7 février 2014 5 07 /02 /février /2014 21:25

 

TOUTES LES ENTREPRISES QUI PRÉTENDENT détenir des papiers officiels sur cette terre ont essayé par tous les moyens imaginables d’acheter la terre et les titres. Les vendeurs souvent ne savent ni lire, ni écrire, à cause de l’analphabétisme qui est élevé dans cette région du Honduras. Les entreprises vont jusqu’à falsifier les signatures, soutient le président de Copinh, Francisco Javier Sanchez. Les histoires qui courent sur les méthodes dont usent l’entreprise pour amener les indigènes à signer, fait penser aux histoires africaines, alors que les colonialistes arrivaient avec des miroirs, des caramels ou de l’eau de vie. Dans la région de Rio Blanco ou de San Francisco de Opalaca les entreprises ont offert des confiseries, un sac de maïs, des haricots ou 100 à 500 Lempiras, plus ou moins 5 à 25 dollars. Face au système judiciaire totalement corrompu, les plaignants se trouvent complétement privés de recours.

 

Qui sont finalement les propriétaires de l’entreprise Desa ? demandons nous à Bertha. Elle répond que c’est une famille oligarchique ayant des investissements dans le milieu bancaire et à présent également dans la dite « énergie renouvelable ».

Ils font passer les humains après la construction de centrales hydroélectriques dans le Rio Blanco. Parmi les propriétaires de Desa il y a le clan familial Atala, Camilo Atala est le propriétaire de Banco Centroamericano., BAC Bamer. Son frère, Pedro est le président de la ligue professionnelle de football du Honduras. Le troisième Atala est le vice-président du Conseil Industriel Latino Américain de Commerce et propriétaire de Motagua, la seconde meilleure équipe de football du Honduras.

 

Les Peuples originaires du Honduras

Le recensement officiel dénombre une population de 8 045 990 habitants, parmi laquelle 496 600 appartiennent aux peuples indigènes Chorti, Lenca, Miskito, Nahua, Pech ou Paya, Tawahka ou Sumo et Tolupán ou Xicaque. Selon les estimations de leurs propres organisations, le nombre des indigènes, est de 607 300 auxquels il faut ajouter près de 200 000 personnes descendant des noirs caraïbes, les Garifunas. Ils appartiennent, comme beaucoup d’autres, au secteur le plus pauvre et abandonné du pays. Les organisations de l’ONU estiment qu’ils vivent dans un état d’« extrême pauvreté » dans quelques 4000 villages, une situation qui s’est accentuée au cours des siècles, depuis la colonisation espagnole, en conséquence du manque d’accès à l’éducation, à la santé, à la sécurité, à la terre et aux ressources naturelles. Le territoire réclamé par les peuples indigènes est d’approximativement 2 millions d’hectares faisant partie d’un territoire national qui en compte 11,2. Actuellement seulement 10% d’entre eux détiennent un titre de propriété valide sur leurs propres terres.

 

Source  Pueblos Originarios en América

 

 

CONSTRUIRE UN BARRAGE est une tâche complexe et particulièrement coûteuse. Le projet à Rio Blanco ‘El Proyecto Agua Zarca » a reçu le feu vert de CAMIF (el Central American Mezzanine Infrastructure Fund) un sous-organe de la Banque Mondiale, qui est un organisme qui stimule l’investissement privé dans les infrastructures en Amérique Centrale.

 

Le Copinh dans un communiqué à la Banque Mondiale l’a prévenue, avant qu’elle ne prenne sa décision, des conséquences sociales, environnementales et historiques d’un prêt à la construction du barrage. Les organisations appelaient également  à une réunion entre la banque et le peuple Lenca pour que la banque puisse entendre ceux qui se verraient affectés par le projet.

 

Le Fond du Développement de la Hollande était également sur le point d’accorder un prêt millionnaire à Desa. Copinh et cinq organisations européennes des droits humains ont écrit au Fond hollandais et mis l’accent sur le fait que le fond se rendrait complice de violation de la Convention 169 de l’OIT sur les droits indigènes et l’autonomie, et qu’ils contribuaient à la militarisation de la région et à l’augmentation des violations des droits humains.

 

-Le Fond avait envoyé des consultants au Honduras et ils répondirent qu’ils avaient déjà consulté. Ils ont totalement ignoré les dénonciations faites par Copinh. Ce sont des gens arrogants, dominateurs qui ne s’aventurent pas à donner une réponse directe à Copinh. Ils disent « que oui » mais ils mentent.

 

-Ils ont aussi déclaré que leur interlocuteur valable pour le peuple indigène est le Secrétariat des Peuples Indigènes et Afrohonduriens. Comment l’Etat lui-même et le gouvernement peuvent-ils être interlocuteurs, ces gens ne représentent pas les peuples indigènes, ils sont un ministère du gouvernement.

-Ils disent également que la représentation (du peuple Lenca de Rio Blanco) est détenue par un groupe organisé et patronné par la DESA. Il est composé de quatre personnes qui sont employées par Desa qui ont été amenés à la Casa Presidencial en compagnie de quelques autres représentants d’organisations soi-disant indigènes, dont la base est également contre la signature de ce projet. Le Fond des Pays Bas dit que ce sont eux leurs interlocuteurs communautaires valables.

 

 

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LA DIRIGANTE DE LA COPINH dit avoir subi des pressions afin qu’elle s’asseye à la table de négociations avec l’entreprise et que le chef de la compagnie lui a proposé un pot-de-vin pour qu’elle accepte la construction du barrage. Mais Bertha Cáceres affirme que jamais elle n’acceptera de telles propositions qui violent toute dignité humaine et la confiance que le peuple Lenca a placée dans ses dirigeants. Depuis son refus, elle a été soumise à plusieurs provocations et la liste de mort sur laquelle son nom est enregistré avec celui de 19 autres honduriens a été publiée.

-J’ai même reçu sur mon téléphone cellulaire des messages y compris de harcèlement sexuel, provenant de Douglas Bustillo, le vice-chef de Sécurité de l’entreprise. C’est une situation très compliquée pour le Copinh dans ce contexte de criminalisation croissante - même si, depuis ses débuts, le Copinh a toujours été criminalisé. Nous avons reçu beaucoup de menaces et 8 compagnons ont été assassinés. Ce n’est nouveau, mais en ce moment, alors qu’il existe un scénario national dangereux de criminalisation grandissante des mouvements sociaux, que je me retrouve accusée de «complot contre l’Armée, de possession illégale d’arme, en préjudice à la Sécurité Interne de l’Etat du Honduras  – s’il vous plait ! - c’est risible mais cela montre aussi de quoi ils sont capables. Nous devons faire une lecture de ces événements en tant qu’ils sont une manifestation d’une stratégie gringa de Contre-insurrection.

L’assassinat d’un dirigeant indigène, Tomás Garcia par l’armée le 15 juillet 2013, a été la goutte qui a fait déborder le vase pour le peuple Lenca. Il a placé l’entreprise constructrice Sinohydro face à un ultimatum : soit vous vous retirez, soit vous rester et vous en affrontez les conséquences. Les chinois se sont rendu compte que la réalisation du projet était insoutenable avec les communautés en lutte contre eux et ont choisi de se retirer. Depuis ce jour le projet hydroélectrique est sur le tapis mais ne trouve pas de constructeurs.

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Ignocencio Gómez, indigène qui possède sa maison, destinée à disparaître avec la construction du barrage, au bord du Rio Gualcarque.

 

LA MILITARISATION ET LA « COLOMBIANISATION », s’incarnent dans des groupes paramilitaires qui font le “sale” travail de l’état ou avec des militaires qui patrouillent le jour et se mettent la nuit le brassard du paramilitarisme et partent assassiner l’opposition politique et populaire. Actuellement, au Honduras la similitude (avec la Colombie) est évidente, dit Bertha Cáceres :

 

-Comme nous l’avons toujours dénoncé, c’est la copie de l’Armée Colombienne et du Paramilitarisme de là-bas. Et qui sont derrière ? Les Gringos. Pourquoi les gringos ont-ils six bases militaires au Honduras ? Pourquoi construisent-ils leur plus grande base maritime d’Amérique Latine au Honduras ? Que font ces gringo à Caratasca ? Pourquoi construisent-ils des souterrains ?  Ce n’est pas pour combattre le narcotrafic, Qu’ils ne viennent pas nous raconter leurs contes, ce sont des mensonges !, dit la dirigeante du Copinh et elle conclut :

-A Rio Blanco, il y a une armée de paramilitaires. Je les ai vu et nous savons comment ils opèrent, jouant avec les besoins des gens ou utilisant les mêmes méthodes. Ils payent mille lempiras (100USD) pour saboter la voiture du Copinh. Quand l’armée m’a capturée le 24 mai 2013, il y avait six hommes en civil prêts à canarder la voiture du Copinh. Quatre fois ils m’ont menacée de mort (ce jour-là), Francisco Sanchez, président du Copinh est dans la même situation mais, jusqu’ici, il s’en est sorti. Aujourd’hui il faut être bien préparé pour supporter cela parce que ce n’est pas facile.


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APRÈS QUE NOUS AYONS TERMINÉ LE REPORTAGE A RIO BLANCO et l’entrevue avec Bertha Cáceres à la mi-décembre 2013, la Cour d’Appel de Comayagua a prononcé un non-lieu provisoire en faveur de Bertha Cáceres, Aureliano Molona et Tomás Gómez Membreño.

 .

Le communiqué du Copinh déclarait que “l’équipe de défense continuera a travailler pour le prononcé d’un non-lieu définitif dans les cas de persécution judiciaire contre les trois compagnons et autres membres du Copinh qui font l’objet de ce genre de répression et sont confrontés également à des menaces contre leur vie et des accusations judiciaires. Nous épuiserons tous les recours en justice et poursuivrons notre lutte pour la justice et la vérité, même si nous savons en faveur et au service de qui les instances judiciaires se positionnent. Le COPINH averti que l’entreprise Desa - en association avec le Ministère Public, dont nous déplorons le rôle servile - continue à mener des poursuites qui sont des menaces contre l’intégrité de notre organisation et de ses militants : non seulement à travers la criminalisation des luttes du COPINH par la voie judiciaire mais aussi par des campagnes sales et de discrédit, des attaques cybernétiques, des harcèlements et la militarisation. »

 

Nous avons obtenu une victoire partielle de tout le peuple Lenca et de la solidarité nationale et internationale, affirme l’organisation du peuple Lenca.

 

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Barrage du chemin qui résiste depuis plus de neuf mois.

 

 

Voir tout le reportage de Rio Blanco et l’entretien avec Bertha Cáceres :

Videos:

Reportaje de Rio Blanco (31 min): http://vimeo.com/82020819,

YouTube: http://youtu.be/cXD6Ha2opZ0

La entrevista con Bertha Cáceres: (61 min): http://vimeo.com/82083040,

YouTube: http://youtu.be/Yiu_G9gdQ4g

 

Lempira (cacique Lenca)

Lempira (m. 1537) était un capitaine de guerre du peuple des Lencas qui lutta contre les espagnols durant la décennie de 1530, dans les documents écrit de la période de la conquista espagnole, il est mentionné sous le nom de El Lempira.

C’était un indigène d’origine Lenca, de haute stature, aux larges épaules et aux membres épais. Il était brave et depuis sa tendre jeunesse il a fait preuve d’un grand courage, il avait un amour profond pour son peuple, sa terre, ses lois et ses coutumes.

 

Le nom de Lempira, d’après ce que soutient Jorge Lardé Y Lain, provient de la parole Lempaera, qui a son tour procède de deux vocables de la langue Lenca : Lempa qui signifie “seigneur » - titre de haute dignité ou hiérarchie – et de era, qui signifie « colline ou sierra ». Ainsi donc, Lempira signifierait Seigneur de la Sierra ou Seigneur des collines.

Lempira reçut d’Entepica la mission d’organiser la résistance à la pénétration des troupes espagnoles en 1537, en prenant pour base la colline de Cerquin. Quand les Espagnols parvinrent à Cerquin, Lempira se trouvait en lutte avec les caciques voisins, à cause de cette menace, Lempira fit alliance avec le sous-groupe Lenca des Cares et parvint à réunir une armée de presque 30 000 soldats, provenant de 200 villages.

Grâce à lui, d’autres groupes se soulevèrent aussi et prirent les armes dans la vallée de Comayagua, à Olancho. Les tentatives espagnoles de les mettre en déroute, dirigées par Francisco de Montejo et son lieutenant, Alonso de Cáceres restèrent infructueuses avant 1537.

 

Source: Wikipedia

 

Traduction Anne Wolff

Sources espagnoles :


Agencia de Noticias Nueva Colombia, ANNCOL

Web:
www.anncol.eu, Redacción: anncol@anncol.eu,
YouTube: http://www.youtube.com/user/anncol4?feature=mhee

 

 

Honduras. Corre la sangre del Pueblo Lenca en su lucha contra el proyecto de la central hidroeléctrica que ahogará sus tierras

 

Lire le tout


Le peuple Lenca du Honduras met la plus grosse entreprise de construction de barrages en déroute 1

 

Le peuple Lenca du Honduras met la plus grosse entreprise de construction de barrages en déroute 2

 

Le peuple Lenca du Honduras met la plus grosse entreprise de construction de barrages en déroute 3

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