25 septembre 2013 3 25 /09 /septembre /2013 11:02

 

Dilma Rousseff a ouvert cette Assemblée Générale de l'Onu

Je ne sais pour vous, mais jusque ici je ne m’étais jamais intéressée de trop près aux assemblées générale de l’ONU qui me semblaient une mécanique à ratifier les positions de l’Empire Transnational représenté par le régime étasunien du moment. Monde unipolaire et hégémonie des gendarmes autoproclamés, sans qu’aucune remise en question ne prenne assez d’ampleur et renverser ce qui apparaissait comme un ordre immuable des choses.

L’ONU, une organisation sous contrôle, Jean Ziegler décrit fort bien cela dans « Les nouveaux maîtres du monde… ». Parlant de sa propre expérience, il raconte par exemple l’espionnage permanent sur chacun de ceux qui y travaille et comment pour y échapper, les informations importantes ne peuvent passer par le courrier électronique, mais bien être remises en main propres par un porteur de confiance.

Cette fois pourtant, frustration, je voudrais avoir une connexion à Internet qui m’offre la possibilité de suivre les débats, en en particulier, bien sûr, les interventions de ce pôle multipolaire que la plupart ici continuent d’ignorer : l’Amérique du Sud en tant que telle. Dilma Rousseff, Evo Morales, Cristina Fernandez de Kirchner prenaient hier la parole, et j’aurais aimé pouvoir suivre cela en détail.

Tout au cours des semaines qui ont précédé, de multiples échanges ont eu lieu entre différents pays du continent Sud-Américain pour préparer les différentes interventions sur des thèmes brûlants. Simultanément à New York, les représentants de l’ALBA tiendront leur propre réunion.

Nous savons que plus largement, cette assemblée sera l’occasion d’une radicale remise en question du rôle de gendarme auto-proclamé de notre monde imposé par les États-Unis. Le dernier G20 qui s’est tenu à Moscou nous en a donné un avant-goût. L’Occident s’y est vu détrôné par une alliance de puissances émergentes, dont nous savons qu’elles sont la figure de proue de la réprobation mondiale qui veut en finir avec l’attitude belliqueuse de la nébuleuse globalisante incarnée par le gouvernement des Etats-Unis. La Russie, la Chine, le Brésil, l’Inde, l’Argentine, l’Afrique du Sud y ont vertement remis en place Obama, qui était dans ses petits souliers.

 

L'Occident détrôné

Source image : L'Occident détrôné

Si la Syrie est l’obstacle sur lequel l’empire s’est déjà cassé quelques dents, d’autres thèmes émergent qui sont autant de pierres dans son jardin et d’épines dans son talon (d’Achille ?). L’espionnage sans limite auquel se livrent sans vergogne les services secrets US est un de ces thèmes qui a été porté sur l’Agora par Dilma Rousseff qui ouvrait cette assemblée. La même Dilma qui en raison de cet espionnage a supprimé la visite qu’elle devait faire aux Etats-Unis le 23 octobre.

Evo Morales, incarne quant à lui la voie du refus de tous ceux qui s’insurgent contre la tentative de recolonisation musclée du continent Sud, clairement annoncée par Kerry, qui a donné la couleur en affirmant que les USA allaient s’occuper vigoureusement de leur arrière-cour. Provocation ? Maladresse ?

Une telle déclaration était inacceptable pour tous ceux qui construisent la souveraineté et l’autodétermination de cette région du monde, phare pour tous ceux qui souhaitent un monde de paix, multipolaire, fondé sur la complémentarité des peuples et non sur leur mise en rivalité, leur mise en concurrence.

Dans un monde aux ressources matérielles limitée, ayant subi une explosion démographique la complémentarité et le partage équitable est la seule optique possible pour qui souhaite la paix et le bien-être pour les habitants présents et à venir. Ce qui implique un changement radical de nos manières d’habiter la planète.

Comment en effet pratiquer une consommation « responsable » et « soutenable » quand les modes de production, la nature et la qualité des produits est toujours plus nuisible. Comment trouver une issue, alors que la « croissance » forcée reste centrale, ne bénéficiant qu’aux quelques-uns qui sont entré dans la spirale du Profit, au prix de destruction irréversible de la planète. Richesse ? C’est quoi au juste. Il faudrait peut-être redéfinir cette notion selon des critères « raisonnables » (moins quantitativement matérialistes et plus qualitativement joyeux). Sérieuse ? Non je ne suis pas sérieuse… Inquisition hors de nos murs ! Austérité de même.

Comme beaucoup, je suis critique des modes de développements adoptés y compris par les gouvernements rebelles (au néolibéralisme) d’Amérique du Sud. De nombreux mouvements populaires locaux, avec à leur tête les associations paysannes et indigènes, d’ailleurs ne cessent de les remettre en question. C’est un autre débat, qui doit impérativement être mené mondialement, et en particulier en Europe.

Ceci dit, l’Europe des Peuples ne pourra se construire que si nous balayons principe de cette concurrence (ni) libre, (ni) parfaite qui est le fondement idéologique officiel de la construction européenne actuelle et que nous apprenons en pratique ce que mise en complémentarité des ressources veut dire. Ce qui ne sera possible que si nous renonçons à cette attitude de roquets de l’Impérialisme, illusion de supériorité de notre civilisation européenne dévastée par les effets néfaste de l’acculturation et du colonialisme yankee. Il serait plus que temps d’en revenir à plus d’humilité, de renoncer à nos propres attitudes suprémacistes de colonisateur-civilisateur et d’aller prendre de la graine là où le marché des semences n’est pas encore monopole de Monsanto et cie.

Ce qui se passe se passe ces jours-ci à l’ONU est donc de toute première importance aussi pour nous européens, le trône de l’Empereur que nous servons vacille et nous courrons le risque de nous retrouver relégués avec les Maîtres aux oubliettes de l’histoire, complices de ceux pour qui la globalisation signifie « dominer par les armes de guerre, celle que mène les militaires, guerre économique dont les règles internationales contraignante réduisent la politique à des démonstrations de parades de bonnes intentions, guerre psychologique qui par mainmise sur l’information de masse et la déstructuration des enseignements colonise les consciences et domine les opinions publiques. Nous courrons un risque bien plus grave, celui de récolter les fruits de la haine que nous avons semée.

Pour tous ceux qui aspirent à la paix, la souveraineté, l’autodétermination, cette mise au ban des nations des Etats-Unis qui se profile à l’horizon de cette assemblée est un préalable indispensable. Pourquoi ?

Comme beaucoup d’entre nous, gens simples et pacifiques, je me serais bien contentée de cultiver mon jardin et de partager avec de bons voisins et visiteurs de passage, les charmes et la plénitude d’une vie simple, active, de la joyeuse convivialité de ceux qui sont bien dans leur vie et dans leur peau et ne demandent rien de plus que de prendre leur place goutte d’eau dans la mer des peuples. Encore eut-il fallu que cette Mer soit celle de la Tranquillité.

J’aurais plus volontiers passé ce temps consacré à élucider les marasmes de la géopolitique internationale à cultiver mon jardin, créer les objets utiles à la vie quotidienne, partageant mes savoir-faire avec d’autres pour le faire collectivement dans des relations d’échange et de partage continué, dans la  joie et la bonne humeur. Mais justement cela aujourd’hui est toujours plus frappé d’interdit par un modèle de gestion du monde qui ne supporte pas l’existence d’alternatives, les détruits systématiquement et fait tout ce qui lui est possible, y compris par le meurtre, la torture, l’emprisonnement pour empêcher de germer et de croître ces tentatives, ensemencement du monde par d’autres possible que celui de la guerre totale, du contrôle et de la domination absolue de peuples soumis aux lois imposées par un petit-nombre, dont ils faut bien reconnaitre qu’ils sont de dangereux malades mentaux dotés d’une puissance démesurée et meurtrière.

GUERRE AUX ALTERNATIVES ! est un de leur slogan implicite favori.


C’est une réalité concrète, que nous éprouvons dans nos quotidiens et d’une manière plus dramatique les plus précarisés parmi nous. Ce sont donc des constats de terrain qui m’ont amenée à mettre le nez dans cette merdouille. Ceux qui me connaissent un peu savent que je n’hésite pas à me retrousser les manches et mettre de l’huile de bras quand il s’agit de nettoyer concrètement des terrains souillés de la réalité, même là où d’autres sont rebutés. Nettoyer est toujours une bonne chose, quelques mètres carré de planète rendus à l’harmonie, c’est toujours cela de gagner. Mais cela ne suffit pas, les souilleurs pollueurs disposant de moyens industriels de destruction de planète, nos moyens artisanaux ne seront efficaces que si nous arrivons à les empêcher de nuire d’avantage.

Qui nettoiera les terres rendues radioactives par les bombes de l’Empire ? Fungi ? Qui restaurera les campagnes empoisonnées par le Roud-up et les cultures contaminées par les OGM de Monsanto et cie ? Etc… Ce sont des problèmes mondiaux qui ne peuvent être résolu tant que ne sera pas mis un terme à ces pollutions criminelles à échelle planétaire.

 

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Et pour entrer dans un autre registre, comment trouver des manières de vivre ensemble en bons voisins respectueux les uns des autres tant que les multiples foyers de la guerre diffuse (concept fondateur des stratégies actuelles du Pentagone, dans sa volonté de conquérir la « domination du spectre total » d’ici à 2020) sèment la haine entre les peuples, exacerbe les différents idéologiques et religieux entre voisins, et produit les conditions de possibilité  de guerres civiles aussi en Europe. Les dernières manifestations de l’extrême-droite, en Grèce comme en Espagne sont loin d’être anodines, les perspectives de coup d’état fasciste dans ces deux pays prennent chaque jour d’avantage de consistance. Ce qui nous apparaissait comme impossible il n’y a pas si longtemps, rivalise en ce moment comme possible (ne les laissons pas devenir probable !) avec les projets de monde qui impliquent la reconnaissance de la personne en tant que telle, sans racisme ou autre discrimination. Ce projet pour lequel « Toute personne a droit au respect et au moyen de la dignité du seul fait qu’elle existe ». Un projet que je ne puis plus qualifier de projet de gauche pour la raison assez évidente qu’une bonne partie de la gauche occidentale est raciste, colonialiste, suprémaciste, et pour une partie ralliée sans condition au néolibéralisme, alors que bien des gens qui se disent apolitiques œuvrent à ce projet en y mettant tout leur cœur, toute leur intelligence, toute leur énergie.

C’est très certainement un des écueils auquel nous nous heurtons en ce moment, si l’extrême-droite de plus en plus puissante se réunit sur la base très clair de la haine, du rejet et de la destruction de l’Autre, aucune théorisation commune ne vient servir de liant permettant à ceux qui s’y opposent de donner leur pleine puissance, celle qui unit (encore) une majorité d’habitants de la planète. Union dans un projet commun et pacificateur que nul encore n’a réussi à exprimer clairement en tant que ce courant de conscience planétaire qu’il constitue.

 

Réfléchissez deux secondes. Vous constaterez que sur cette planète, une majorité d’habitants, braves gens de tous pays, aspirent avant tout à vivre en paix jouissant pleinement du droit d’autodétermination locale. Et pour ceux qui prennent la peine de porter leur regard au-delà des affirmations obsolètes de l’Occident triomphant, cette affirmation « Tout le monde veut vire comme nous » est un gros mensonge pernicieux. Si les peuples que nous avons pillés n’ont au départ pas eu le choix, transformés en esclaves de nos modes de production, dépouillés de l’essentiel pour satisfaire les consommateurs repus d’autres continents, lointains et inconnus d’eux, beaucoup affirment à présent haut et clair : Nous ne partageons ni vos valeurs, ni vos aspirations et nous voyons bien que vos mode de vie, de production et de consommation ont pour conséquence la destruction de toute éthique et de l’existant, toujours dans le malheur, la sinistrose, l’abrutissement et ce terrible isolement auquel l’individualisme concurrentiel condamne ceux qui le pratiquent à outrance »


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C’est aussi de cela dont il sera question ces jours-ci à l’Assemblé Générale de l’ONU.  Et si nous pouvons d’une certaine manière nous réjouir de ce rôle de leader de la dissidence mondiale endossé par Poutine au cours des derniers mois, nous ne pouvons ignorer que ce même Poutine est encore porteur d’un modèle hégémoniste, quand bien même celui-ci serait multipolaire. Quand à la Chine… je ne suis pas la seule à être terriblement inquiète par cette conquête économique silencieuse qu’elle opère actuellement dans le monde.

La visite de Maduro en Chine et les accords conclus qui font de la Chine un investisseur privilégié au Venezuela, comme dans d’autres pays d’Amérique,  Latine, a été l’occasion d’exprimer cette inquiétude. Si Maduro a fortement insisté sur les aspects d’alliance stratégique renforcée comme fruit de cette rencontre, nous voyons bien, que cela ne va pas sans une possibilité de mainmise de la Chine sur une partie du pétrole vénézuélien et d’autres secteurs économiques cruciaux. A surveiller donc de très près. Les formes de la diplomatie, obligent-elle à passer sous silence le caractère esclavagiste des conditions de travail de centaines de milliers d’ouvriers et d’ouvrières chinois? N’est-ce pas aller trop loin que de reconnaitre le modèle chinois comme positivement socialiste et susceptible de s’intégrer au projet de socialisme « siglo XXI » ?

Si je ne suis pas une spécialiste, ni de l’Amérique Latine, ni d’autres sujets, je me qualifierais plutôt d’observatrice intéressée et assidue, toujours frustrée par les limites que le temps et mes capacités mettent à la découverte de cette organisation  multipolaire dans la diversité qui s’invente chaque jour dans la région. CELAC, UNASUR, MERCOSUR, ALBA, PETROCARAIBE,  … autant d’organisation dans lesquels se retrouvent certains gouvernements régionaux (tous dans la CELAC). D’autre part il y a les accords des pays « amis » des USA, sous forme de traités de Libre Echange ou d’accord militaires… ou les regroupements comme UnoAmerica dirigé par le sinistre Uribe qui regroupe tous ce que le continent compte de nazis et autres fascistes, généraux de dictatures, et occupe une place de choix dans l’internationale fasciste mondiale… un sujet d’étude à part entière !

Les associations de souveraineté des gouvernement, déjà difficile a appréhender exhaustivement, sont peu de chose,  comparé aux multiples formes d’associations locales et transrégionale qui unissent directement les peuples entre eux, comme la récente apparue ALBA des peuples qui permet aux populations dont les gouvernements ne sont pas membres de l’ALBA de s’unir à ce mouvement. Il y a là une incroyable qualité et quantité de conscience et d’intelligence en action pour poser les bases de l’unité  d’une multiplicité dans la diversité. Associations indigènes trans régionales, celles de paysans, celles que motivent une vision politique ou économique commune, association de média populaires, associations de commune…. Innombrables…

Cette diversité n’est pas réductible, et chacune de ses associations, chacun de ces collectifs est singulier et en tant que tel ne peut être compris qu’envisagé selon ces particularités, son histoires, ses réalisations et ses rêves pour l’avenir.

On est loin de la mécanique globalisante avec ses règles uniques pour un monde unique qui en font finalement un objet d’étude assez simple. Ses méthodes varient en fonction des contingences locales, des degrés d’acceptation de l’opinion publique et de complicité des gouvernements, dont certains n’ont aucun scrupule à mettre leurs forces de l’ordre et de la répression au service de ce pouvoir global, contre les habitants de leur pays dont ils sont officiellement mandataires. Mais elles ont un but unique homogénéisant, cet attracteur fatal qui efface les histoires, les différences, les originalités pour fondre tous et tous dans ses moules de conformisme carcéral. Grande machination du monde. Les produits de la mécaniques sont des objets fort simple au regard de la complexité-diversité des sujets vivants.


Tout cela pour dire que oui, ce désir de voir mettre le Président Obama, son gouvernement et ses complices, au ban des nations civilisées dont Evo Morales se fait le héraut dans cette assemblée - reprochant à Obama de parler « avec uncynisme mensonger » comme « le gendarme, le patron ou le propriétaire du monde » – cette érosion de pouvoir, de puissance de crédibilité que subit le gouvernement des USA (et ceux qu’il représente… pas le peuple de ce pays, en tout cas) sont des préalables indispensables à une refondation du monde qui donne de l’espoir à beaucoup d’entre nous. Espoir de pouvoir déjà simplement relégitimiser les possibilités de créations d’alternatives, confisquées, interdites, criminalisées, rendues impossibles par des lois et règlement iniques, l’appropriation-confiscation du territoire où les ancrer.

Cela ne doit pas émousser notre vigilance à l’égard des autres puissances aspirant à des formes de concentration de pouvoir hégémonique.

Néanmoins, une Assemblée Générale de l’ONU dans laquelle il n’est pas entendu d’avance qu’une fois de plus les USA dicteront leur loi et leur programme sans que personne ne soit susceptible de les contrer, c’est une grande première. Mais un tout petit début…

Anne W.

 

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Published by Anne Wolff - dans anne humeur du jour
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