21 septembre 2013 6 21 /09 /septembre /2013 10:57

 

 

Il s’avère bien plus difficile et coûteux de détruire des armes chimiques que de les fabriquer. Nous avons vu l’irresponsabilité caractérisée dont font preuves les USA concernant leur propre arsenal (Le scandale des armes chimiques US abandonnées à Panama  ), il semble donc fort douteux qu’ils prennent la responsabilité de la destruction des armes chimiques syriennes.  

Au-delà du conflit syrien, nous sommes interpellés par les dangers que provoquent l’existence de telles armes qu’elles soient ou non utilisées dans un contexte belliqueux. Les coûts aussi tant en terme de valeur monétaire que en terme de destruction du milieu ambiant posent question.

Une « communauté internationale responsable » agirait dans le sens d’imposer une destruction progressive des armes existantes et prévoirait des peines sévères pour quiconque se risquerait à en fabriquer de nouvelles. Mais nousn’en sommes pas (encore) là.

A. W.  

 


Moscou s’éloigne de l’accord Kerry-Lavrov, Assad conserve ses armes chimiques

Les leaders russes se sont finalement éloignés de l‘accord entre Kerry et Lavrov pour le désarmement chimique de la Syrie – moins d’une semaine après qu’il ait été porté à notre connaissance samedi passé, à Genève. Ce jeudi, 19 septembre, ils se sont heurtés à une série d’obstructions coordonnées Le coup de grâce vint de la part du président Poutine qui commenta sèchement qu’il ne pouvait être à cent pourcents certain que le plan pour la destruction des armes chimiques de la Syrie sera un succès. « Mais tout ce que nous avons vu jusqu’ici, au cours des derniers jours, nous donne confiance que cela va se produire. J’espère que oui » dit-il. 

Pour dissiper cette espérance, le ministre de la Défense Sergey Shoigu poursuit une négociation pour qu’aucune des réserves chimiques syriennes ne soit détruite sur le sol russe.

Plus tard, dans une interview avec Fox News, le président syrien, Bashar Assad, en  phase avec Moscou, demande ironiquement : ’La destruction de produits empoisonnés est fort préjudiciable à l’environnement. Si le gouvernement étasunien est disposé a assumer le coût et prend la responsabilité d’emporter ces matériaux toxiques aux USA, pourquoi ne le font-ils pas ? »

Etant donné que les USA et la Russie sont les uniques pays qui ont la capacité de détruire des munitions chimiques à échelle industrielle et que leur importation est interdite sur le sol des USA, l’arsenal  chimique d’Assad est sauf.

De fait, seule l’Allemagne a offert d’envoyer un petit nombre d’experts chimistes en Syrie. Personne d’autre n’est disposé à superviser un démontage compliqué et à enlever environs 10 000 tonnes de matériel dangereusement empoisonné, à payer l’opération ou à accepter ce matériel sur son territoire.

Le Secrétaire d’Etat des USA, John Kerry, à voir lui échapper son accord avec Sergey Lavrov, a fait une tentative désespérée pour le sauver. Il a convoqué une conférence de presse au Département d’état, jeudi, pour déclarer qu’il était essentiel que l’accord soit exécuté par une résolution contraignante et que le Conseil  de Sécurité de l’ONU agira à ce sujet au cours de la semaine qui vient, quand l’Assemblée Générale des Nations Unies célébrera sa réunion annuelle à New York.

Kerry n’a pas indiqué comment réagirait le gouvernement des USA si l’accord ne se concrétise paso ou si l’option militaire des USA était revalidée.

Mais il est d’ores et déjà clair que son traité avec Lavrov ne mène nulle part, même pour le petit nombre de sympathisants d’Obama qui avait applaudit le président pour avoir obtenu enfin de mettre Moscou au bord d’une solution à la guerre syrienne et l’élimination de l’arsenal chimique de Assad.

Le dirigeant Syrien a dit avec calme à Fox que pour sa part son gouvernement était disposé à se défaire de ses armes chimiques, mais que cela serait une opération fort compliquée, qui prendra une année ou plus, et qui coûtera aux environs de mil millions de dollars.


Après avoir analysé ses commentaires, les experts du renseignement occidental dirent à Debkafile qu’ils étaient parvenus aux conclusions suivantes :

1. Que Assad a établi une distinction entre son arsenal chimique opérationnel et les arsenaux de ces armes. Il semble disposé à laisser partir la première catégorie mais décidé à conserver ses stocks.

2. Son attitude est confiante et quasi arrogante, démontrant qu’il est certain qu’il ne va pas être privé de ses capacités chimiques pour sortir vainqueur de la guerre civile syrienne. 

Il n’a eu aucune hésitation à nier que ses forces furent responsables de l’attaque du 21 aout à l’est de Damas, pleinement soutenu par la persévérance russe à faire endosser la culpabilité aux rebelles.

Pendant qu’étaient émis des extraits de son interview pour la Fox, Assad recevait le vice chancelier Sergey Riabkov, à Damas, à la tête d’une nombreuse délégation de militaires russes et d’officiels du renseignement. Profitant de l’occasion pour se plaindre qu’il était pris entre Al Qaeda et la pression des USA et il exprima l’espoir que Moscou serait capable de « dessiner une nouvelle carte de l’équilibre global »

.Pendant que l’accord Kerry-Lavrov se désagrège, il apparait moins comme un accord que comme une compilation plus flexible d’accords limités sur la question chimique syrienne, qui laisse sans solution les aspérités et les désaccords fondamentaux entre Washington et Moscou concernant son application, en particulier au Conseil de Sécurité de l’Onu.

Cela n’a pas empêché le président Obama de vendre la proposition au public étasunien et au monde de ce que l’accord russo-étasunien pour l’élimination des armes chimiques de la Syrie fut une grande avancée triomphale de la  diplomatie de son gouvernement en vue de résoudre aussi le problème nucléaire de l’Iran.

source: Debkafile

via Moscú se aleja del acuerdo Kerry-Lavrov. Assad se queda con sus armas químicas. | La próxima guerra.

Traduction française Anne Wolff

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Gilles Deleuze, février 1977.

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