21 mars 2014 5 21 /03 /mars /2014 06:41

 

El regreso del amigo.


Par Ollantay Itzamná*

25 février 2014 – Il est rationnellement impossible d’être latino-américain, né pendant la décennie des 70 du siècle passé, et d’être indifférent à la torture brutale que souffre le projet de Vie vénézuélien.

L’Amérique Latine au 20ème siècle a souffert de prés de 1OO coups d’états sanglants promus et financés par les États-Unis. Les arguments pour ensanglanter Abya Yala furent toujours les mêmes : Démocratie, Liberté, Progrès.

Le gouvernement nord-américain, a été jusqu’à créer et financer des églises, fondations et ONG pour « faire de nous de fervents croyants, et que nous sentions coupables de « nos » disgrâces » Et qu’elle fut la conséquence de cette constante domination autorisée ? Aimer et créer le bourreau et d’être en disgrâce malgré que nous soyons privilégiés par la Terre Mère.

D’avoir cru le Prométhée yankee, l’Amérique Latine s’est convertie en honte de l’humanité jusqu’à la fin du siècle passé. Privilégiée de la Terre Mère et malheureuse dans son histoire. Mes parents n’ont jamais connu de Centres de Santé, ni non plus l’école. Mes frères et moi, de même que des millions de mes contemporains d’Abya Yala, nous sommes nés sous les polleras (jupes) de nos mères, sans hôpitaux, ni médecins. Ainsi nous avons survécu dans la misère, sur le sous continent le plus riche de  la planète, converti en cloaque et arrière-cour par l’Empire de la Mort. Sans rêves ni espoirs propres. Écrasés, résignés et providentialistes. Presque convaincus de n’avoir pas le droit d’avoir des droits.

Mais depuis les entrailles de la Abya Yala profonde, les ressources morale et intellectuelle latino-américaine ont fécondé Hugo Chávez au catastrophique Venezuela. Et alors, renaquirent le rêve et l’espoir de la dignité en Abya Yala. Ce fut en ce temps de Chávez que le projet émancipateur endormi de l’Amérique Latine, commença à pétiller avec à sa tête une inédite pléiade de gouvernants comme Lula, Kirchner, Fernández, Mujica, Correa, Morales, Roussef, Ortega et d’autres. Avant le phénomène Chávez, non seulement l’Amérique Latine était méprisée dans le monde, mais les latino-américain(e)s avaient honte de se présenter comme tels en dehors de la région.

Avec Chavez, des millions d’exclus et d’exclues, réduits à néant, nous avons commencer à exister et à croire en nous-même. Le projet de changement vénézuélien a réveillé en nous la liberté et l’amour endormis qui nous habitaient. Sans Chávez et la pléiade de gouvernements latino-américains progressistes actuels, Abya Yala serait restée l’éternelle mendiante, installée dans la banqueroute. Mais cela a changé et il faut que ce soit pour toujours.

Nous qui venons des 70, nous connaissons et avons bu jusqu’à la lie, les malheurs des politiques nord-américaines comme la Doctrine de Sécurité, le Consensus de Washington et la Sécurité Internationale (antiterroriste). Pour cela, les historiques projets régionaux sans Washington, comme la CELAC, UNASUR, ALBA, etc, nous enthousiasment jusqu’à en rayer dans nos structures psychologiques nos frontières nationales, jusqu’à nous convertir en latinos américain(e)s sans frontières. Et à ce défi de liberté, nous ne sommes pas disposés à renoncer, pour rien au monde. Encore moins pour les promesses éculées et néfastes de Prométhée enchaîné à la Mort. Nous ne voulons pas continuer à être les cendres des énergivores sociétés du Nord ! Nous ne voulons pas qu’Abya Yala se convertisse dans la honteuse Honduras du continent !

La tentative nord-américaine de coup d’état, prolongée dans le Venezuela actuel, cœur de la dignité et la souveraineté Latino-américaine du 21ème siècle, ce n’est pas un attentat seulement contre le Venezuela. C’est une atteinte au grand projet d’intégration d’une Amérique Latine digne et souveraine. La tentative de coup d’état prolongée ne se perpétue pas contre Maduro, elle ne se menait pas contre Chávez, elle était et est dirigée contre les idées et projets émancipateurs de l’Amérique Latine. Elle est dirigée contre 500 millions de fils et filles de la Terre qui cohabitons dans cette région avec nos rêves de dignité  

Les empreintes de l’interventionnisme nord-américain sont macabres. Que ceux qui doutent, regardent, en ce moment, la réalité sanglante, qui fait froid dans le dos,  la perverse politique a semé et sème la mort nord-américaine, en Irak, en  Afghanistan, en Lybie, en Syrie entre autres, toujours avec les mêmes arguments : défense de la démocratie, du progrès, de la liberté. Tournez vos regards vers la violence de la réalité hondurienne depuis le coup d’état. Jusqu’aux anges du ciel pleurent de voir tant de sang et de destruction.

C’est pour cela, pour la conscience et la vocation de Vie qui nous habitent, que nous devons défendre le Venezuela libertaire et digne. Accroître nos petites actions de résistance économique par une consommation responsable (ce n’est pas cohérent d’être pour la vie et de consommer les produits de la mort). Il faut activer notre résistance culturelle en nous déconnectant des medias d’infotoxication télévisée, comme CNN ou les autres chaînes du monde des entrepreneurs promoteurs de la mort. Ce serait un impardonnable suicide que de continuer à choisir dans « nos pays » des politiciens néo libéraux, valets des corporations financières.

En ces temps sans distances infranchissables, nous avons la possibilité de convertir notre majorité démographique en une majorité politique et culturelle. Si nous activons notre conscience et notre instinct d’auto-préservation nous pouvons, nous devons vaincre toutes les stratégies multimillionnaires implantées par les apôtres de la mort (1). Nous sommes une majorité numérique et la vérité et la raison sont de notre côté. Si nous abandonnons le Venezuela, demain ils viendront contre nous, Et eux (les nord-américains désinformes) continuerons à se demander comme il y a 13 ans : « Pourquoi nous haïssent-ils tant ? »

Notas: 

(1) http://www.theguardian.com/commentisfree/2014/feb/18/venezuela-protests-us-support-regime-change-mistake

 

Ollantay Itzamna, indigène quechua. Il fait partie des organisation indigènes et sociales de la zone maya. Il a appris le Castillan à l'âge de 10 ans, quand il a découvert l'éclole, la route, etc... Depuis 10 ans il écrit, non pour gagner de l'argent, mais pour contribuer au changement par l'apport de ses réflexions et  faire partager l'apport de celles et ceux qui n'ont pas la possibilité d'écrire.  Ollantay Itzamna est également avocat et anthropologue.

 



Traduction Anne Wolff

Source en Espagnol :

Servindi » La Vida y la dignidad Latinoamericana en peligro | Servicios en Comunicación Intercultural Servindi

 

 


Carlincatura de Carlos Tovar. Diario La República Capriles y Machado

 

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