5 juin 2013 3 05 /06 /juin /2013 14:48

 

 

Après avoir traduit le texte d’Atilio Boron, (Implications géopolitiques de l’incorporation de la Colombie à l’OTAN. Par Atilio A. Boron  )qui en bon diseur de vérité, pose à plat la signification et les implications de la déclaration du président colombien Santos manifestant sa volonté d’intégrer à terme la Colombie (l’obstacle étant sa situation géographique) dans l’OTAN, sachant l’ignorance dans laquelle baigne une majorité de francophones concernant la géopolitique latino-américaine et l’importance de cette région dans la lutte pour la paix dans le monde,, autrement dit pour éviter après la troisième guerre mondiale économique, l’embrasement planétaire d’une guerre à foyers multiples de guerres civiles ainsi que la concocte le Pentagone et ses maîtres, et comme il ne m’est pas possible de traduire tous les articles importants à ce sujet, j’ai décidé de faire des revues de presse informelles sous forme d’échos afin de contribuer à briser les processus de désinformation matraquée par les uns et par le silence coupable des autres. 

Suite à la déclaration de Santos, Evo Morales, le président de Bolivie a lancé un appel à une convocation d’urgence d’une réunion de l’Unasur pour élaborer une politique de défense commune. Rappelons qu’au cours des derniers mois, après que Washington ait exhibé ses couleurs de guerre dans la région, ces processus de défense conjoint ont accéléré leur marche en avant et qu’une école militaire régionale doit être mise en place en Equateur pour rompre définitivement avec cette tradition qui voulait que les militaires latino soient formé par l’Ecole de torture ex des Amérique sous égide de nazis, de la CIA, et du Mossad qui transformaient ainsi les militaires régionaux en garde-chiourme, assassins et bourreaux des peuples locaux. Ce qui avait suscité la révolte du jeune militaire Hugo Chavez et initié son engagement politique.

Rappelons aussi que la Bolivie a du résister à deux tentatives de déstabilisation proche de coup d’état en moins d’un an. En Juin de l’année passée quand les policiers munis d’armes de guerre (distribuée par différents membres de l’extrême-droite) ont envahi les rues pour réclamer une amélioration de leur conditions de travail, s’attachant à faire monter la tension entre autre en frappant des indigènes surtout des femmes et lançant des insultes racistes au président. Mais comme au Venezuela en avril, ni le peuple, ni le gouvernement n’ont cédé à la provocation. La marche des indigènes des Tipnis dont l’arrivée devait servir de mise à feu s’est détenue, ses leaders affirmant que leur marche était destinée à faire valoir leurs droits et pas à mettre le pays à feu et à sang.

Peu après, ce sont des membres des Opérations Spéciales étasuniennes, entrés séparément avec des visas touristiques qui ont été surpris en plein entraînement dans les montagnes boliviennes. Et plus récemment, une grève menaçait de mettre le feu au poudre, je vous laisse juger des revendications : retraite à 100% du salaire accompagnée d’une augmentation de 800% de ces salaires. Les syndicats locaux ne sont manifestement pas confrontés au concept d’austérité. Essayez donc de faire cela en Europe… mais ici on y penserait même plus…

Ajoutons que depuis le coup d’état qui a renversé le président Lugo au Paraguay en juin 2012 on observe une intensification de présence et mouvements de troupes à la frontière de ce pays avec la Bolivie.

La harpie Clinton a quant à elle lancé quelques imprécations bien sentie pleine de menaces contre la présidente Cristina Kirchner lui intimant de mettre un terme aux avancées (prudentes) du socialisme en Argentine et de se soumettre aux impératifs de la bonne gouvernance néo-libérale. De quoi je me mêle… Et ce malgré que les options prises par Kirchner sont plus proches d’un socialisme de velours à l’ex européenne  avec toutes les carences, imperfections et contresens que nous savons. Une critique cohérente de gauche, paysanne et/ou indigène se fait entendre dans le pays.

L’enjeu que représentent les Malouines est loin d’être anodin puisque sur l’une d’elle, à 700 Km des côtes de Patagonie, est installée une base nucléaire de l’OTAN avec une de ces longues pistes d’atterrissage qui permettent une rapide « projection » de force conforme à la nouvelle doctrine militaire du Pentagone. Rappelons également que lors de la première guerre des Malouines les USA ont violé les statuts de l’Organisation des Etat Américains et du Traité Interaméricain d’Assistance réciproque en se rangeant du côté de la Grande-Bretagne, comme l’a fait remarquer le président du Nicaragua Daniel Ortega lors de sa récente rencontre à Managua avec Nicolas Maduro. Ortega fait remarquer que ce choix a consacré la position des USA comme état extra-régional. Position que veut dorénavant adopter la Colombie.

Une remarque récurrente : l’Otan constituée dans le cadre de la guerre froide pour contenir le risque de la propagation du communisme en Europe aurait du disparaître quand sont tombés l’URSS et le mur de Berlin. Au lieu de cela on l’a vu se transformer toujours davantage depuis sa participation à la destruction de la Yougoslavie en outil criminel du néo-colonialisme.

Après avoir fait une déclaration en ce sens, le président de l’Unasur, Rodríguez Araque affirme que cette volonté manifestée par la Colombie de rejoindre l’OTAN se place dans la volonté d’appropriation des ressources régionales et que le Venezuela est actuellement directement menacé. Rappelons que les troupes de Capriles, perdant des élections, déversant dans les rues leur hargne comme il avait appelé à le faire brandissaient des pancartes appelant à l’intervention humanitaire des USA et d’Israël, et qu’une pétition en ce sens à circulé dans leurs rangs.

Un exemple des formes de déstabilisation actuellement : alors que les entrepreneurs de l’opposition organisent la pénurie des produits de base dans le cadre d’un scénario proche de celui qui avait été utilisé pour préparer le coup d’état contre Allende, avec la même disparition de papier de toilette sur tout le territoire (de quoi en énerver plus dun(e)), des agitateurs se rendent dans les files qui se forment devant les magasins afin d’y provoquer à la violence. Et des actes de sabotages (dont ceux récurrents des lignes électriques)  se poursuivent dans un climat de guerre médiatique.

Alors que le paysage médiatique q vient de connaître deux gros coups fourrés. Le changement de direction de la chaine de télévision Globovision, ouvertement putschiste depuis que Chavez a accédé à la présidence et particulièrement active dans le coup d’état de 2002. La nouvelle direction (on ne lui fait pas confiance) annonce un changement de politique et a expédié sur les roses quelques journalistes vedettes qui servaient l’opposition avec loyauté depuis des décennies. Ils pleurent (les journalistes)

Alors que du côté bolivarien tous s’interroge sur le silence de Maduro concernant l’affaire de la Hojilla (la lame de rasoir). La hojilla c’est (était ?) Mario Silva, journaliste d’investigation d’un immense talent qui avec son excellente équipe d’enquêteurs et sa personnalité décapante à plus d’une fois contribué à révéler les manœuvres de l’opposition avant même qu’elles se produisent. Révolutionnaire de toute la vie, soutien indéfectible du chavisme, il a été limogé après que l’opposition ait produit un enregistrement entre lui et un notable cubain dans lequel il dénonçait tout à la fois le bureaucratisme et la corruption, mais surtout la volonté du président de l’assemblée nationale Diosdado  Cabello de prendre la place de Maduro. Rien ne confirme que cet enregistrement soit bien de lui ou que ce soit un faux habile monté grâce aux techniques de pointe du Mossad en la matière, mais le mal est fait, la Hojilla n’émet plus. Il se bat, avec ses armes et occupe le champ médiatique d’une autre manière (Mario Silva)

Des exemples parmi d’autres pour vous dire que les tentatives de déstabilisations se poursuivent en ce moment à basse intensité, alors que les réunions successives de Capriles d’abord celle discrète avec le grand chef des fascistes et autres nazis régionaux l’ex narco président Alvarez Uribe actuel président du parti régional d’extrême-droite UnoAmerica, suivie de sa réunion fort médiatisée avec le président Santos, jointe à différentes déclarations de la marionnette qui joue le rôle de président des USA, Obama, qui font de la Colombie l’exemple de la démocratie dans la région, celui que font devoir suivre de gré ou de force les autres pays… tout indique que en plus de la guerre psychologique (et cybernétique aussi avec quelques hackers de service) et des déclarations menaçantes et belliqueuses encore au stade verbal, se mettent en place les conditions d’un affrontement militaire.

Avant les élections plusieurs groupes de paramilitaires colombiens s’étaient fait prendre revêtus d’uniformes militaires vénézuéliens sur le territoire Vénézuélien, l’un deux parce qu’il ne portait pas le bon uniforme au bon moment. La zone frontière reste un sujet d’inquiétude. Bref l’accalmie voir le beau temps dans les relations entre la Colombie et le Venezuela, depuis l’accession à la présidence de Santos, les négociations avec les guérilléros des FARC, tout cela a été balayé comme un coup du revers de la main pour faire place à des préparatifs de guerre d’une part et à l’urgence de mettre en place une force militaire dissuasive de l’autre.

Et donc il est difficile de juger du travail intérieur du gouvernement vénézuélien en ce moment. Maduro semble être partout à la fois, dans différents pays de la région, dans différents états du pays et même au palais présidentiel de Miraflores. Mais juger de ces capacité comme président du pays, c’est un peu comme se demandé ce que serait devenue la révolution cubaine sans le blocus économique. En Bolivie, au Nicaragua, en Argentine, en Equateur, en Uruguay il a noué des accords qui garantissent l’approvisionnement du pays en biens de premières nécessité, le gouvernement de rue, qui lont améné dans différents états du pays, est applaudit par les uns et descendu en flamme par les autres… et c’est comme cela pour tout…. Malgré cela, parmi les 7 millions de vénézuéliens des millions d’entre eux participent à la défense de la révolution. Et si nombre d’entre eux sont critiques, c’est une critique destinée à faire avancer les choses… Je réserve donc mon jugement.

Tout ceci contribue aussi à mettre (encore un peu plus) en lumière le rôle que l’OTAN (et les autres outils de guerre au service des corporations transnationales capitalistes). Celui que cette armée n’a jamais cessé de jouer, celui d’agent de l’ingérence militaire dans la destruction de toute tentative d’auto organisation et d’autodétermination des peuples dans le monde en général, alors que des outils plus discrets étaient mis en œuvre pour détruire de l’intérieur l’opposition européenne, usant de la carotte et à présent du bâton pour détruire à la racine l’Europe comme berceau de grands mouvements de libération populaire.

Incontestablement c’est fait. Et le moment est venu de se poser la question : « Quel rôle réserve à l’Europe la suite du scénario ? » Nous n’avons pas de grandes ressources naturelles convoitables, ni d’immenses terres cultivables, nous avons été évincés de la concurrence à la colonisation, ne jouant plus que le rôle de vassal de seconde zone dans les guerres de l’Empire, les forces d’opposition susceptibles de proposer un projet alternatif au néolibéralisme sont atomisées, ont été perverties ou ont été annihilées… Les populations sont devenues aussi incultes que celles des Etats-Unis et s’il reste quelques cerveaux, rien de plus facile à expatrier. Nous voyons que les corporations sont entrain pays par pays de s’accaparer de nos dernières épargnes et de privatiser comme en Grèce l’ensemble du territoire, bien commun, ressources naturelles, logements tout y passe, alors que les droits humains se réduisent comme peau de chagrin… Quel est donc l’intérêt de l’Europe  dans le scénario de Nouvel Ordre Mondial… j’ai bien peur que la réponse soit déstabilisante pour beaucoup… cet intérêt est en fait quasi nul ! Evincée à la fois comme force d’opposition et comme concurrente dans le pillage de la planète, sans grandes ressources naturelles, son économie quasi digérée par la phagocytose néolibérale, ses populations abruties par l’acculturation, la décadence de l’enseignement et l’omniprésence de la propagande, de plus en plus détestée dans le monde entier pour sa complaisance à jouer le rôle de vassal armé,  l’Europe est à présent sans grand intérêt pour l’empire et ses dirigeants apatrides, l’Europe est en mauvaise posture.

L’Amérique Latine rebelle nous a plus d’une fois tendu la main nous invitant à nous joindre à son combat pour l’avènement d’un monde multipolaire en paix parce que fondé dans des principes de complémentarité et de partage. Que les expériences en ce sens qui se mènent là-bas ne soient pas parfaites, tous en conviennent, cependant elles constituent une avancée sans précédent vers une réelle souveraineté des peuples. Ces avancées sont aujourd’hui menacées. Elles sont notre seul rempart contre la mise à feu de la planète pour une durée d’au moins trente ans comme le décide et l’annonce le Pentagone. Allons-nous continuer à lécher les mains qui nous battent en ployant l’échine ?

Anne W

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Gilles Deleuze, février 1977.

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