7 mai 2010 5 07 /05 /mai /2010 15:16

Je propose ici trois textes destinés à illustrer mes précédents  propos. L'UTUC," un toît un coeur" est un lieu que je fréquente depuis plusieurs mois. Un endroit de convivialité entre habitants de Louvain-le-Neuve, étudiants et amis de la rue. Dans l'article suivant je commenterai. Les deux premiers articles présentent l'Utuc à ses débuts. Le troisième texte est une pétition proposée cette semaine sur internet par quelques personnes qui souhaitent que ce lieux disparaisse. Ceci sera une bonne base pour vous illustrer les expériences dont j'aimerais vous faire part. L'UTUC est un lieu qui permet aux amis de la rue de conserver leur dignité dans la bonne humeur. Un lieu d'échange entre personnes de qualité venues d'horizons différents et chacun s'y enrichit des différences des autres.

Je commenterai donc ces textes et tenterait de traduire ce que ce lieu m'a apporté de bonnes choses.

Anne

http://www.olln.be/_includes/framer2.php?base=/images/news/cuisine1.JPG


Un toit un cœur », pour les amis de la rue 

Famille - Spiritualité - 19.03.2009 - MC Dufrêne
 

Les SDF ont un local ! Animé par des étudiants et des habitants, le centre d’accueil de jour « UTUC », à la rue des Bruyères (Louvain-la-Neuve), était inauguré le 19 mars.


Papy, Cédric, Louis et Evelyne s’affairent dans la cuisine. C’est qu’ils attendent du monde ce soir, pour l’inauguration du centre d’accueil de jour « UTUC » (Un Toit, Un Cœur), au n°12 de la rue des Bruyères, à Louvain-la-Neuve.

Ils en on longtemps rêvé. Papy surtout, qui a vécu dans la rue pendant de nombreuses années avant de retrouver un logement, il y a huit mois, à Lauzelle. Dans le Bulletin communal de février 2008, il confiait : « On est 5-6 SDF à Louvain-la-Neuve, si on pouvait disposer d’un petit abri avec un ou deux lits et une douche, on pourrait y jouer aux cartes, ce serait convivial… ». Une poignée d’habitants et les étudiants des kots à projets Kap Quart et La Coquille, sensibilisés au problème du quart monde, ont relayé ce souhait auprès des autorités de la Ville et de l’UCL.

« Le 1er février 2008, l’université octroyait un doctorat honoris causa à Monica Nève, qui a fondé Nativitas - une maison d’accueil ouverte aux plus démunis, aux Marolles - il y a 30 ans », se souvient Louis de Viron, de La Coquille. « Nous avons mis les responsables de l’université au défi de traduire cette belle initiative en une action concrète, à savoir l’ouverture d’un centre d’accueil de jour à Louvain-la-Neuve. »

Soutenu par la Ville

 

Un toit pour les amis de la rue

Le 17 octobre, le monde mettra à l’honneur ceux qui s’unissent pour refuser la misère. À Louvain-la-Neuve c’est au quotidien que s’y consacre l’asbl «Un Toit un Coeur». Elle a ouvert début 2009 un Centre de jour pour ceux qui se nomment «les Amis de la rue».
 
 

L’UTUC, ce n’est pas seulement un local mais aussi la mise sur pied d’activités par les SDF. Ici, une virée à la mer en juillet dernier.

«Une petite pièce m’sieur?» Qui n e s’est jamais fait interpeller dans les rues de LLN? «Les SDF, les clodos… ils ont tous les noms, explique Jean-Benoît Maisin, membre du Kap Quart et président de l’asbl UTUC. Souvent, ils ne reçoivent qu’un regard méprisant

C’est ce regard que des habitants ont souhaité changer. Une volonté qui a rencontré les projets d’étudiants de l’UCL, membres du Kap Quart et de la Coquille, nés suite à la remise d’un doctorat honoris causa à Monica Nève, qui a ouvert une maison d’accueil dans les Marolles. «Nous voulions reproduire cela à LLN, indique Louis de Viron, membre de La Coquille, faire quelque chose pour ces gens que nous croisons tous les jours dans la rue. »

L’asbl UTUC est ainsi créée en 2008, rassemblant étudiants, habitants et sdf. Après un an de discussions et de combats, elle se dote d’un local au 12, rue des Bruyères, local prêté par l’UCL et dont les frais sont pris en charge par la Ville. En février 2009, le Centre de jour est ouvert. Il offre aux «Amis de la rue», comme ils se sont appelés, un endroit pour se reposer, prendre un dîner, une douche, nettoyer les vêtements. Papy, 30 ans de vie à la rue, en est un des membres fondateurs : «Papy est là tous les matins, prépare la soupe ou le café…, explique Evelyne Louveaux, habitante et membre d’UTUC. Il prend sa charge très à coeur. C’est sa raison de se lever. »


Faire connaissance

Le Centre permet aux Amis de la rue d’avoir du bon temps entre eux, de fuir la solitude. «La vie est un combat de tous les jours, contre les autres et contre soi-même, témoigne Papy. Si vous baissez les bras, c’est fini.»

Au Centre, ils peuvent souffler un peu. Une psychologue vient deux fois par semaine. «Ceux qui le souhaitent peuvent ainsi se confier à des professionnels», explique Adèle Guillaume, de La Coquille. «Nous ne voulons pas les assister, précise  Evelyne Louveaux, mais leur donner la possibilité de socialiser, afin de changer le regard sur eux-mêmes et sur les autres.» Grâce au Centre, les trois groupes représentés dans l’asbl, étudiants, riverains et SDF, peuvent faire connaissance, et ne plus avoir peur l'un de l'autre. Parce qu’ils n’ont pas de toit, les SDF sont déconsidérés. En leur offrant la possibilité possibilité de rencontrer des habitants, les membres d’UTUC veulent les aider à s’intégrer, et briser le préjugé du SDF qui ne fait rien pour se sortir de la rue. Pour eux, le lien social est le premier pas vers la réhabilitation.

Des activités sont ainsi organisées, selon les envies des Amis. Virée à la mer, pétanque,… «Ils ont organisé un barbecue en été, témoigne Evelyne Louveaux. Ils ont tout acheté et préparé euxmêmes, et ils ont invité les riverains à manger avec eux. Ils étaient vraiment heureux de pouvoir nous offrir quelque chose. La vraie misère, c’est de ne rien pouvoir donner.» «La rencontre est mise en avant, explique Jean-Benoît Maisin. On tape la carte, on écoute leur histoire… C’est chouette de les connaître et de les croiser dans LLN, et eux sont contents de montrer qu’ils connaissent des gens, des gens qui les aiment


Bilan positif

Une quinzaine de SDF viennent maintenant au Centre, contre cinq ou six auparavant. Ils sont tous de LLN, à quelques exceptions près. «Le Conseil rectoral été
favorable au projet dès le début, car c’est dans les missions de l’université desoutenir les engagements de ses étudiants
, explique Xavier Renders, vice-recteur aux Affaires étudiantes. Il y a bien sûr eu quelques craintes, notamment au sujet des nuisances que pouvait créer un tel projet.» Le voisinage n’était pas ravi par l’ouverture du centre, notamment à cause des chiens, dont les SDF ne se séparent jamais. «Nous avons dû les autoriser dans le local, indique Claire Thibaut, habitante membre d’UTUC. Sinon, les Amis ne seraient pas venus.» Grâce à la qualité du dialogue entre les étudiants,les habitants et les Amis, les problèmes ont presque tous disparu. «Ce projet profite autant aux Amis de la rue qu’à nous, bénévoles. Nous nous enrichissons mutuellement au fil des rencontres. N’était-ce pas aussi le but initial? », conclut Claire Thibaut.Fany Gregoire


Etudiants, habitants, SDF et acteurs sociaux de la Cellule de développement communautaire de la Ville se sont retrouvés à plusieurs reprises, pour étudier comment concrétiser ce projet. Ils ont fondé l’ASBL UTUC en juin 2008.

L’UCL a accepté de mettre le local occupé jusqu’il y a peu par l’école Traversière, au n°12 de la rue des Bruyères, à leur disposition, pour un an, à condition que les SDF ne troublent pas le voisinage. La Ville prendra en charge les frais d’électricité, d’eau et de chauffage. Le CPAS mettra un travailleur « article 60 » à la disposition du centre… et la Fondation Roi Baudouin a accordé un subside de 7500€, pour l’aménagement d’une douche et d’une nouvelle cuisine.

Ouvert depuis le 9 février, l’UTUC accueille les Amis de la Rue du lundi au vendredi, de 9 à 16h30. Une quarantaine d’étudiants - des kots à projets Kap Quart, La Coquille, Alimentakot, Kout’Pouce et Droits de l’Homme - y assurent des permanences à tour de rôle, par deux. En période de blocus, d’examens et pendant les vacances, une douzaine d’habitants prendront le relais.

Plus qu’un simple abri

Ils sont actuellement 7 ou 8 SDF à fréquenter le centre régulièrement. Pour y jouer aux cartes, faire des puzzles, boire un café ou une soupe préparée par Papy.

« Plus qu’un simple abri, ce local a pour objectif de développer convivialité et rencontres. On peut y apprendre les uns des autres dans un esprit de solidarité », explique Evelyne Louveaux, habitante impliquée dans le projet. « Nous envisageons d’établir une collaboration avec Espace Santé, par le biais d’activités créatives et d’expression. »

Une charte précise les conditions d’occupation: ni alcool, ni cigarette à l’intérieur du local... mais les chiens sont admis, pour autant qu’ils soient propres et ne causent pas de chahut.

« Le projet est très fragile car les voisins ne sont pas ravis de cette occupation. Ils craignent de voir leur quartier envahi par de plus en plus de SDF accompagnés de chiens », regrette Claire Thibaut, secrétaire de l’ASBL. « Après trois semaines de fonctionnement, nous avons dû fermer temporairement les portes du centre, le temps de trouver une solution à quelques débordements causant panique et rumeurs dans le voisinage… »

Etudiants, habitants et SDF impliqués dans l’ASBL UTUC espèrent le succès du projet et promettent de tout mettre en œuvre pour le garantir.



L'UTUC remise en question !!!


 


Voici une pétition pour vous et nous aider à porter PLAINTE contre l'UTUC.

Après un bilan de plus d’un an d’existence les SDF soignés par l’UTUC ne procurent qu’inconvénients et dérives dans le quartier des Bruyères à LLN.

Lorsque le beau temps revient, le tapage diurne y est constant associé aux dérives que sont la prise de boissons alcoolisées, le bruit causé par les rires incessants, les causeries tenues à forte voix, et la musique !
Ces nuisances répréhensibles, se passent sur la terrasse en face de la porte d’entrée du local réservé pour l’UTUC et sur la voie publique .

Pour rappel, l’UTUC signifie : un toit un cœur, et non : une terrasse un cœur !!!!!

Les SDF initialement entretenus par ce cercle, ont de plus en plus tendance à ramener d’autres personnes dans la même situation qu’eux, c’est ainsi qu’aujourd’hui on dénombre pas moins d’une grosse quinzaine de personnes, qui s’en donnent à cœur joie au détriment de tous les étudiants lorsqu’ils essayent de travailler entre 9hrs et 16hrs30’ heure d’ouverture du dit local !

S’en suit alors de la révolte, de l’incompréhension, et des crises avec comme seul exutoire, une tendance à la dépression !
Cette situation est insoutenable pour les étudiants du quartier proche du numéro 12 !!!!

Nous voudrions nous révolter et faire changer rapidement les choses !

C'est pourquoi, nous avons besoin de toi, Etudiant du quartier proche de l'UTUC et d'ailleurs!

D'avance Merci.

Le comité des étudiants locataires du quartier des Bruyères embêttés par l’UTUC

 

 

Quelques commentaires sur le vif.

Le bilan donné est réducteur, vu de l'extérieur d'une part mais le pire est qu'il néglige les nombreuses bonnes relations nouées par le voisinage avec les personnes qui fréquentent les lieux. La pétition vient d'être présentée et seules 7 personnes l'ont signée jusqu'à présent. Ce qui démontre en tout cas qu'il n'y a pas de nombreux voisins qui se sont concertés pour se plaindre.

Les critiques sont fondées mais pourraient trouver une solution par le dialogue. Aucune démarche n'a été effectuée en ce sens par les dépositaires de la pétition.

La question de la restriction d'espaces de liberté est au coeur du paragraphe suivant que deviendraient ces 15 personnes si l'UTUC - espace de liberté - devait fermer ses portes ? Les sous=entendus tel que "les Sdf initialement entretenus par ce cercle" Je voudrais bien qu'on m'explique ce qu'exprime ce terme "entrenus", il me paraît complètement hors sujet.

Quand à la dépression, je propose à ceux qui en souffrent de venir passer quelques mments à l'UTUC, il y règne beaucoup de bonne humeur. Le sens de l'humour est un souverain remède contre les états dépressifs.

Se révolter : un bien grand mot. Apprendre à découvrir l'inconnu plutôt que de se révolter sans savoir, sans avoir tenté la moindre conciliation.

J'ai découvert la pétition cet après-midi. Je savais quelle existait mais j'ignorais son contenu précis. J'ai eu envie de réagir sur le vif.

J'approfondirai plus tard.

Anne


Partager cet article

Repost 0
Published by Anne Wolff - dans anne humeur du jour
commenter cet article

commentaires

Yog' La Vie 11/05/2010 12:56



Merci Anne pour ici et pour ta réponse la-bas. Je réponds aux deux en même temps:


 


Je viens de parcourir tes derniers articles.
Oui, il y a l'idée d'avancer tout en se préservant pour pouvoir continuer. Avoir toujours, au fond, le calme malgré la tempête qui règne. J'apprécie beaucoup l'accent que tu mets sur la
convivialité et le partage là ou d'autres diraient "aide" ou "assistanat" avec en arrière plan toujours cette notion de pouvoir. Tout comme ceux qui veulent que ceux "d'en bas" participent au lieu de dire s'expriment.


 


Vu qu'il y a l'adresse, il n'est pas exclu que j'aille un jour faire un petit tour.


 


Bises! A bientôt!


 



Anne Wolff 11/05/2010 13:16



Je suis justement en train de mener en parallèle des recherches et une discussion sur les manières d'en finir avec des structures d'assistanat (paternalistes ou autoritaire) par un
autofinancement : artisanat de recyclage, pôle convivial et culturel, autoconstrucstion et restauration de l'écosystème local.... Là je suis à Bruxelles accueillie chez des amis...un petit retour
aux sources.


Musique à fond ne favorise pas la concentration. Mais j'essaye de profiter au maximum de cet accès à internet fort bienvenu.


Une notion nouvelle pour moi, le terme en tout cas ,pas les actions qui le manifestent "gentrification", un mouvement récurrent : les "misérables" doivent se faire discrets. L"UTUC exemplaire à
ce sujet. Si les étudiants  peuvent se permettre les pires tapages à toute heure du jour et de la nuit à Louvain=la=neucve, les pauvres, les marginaux quand ils deviennent trop visibles,
trop nombreux font l'objet d'opérations de nettoyage. C'est ce qui se produit actuellement. Beaucoup de choses à dire à ce sujet mais pas trop cap' d'écrire en ce moment. Je mène mon enquête sur
le net et sur le terrain. l'histoire d'une misère qui touche des "catégories" de personnes qui auraient eu d'autres recours en des temps plus anciens : restriction d'espaces de liberté pour les
dissidents.


Autre projet : donner une possibilité de s'exprimer à des personnes qui ont d'autres talents mais pas forcément celui de manier les mots pour raconter leur histoire et exprimer leur conception du
monde.Peut-être un de mes talents : voir les personnes au=delà des apparences et découvrir des trésors.


Bref mon blog axé sur des infos et actions locales, un peu plus concret.


A Bientôt


Anne



Présentation

  • : Le blog de Anne Wolff
  • Le blog de Anne Wolff
  • : Comprendre la globalisation, apprendre à y résister
  • Contact

Profil

  • Anne Wolff
  • Amoureuse de la vie, d'une fleur, d'un papillon, d'un arbre, du sourire d'un enfant, je m'oppose à tout ce qui conduit à la destruction systématique de ce que la nature a créé, de la vie, de la beauté du monde, de la tendresse et de la dignité
  • Amoureuse de la vie, d'une fleur, d'un papillon, d'un arbre, du sourire d'un enfant, je m'oppose à tout ce qui conduit à la destruction systématique de ce que la nature a créé, de la vie, de la beauté du monde, de la tendresse et de la dignité

No Pub

Malgré les publicités imposées dans sa nouvelles versions qui apparaissent sur ce blog,celui-ci reste un acte gratuit.

Recherche

Nouvelles formes du fascisme

"Le vieux fascisme si actuel et puissant qu’il soit dans beaucoup de pays, n’est pas le nouveau problème actuel. On nous prépare d’autres fascismes. Tout un néo-fascisme s’installe par rapport auquel l’ancien fascisme fait figure de folklore […].

Au lieu d’être une politique et une économie de guerre, le néo-fascisme est une entente mondiale pour la sécurité, pour la gestion d’une « paix » non moins terrible, avec organisation concertée de toutes les petites peurs, de toutes les petites angoisses qui font de nous autant de microfascistes, chargés d’étouffer chaque chose, chaque visage, chaque parole un peu forte, dans sa rue, son quartier, sa salle de cinéma."

 

Gilles Deleuze, février 1977.

Archives