22 décembre 2012 6 22 /12 /décembre /2012 10:15

 

 

Je ne sais si vous avez pu être témoin de ce moment porteur d'espoir, alors qu'à la conférence des Amériques de 2009, Hugo Chavez fit cadeau à Obama du livre "Les veines ouvertes de l'Amérique Latine".

L'espoir fut bref et bientôt vint le coup d'état au Honduras et repris l'intensification des politiques génocidaires qui visent à débarrasser les territoires de leurs populations au profit des transnationales. Tous les observateurs le savent, les EU mènent aujourd'hui en Amérique Latine des politiques de déstabilisation des gouvernements et mouvements qui s'opposent à l'extension du néo-libéralisme dans la région, à ce qui est une politique de l’horreur et un terrorisme sanglant. Assassiner, harceler, menacer, violer, torturer, emprisonner, exproprier, exploiter, soumettre, éliminer, voler, piller, militariser, réprimer ont été parmi  les maîtres mots de la politique de la première administration Obama en Amérique Latine dans le plus grand silence à ce sujet des médias européens aux ordres.

Nous découvrons (ou voyons confirmer) dans le texte qui suit que le président métis apatride des EU, non content d’ignorer les règles de la plus élémentaire des courtoisie, est d'une ignorance totale concernant la réalité et l'histoire du continent Latino-Américain... Il incarne la façade de l’horreur, mais n’est lui-même rien de plus qu’une outre vide à qui ses maîtres confient les joujoux qui lui conviennent, des drones tueurs qui tuent vraiment…

On pensait avoir atteint un sommet du façadisme politique étasunien avec le précédent président, un demi-débile, qui n’occupait cette place qu’en fonction des besoins de la dynastie… et voici que nous avons pire : un petit arriviste incompétent et sadique, entièrement aux ordres de ceux qui l’ont fabriqué à grands renfort de milliards.

Il est donc quelque part tout à fait compréhensible qu’au-delà des enjeux économiques qu’il représente, le petit B, ce nouvel oncle Tom, puisse nourrir une jalousie et une rancœur personnelle face à la personnalité et au charisme d’un Chavez qui ne doivent rien, eux au relookage hollywoodien au pognon des assassins de la Terre. Parce que ces insultes à présent semblent bien dépasser les cadres de son mandat de valet obéissant.

Au-delà de tout cela, ce que je vois moi, ce sont de nouveaux cortèges de communautés expulsées, déracinées, des villages entiers vivants dans la crainte des débarquements de militaires, paramilitaires et autres blackwaters qui assassinent indifféremment jusqu’aux nourrissons,  ce que je vois c’est le regard terrible d’une petite fille de 8 ans qui voit tomber sous ses yeux son papa journaliste criblé de balle par les sbires du pouvoir, ce que je vois ce sont les quêtes inlassables de centaines de milliers de proches qui aspirent à savoir ce qui est arrivé à leurs chers disparus et parcourt les charniers en quête d’un indice leur permettant de reconnaître dans un tas d’ossements l’être aimé, ce que je vois, c’est la femme enceinte dont les ordures issues du nazisme ouvre le ventre de leur couteau, après l’avoir violée sous les yeux de son compagnon, de ces autres enfants, dont le tour viendra après, ce que je vois c’est l’esclavage quotidien de millions de travailleurs dont ces mamans qui voient en plus leurs enfants atteints de maladie incurable ou de modification génétique qu’on les forcent à utiliser dans ces cultures dont les fruits seront demain dans nos super marchés… ce que je vois… ce que je vois… ce cortège de l’horreur insoutenable que nous promettent les crachats d’Obama.

Ce que je vois aussi, c’est un homme malade qui lutte, et pour qui des gens, même pas croyants, se découvrent soudain la capacité de prier. Parce que cet homme est l’incarnation d’un espoir en marche, une clé de voûte, qui n’est rien sans l’édifice qui le supporte et qui en assure l’équilibre. Ce que je vois c’est un peuple debout lors du coup d’état de 2002, un peuple qui tient à la main la constitution qu’il défend, car tout est alors indiscernable, ce sont tout à la fois Chavez, eux-mêmes, l’espoir pour l’avenir que ce peuple défend… Et qu’il le fasse la constitution à la main est une image qui parle.

Qui parle d’un peuple éduqué, qui connait ses droits et se lève pour les défendre. Drôle de dictature – non ?- que celle qui donne au peuple les moyens de s’éduquer, la confiance en soi pour prendre en main son destin, les outils médiatiques pour prendre place dans le paysage de la construction politique quotidienne. Mais ce qui frappe encore plus, c’est que l’histoire de Chavez et du peuple vénézuélien est avant tout une histoire d’amour réciproque… on a reproché à Chavez d’être autoritaire, paternaliste… moi je vois plutôt une mère poule avec de très grandes ailes pour protéger tous les petits poussins pour leur donner le temps et les moyens de grandir et de prendre en main leur propre sort.

Je sais que nous sommes nombreux aujourd’hui à prier pour qu’Hugo Chavez triomphe une fois encore de la maladie. A prier pour l’homme, et pour tout ce qu’il incarne à l’échelle d’un pays, d’une région et du monde.

Et sans doute sommes-nous quelques-un(e)s à regretter de n’avoir pas l’antique pouvoir attribué aux sorcières de dire « Barack Obama je te maudis » et d’arrêter ce monstre dans sa course de mort.

Et de regretter bien plus encore de n’avoir un tel pouvoir pour dire « Vive Chavez » et qu’il reste parmi nous.

 

 

Obama donne le signal de quatre années de plus de mauvaises relations avec l’Amérique Latine

Mark Weisbrot 

 

 
 

 

 

Vendredi passé, dans une entrevue à Miami, le président Obama a été très loin dans les insultes gratuites qu’il a lancé à l’encontre du président Hugo Chavez. Ce faisant, il a non seulement offensé la majorité des Vénézuéliens, qui ont voté pour la réélection de leur président le 7 octobre, mais il a également offensé nombre de ceux qui ne votèrent pas pour lui. Chavez lutte pour sa vie, récupérant d’une opération compliquée du cancer. En Amérique Latine, comme dans la majorité du monde, cette incessante diffamation de Chavez de la part d’Obama, constitue non seulement une violation du protocole diplomatique, mais aussi des standards communs de courtoisie.

 

Et, peut-être plus important encore, c’est que les calomnies inappropriés d’Obama, ont envoyé un message désagréable au reste de la région. Pendant qu’Obama y va de ses sorties reprises dans la majorité des médias, on peut être certains que ses commentaires furent remarqués par les présidents et Ministères des Affaires Extérieures du Brésil, de l’Argentine, de l’Equateur, de Bolivie et autres. Le message était clair : nous pouvons nous attendre à quatre années des mêmes politiques infructueuses de Guerre Froide, pour l’Amérique Latine, celles que défendit le président Georges W. Bush et qu’Obama a poursuivies lors de son premier mandat.

 

Ces présidents considèrent Chavez comme un ami proche et un allié ; quelqu’un qui les a aidé et a aidé la région. Comme des millions de Vénézuéliens, ils prient pour sa récupération. En même temps, ils considèrent que Washington est responsable des mauvaises relations entre les Etats-Unis et le Venezuela (de même qu’avec l’hémisphère en général) et ces infortunés commentaires sont une confirmation supplémentaire de cela. En 2012, lors de la Conférence des Amériques, Obama se rencontra aussi isolé que le fut Georges W. Bush lors de la notable Conférence de 2005. Ceci fut un changement radical par rapport à la Conférence de 2009, lors de laquelle tous –y compris Chavez –saluèrent chaleureusement Obama et voyant en lui la possibilité d’une nouvelle ère de relations entre les Etats-Unis et l’Amérique Latine.

 

Pour ces gouvernements, les invectives d’Obama, relatives aux « politiques autoritaires » de Chavez et à la « répression des dissidents » sentent mauvais même en ignorant le moment de l’offensive. Le Venezuela vient d’avoir des élections dans lesquelles, l’opposition, qui détient la majorité des revenus du pays, ainsi que le contrôle de la majorité des moyens de communication, mobilisa des millions de votants. La participation électorale a été de 81 pourcent des votants enregistrés, qui constituent 97 pourcent de la population en âge de le faire. Le gouvernement ne « réprime pas le dissidents », il ne l’a pas fait pour d’autres élections, ou même alors que les dissidents ont fermé l’industrie pétrolière et paralysèrent l’économie en 2002-2003 ; actions qui auraient été illégales et arrêtées par les forces de l’Etat aux Etats-Unis. Les manifestants pacifiques au Venezuela ont une beaucoup moins grande propension à prendre des coups, se faire attaquer par des gaz lacrymogènes ou tirer dessus avec des balles de caoutchoucs que ce n’est le cas en Espagne et probablement dans la majorité des autres démocraties.

 Oui, il y a des abus d’autorité au Venezuela, comme dans le monde entier ainsi que doit le savoir le président Obama. C’est Obama qui a permis l’emprisonnement sans jugement pendant plus de deux ans et demi, et l’abus de Bradley Manning pendant sa détention, et qui fut condamné par le Rapporteur Spécial des Nations Unies contre la torture. C’est Obama qui a refusé de concéder la liberté à l’activiste de la population indigène Léonard Peltier, largement connu dans le monde comme prisonnier politique, et qui est en prison depuis 37 ans. C’est Obama qui réclame le droit de tuer, et en a usé, des citoyens étasuniens sans détention ni jugement.

 Le Venezuela est un pays aux revenus moyens, dans lequel l’Etat de Droit est relativement faible, comme l’est l’Etat en général (d’où il est absurde de le qualifier “d’autoritaire”).  Cependant, en contraste avec d’autres pays aux revenus similaires, celui-ci ne se fait pas remarquer dans le domaine des abus de droits humains. Il n’existe certainement rien de comparable au Venezuela avec les abus perpétrés par les alliés de Washington comme le Mexique ou le Honduras – où les candidats à des charges politiques, les activistes de l’opposition et les journalistes sont souvent assassinés. Et une grande partie des investigations académiques faites au sujet du Venezuela de Chavez, montre qu’il est plus démocratique et avec plus de liberté civiles que jamais auparavant dans son histoire.

Au contraire, nous, aux Etats-Unis, nous ne nous en tirons pas si bien en comparaison de notre propre histoire et de notre niveau de revenus. Nous avons souffert d’une série de restrictions de nos libertés civiles sous les administrations de Georges W Bush et du président Obama. Supposons que nous fassions le compte des victimes des crimes des Etats-Unis à l’étranger – les civils et enfants assassinés par des attaques de drones en Afghanistan et au Pakistan, par exemple –le président Obama est celui qui tient une « liste de personnes à assassiner », ce qui lui laisse fort peu de marge pour critiquer quasiment aucun président d’un autre pays.

 

 

 “Nous désirerions voir une relation solide entre nos deux pays, mais nous n’allons pas changer les politiques qui ont pour priorité qu’il y ait la liberté au Venezuela.”, dit Obama, à l’Associeted Press.

Je ne peux m’imaginer que quiconque puisse croire que la politique des Etats-Unis au Venezuela, depuis le coup d’Etat militaire de 2002 dans lequel Washington s’est trouvé impliqué, ait quoique ce soit à voir avec la promotion de la « liberté ». Ceci était seulement une injure publique supplémentaire.

 

Le gouvernement vénézuélien répondit avec colère aux commentaires. Mais peut-être seraient-ils plus indulgents s’ils connaissaient l’étendue de l’ignorance d’Obama – qui n’avait jamais mis un pied en Amérique Latine avant son élection – au sujet du Venezuela ou de la région.

 

Quand le président Obama rencontra la présidente du Brésil, Dilma Roussef, il lui dit

« Ceci me donne l’opportunité de faire remarquer l’extraordinaire progrès qu’a mener à bien le Brésil sous  la direction de la présidente Rousseff et de son prédécesseur, le président Lula, en passant de la dictature à la démocratie. »

 

Forcément, si Obama (et son équipe) ne savent même pas que la dictature au Brésil pris fin une décennie avant que ne fut élu Lula en 2002, comment pourrait-on espérer qu’il sache quoi que ce soit au sujet du Venezuela ? Je veux dire, le Brésil est un grand pays, plus grand que les Etats-Unis continentaux, et la sixième économie la plus grande du monde.

 

Obama se défit de son conseiller de Sécurité Nationale pour l’Amérique Latine après la débâcle de la Conférence de 2012. Il devrait également se défaire de l’inepte qui l’alimente avec ces insultes qu’il proféra à l’Assemblée de Miami, et aussi de celui qui lui a fichu la honte devant la présidente du Brésil. Et ainsi, il pourrait nettoyer son cabinet des guerriers de la Guerre Froide des années 50 qui restent au Département d’Etat. Ce serait bien qu’il ne s’intéresse pas à l’Amérique Latine – ce serait meilleur pour la région et pour le monde – mais lui et son administration sont en train de créer des montagnes d’hostilité inutiles.


Mark Weisbrot est codirecteur du Centre de Recherches pour l’Economie et la Politique (CEPR) à Washington, D.C. Il aobtenu undoctorat en économie à l’Université du Michigan. Il est aussi président de l’organisation Just Foreign Policy.

 

http://www.cepr.net/index.php/other-languages/spanish-op-eds/obama-da-senales-de-cuatro-anos-mas-de-malas-relaciones-con-america-latina

http://alainet.org/active/60435

 

Obama da señales de cuatro años más de malas relaciones con América Latina - América Latina en Movimiento

Traduction Anne Wolff

Partager cet article

Repost 0
Published by Anne Wolff - dans Sud Amérique
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Le blog de Anne Wolff
  • Le blog de Anne Wolff
  • : Comprendre la globalisation, apprendre à y résister
  • Contact

Profil

  • Anne Wolff
  • Amoureuse de la vie, d'une fleur, d'un papillon, d'un arbre, du sourire d'un enfant, je m'oppose à tout ce qui conduit à la destruction systématique de ce que la nature a créé, de la vie, de la beauté du monde, de la tendresse et de la dignité
  • Amoureuse de la vie, d'une fleur, d'un papillon, d'un arbre, du sourire d'un enfant, je m'oppose à tout ce qui conduit à la destruction systématique de ce que la nature a créé, de la vie, de la beauté du monde, de la tendresse et de la dignité

No Pub

Malgré les publicités imposées dans sa nouvelles versions qui apparaissent sur ce blog,celui-ci reste un acte gratuit.

Recherche

Nouvelles formes du fascisme

"Le vieux fascisme si actuel et puissant qu’il soit dans beaucoup de pays, n’est pas le nouveau problème actuel. On nous prépare d’autres fascismes. Tout un néo-fascisme s’installe par rapport auquel l’ancien fascisme fait figure de folklore […].

Au lieu d’être une politique et une économie de guerre, le néo-fascisme est une entente mondiale pour la sécurité, pour la gestion d’une « paix » non moins terrible, avec organisation concertée de toutes les petites peurs, de toutes les petites angoisses qui font de nous autant de microfascistes, chargés d’étouffer chaque chose, chaque visage, chaque parole un peu forte, dans sa rue, son quartier, sa salle de cinéma."

 

Gilles Deleuze, février 1977.

Archives