15 août 2011 1 15 /08 /août /2011 15:40

 

 

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Par Reynaldo Henquen

Deux ans se sont écoulés depuis le putsch au Honduras, et alors que les blessures ouvertes dans cette société sont encore fraîches,  des pas sont faits sur le plan politique pour permettre aux secteurs progressistes et populaires de participer à la lutte pour le pouvoir et obtenir des transformations radicales dans cette nation centraméricaine tellement appauvrie.


Tout le monde se souvient encore du 28 juin 2009, le jour où le Président constitutionnel Manuel ZeLaya a été séquestré dans sa résidence et expulsé au Costa ARica par des militaires qui ont pris part à un complot avec l’oligarchie et qui ont été parrainés depuis Washington.


Il convient de rappeler, car souvent  “les coups” nous apprennent qu’il ne s’agissait pas du classique coup d’état dans une république bananière. C’était bien plus que cela. Nous avons assisté au premier acte d’une contre offensive impériale pour “mettre de l’ordre dans une région où les forces progressistes faisaient des progrès indubitables.


Des décennies de néo libéralisme avaient causé une telle pauvreté, une telle marginalisation, qu’elles ont favorisé des changements vers des modèles novateurs, dans lesquels s’inscrivent l’Alliance Bolivarienne pour les Peuples de Notre Amérique, à laquelle le Honduras avait adhéré.


Les mains qui ont ouvert les grilles des gorilles à Tegucigalpa, pour paraphraser le Président Hugo Chávez, ont été les mêmes qui en septembre 2010 ont tenté une action similaire en Equateur contre le Président Rafael Correa.


Aujourd’hui, 24 mois après ces événements, alors que la douleur suite à la répression et la violence déclenchée contre le peuple hondurien n’a pas encore disparu, un nouveau paysage politique commence à se profiler dans la patrie de Morazán.


Dimanche dernier, un Front Large a été créé dans ce pays. Il y a au centre, le mouvement de la Résistance populaire, qui a été le protagoniste d’une lutte constante depuis la rupture de l’ordre constitutionnel.


Son principal but est de devenir un parti politique pour lutter par tous les moyens légaux à sa portée pour mettre un terme au gouvernement illégitime de Porfirio Lobo, issu de ce coup d’état, mais aussi au jeu entre conservateurs et libéraux qui depuis plus d’un siècle se sont partagés le pouvoir indistinctement.


C’est la matérialisation d’un des points de l’accord signé à Carthagène des Indes et qui prévoyait aussi le retour de Manuel Zelaya et des membres de son gouvernement, ainsi que de tous les exilés, le respect de leurs droits politiques et humains et la convocation à une Assemblée constituante.


La nouvelle force politique est donc un rayon d’espoir pour la population, accablée par une situation économique et sociale difficile.

En de telles circonstances, un brillant essai de Manuel Galich intitulée  “Del pánico al ataque”, De la panique à l’attaque, nous vient à l’esprit. Il y résume la réaction du peuple guatémaltèque contre les atrocités commises sous la dictature de Jorge Ubico dans les années 40 du dernier siècle.


Les Honduriens, il faut le dire, ont déjà traversé cette phase et maintenant, avec la maturité et l’expérience acquise, souvent à cause de leçons douloureuses qui ont coûté de dizaines de vies, ont monté un échelon dans leur combat, en passant de la résistance quotidienne contre le putsch, à la lutte pour le pouvoir.

Sources : RHC

Le Honduras: de la résistance à la lutte - Cuba Si Lorraine

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"Le vieux fascisme si actuel et puissant qu’il soit dans beaucoup de pays, n’est pas le nouveau problème actuel. On nous prépare d’autres fascismes. Tout un néo-fascisme s’installe par rapport auquel l’ancien fascisme fait figure de folklore […].

Au lieu d’être une politique et une économie de guerre, le néo-fascisme est une entente mondiale pour la sécurité, pour la gestion d’une « paix » non moins terrible, avec organisation concertée de toutes les petites peurs, de toutes les petites angoisses qui font de nous autant de microfascistes, chargés d’étouffer chaque chose, chaque visage, chaque parole un peu forte, dans sa rue, son quartier, sa salle de cinéma."

 

Gilles Deleuze, février 1977.

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