8 janvier 2013 2 08 /01 /janvier /2013 10:11

 

Aujourd’hui dans l’indifférence presque générale, le génocide indigène se poursuit en Amérique au Nord comme au Sud. Il n’a jamais  cessé de se poursuivre, à présent il connait une recrudescence. Hormis dans les pays « contestataires » du continent, il ne se passe pas un jour, sans que des villages entiers soient déplacés manu militari, sans que des militants, des journalistes, des paysans en lutte, des femmes, des enfants, des vieillards ne soient assassinés.

Pendant que tous tournent leurs regards vers les grands foyers de guerre, une forme de guerre en voie de disparition, les foyers de cette nouvelle forme de guerre, guerre confuse selon les nouveaux concepts en vigueur qui vise à assurer à ceux que représentent « Etats-Unis » dans l’expression « la sécurité des Etats-Unis » par la domination du « spectre total », se multiplient. (voir le document "Joint Vision 2020 du Pentagone, programme en action en ce moment)

Guerre confuse… plonger le monde dans la confusion est assurément une stratégie dans laquelle excellent les servants de cette boite noire « Etats-Unis » qui ne représente pas les habitants du territoire ainsi nommé, mais bien une clique apatride, transnationale, avide et malfaisante. Cela aussi fait partie de cette stratégie de confusionnisme, une utilisation détournée du sens des mots et des concepts, jusqu’à ce que plus personne ne sache très bien de quoi on parle quand on invoque par exemple la démocratie ou la liberté ou stigmatise une dictature,  alors que les  groupe réellement  décidants sont symbolisés par des entités fictives… « Bruxelles a dit » ou « Washington a décidé », cette forme de leurre qui détourne l’attention des vraies sphères de pouvoir, canalisant ainsi la rage des peuples vers quelque chose qui n’existe pas réellement.

Plus encore que des hommes (et quelques femmes) qui constituent concrètement ces sphères de pouvoir, ce qui se cache derrière les leurres, Etats-Unis, Washington…  ce qui est à combattre est une idéologie qu’ils incarnent et dont nous pouvons constater les effets délétères à toutes échelles et en tous lieux : misère, souffrance,  tuerie et la plus horrible des extermination génocidaire qui ait jamais eu lieu, uranium appauvri, agent orange, etc… malheureusement… ajouter qu’aux outils mortifères de la guerre au sens armé de ce termes d’autres armes de destructions massives sont mise en circuit chaque jour malbouffe, médicaments qui génèrent plus de maux qu’ils n’en soignent… et autres poisons en tous genre.

Le point focal est donc une idéologie totalitaire, meurtrière, destructrice, et qui comme toute idéologie s’appréhende à travers ses manifestations concrètes. Personnellement j’estime que cette histoire de complot séculaire ne tient pas la route dans sa forme semi-mystique, qui finit par décrire le pouvoir sous-forme de sortes d’entités magiques qui se perpétuent dans le temps… sinon comment expliquer, la perpétuation du complot et la concentration de pouvoir qu’elle impliquerait entre les mains de ceux qui ont comploté contre l’humanité, il y aurait quelques centaines d’année… un peu faible… je sais que certains résolvent le problème des solutions de continuité en inventant des extraterrestres dont la durée empêcherait les solutions de continuité…il faudrait ensuite que les acteurs initiaux aient été omniscients pour prévoir tous les développements de l’histoire à venir… ce dont je doute.  Par contre qu’une idéologie soit transmise de génération me semble plus logiquement recevable, et quelle connaisse une lente dérive dans ses confrontations avec les aléas de la contingence, jusqu’à une mutation qui dénature le projet initial, cela semble assez évident. Au moment de la création de cette idéologie, deux facteurs cruciaux aujourd’hui ne font pas question, ils ne sont même pas envisagé comme possible ; l’explosion démographique et la prise de conscience de la finitude proche de quelques ressources non renouvelable.. Un défi  que les héritiers de cette idéologie transgénérationnelle partie à la dérive font devoir affronter.  Au bénéfice du peuple on produira en série des illusionnistes poseurs d’emplâtres sur des jambes de bois, une mise en scène toujours plus sophistiquée du monde par la fiction perpétuelle qui le raconte, la généralisation du conte de fée avec happy end, alors que la réalité concrète et palpable est la dégradation accélérée du monde, irréversible et peut-être irrémédiables ,parce que la réponse donnée par les sphères de pouvoir aux défis posés par le changement radical des prémisses fondatrices… introduction des deux condition de cette nouvelle équation  quelle quantité de ressources pour quelle quantité de population définissant une manière de vivre ensemble sur une même planète.  Incapable de s’adapter  à la situation réelle, le vieux système s’est enfoncé toujours d’avantage dans la fiction et le virtuel, transformant le monde en cauchemar pour bon nombre de ses habitants. Des élites autoproclamées , dotées du pouvoir de l’argent ont décidé de remodeler le monde pour que leur système puisse se perpétuer leur permettant de concentrer toujours plus les richesses de la planète entre leurs seules mains et celles de ceux qui se dévouent à leur cause, expropriant le reste de la population qui n’est pas destinée à faire souche dans ce système eugéniste puis que son choix a été celui de la réduction de la population dans un paysage transformé, plutôt que le changement de notre manière d’habiter la planète en prenant en compte l’existant. Un déni de réalité qui avec les moyens dont dispose ce pouvoir tourne au massacre.

Nous avons beaucoup à apprendre aujourd’hui de l’histoire de l’Amérique Latine, de celle passée, de celle qui se déroulait sur ce continent avant que l’exterminateur européen ne vienne détruire, tuer, piller, exterminer les peuples de ce continent pour s’en approprier les grandes richesses, pour en occuper les territoires.

Mais plus proche dans le temps, nous avons beaucoup à apprendre, non seulement à travers ce qui s’y est passé au siècle dernier, plan Condor et autres opérations génocidaires, mais aussi comme ce fut le cas avec l’Inquisition, je ne s’ais pas quel mot employer pour ce genre de crime, quand chacun de celles et ceux qui sont porteur d’un projet de monde qui s’oppose à la clique au pouvoir est susceptible d’être assassiné, enlevé, torturé, quand tous hommes, femmes, enfants, nourrisson, sont susceptibles à tout moment de se voir exterminé… parce que totalitarisme et terreur vont de pair et que la terreur nécessite sa part de destruction aléatoire pour que nul jamais ne se sente réellement en sécurité, pour que tous en viennent à raser  les murs, profil bas, gris sur gris dans l’espoir d’échapper à l’attention du pouvoir.

Nous avons beaucoup à apprendre des peuples d’Amérique Latines qui luttent aujourd’hui pour la souveraineté et l’autodétermination, nul doute que cette refondation à l’échelle d’un continent  -  Abya Yala - dans un état de guerre permanent qui dure depuis des siècle et semble bien mettre en œuvre là, maintenant, ce qui ressemble fort à une sorte de solution finale – nous donne une multiplicité d’exemples de luttes dans lesquelles chacun des participant est parfaitement conscient qu’en s’engageant, c’est sa vie  (et parfois celles de ses proches) qu’il ou elle met en jeu, il y  a une sacrée dose de courage dans ces engagements, ce dont nous semblons cruellement manquer dans nos contrées ; La dérive sécuritaire nous fait oublier que vivre et évoluer ne se fait passans prendre des risques. Et nous avons beaucoup à apprendre de la situation elle-même, parce que ce sont les mêmes là-bas , que nous sommes entrés  dans une nouvelle phase d’accumulation de capital et d’appropriation du territoire qui fait que le temps des carottes est révolu et que les forces de l’ordre fourbissent leurs bâtons antiinsurrectionnel et que il serait bon que chacun comprenne enfin ce dont ils sont capables, ce dont ils sont coupables quand aucune force n’est plus susceptible de leur résister et quand les matrices d’opinion crée par leurs médias ont brisés la résistance de populations droguées..  Croyez-vous que les grecs soient d’une essence tellement différentes de la nôtre qu’un puisse l’assassiner impunément alors que jamais « ils » n’oseraient nous faire cela à « nous »…  si vous croyez encore cela, l’avenir vous promet un rude réveil, bienvenue dans le cauchemar néo-libéral…

« Domination du spectre total » au nom de « la sécurité et des intérêts des Etats-Unis »,  voilà leur  programme, (voir le document Joint Vision 2020 du Pentagone) tels qu’eux-mêmes le définissent, désir d’omnipotence de malfaiteurs associés, car ces gens sont au plein sens du terme des malfaiteurs de la planète et nous savons tous, fut-ce implicitement que ce que spectre total risque bien de signifier, c’est une planète exsangue et privée de vie, le spectre d’une planète… moins il y a de vie, plus facile est le contrôle, et à terme le contrôle absolu nous conduit au spectre total… la domination totale n’étant possible que quand il ne reste plus rien à dominer… Quand on suit les lignes de forces de la mise en application de cette idéologie, c’est immanquablement à cette logique implacable que nous sommes confrontés, celles des descendants de ceux pour qui « Un bon Indien était un Indien mort » et qui tout en poursuivant le génocide entamé par leur ascendants sur le continent, exportent à présent cette compulsion de conquête par la destruction, après des conquêtes régionales, à la planète entière.

Alors il est vrai que ces derniers temps j’y vais un peu fort, mais même ce « un peu fort » reste dérisoire à côté de l’œuvre des assassins de planète.  Et nourrie des sources latinos, il me devient difficile de continuer à louvoyer dans les euphémismes, approximations et faux semblants du multi langage confusionnel de la propagande. Un meurtre reste un meurtre quand bien même il est commis par des états mis au services de méga entreprises transnationales et le terrorisme que pratique ces états ne diffère de celui qui sert de justificatif à des guerres de colonisation que par l’immensité des moyens que nos « maîtres de monde »  mettent en œuvre,  pour détruire ceux qui lui résistent, et soumettre par la peur les populations à déposséder, à l’échelle planétaire, n’hésitant d’ailleurs pas à utiliser ceux qu’ils prétendent combattre et on en partie fabriqué, quand ils s’agit de briser la volonté d’un peuple.

C’est un clou que j’enfoncerai beaucoup cette année… ce sont les mêmes qui sévissent « là-bas » et ici, et petit à petit disparaissent les derniers remparts qui mettaient un frein à leur voracité. Dès lors il seraient bon d’apprendre, ce pire dont ils sont capables pour comprendre dans quelle guerre nous sommes engagés contre nos volontés.

Anne

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Published by Anne Wolff - dans anne humeur du jour
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Jocelyne 08/01/2013 13:02


Belle analyse. J'en diffuse un extrait sur mon blog. Merci

Anne Wolff 09/01/2013 12:51




Et n'oublions pas un grand merci à Babel Ouest qui m'a permis de découvrir ton blog.



J'ai beaucoup apprécié les compléments sur la notion de socialisme jaune.... un petit ballon que j'avais lancé pour voir si la sauce prenait... bon apport aussi que cet aveu sans détour de social
libéralisme... cela fait pas mal de terrain dégagé pour en finir avec les leurres. Indispensable pour pouvoir avancer dans la bonne direction.



Et j’aime beaucoup aussi, l’émulation… quand on en est plus à la rivalité, à la concurrence mais bien à la coopération et au partage, tous ces actes gratuits qui nous enrichissent tous. Quand la
société des rivaux fait place à la communauté des amis.


 



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