18 janvier 2014 6 18 /01 /janvier /2014 22:07

 

C'est en éliminant les meilleurs qu'ils ont permis qu'advienne ce monde du pire que nous affrontons aujourd'hui.

Anne Wolff

 

 

 
 

Le département d’État a publié un nouveau volume de son Histoire diplomatique, Foreign Relations of the United States (FRUS), Volume XXII, Congo, 1960-1968 (Affaires étrangères des États-Unis, Volume XXII, Congo, 1960-68), comprenant de nombreux documents sur ses opérations secrètes.

Washington reconnaît ainsi, 50 ans plus tard, son implication dans le renversement et l’assassinat de Patrice Lumumba. Cet ouvrage modifie profondément la vision de la crise donnée, en 1994, par Foreign Relations of the United States, 1961–1963, Volume XX, Congo Crisis qui éludait l’ensemble de l’action secrète.

 

 

Documents joints

 

 

 

Source : Le département d'État reconnaît son implication dans le renversement de Patrice Lumumba

 

Le tueur aux ordres

Il s'appelle Gérard Soete, il est belge, ex commissaire de police, il a dissout Lumumba dans l'acide et lors d'interviews, il exhibe fièrement la dent en or qu'il a conservée, ainsi qu'un doigt.

"J'ai découpé et dissout dans l'acide le corps de Lumumba. En pleine nuit africaine nous avons commencé par nous saouler pour nous donner du courage. On a écartelé les corps, le plus dur fut des les découper en morceaux à la tronçonnneuse, avant d'y verser de l'acide. Il n'en restait presque plus rien, seules quelques dents. Et l'Odeur ! Je me suis lavé 3 fois et je me sentais toujours sale comme un barbare."

(...)Selon l'auteur de but de l'élimination était, en pleine guerre froide, de maintenir le Congo dans la shère d'influence occidentale.

(...) L'ordre lui fut donné par le Ministre del'intérieur Katangais Godefroi Munongo

Mais dit-il "Toutes les autorités belges étaient sur place, et elles ne m'ont pas dit de ne rien faire."

Lire le tout ici : J'ai découpé et dissous dans l'acide le corps de Lumumba" - Le blog de Anne Wolff

 

Lumumba, l’heure du grand déballage. La publication de preuves de la culpabilité de la Belgique dans l’assassinat, en janvier 1961, de Patrice Lumumba, provoque une onde de choc dans le petit royaume européen. Le roi lui-même vient de décider de confier les archives du Palais.

Les documents inédits sur l’assassinat de Patrice Lumumba affluent à un rythme accéléré, en Belgique, depuis la parution en novembre 1999 du livre de Ludo de Witte. Ce sociologue a établi l’implication directe du gouvernement belge de l’époque dans les faits. Depuis, une commission d’enquête parlementaire a été créée à Bruxelles, déliant bien des langues parmi les survivants. Lundi encore, le roi Albert II a décidé de mettre à disposition des députés les archives dont disposait le Palais ; et ce, bien que le délai de secret de cinquante ans ne soit pas encore échu.

Lire la suite Lumumba : le grand déballage a commencé en Belgique - Afrik.com : l'actualité de l'Afrique noire et du Maghreb - Le quotidien panafricain

 

La Chronique de Neega Mass : L'Afrique toujours en deuil contre l'assassinat de Patrice Lumumba : 17 Janvier 1961 - 17 Janvier 2012

Thiesvision.com - Au moment de l'indépendance en 1960, Lumumba fut assassiné par un consortium Américano-Belge (CIA et services secrets Belges) avec le soutien français pour être remplacé par un dictateur « made in Occident » plus favorable aux intérêts occidentaux.


Des terroristes Américains, Français ont organisé l’assassinat de Patrice Emery Lumumba au katanga le 17 janvier 1961, avec la complicité de leurs nègres de service Moïse Tshombe, Godefroy Munongo. Il fut livré par le commandant en chef de l'armée de l’époque Joseph Desire Mobutu en complicité avec les services secrets Belges ainsi que la CIA.
Son corps fut dissout dans l’acide pour éviter que sa tombe devienne un lieu de pèlerinage pour ses partisans. De ce fait, ce grand héros national du Congo n’a malheureusement pas de tombeau gravé à sa mémoire.
L’un des drames les plus douloureux des indépendances, ce crime ignoble restera l'une des crimes les plus dégueulasses que retiendront les Africains.
Le criminel belge Gérard Soete qui a participé aux séances de torture et à l’exécution publique des prisonniers, se réjouit d’exhiber tel un macabre trophée, ce qu'il présente comme une dent arrachée au cadavre de Lumumba. Les États- Unis, la Belgique, la France, l’ONU, la classe politique congolaise y compris Joseph Kasavubu...portent une lourde responsabilité dans la planification et l'exécution de ce crime abominable.
Lumumba, qui a arraché l'indépendance mais qui n'est resté que deux mois et demi à la tête du Congo, est devenu un grand révolutionnaire, le héros national du peuple congolais,il restera le symbole tragique de la nouvelle Afrique.
Les panafricains dignes réserveront la date du 17 Janvier, un hommage à la mémoire de ce grand personnage.

Source : La Chronique de Neega Mass : L'Afrique toujours en deuil contre l'assassinat de Patrice Lumumba : 17 Janvier 1961 - 17 Janvier 2012

 

http://4.bp.blogspot.com/_U9VdNI6cmZI/SvdLHwibZyI/AAAAAAAABsM/n7Lo-wtMawI/s400/Image2.jpg

  L'oeuvre civilisatrice de l'Occident Chrétien

 

Lumumba discours de l'indépendance

 

 

lumumba-parlant

 

Congolais et Congolaises,

Combattants de l’indépendance aujourd’hui victorieux,

Je vous salue au nom du gouvernement congolais.


A vous tous, mes amis, qui avez lutté sans relâche à nos côtés, je vous demande de faire de ce 30juin 1960 une date illustre que vous garderez ineffaçablement gravée dans vos cœurs, une date dont vous enseignerez avec fierté la signification à vos enfants, pour que ceux-ci à leur tour fassent connaître à leurs fils et leurs petits-fils l’histoire glorieuse de notre lutte pour la liberté.

 

Car cette indépendance du Congo, si elle est proclamée aujourd’hui dans l’entente avec la Belgique, pays ami avec qui nous traitons d’égal à égal, nul congolais digne de ce nom ne pourra jamais oublier cependant que c’est par la lutte  qu’elle a été conquise, une lutte de tous les jours, une lutte ardente et idéaliste, une lutte dans laquelle nous n’avons ménagé ni nos forces, ni nos privations, ni nos souffrances, ni notre sang.

   
 



Cette lutte, qui fut de larmes, de feu et de sang, nous en sommes fiers jusqu’au plus profond de nous-mêmes, car ce fut une lutte noble et juste, une lutte indispensable pour mettre fin à l’humiliant esclavage qui nous était imposé par la force. Ce que fut notre sort en 80 ans de régime colonialiste, nos blessures sont trop fraîches et trop douloureuses encore pour que nous puissions les chasser de notre mémoire. Nous avons connu le travail harassant, exigé en échange de salaires qui ne nous permettaient ni de manger, ni de nous vêtir ou de nous loger décemment, ni d’élever nos enfants comme des êtres chers.


Nous avons connu les ironies, les insultes, les coups que nous devions subir matin, midi et soir, parce que nous étions nègres. Qui oubliera qu’à un noir on disait « tu », non certes comme à un ami, mais parce que le « vous » honorable était réservé aux seuls Blancs ?

 

 

 


Nous avons connu que nos terres furent spoliées au nom de textes prétendument légaux qui ne faisaient que reconnaître le droit du plus fort. Nous avons connu que la loi n’était jamais la même selon qu’il s’agissait d’un Blanc ou d’un Noir : accommodante pour les uns, cruelle et inhumaine pour les autres. Nous avons connu les souffrances atroces des relégués pour opinions politiques ou croyances religieuses ; exilés dans leur propre patrie, leur sort était vraiment pire que la mort elle-même.

Nous avons connu qu’il y avait dans les villes des maisons magnifiques pour les blancs et des paillottes croulantes pour les Noirs, qu’n Noir n’était admis ni dans les cinémas, ni dans les restaurants, ni dans les magasins dits européens ; qu’un Noir voyageait à même la coque des péniches, aux pieds du blanc dans sa cabine de luxe.

Qui oubliera enfin les fusillades où périrent tant de nos frères, les cachots où furent brutalement jetés ceux qui ne voulaient plus se soumettre au régime d’une justice d’oppression et d’exploitation ?

 

 

 

Tout cela, mes frères, nous en avons profondément souffert. Mais tout cela aussi, nous que le vote de vos représentants élus a agréé pour diriger notre cher pays, nous qui avons souffert dans notre corps et dans notre cœur de l’oppression colonialiste, nous vous le disons tout haut, tout cela est désormais fini. La République du Congo a té proclamée et notre pays est maintenant entre les mains de ses propres enfants. Ensemble, mes frères, mes sœurs, nous allons commencer une nouvelle lutte, une lutte sublime qui va mener notre pays à la paix, à la prospérité et à la grandeur. Nous allons établir ensemble la justice sociale et assurer que chacun reçoive la juste rémunération de son travail. Nous allons montrer au monde ce que peut faire l’homme noir quand il travaille dans la liberté et nous allons faire du Congo le centre de rayonnement de l’Afrique toute entière. Nous allons veiller à ce que les terres de notre patrie profitent véritablement à ses enfants. Nous allons revoir toutes les lois d’autrefois et en faire de nouvelles qui seront justes et nobles.


Nous allons mettre fin à l’oppression de la pensée libre et faire en sorte que tous les citoyens jouissent pleinement des libertés fondamentales prévues dans la Déclaration des droits de l’Homme.

Nous allons supprimer efficacement toute discrimination quelle qu’elle soit et donner à chacun la juste place que lui vaudront sa dignité humaine, son travail et son dévouement au pays. Nous allons faire régner nos pas la paix des fusils et des baïonnettes, mais la paix des cœurs et des bonnes volontés.

 

 

 

 

Et pour cela, chers compatriotes, soyez sûrs que nous pourrons compter non seulement sur nos forces énormes et nos richesses immenses,  mais sur l’assistance de nombreux pays étrangers dont nous accepterons la collaboration chaque fois qu’elle sera loyale et ne cherchera pas à nous imposer une politique quelle qu’elle soit. Dans ce domaine, la Belgique qui, comprenant enfin le sens de l’histoire, n’a pas essayé de s’opposer à notre indépendance, est prête à nous accorder son aide et son amitié, et un traité vient d’être signé dans ce sens entre nos deux pays égaux et indépendants. Cette coopération, j’en suis sûr, sera profitable aux deux pays. De notre côté, tout en restant vigilants, nous saurons respecter les engagements librement consentis .

 


Ainsi, tant à  l’intérieur qu’à l’extérieur, le Congo nouveau, notre chère République, que mon gouvernement va créer, sera un pays riche, libre et prospère. Mais pour que nous arrivions sans retard à ce but, vous tous, législateurs et citoyens congolais, je vous demande de m’aider de toutes vos forces. Je vous demande à tous d’oublier les querelles tribales qui nous épuisent et risquent de nous faire mépriser à l’étranger.

 



Je demande à la minorité parlementaire d’aider mo n gouvernement par une opposition constructive et de rester strictement dans les voies légales et démocratiques. Je vous demande à tous de ne reculer devant aucun sacrifice pour assurer la réussite de notre grandiose entreprise. Je vous demande enfin de respecter inconditionnellement la vie et les biens de vos concitoyens et des étrangers établis dans notre pays. Si la conduite de ces étrangers laisse à désirer, notre justice sera prompte à les expulser du territoire de la République ; si par contre leur conduite est bonne, il faut les laisser en paix, car eux aussi travaillent à la prospérité de notre pays. L’indépendance du Congo marque un pas décisif vers la libération de tout le continent africain.

 




Voilà, Sire, Excellences, Mesdames, Messieurs, mes chers compatriotes, mes frères de race, mes frères de lutte, ce que j’ai voulu vous dire au nom du gouvernement en ce jour magnifique de notre indépendance complète et souveraine. Notre gouvernement fort, national, populaire, sera le salut de ce pays.

J’invite tous les citoyens congolais, hommes, femmes et enfants, à se mettre résolument au travail en vue de créer une économie nationale prospère qui consacrera notre indépendance économique.

 

 


Hommage aux combattants de la liberté nationale !

Vive l’indépendance et l’Unité africaine !

Vive le Congo indépendant et souverain !

 

Patrice Lumumba

 

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Présentation

  • : Le blog de Anne Wolff
  • Le blog de Anne Wolff
  • : Comprendre la globalisation, apprendre à y résister
  • Contact

Profil

  • Anne Wolff
  • Amoureuse de la vie, d'une fleur, d'un papillon, d'un arbre, du sourire d'un enfant, je m'oppose à tout ce qui conduit à la destruction systématique de ce que la nature a créé, de la vie, de la beauté du monde, de la tendresse et de la dignité
  • Amoureuse de la vie, d'une fleur, d'un papillon, d'un arbre, du sourire d'un enfant, je m'oppose à tout ce qui conduit à la destruction systématique de ce que la nature a créé, de la vie, de la beauté du monde, de la tendresse et de la dignité

No Pub

Malgré les publicités imposées dans sa nouvelles versions qui apparaissent sur ce blog,celui-ci reste un acte gratuit.

Recherche

Nouvelles formes du fascisme

"Le vieux fascisme si actuel et puissant qu’il soit dans beaucoup de pays, n’est pas le nouveau problème actuel. On nous prépare d’autres fascismes. Tout un néo-fascisme s’installe par rapport auquel l’ancien fascisme fait figure de folklore […].

Au lieu d’être une politique et une économie de guerre, le néo-fascisme est une entente mondiale pour la sécurité, pour la gestion d’une « paix » non moins terrible, avec organisation concertée de toutes les petites peurs, de toutes les petites angoisses qui font de nous autant de microfascistes, chargés d’étouffer chaque chose, chaque visage, chaque parole un peu forte, dans sa rue, son quartier, sa salle de cinéma."

 

Gilles Deleuze, février 1977.

Archives