17 mars 2013 7 17 /03 /mars /2013 11:48

 

 

Il est inutile de vous présenter Bergoglio, nouvellement élu pape. Partout se multiplie les articles qui rappellent ses liens avec la dictature militaire argentine, et sortent les documents et témoignages qui montrent sans équivoque son rôle de complice et de délateur collaborant à la dénonciation des prêtres engagés et aux enlèvement d’enfants de militantes torturées et assassinées alors que la guerre froide prenait l’Amérique Latine comme champ de bataille assassinant par dizaine de milliers les porteurs d’espoir, celui d’une Amérique Latine luttant pour l’autodétermination, pour échapper à l’esclavage et l’exploitation par l’Empire du Nord qui n’a cessé de la considérer comme son arrière-cour.

Il est inutile de retracer l’histoire des collusions entre le Vatican et les puissants de ce monde, de rappeler le virage pris après  la seconde guerre mondiale et l’alignement politique sur Washington

Il est inutile de rappeler tout cela parce que depuis l’Amérique Latine se multiplient les avertissements démontant le mythe du jésuite frugal ami des pauvres et montrant cette figure pour ce qu’elle est une habile opération de lifting made in Vatican pour promouvoir un futur Pape au service de l’Empire comme le firent ces prédécesseurs.

Malgré cette profonde douleur et immense tristesse que provoque en moi à l’unisson de millions et millions d’autres personnes le « départ physique » d’Hugo Chavez, il a réussi une fois de plus à me faire rire. Dans ce premier combat posthume Le Libérateur contre le Vatican, Hugo part gagnant.

Depuis quelques mois je prends chaque jour d’avantage conscience de cet aspect de la révolution bolivarienne et de ce que l’on appelle chavisme, qui signifie l’Union du Peuple et de son Libérateur, cette dimension qui prend toujours plus d’importance. Le président peut mourir, le comandante, l’ami, bref les incarnations terrestres peuvent mourir avec la personne charnelle, le Libérateur lui est immortel, intemporel. Ce n’est pas mon opinion que je vous donne ici, j’essaye de rendre compte de ce phénomène, il est impossible de séparer la révolution bolivarienne de sa composante chrétienne.

Lorsqu’en janvier, Maduro annonce qu’Hugo Chavez ne pourra être présent pour prêter serment et entrer en fonction dans son nouveau mandat, alors que tous sont dans ce terrible dilemme, quand on ne peut se permettre d’accepter la mort probable d’une personne aimée parce qu’il faut alors l’aider de sa foi et de sa confiance, tout en sachant qu’il faut se préparer au pire pour ne pas s’effondrer le cas échéant, alors que l’opposition ne cesse de montrer son vrai visage vulgaire, charognard, hystérique, et j’en passe, alors que la menace est réelle de voir se rameuter tous les fascistes des Sales Opérations « Liberté et démocratie » pour écraser ce peuple qui a eu l’outrecuidance de se relever grâce aussi à l’aide bienvenue de l’ami Hugo – alors que les menaces et tentatives de déstabilisations se multiplient il se produit quelque chose de très fort.

Pour comprendre ce qui s’est produit là, il faut revenir sur certaines positions de la gauche européenne qui dans ces pires extrême est fort bien incarnée par Mélenchon, la secte à vocation totalitaire des athéistes universalistes. Ayant été éduquée dans l’athéisme et le libre-examen par les descendants directs de ceux qui dans mon pays ce sont opposés au pouvoir politique monopolistique de l’église et estimant que j’ai reçu une excellente éducation, d’une grande valeur morale et ouvrant à l’esprit critique comme source du discernement en se fondant sur la morale laïque, ce que je mets ici en cause c’est la dérive du terme laïc qui de symbole d’œcuménisme et de tolérance et devenu synonyme d’athéisme et de totalitarisme.

La morale laïque est fondée dans les valeurs chrétiennes, ce qu’elle remet en cause c’est le droit de l’église à s’en emparer, les monopoliser et à les pervertir, le décorum ecclésiastique souvent qualifié de simagrées et bien sur la nature « divine » de Jésus de Nazareth, elle retient le discours de Jésus comme philosophie, comme message religieux (au sens de ce qui relie les humains entre eux)mais prétend –comme le fit un célèbre chimiste – pouvoir se passer de l’hypothèse de dieu pour tenir la route. Une vision quelque part plus contraignante que celle des catholiques, puisque nous n’avons aucune possibilité de recours à la confession et l’absolution pour nous décharger de nos mauvaises actions, le jugement premier étant celui de sa propre conscience, et le fardeau du mal-agit ne pouvant se décharger par un blanchiment sur commande.

Ce petit détour parce qu’il n’est pas inutile de rappeler que notre contexte n’est pas celui de l’Amérique Latine et que donc ici et là les ambiances culturelles sont sources de point de vue sur la vie et sur le monde forts différents. Et de situer pour ce sujet qui promet d’être au cœur des luttes à venir en Amérique Latine (et dans le monde ?) selon ce principe de subjectivité assumée dont je me réclame, dire clairement de quel point de vue je me place pour permettre au lecteur de faire la part des choses est requis. Eduquée dans la morale laïque selon les sains principes du libre-examen, petite fille sauvage qui préfère la compagnie des arbres à celle de la plupart des humains (surtout ceux de son âge !!!), l’étude de la biologie conjoint au vécu de l’état naturel me conduit dans un premier temps à l’agnosticisme ensuite la découverte de la vision des indigènes de ce qui est devenu Amérique » m’aidera à exprimer ma conception de « « « dieu » » » : il existe incontestablement un grand esprit de la terre dont nous participons et il faut être bien pollué mentalement pour ne pas le percevoir… syncrétisme religieux opposé à toute forme d’église hiérarchisée, mais on le sait déjà les hiérarchies, l’autorité toute ces redondances perverses d’esprits accapareurs ne font pas partie de ma conceptions du monde.

Pour quoi toutes ces digressions ? Pour vous dire que ce dont je suis témoin depuis quelques mois, je n’y étais pas préparée, je savais Chavez chrétien, me posait des question sur la manière dont il articulait foi et socialisme sans chercher plus loin, la politique agraire m’intéressant d’avantage entant que réelle politique à long terme et anticipatrice des famines mondiales à venir.

Après que Chavez ait dû repartir à Cuba pour une nouvelle opération de son cancer en décembre j’ai vu croître la ferveur populaire – même les athées prient pour Chavez a alors écrit quelqu’un. Devenaient toujours plus indiscernables dans cette ferveur les composantes de la foi comme religion et dans la révolution incarnées toutes deux par Hugo Chavez, Libérateur à l’égal de Jésus et de Bolivar.  Ce qui se produit en janvier est hallucinant, « Nous sommes tous Chavez » n’est pas simplement une affirmation verbale sans consistance, je ne puis trouver d’autre mot pour l’exprimer que celui de transsubstantiation. En termes deleuziens je dirais qu’il y a un »devenir Chavez du Peuple du Venezuela (et pas seulement) uni dans une même ferveur comme héritier de la grande mission, celle de mener à bien la révolution. »

En janvier il n’est pas question encore de la démission du pape, ce grand pourfendeur des théologiens de la libération. En janvier pourtant se produit un évènement passé inaperçu de la plupart des observateurs : parmi les tentatives conjuguées de déstabilisation du gouvernement par la droite, alors qu’il est clair que Hugo Chavez ne pourra prêter serment au moment prévu, l’église y va alors de sa propre tentative et commence à dénigrer le président du pays. Le peuple réagit de telle manière que j’écris alors : « Si l’église devait excommunier Chavez, c’est Chavez que le peuple suivrait ». L’échec de Ratzinger est consommé, Hugo Chavez est l’héritier victorieux des théologiens de la libération. Jesus, Bolivar, Chavez, la trilogie des libérateurs devient de plus en plus présente dans les médias rebelles, d’abord implicitement et depuis sa disparition physique et catalysée par la nomination d’un pro contras comme pape, de plus en plus explicitement certains faisant d’ores et déjà référence à San Hugo Chavez et ce n’est pas anecdotique parce que c’est cela le premier combat posthume d’Hugo Chavez : Hugo Chavez de la lignée de Jesus représentant  du peuple contre Bergoglio héritier de l’Inquisition représentant du Vatican et de ses turpitudes, lui-même vecteur des politiques de la corporation transnationale dans le monde. Et pourquoi j’ai ri, parce que même absent physiquement, Hugo leur a déjà porté quelques bottes mortelles par l’intermédiaires de tous ceux qui se sont précipités pour remettre d’emblée les horloges à l’heure quand à ce que pourrait signifier réellement cette élection pour l’Amérique Latine si elle tombait dans le piège : un quartier libre pour les escadrons de la mort qui sévissent toujours dans certains pays et régions du continent. Qui ont déployés leurs bases en tous lieux stratégiques guettant l’instant ou s’ouvrira la faille pour aller massacrer du socialiste, du rebelle, de l’indigène récalcitrant poursuivant l’œuvre de l’Inquisition par les mêmes moyens perfectionnés par une longue pratique et décuplé par les « progrès » technologiques. Et cette menace qui plus que tout faisait horreur à Saint Hugo, armes à l’uranium appauvri ou officiellement nucléaires (Malouines et bateaux de guerre) qui menacent l’ensemble du continent de leurs incommensurables horreurs et souffrances pour les siècles des siècles. C’est au regard de cette menace quand elle est devenue clairement exprimée par le régime d’Obama (coup d’état au Honduras, opérations conjointes de police, militaires et paramilitaires,  politique de remilitarisation du continent, dont de nouvelles bases en Colombie aux frontières du Venezuela et de l’Equateur… plus tard viendront le coup d’état au Paraguay et le positionnement de troupes prêtes à intervenir en Bolivie lors du coup d’état avorté qui eu lieu quelques jours plus tard) que Chavez - qui alors met les bouchées doubles pour organiser la défense du pays et accélérer la mise en place d’une défense conjointe des pays autodéterminés du continent – de presidente, comme il était le plus couramment nommé jusque-là, deviendra el commandante. Mais la donne alors à changer, après un bref répit qui a permis au continent d’entamer un redressement spectaculaire, la guerre est aux portes de tous les gouvernements rebelles alors que les habituels moyens de déstabilisation intérieure (matrice d’opinion véhiculé par des médias aux ordres des mêmes que sont les nôtres, ONG qui viennent par exemple expliquer en toute « bonne foi » aux indigènes de Bolivie que leur sort est lamentable comparé à celui des indigènes des EU qui eux possèdent toutes les ressources des terres qu’ils habitent (sans rire),  toujours en Bolivie formation paramilitaires des descendants des réfugiés nazis de la Media Luna toujours, ce ne sont pas des centaines mais des milliers d’exemples a différentes échelles qui illustre ce phénomène.

Et voici donc que dans une nouvelle étape, à peine nous a-t-il quitté que le voici de retour, Hugo « homme à tout faire de la révolution » (un compliment de mapart) est rappelé sur le champ de bataille de ce nouveaux combat des géants pour se faire champion des Peuples, chevalier du Christ libérateur, messager d’amour et de paix contre le nouveau champion du Vatican Bergoglio, l’ami des dictateurs. Le combat a commencé, et je rigole oui (Même si un peu entre les larmes tout de même) parce que les premières ripostes et les premières salves, venues promptement on conduit des chrétiens du monde entier à se poser la question : « Pourquoi choisir un homme au passé si lourd, et qui ment sur son histoire ? » Parce que je vois se confirmer cette tendance qui pourrait bien conduire l’église catholique a sa chute et c’est tant mieux, une bande de pervers, hypocrites, avides de pouvoir et de richesses qui n’ont cessé de trahir le christ et à la renaissance d’un nouveau christianisme ouvert et syncrétique tout à fait capable de voisiner en bonne connivence religieuse avec ceux qui ont choisi d’autres chemins de religion. La religion comme chemin qui relie les humains dans leur recherche d’amour et de paix  et donc de respect, entre tous les habitants.

Il y aura encore beaucoup à dire dans les prochaines semaines et les prochains mois pour ceux qui porteront intérêt à cette bataille. Je ne mesure pas encore moi-même tout ce que m’a apporté ce moment de « communion » avec tous ceux qui ont participé à cet élan de ferveur où nous avons été nombreux à être touché par une forme de « grâce »,celle de se sentir héritiers et responsables de faire que se termine le règne des riches destructeurs, assassins de la Terre pour que place soit faite à la création qui s’appelle aussi amour. Et cela si Chavez en a catalyser la possibilité, ceux qui l’ont concrétisée c’est un peuple debout prêts à prendre la relève, un peuple que je remercie pour ce message d’amour et de paix qu’il crie bien haut, pour cette preuve d’intelligence qu’il nous donne en anticipant les mouvements de l’ennemi afin d’en montrer les grosses ficelles manipulatrices aux yeux du monde.

Un peuple qui va nous obliger à reconsidérer toutes les catégories dans lesquelles nous avons enfermé le réel et qui appartenant à un monde passé ne nous permettent pas de comprendre dans son essence profonde ce socialisme bolivarien quia comme première composante l’amour qui unit ceux qui le construise, un amour réveillé par celui que chacun a eu pour cet homme hors du commun, si pleinement humain et bienveillant dans sa démesure, Saint Hugo Chavez, la nouvelle étoile dans le firmament de l’espoir, intemporel, immortel par son appartenance à la lignée des libérateurs de l’humanité de ses chaînes de haines, de ressentiment, de violence, de ceux qui livrent leur conscience aux pulsions de mort, de destruction, de convoitise, le fascisme qui est en chacun de nous et que chacun peut combattre s’il le désire.

Et que le meilleur gagne !!!

Anne

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Gilles Deleuze, février 1977.

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