23 septembre 2013 1 23 /09 /septembre /2013 11:01

 

la politique d’austérité  un remède qui cherche à guérir la maladie en tuant le patient.

Y’a d’la joie

C’est la samba des banquiers.

Voilà un texte qui illustre parfaitement les causes de mon cri de colère d’hier. En contact rapproché avec les associations officielles qui se réclament de la lutte contre la pauvreté en Belgique et en Europe, je ressens ce malaise grandissant qui me prend quand je me retrouve face à des personnes guidées par un des leurres fantasmatiques que nous inventent les pouvoirs de la globalisation afin de détourner énergie et action des vrais problèmes.

Tous les éléments qui constituent les processus de cette globalisation convergent et entrent en redondance pour dessiner une trajectoire qui entend éradiquer la pauvreté en éradiquant les pauvres. De multiples processus concourent pour parvenir à ce but. Affamés, désespérés, atteint de maladies conséquences de la malbouffe ou d’empoisonnement environnementale, soumis à des politiques de contrôle et carcérales qui progressent en rigueur de manière continue et accélérée… etc… Et on ne peut ignorer ces groupes de néo-nazis qui passent à l’action un peu partout dans le monde, pratiquant de véritables opérations de nettoyage des sans-abris, des immigrés, des rroms ou de militants des courants d’opposition (mouvements de gauches ou anarchistes, militants de droits humains, journalistes trop curieux, peuples en lutte pour leur souveraineté et leur terre),leurs méthodes n’ont rien à envier à celles de la SA sur lesquelles elles sont calquées.

Il est clair que le fascisme, en tant que matrice d’opinion développée par la propagande et de ses bandes organisées qui se constituent, toujours plus décomplexées, violentes, nombreuses,  aura un grand rôle à jouer dans cette éradication des pauvres et autres exclus de la « White Supremacy » si nous le laissons faire. Le mouvement est enclenché et ne demande que quelques sauts politiques qualitatifs pour donner sa pleine mesure.

Gagne aussi du terrain la criminalisation de toute résistance, dissidence opposition et les moyens mis en œuvre pour les réprimer, voir les détruire.

Je partage donc avec d’autres cette conviction que s’il ne faut pas laisser le terrain de la  politique politicienne et que la pression sur le personnel politique est une des composantes d’un mouvement de transformation structurelle, c’est en réalité une composante mineure.

Seule une organisation de terrain de nouvelles formes de solidarité  ancrées dans l’expérience millénaire des peuples en lutte pour leur souveraineté et pour le bien-être collectif peut nous sortir de la galère. Cette organisation implique une réappropriation du territoire afin d’y développer concrètement les outils de cette solidarité, économie de complémentarité et de soutien mutuel.

 

pauvreté

 

Quelque 150 millions de personnes menacées de pauvreté en Europe

 

 

 

Par Stefan Steinberg
18 septembre 2013
Dans un rapport publié le 12 septembre, l’ONG Oxfam a prévenu que le piège de la pauvreté en Europe, dans lequel sont déjà pris plus de 120 millions de personnes, pourrait en inclure 25 millions supplémentaires si la politique d’austérité continuait.

Un rapport intitulé, Une mise en garde: La crise amère d’austérité et d’inégalité de l’Europe, précise : « L’Union européenne se trouve dans une crise amère de chômage et d’inégalité qui pousse à l’instabilité économique et au désespoir social, » en ajoutant qu’« une famille sur deux a été directement touchée par la perte d’un emploi ou une réduction du temps de travail. »

Le rapport poursuit: « A la fin de l’année dernière déjà, plus de 24 pour cent de la population européenne, 121 millions de personnes, vivaient exposés au risque de la pauvreté. Nous prédisons que ce nombre pourrait augmenter de jusqu’à 25 millions d’ici 2025 à moins que la politique d’austérité ne soit éliminée et qu’une autre direction ne soit prise. »

Le rapport compare la politique d’austérité introduite après le krach de Lehman Brothers en 2008 par l’Union européenne (UE) et le Fonds monétaire international (FMI) à « un remède qui cherche à guérir la maladie en tuant le patient. »

Le rapport d’Oxfam poursuit en identifiant la manière dont la politique d’austérité a résulté ces cinq dernières années en une massive redistribution de la richesse. Les couches les plus riches de l’élite européenne et du monde de la finance ont pu considérablement bénéficier de la même crise qui a plongé des dizaines de millions de personnes dans la pauvreté.

« La Grèce, l’Irlande, l’Italie, le Portugal, l’Espagne et le Royaume-Uni – pays qui ont le plus agressivement appliqué les réductions budgétaires – vont bientôt venir se ranger parmi les pays les plus inégaux du monde, » a remarqué le rapport. Selon Natalia Alonso, la directrice du bureau européen d’Oxfam : « L’écart entre les riches et les pauvres au Royaume-Uni et en Espagne pourrait bientôt être le même qu’au Soudan du Sud ou au Paraguay. »

L’effet de la politique d’austérité a été de ravager les économies de nombreux payspartout sur le continent, et en particulier ceux situés en Europe méridionale. Une étude distincte a constaté que la part relative de l’Europe méridionale dans l’économie mondiale se réduira de moitié pour s’élever à environ 6 pour cent d’ici 2018 contre environ 12 pour cent en 1980.

Parallèlement au processus de la flambée des bénéfices des banques et des marchés boursiers, les salaires et le pouvoir d’achat des familles ouvrières ont été drastiquement réduits en Europe.

Durant la période de 2010 à 2012, les salaires réels ont chuté de plus de 3,2 pour cent au Royaume-Uni et au Portugal ; la valeur réelle des salaires a été ramenée au Royaume-Uni au niveau enregistré en 2003. Au cours de cette période, l’Italie, l’Espagne et l’Irlande ont aussi accusé une baisse des salaires réels, et la Grèce occupe la première place avec une chute des salaires réels de plus de 10 pour cent.

Le corollaire d’une telle attaque contre les revenus et les emplois a été une augmentation dramatique de la pauvreté infantile et aussi l’extension de la pauvreté à ceux qui travaillent et qui ne gagnent pas assez pour couvrir les frais de subsistance de base.

L’un des indicateurs les plus révélateurs de l’augmentation de la pauvreté en Europe est la baisse du nombre des naissances. La hausse du chômage et l’assaut contre les salaires ont été accompagnés par la destruction des programmes de dépenses publiques et l’abolition de nombreuses prestations de protection sociale et de soins de santé, dont ceux concernant les familles jeunes et les enfants, et qui avaient été mis en place durant la période d’après-guerre. Les couples craignent de plus en plus pour leur avenir et le taux de naissance est en chute libre en Europe.

Fin août, l’Office statistique de l’UE, Eurostat, avait publié un rapport prédisant une soi-disant ‘récession des nouveaux-nés’ en Europe. Le rapport présentait des graphiques montrant une baisse prononcée du taux de naissances partout en Europe depuis le démarrage de la politique d’austérité.

Selon les chiffres les plus récents publiés par le ministère grec de la Santé, le taux de naissance en Grèce a dégringolé de plus de 10 pour cent depuis le début de la crise de la dette en 2009. Il se situe actuellement à environ 1,3 enfant par femme et continue de baisser. L’on estime qu’un taux de naissance d’environ 2 enfants est nécessaire pour maintenir une population stable et la croissance économique.

Des études supplémentaires publiées la semaine passée ont confirmé la tendance à la récession sur tout le continent. Des chiffres publiés vendredi dernier ont révélé une hausse de 1 pour cent du nombre des personnes sans emploi au second trimestre de cette année par rapport au premier trimestre dans la zone euro, et une augmentation de 0,5 pour cent du niveau du chômage dans l’UE. Des statistiques distinctes montrent que la production industrielle continue de chuter aussi bien dans la zone euro que dans l’UE.

Tout en mettant en garde contre une explosion de la pauvreté, le rapport Oxfam montre clairement que les programmes d’austérité mis en avant par l’UE – pour réduire l’endettement des Etats nationaux – ont un effet inverse. Des économiques qui implosent, le chômage de masse et une diminution des recettes fiscales combinés aux forts taux d’intérêt pour le remboursement des prêts de l’UE et du FMI tout cela a entraîné un accroissement de la dette nationale dans de nombreux pays. L’on s’attend à ce que le niveau de la dette grecque atteigne 180 pour cent du PIB d’ici la fin de l’année ; ce niveau se situe autour de 120 pour cent en Italie et au Portugal. La semaine passée, des responsables ont annoncé que la dette espagnole avait atteint un niveau record absolu.

A la fin, le document d’Oxfam avance une série de propositions dont un investissement dans l’emploi et un régime fiscal plus équitable dont il affirme qu’il pourrait inverser la tendance à l’aggravation de la pauvreté.

 

Des propositions identiques ont été faites ces dernières années en de nombreuses occasions par les NGO et les organisations liées aux syndicats et ont toutes fini dans la corbeille à papier des bureaucrates de l’UE, à Bruxelles ou à Berlin. Les élites européennes n’ont nullement l’intention d’inverser la contrerévolution sociale qui s’est avérée tellement profitable pour leur base sociale – les riches et les ultra-riches.

Le rapport d’Oxfam a été publié un jour avant une réunion de deux jours des ministres européens des Finances à Vilnius. Les ministres rassemblés n’ont nullement consacré leur temps au sort des dizaines de millions de gens qui vivent dans la pauvreté en Europe. Au lieu de cela, ils ont débattu de nouveaux mécanismes pour protéger les banques et la communauté financière en cas de nouvelle crise.

(Article original paru le 17 septembre 2013)

Source :
Quelque 150 millions de personnes menacées de pauvreté en Europe | CentPapiers

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Published by Anne Wolff - dans Eurocrassie
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