15 janvier 2014 3 15 /01 /janvier /2014 01:39

 

Novye Izvestia
12:01 14/01/2014

Les députés du Parlement européen, leurs assistants, traducteurs et personnel de service - soit au total quelques milliers de personnes - sont montés lundi à bord de deux trains spéciaux pour se rendre de Belgique en France, écrit mardi 14 janvier le quotidien Novye Izvestia.

480 km séparent Bruxelles de Strasbourg, où les députés européens travaillent quatre jours par mois. Les bagages – 2 500 valises et caisses de dossiers – ont accueilli les politiciens à Strasbourg. Ils avaient été chargés d’avance dans 5 camions et transportés sur place séparément, dimanche. La location de deux TGV, qui s'arrêtent uniquement à l'aéroport de Paris et empruntent le trajet de retour le jeudi après-midi, coûte 240 000 euros. Les traducteurs coûtent 3 millions d'euros et les médecins du Parlement européen, qui font régulièrement l'aller-retour Bruxelles-Strasbourg, 400 000 euros.

A Strasbourg même, les députés ont besoin d'ordinateurs, d’un soutien informatique, d'être logés, nourris et protégés. L’assistance aux 736 députés européens et l'entretien de l'enceinte du Parlement européen construit en 1999, y compris l'infrastructure, coûtent 60 millions d'euros par an. Une centaine de personnes travaillent dans le bureau strasbourgeois du Parlement européen et bien qu'au total les députés ne passent en France que 48 jours par an, y compris les jours d'arrivée et de départ, il est nécessaire de verser un salaire au personnel de service toute l'année. Dans l'ensemble, près de 5 000 personnes se rendent à chaque session à Strasbourg. Hormis les collaborateurs du Parlement européen, il s'agit de lobbyistes et d'entrepreneurs qui travaillent avec les députés. Les tarifs des hôtels de la ville passent alors du simple au double : dimanche soir encore une nuitée au Hilton coûtait 98 euros, alors qu'à partir de lundi matin le tarif était passé à 193 euros.

Le Parlement européen affirme que ses sessions de travail à Strasbourg coûtent 103 millions d'euros par an aux contribuables européens mais les opposants à ces allers-retours, que même les députés ont du mal à justifier, pensent que les dépenses réelles sont bien plus élevées – 156 millions d'euros par an, soit près de 1,1 milliard d'euros en sept ans (délai qui sépare chaque vote sur le budget européen). On peut imaginer les sentiments éprouvés par les Grecs, par exemple, face à ces dépenses. Après tout les autorités européennes exigent constamment des économies et des réductions budgétaires de la Grèce…

La nécessité d'annuler ces voyages inutiles est de plus en plus débattue. Fin 2012 cette question a été soulevée au Parlement européen et les trois quarts des députés avaient voté contre ces allers-retours. Paris, par contre, n’a jamais caché que la France n'admettrait pas l'annulation de ces voyages des députés. Le président François Hollande a récemment rappelé la position de son pays à ce sujet. Selon lui, la France est un pilier fondateur de l'UE. Historiquement Strasbourg était l'un des lieux permanents des réunions de l'UE. Selon lui ce n'est donc pas de la faute des Français si, en 1992, les députés européens ont décidé que Bruxelles convenait davantage à leurs réunions régulières. A la même époque, il y a 20 ans, le Parlement européen s'apprêtait à dire adieu à Strasbourg mais la France avait réussi à négocier le droit d'y organiser les réunions mensuelles des députés européens. Evidemment, les Français ne sont pas guidés uniquement par des notions de prestige. La présence du Parlement européen sur leur territoire leur est bénéfique : une grande partie du milliard dépensé pour les voyages des députés revient aux entreprises et aux organismes publics français.

MOSCOU, 14 janvier - RIA Novostiverte tirelire

les députés européens gaspillent l’argent du contribuable | Presse russe | RIA Novosti

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Published by Anne Wolff - dans Eurocrassie
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