5 mars 2014 3 05 /03 /mars /2014 18:41

09-03-2012 16:01 | Magdalena Hrozínková

Démo encontre des Roms en République tchèque

Attaque de maisons de rroms

Environ 4 000 militants néo-nazis opéreraient en République tchèque. C’est ce qui ressort d’une étude commandée par le ministère de l’Intérieur auprès de spécialistes de l’extrémisme. Le noyau dur d’activistes serait composé de quelque 400 éléments, parmi lesquels une quinzaine de personnes qualifiées de leaders de ce mouvement. Toujours selon ce document, le nombre d’agressions dont sont victimes les membres de la minorité rom du pays devrait augmenter dans les prochaines années.

L’étude qui vient d’être publiée par le ministère de l’Intérieur a été élaborée à la fin de 2011, en réaction aux tensions ethniques contre la population rom qui ont éclaté l’été dernier en Bohême du Nord. L’un des objectifs des spécialistes était de décrire les nouvelles tendances du mouvement néo-nazi en République tchèque. L’auteur de l’étude et politologue à l’Université Masaryk de Brno, Miroslav Mareš, explique :

« Les néo-nazis ont surtout tendance à s’adresser au grand public. Il y a toujours des personnes qui émergent sur la scène néo-nazie et qui veulent être, dans ce sens, meilleurs que leurs prédécesseurs. Je ne pense pas que l’extrémisme constitue une menace plus importante que dans les années 1990 par exemple, car à cette époque-là, le nombre d’actes de violence était beaucoup plus élevé qu’à présent. Je dirais plutôt que

la scène néo-nazie se professionnalise et qu’elle se prépare à une éventuelle crise en Europe. »

Depuis les années 1990, à l’époque des premières attaques contre les Roms et les anarchistes notamment, les néo-nazis tchèques se sont peu à peu détachés du mouvement skinhead pour infiltrer les milieux politiques via des formations nationalistes et extrémistes. Après la dissolution, en 2010, par la justice tchèque, du principal parti extrémiste dans le pays, le Parti ouvrier, les sympathisants de l’idéologie nazie se sont tournés vers des partis nationalistes tels que le Parti ouvrier de la justice sociale (DSSS) ou La Jeunesse ouvrière.

Ces formations, qui se prennent pour les défenseurs de la justice et de l’ordre, développent alors un discours axé sur les inégalités sociales et nourri par une certaine ambiance xénophobe et anti-rom au sein de la société tchèque.

 

Le rassemblement anti-Roms à Ostrava, photo: CTK

 

Miroslav Mareš précise :

 

Miroslav Mareš « Les néo-nazis profitent de la montée générale des tensions ethniques dans la société tchèque pour obtenir un soutien politique et pour conquérir de nouveaux sympathisants. Ils sont aussi de plus en plus forts du fait de la collaboration internationale. Nous voyons bien que dans certains pays, même les mouvements radicaux d’extrême droite peuvent accéder au pouvoir et avoir le soutien de l’opinion publique. C’est par exemple le cas de la Hongrie qui inspire non seulement les néo-nazis, mais aussi les nationalistes tchèques. »

Le rapport sur le mouvement néo-nazi évoque également d’éventuelles attaques terroristes auxquelles pourraient avoir recours certains militants. Miroslav Mareš :

« Je ne pense pas qu’il existe, en République tchèque, une menace terroriste comparable au terrorisme islamiste. On peut difficilement imaginer les néo-nazis tchèques placer une bombe dans un endroit public. C’est plutôt le terrorisme sélectif, donc qui vise des personnes concrètes, qui pourrait les attirer. »

Les spécialistes tchèques de l’extrémisme incitent les autorités à lancer des programmes de sensibilisation dans les écoles (certains ont déjà été mis en place par l’ONG People In Need) et à traduire en justice les auteurs d’attaques motivées par la haine raciale ou homophobe. La police enregistre environ 300 attaques de ce genre par an.

 

 

Source : Radio Prague - Le mouvement néo-nazi tchèque se professionnalise

 

 

A lire ici
République tchèque : Pas de pitié pour les néo-nazis | Presseurop.eu : actualités Europe, cartoons et revues de presse

 


Un militant néo-nazi lors d'une manifestation à Beroun, au sud-ouest de Prague, en 2007.

 

Vingt-deux ans de prison minimum pour avoir incendié la maison d’une famille rom : la peine prononcée le 20 octobre contre quatre militants tchèques est un exemple à suivre pour lutter efficacement contre la montée de l’extrême droite dans le pays et le reste de l’Europe, se félicite Respekt.

Que la transition du communisme vers la démocratie soit une grande aventure, on le pressentait déjà durant la révolution [la Révolution de velours de 1989]. Mais que cette aventure continuerait encore 20 ans plus tard, c’était alors nettement moins évident. Il en est pourtant bien ainsi. A titre d’exemple, on peut évoquer l’affaire des néo-nazis, plus connue sous l’appellation très euphémique des "incendiaires de Vítkov".

On ne peut pas reprocher grand-chose à l’action menée contre les quatre néo-nazis. Le tribunal a fait montre d’une attitude ferme et juste.

Dans les pays occidentaux, lorsqu’un néo-nazi décide, le jour anniversaire de la naissance d’Adolf Hitler [en avril 2009], après une préparation minutieuse et de concert avec d’autres néo-nazis, de jeter dans la nuit un cocktail molotov à travers la fenêtre d’une famille rom, son action est qualifiée de crime raciste (ou de tentative d’assassinat) et est punie très sévèrement par la justice.

Un verdict rassurant

Si de plus les victimes sont des enfants, qui ne représentent aucune menace et d’autre part ne sont pas en mesure de se défendre, une peine exemplaire est alors prononcée. Il est véritablement rassurant de constater que le magistrat tchèque a fait la même interprétation. A travers les peines de prison prononcées à l’encontre des criminels néo-nazis (22 ans pour trois d’entre eux, 20 ans pour le quatrième), l’Etat tchèque a fait la preuve qu’il ne tolérait absolument pas de tels agissements. Et c’est bien là l’essentiel.

La question se pose évidemment de savoir quelles conséquences aura ce jugement sur le mouvement néo-nazi tchèque. La République tchèque ne connaît pas ce phénomène de sympathies pro néo-nazis chez les policiers, qui a pu se traduire dans certains pays d’Europe occidentale (comme en Allemagne) par une indulgence de la police à l’égard des mouvements d’extrême droite.

Une ligne politique dure contre les néo-nazis

L’Etat tchèque a adopté assez rapidement une ligne politique dure, comme en témoigne la légitime interdiction du Parti ouvrier qui est lié à la mouvance néo-nazie. D’un côté, on peut penser que les peines exceptionnelles prononcées à l’encontre des racistes de Vítkov en décourageront beaucoup de commettre de tels crimes, de l’autre on peut craindre que ces condamnations deviendront pour certains le terreau d’appartenance à un noyau dur du mouvement néo-nazi en République tchèque. Car s’il n’est pour l’heure qu’une pâle copie de ses équivalents occidentaux, il pourrait prendre de l’ampleur dans le futur.

Toujours est-il que l’affaire de Vítkov n’est pas l’unique exemple des changements que connaît depuis peu la République tchèque, en ce qui concerne son approche des actions ouvertement racistes. La condamnation unanime de la classe politique, gauche et droite confondues, qu’ont suscité les propos tenus par Liana Janáčková lors de sa candidature aux élections sénatoriales – "Oui, je suis raciste et je ne suis pas d’accord pour que des Tziganes puissent s’installer n’importe où dans mon quartier" – est une autre très bonne illustration de cette tendance.

Il est vrai que le président de la République s’en est légèrement écarté, puisqu’il a considéré que ces condamnations à des peines de prison de plus de 20 ans, pour la perpétration d’un crime raciste exécuté de sang-froid ayant entraîné la mutilation d’une petite fille rom, étaient trop élevées. Le même jour, Vacláv Klaus s’est indigné avec la même passion contre la suppression de quelques lignes aériennes et contre l’intention du gouvernement de prélever un impôt sur les centrales photovoltaïques... A force d’indignations répétées, même le président peut se tromper.  

 

Et le résultat !


Persécutions, août 2013au tribunal les coupables n'ont manifesté aucun état d'âme, aucun regret... selon certains, ils paradaient, quelques lignes à retenir....

ce phénomène de sympathies pro néo-nazis chez les policiers, qui a pu se traduire dans certains pays d’Europe occidentale (comme en Allemagne) par une indulgence de la police à l’égard des mouvements d’extrême droite.


 

une pâle copie de ses équivalents occidentaux

 


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Published by Anne Wolff - dans Métastases du nazisme
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Gilles Deleuze, février 1977.

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