20 novembre 2012 2 20 /11 /novembre /2012 13:14

 

Pas vraiment un scoop… des articles concernant la falsification de résultats d’étude de nouveaux produits à vocation officiellement curative, mais dont le but réel est très clairement et manifestement d’augmenter les profits de Big Pharma, il en est publié régulièrement. Comme nous apprenons régulièrement le mystérieux retrait de tels médicaments qui garnissaient les rayons des pharmacies familiales.

Mais le bon peuple ne s’émeut point, depuis le temps qu '« on » l’empoisonne, sûr, il doit être mithridatisé… encore que à observer autours de moi les effets secondaires, tertiaires, quaternaires et ainsi de suite…, les dépendances induites à des substances qui feront l’objet de trafic, cette prison aussi pour ceux qui ne peuvent se déplacer sans leur trousses de médocs, je me sens interpellée…

Quand je vois que par une étrange coïncidence, ma voisine atteinte de cancer publie sur Facebook la même liste de médicaments « suspects » que j’ai publiée sur mon blog, mais que peu après elle me propose l’un d’eux. « Non merci, Je ne prends pas de médicaments… » - je me sens dans la position de celui qui ne boit pas d’alcool dans une fête bien arrosée, un tantinet asociale - il y a du chemin à faire pour que se produise une réelle prise  de conscience et que passe l’information… les médicaments causent plus de maladies qu’ils n’en soignent même si certains restent utiles et bénéfiques.

 

Médicaments : des études bidonnées validées par les autorités sanitaires, les pilules toujours en vente libre...

En 2011, on apprenait qu'un laboratoire US avait falsifié des centaines d'essais cliniques. Fin 2012, des pilules qui n'auraient jamais dû être approuvées sont toujours avalées par des milliers de patients...

Scandale médicaments : études bidonnées

Qu'un chercheur publie une étude critique sur les OGM, et c'est tout l'univers scientifico-industriel qui se met en émoi dans une touchante harmonie. Pensez... en quelques jours, les plus grands experts, les plus hautes agences ou académies, françaises ou européennes, ont tiré à vue sur ladite étude. Une vitesse de réaction fulgurante qui n'est pas toujours de mise...

En mai 2010, l'agence des médicaments US, la Food And Drug administration (FDA), a fait une descente dans les labos de la société Cetero Research. Une de ces boîtes privées auxquelles les firmes pharmaceutiques sous-traitent leurs tests cliniques en vue d'obtenir des autorisations de mises sur le marché (AMM). La plus grosse de ces boîtes, en fait. Et le résultat de l'enquête n'est pas piqué des hannetons : la FDA a découvert rien de moins qu'un "système de falsification généralisé". Entre avril 2005 et juin 2009, les biologistes désignés comme responsables d'essais cliniques étaient tout simplement... absents de leur labo, au moment où ils étaient pourtant censés mener les tests. Peut-être se doraient-ils la pilule sur une plage exotique ? Une étrange situation qui s'est reproduite... 1900 fois ! Comme si ça ne suffisait pas, la FDA estime aussi que Cetero a modifié a posteriori les résultats de ses études pour parvenir à la bonne conclusion : que le médicament évalué était sacrément efficace et totalement sans danger.

"Les fautes relevées sont suffisamment graves pour susciter des préoccupations quant à l'intégrité de toutes les données générées par Cetero sur cette période de cinq années" avait alors affirmé la FDA. "Si le laboratoire est corrompu, les données générées le seront aussi" avait conclu l'auditeur indépendant mandaté par la FDA. Bien vu : l'on sait aujourd'hui que 7 médicaments qui tapissent les étagères de nos pharmacies n'auraient jamais dûs être autorisés (Cilazapril Teva, Fenofibrato Pensa, Fenofibrato Ranbaxy, Leflunomide Actavis, Leflunomide Apotex, Ribavirin Teva and Ribavirin Teva Pharma B.V.).

Scandale médicaments : études bidonnées

Les autorités sanitaires travaillent en triple aveugle...

1/ Des médicaments peuvent être autorisés (en Europe comme aux États-Unis) sur la foi d'études falsifiées... par un seul labo. Il y a de quoi en faire une maladie...

2/ Nos autorités sanitaires ne connaissent finalement pas grand chose des études cliniques réalisées par les firmes pharmaceutiques. Pour preuve, la FDA et son homologue européenne, l'agence européenne des médicaments (EMA), ont été contraintes de demander aux firmes pharmaceutiques qui avaient eu recours aux services de Cetero Research... de se dénoncer elles-mêmes ! Reconnaissant par là même qu'elles ne disposaient pas de cette information... de fait, elles ont du se résigner à s'en remettre à l'honnêteté des labos. Hmmm...

3/ Nos autorités sanitaires, si elles savent faire preuve d'une célérité digne d'un Road Runner OGM dans certains cas (l'étude de Seralini par exemple), ont aussi la capacité de se hâter lentement lorsqu'il le faut. Car c'est en septembre 2012, soit plus de 14 mois après la révélation de l'affaire que l'EMA a rendu son avis. Sur 9 médocs impliqués, 7 devraient finalement être suspendus. Quoi que... cet avis n'est que consultatif. Et la Commission Européenne, plus d'un mois plus tard, n'a toujours pas jugé bon de bouger ne serait-ce que la dernière phalange du petit doigt... beaucoup plus douée qu'elle est à se tourner les pouces.

En attendant, les médicaments ayant bénéficié d'AMM sur la base de ces études falsifiées sont toujours sur les étals de nos meilleures pharmacies... Dis, Tonton, pourquoi tu tousses ?

[Remarque : en 2008, la FDA (comme son équivalent européen, l'EMA) n'a inspecté que 1,9% des centres d'essais cliniques américains. D'autant qu'aujourd'hui, la plupart des études sont réalisées en Europe de l'Est, en Asie ou en Amérique latine. Sans "aucun moyen d'évaluer la qualité des recherches", déclarait il y a quelques moins un éminent chercheur zunien. Ça laisse rêveur...]

(Article publié sur le site "Les mots ont un sens")

 

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"Le vieux fascisme si actuel et puissant qu’il soit dans beaucoup de pays, n’est pas le nouveau problème actuel. On nous prépare d’autres fascismes. Tout un néo-fascisme s’installe par rapport auquel l’ancien fascisme fait figure de folklore […].

Au lieu d’être une politique et une économie de guerre, le néo-fascisme est une entente mondiale pour la sécurité, pour la gestion d’une « paix » non moins terrible, avec organisation concertée de toutes les petites peurs, de toutes les petites angoisses qui font de nous autant de microfascistes, chargés d’étouffer chaque chose, chaque visage, chaque parole un peu forte, dans sa rue, son quartier, sa salle de cinéma."

 

Gilles Deleuze, février 1977.

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