se jouer dans l’efficacité du suivi par les relais mis en place. Après avoir surmonté la tentative de coup d’État organisée par la droite en avril 2013, le président est en train de regrouper les forces sociales autour du programme sorti des urnes, le « Plan Patria 2013-2019 » . C’est pourquoi la droite latino-américaine et ses alliés états-uniens intensifient leurs manœuvres de déstabilisation, notamment depuis la Colombie. Mais le temps joue en faveur de la révolution bolivarienne. *

 

 

"Gouvernement de rue", quartier de Coropo, État d’Aragua, Venezuela, 31 mai 2013.

"Gouvernement de rue", quartier de Coropo, État d’Aragua, Venezuela, 31 mai 2013.

VENEZUELA Quarante jours à la rencontre des mouvements sociaux.

 

 *Parallèlement aux mesures issues des assemblées populaires, à l’augmentation générale des salaires et à la mise en œuvre effective de la nouvelle Loi du Travail, voici quelques mesures qui ont marqué les quarante premiers jours de la présidence de Nicolas Maduro : (merci à Juan Miguel Díaz Ferrer) Sécurité citoyenne Création du “Mouvement pour la Paix et pour la Vie”, avec le désarmement effectif de bandes de jeunes délinquants, la création d’espaces culturels et de formation et la création du fonds spécial "Jóvenes de la Patria" (500 millions de Bolivars). Mise en place du Plan National de sécurité avec l’appui mutuel des communautés populaires, des forces armées et de la police nationale bolivarienne. Dans les premiers mois le taux d’homicides a été réduit de 60 % en moyenne. Il s’agit aussi de mettre fin aux violations des droits de l’homme commises par les polices antérieures. Renforcement de la Mission A Toda Vida Venezuela pour humaniser les conditions de détention dans le système pénitencier. Réunion avec les télévisions privées pour qu’elles réduisent leur dose quotidienne de violence. Politiques alimentaires Dialogue avec le secteur privé. La Chambre de l’industrie alimentaire du Venezuela a accepté de travailler avec l’exécutif à trouver des solutions aux problèmes d’approvisionnement et prévoit dans les 180 jours d’augmenter la production de 18%. Lancement de la construction d’une centrale agro-industrielle près de Caracas avec un investissement d’environ 52 millions de dollars de la Chine. Nouvelle stratégie visant à accroître les réserves alimentaires du pays. Importation de 760.000 tonnes de nourriture, huile, lait en poudre, le sucre brut, le thon en conserve, sardines en conserve et le sorgho. Renforcement du système des magasins d’État PDVAL, qui vend les produits de base 35% moins cher que dans le marché et du réseau FarmaPatria qui vend les médicaments à des prix 40% inférieurs à ceux du marché. Recensement par les experts agricoles des pays du Mercosur, dans les états du Zulia, Aragua, Portuguesa et autres de 230 000 hectares aptes à la mise en culture immédiate. Subventions aux producteurs de riz et de canne à sucre. Avec l’Argentine, l’Uruguay, le Brésil, la Bolivie, signature de nouveaux accords agricoles et énergétiques. Avec des sociétés brésiliennes, le Venezuela construit une usine d’engrais pour produire 1,5 millions de tonnes par an. Électricité Déclaration de l’état d’urgence pour le réseau national d’électricité. Approbation des ressources nécessaires pour renforcer le système électrique national (SEN), dans le cadre du plan de 100 jours présenté par le ministre de l’Electricité. Inspection du parc d’énergie éolienne de La Guajira (État du Zulia) Tarifs spéciaux pour les grands consommateurs d’électricité, afin d’encourager les économies d’énergie (commerciaux, etc) et maintien du tarif social pour la population. Logement Reprise du plan massif de rénovation urbaine populaire « quartier tricolore ». Objectif de la Grande Mission Logement Venezuela pour cette année : construction de 380.000 maisons à travers le pays. Relations Internationales Visite des pays du MERCOSUR qui ont signé plusieurs accords de coopération avec le Vénézuéla. Appui aux candidatures de la Bolivie et de l’Equateur au sein du Mercosur. Articulation des processus d’intégration régionale ALBA–Mercosur, et Petrocaribe-Mercosur. Organisatio à Caracas du VIIème Sommet de Petrocaribe,avec l’entrée du Guatemala et du Honduras en tant que membres actifs du mécanisme de coopération, démarrage des travaux pour constituer la Zone Économique de Petrocaribe (ZEP), accord spécial signé pour la fourniture d’engrais à promouvoir le développement agro-industriel régional, et régime spécial des liaisons aériennes entre tous les pays membres. Création d’un fonds pour les opérations conjointes. Développement d’un système de développement du commerce interne dans la zone de Petrocaribe.

 

Source et videos : dialogue avec les mouvements sociaux brésiliens, Mémorial Darcy Ribeiro, le 9 mai 2013.

VENEZUELA Quarante jours à la rencontre des mouvements sociaux. - ulalche.over-blog.com

 

Tout cela est loin d'être parfait, mais c'est un beau chemin qui s'ouvre là, en ce moment précis de l'histoire d'une globalisation meurtrière et destructrice, et c'est cela que certains veulent détruire - en ce moment précis de l'histoire - en faisant tomber le gouvernement du Venezuela, qui avec toutes ses imperfections est néanmoins un gouvernement populaire en recherche des moyens du partage du pouvoir (pas avec l'oligarchie) et de justice sociale... Je n'avais aucun doute quand à cette succession populaire de Chavez, la grande famille des "Nous sommes tous Chavez". Pour le gouvernement je ne savais pas, jusqu'où lui faire confiance, sinon dans la bonne volonté du moins dans les capacités. Aujourd'hui mon respect pour ces hommes et ces femmes au gouvernement du Venezuela que je vois grandir à vue d'oeil, en sagesse, intelligence, maîtrise, pour donner des réponses appropriées aux attaques en grandes partie paramilitaires et terroristes venues de l'extérieur qui cherchent à s'emparer du pays avec l'aide de quelques rares alliés locaux.

Ma seule crainte réside dans les moyens disproportionnés dont dispose l'ennemi extérieur pour mettre un terme aux gouvernements qui le dérangent et soumettre les peuples qui lui résistent. Et cette crainte est aussi grande que cette immene armée de la culture de la Mort et de la domination des peuples dont l'ombre plane aujourd'hui sur le Venezuela, trouvant la faille depuis la voisine Colombie ou les ailes déployées de tous les "Aguilas negras" empêchent depuis des décennies le peuple de profiter pleinement de la saveur du soleil.

Anne



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commentaires

Letzte Ölung 16/03/2014 15:32


Bonjour Anne, très interressant ce que tu écrite sur le Venezuela, j'ai twitté cette publication, cordialement...


Chris.....

Anne Wolff 17/03/2014 09:28



C'est
le Venezuela qui est intéressant ! Et dans l'ensemble les mouvements sociaux d'Amérique Latine. Quelque chose d'important s'est produit dans le monde qui est passé inaperçu en Europe, ce grand
mouvement de solidarité qui fait bloc avec le peuple et le gouvernement du Venezuela... tous ceux qui ont dit... nos divergences, on en parlera plus tard, ce qui compte en ce moment, c'est
l'Union et la Solidarité. Une grande prise de conscience collective de ce que oui, il y a des gouvernements qui sont réellement des barrages à la colonisation. Mais aussi de ce que le Pouvoir
Populaire doit se concrétiser, et de la nécessité de réellement développer une production locale et régionale comme condition sine qua non d’indépendance et malheureusement aussi, une défense
conjointe comme celle, venue tardivement de la nouvelle école militaire de l’Unasur en Equateur. Il en aura fallu du temps pour que cette urgence se concrétise.


Il
faut dire aussi que ce qu’ont montré d’eux-mêmes les putschistes a été comme une sorte de salutaire vaccin de rappel de la réalité pas si lointaine où ils étaient au pouvoir, sans oublier la
réalité de guerre que vivent les peuples qui sont actuellement soumis aux diktats, à la Terreur de la même clique de l’extrême-droite. Les masques n’ont pas réussi à dissimuler le fait que ceux
qui les portent sont les héritiers de ceux qui ont permis l’Opération Condor et les Dictatures avec leurs Escadrons de la Mort, les masques, en dissimulant le visage ne font que rendre plus
visible la haine, comme ingrédient principal de cette « rébellion »des oligarques, la haine du Peuple, en tant que tel, dans son ensemble.


Nous
entrons dans la phase "fin du monde" de la guerre. Fin du vieux monde, après c'est un long combat qui s'annonce, dont les restrictions au droit du travail chez nous, l'interdiction du purin
d'ortie, sont une composante, au même titre que les assassinats de militants en AL, où les procès de l'Argentine contre les fonds Vautour et dans le monde.


Une
grande différence entre les latinos et nous, c'est qu'eux sont bien informés de cette nouvelle forme de guerre qui culmine avec Obama, et cela leur permet de les identifier comme des
manifestations de ce projet de "domination du spectre complet"... là-bas, tout lemonde en parle, et apporte sa petite contribution pour élucider tel ou tel aspect... ici 99,999....% des gens n'en
ont même jamais entendu parler.


Ce
ne sont pas les richesses matérielles qu'il est urgent de partager mais bien les connaissances qui permettent d'en faire bon usage.



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Au lieu d’être une politique et une économie de guerre, le néo-fascisme est une entente mondiale pour la sécurité, pour la gestion d’une « paix » non moins terrible, avec organisation concertée de toutes les petites peurs, de toutes les petites angoisses qui font de nous autant de microfascistes, chargés d’étouffer chaque chose, chaque visage, chaque parole un peu forte, dans sa rue, son quartier, sa salle de cinéma."

 

Gilles Deleuze, février 1977.

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