27 septembre 2013 5 27 /09 /septembre /2013 12:06

 

Pour suivre au jour le jour les évènements de politique internationale, je me réfère chaque jour à la presse et aux analystes latino-américains ainsi qu’aux quelques chercheurs et journalistes étasuniens qui dénonce les processus de colonisation de l’Empire du Nord. Ces guerres qui ne disent pas leur nom… mais qui font tout de même autant de morts.

Ici pas de double langage, pas de circonvolutions, ni les troubles mensonges d’une presse de propagande. Un grand titre hier, dans la presse populaire me fait rire, un rire qui n’est pas dénué de tristesse. « Réchauffement dans les relations entre l’Iran et les Etats-Unis ».

« Ah ça ! - me dis-je – pour chauffer, ça chauffe ». Ayant connaissance du discours de Rohani, et de la substance de celui d’Obama, sachant qu’à l’issue du discours de ce dernier, le président Iranien a annulé la rencontre prévue entre eux, je me demande quel but peut avoir la presse de propagande en titrant cela.

Je ne vois qu’une explication : il faut sauver la face d’Obama pour que puisse se poursuivre l’agenda du grand cauchemar américain, avec l’ignorante complicité d’une Europe de plus en plus « innocente », l’innocence de l’imbécilité acquise au fil de générations toujours plus dé-culturées.

Le bon peuple ne doit pas apprendre que l’Empereur (nu) est d’ores et déjà détrôné. Que les peuples du Sud et les peuples de l’Est s’unissent pour faire vaciller son trône, alors que l’Europe s’accroche à ses privilèges obsolètes et pour une bonne part choisi (ex glorieuse) la facilité d’un repli frileux (quand il n’est pas haineux), sur les « honneurs » et « valeurs » (souvent contradictoires) d’un passé révolu. Mais qu’est-ce que l’Europe aujourd’hui ? J’interroge régulièrement les gens autour de moi « Peux-tu me citer les pays membres de l’Union Européenne »

Non. La réponse unanime est non… L’entrée de la Grèce et de l’Espagne sont les dernières à avoir marqué les esprits. Après on ne comprend plus très bien ce qu’est cette Europe inconnue à laquelle notre sort aujourd’hui est étroitement lié. Ce que nous percevons par contre est que l’élargissement vers l’Est a causé une baisse généralisée de nos qualités de vie qui a permis une érosion des droits sociaux acquis de haute lutte et conduisant vers leur éradication dans une fiction d’Europe des Peuples.

« Ils nous volent notre travail ». « Ils travaillent au rabais et nous sommes obligés d’en faire autant, que nous refusions ou acceptions, nous prenons un chemin de misère ! »

Une chose est certaine, ce n’est pas dans la joie, l’amitié, la bonne convivialité que sont accueillis les ressortissants de l’Union élargie. Et pour cause, ils sont de dangereux concurrents qui nous retirent le pain de la bouche. Du moins c’est ainsi que beaucoup le perçoivent, et ils n’ont pas tort. Sauf que beaucoup ne songent pas à chercher plus loin la responsabilité de cette dégradation et l’attribue directement à ceux qu’ils ont sous les yeux… ces gens chassés par la misère de leur propre pays profitant des frontières ouvertes pour fuir en quête du mythe des pays riches. Des pays dans lesquels les poubelles regorgent encore de nourriture gaspillée, de quoi au moins se nourrir pour les plus misérables.

L’Europe de la concurrence (ni) libre (et certainement pas) parfaite s’est élargie en mettant directement en concurrence des peuples qui ne se connaissaient pas, créant entre eux un fossé. Se croisant sur les mêmes trottoirs,  on se regarde en chiens de faïence. Triste Europe que l’austérité assassine à petit feu, dans la lente agonie de nos rêves, de nos espoirs, de nos quotidiens toujours plus dépouillés de joie. Une angoisse latente plane sur le monde. Des peuples réagissent, s’unissent, inventent des solutions pour renverser le cours d’un destin fatal que l’Europe subit impuissante.

Une presse toxique (et assassine) exacerbe les divisions internes des peuples européens et stimule vers l’extérieur la haine et le racisme continuant à faire du cauchemar étasunien, le modèle à atteindre. On peut parler de cauchemar, de mythe, en tant que rêve, c’est un mauvais rêve, celui que vivent des dizaines de millions d’étasuniens réduits toujours d’avantage à la portion congrue, quand les bois deviennent les derniers refuges pour ceux qui n’ont plus rien, que des enfants sortent chaque matin des canalisations qui leur servent de logis pour se rendre à l’école. Ils ne sont pas stigmatisés puisque dans certaines écoles, c’est la majorité des enfants qui vivent cette situation.

Le plus dangereux dans ce leurre, est de faire croire que nous pourrons continuer à vivre selon les modes de production-consommation qui sont les nôtres. Et de passer sous silence le lien entre ce modèle et les dizaines (centaines ?) de milliers de morts quotidiennes qui sont le prix de la perpétuation de l’illusion. Le plus triste est de constater que ne parviennent pas jusqu’à nous les voix qui nous appellent à rejoindre la lutte mondiale qui se construit contre l’hégémonie d’un empire qui ne profite qu’à un faible nombre, que je ne peux décemment qualifier d’élites… si c’est cela l’élite de la planète, alors c’est certain, on est mal barre.

Il devient criminel de faire croire au bon peuple d’Europe qu’il existe des solutions au sein de ce système et signifient la mort précoce de beaucoup d’entre nous. Que ce soit la mort brutale de ceux qui se suicident, (2O suicides « économiques chaque jour en Espagne), que ce soit les lentes agonies de ceux que la misère usent avant l’heure, que ce soit ceux qui meurent sous les coups de ceux qui n’ont que la haine de l’Autre au mal-être qui les habitent, fascisme résurgent, agressif, meurtrier, composante incontournable et menaçante de la réalité actuelle qui gagne du terrain… la mort aujourd’hui en Europe prend de multiples visages, masques qui occultent  les traits d’un pouvoir globalisant centralisé remis en cause par une Union de Gouvernements et des Peuples qui font barrage au cauchemar étasunien, et comme Evo morales, appelle à la création d’un Tribunal des Peuples pour juger les crimes de lèse humanité commis au nom des « intérêts et de la sécurité des Etats-Unis ». Une formule dans laquelle « intérêts » prédomine et dans laquelle Etats-Unis ne désigne pas le peuple habitant le territoire de ce pays, mais bien ceux de groupes de Grands Marchands qui n’ont de patrie que leur compte en Banque et pas plus de valeurs que les zéro qui s’y alignent. Une rupture dans la démesure rendue possible par l’ensemble de processus mis en œuvre par une machine de capture qui creuse inlassablement le fossé entre quelques-uns qui ont tout et les autres qui n’ont rien.

Il y a longtemps déjà que j’en appelle à une élucidation du « droit à la propriété privée » et à une mise à plat de sa relation concrète avec le bien commun. Evo Morales a dénoncé Obama qui parle « avec un cynisme mensonger » comme « le gendarme, le patron ou le propriétaire du monde ». Et pour ceux qui se donnent la peine de chercher ce mot Propriétaire prend sa pleine ampleur. Une ampleur qui peut se constater en mettant à plat la carte du monde et en suivant les processus d’appropriation de la Terre par quelques-uns au détriment de tous les autres. Mais cela ne s’arrête pas là. Par monde, j’entends la partie humaine de la planète. Avant l’humain, il y avait une planète, la Terre. A présent il y a aussi un monde. Un monde ce sont aussi des relations de religion (manière de nous relier entre nous) d’intelligence (manière de relier des faits entre eux), un monde, c’est une manière collective d’habiter la planète. Serons-nous capables de faire de ce Monde de la Guerre Diffuse, Totale, un Monde de Paix ? C’est l’unique question qui pour nous doit faire sens. Parce que de cette capacité à inventer l’humanité apaisée dépend notre survie. Ecoutez les voix venues d’ailleurs qui appellent à la paix. Nous non plus n’avons rien de plus exceptionnels que chacune des singularités qui constituent le monde. Ecoutez les voix qui appellent au pluri-logue des peuples du monde cherchant ensemble les conditions d’une coexistence pacifique, d’une coexistence solidaire par laquelle nous conjuguerons nos complémentarités dans le souci du bien-être de chacun et le respect du Bien Commun. Mettant un terme définitif aux destructions et gaspillage d’un monde concurrentiel totalement irrationnel et qui ignore l’Amour comme moteur de l’évolution.

Aujourd’hui nous le constatons, une nouvelle phase d’accumulation de capital à échelle planétaire peut être qualifiée de crise du capitalisme en tant que la concentration détruit sur son passage, les petits et moyens capitalistes à qui il ne reste de recours que de se transformer en franchisés de l’Empire ou de disparaître. Une crise du capitalisme parce que cette accumulation quantitative conduit à un changement qualitatif, une sauvage guerre psychologique vise à donner aux aspirants propriétaires du monde, le pouvoir de modeler nos consciences, permettant la création de matrices d’opinion manipulant les inconscients collectifs au gré de leurs intérêts : contrôle. Et pour ceux qui ne succombent pas, les arsenaux de la répression se renforcent.

De qui se moque-t-on en demandant au bon peuple d’accepter toutes les guerres et tous les sacrifices pour détruire Al-Qaeda, en tel temps, en tel lieux mais d’applaudir aux massacres que ces mêmes terroristes perpétuent contre le peuple libyen, contre le peuple syrien… Croyez-vous vraiment que ce sont les richesses de la Lybie qui ont conduit à l’innimable assassinat de Kadhafi ? Moi je pense qu’il  était avant tout visé comme étant celui qui cimentait en y consacrant les fruits d’une partie des richesses de son pays, l’Afrique comme pôle indépendant et singulier capable de s’opposer victorieusement aux processus de la néo-colonisation et au pillage qu’ils entraînent.

Je suis fatiguée aussi d’entre évoquer USRAEL et autres construction de l’esprit qui ne font qu’alimenter ce camp de la haine, cette même haine dont est nourri le peuple israélien afin d’en faire un peuple modèle des techniques d’apartheid, Faisant de sa jeunesse, les robo-militaires qui perpétuent sans trembler, et parfois même le sourire aux lèvres, l’holocauste palestinien.  Mais… les habitants d’Israël sont-ils vraiment les héritiers de l’holocauste juif pratiqué par l’Allemagne nazie avec la complicité de l’Occident. Où sont-ils plutôt héritiers (im)moraux de ceux parmi les juifs qui se sont déjà à l’époque rendus complices de l’Allemagne nazie ?

Je n’ai rien vu de plus obscène que ces joies que manifestent les guerriers de la haine, de quelques nationalité, de quelque religions qu’ils soient, massacrant avec une joie sordide, des humains, en y mettant toute la cruauté que recèle l’humanité, si ce n’est l’horrible harpie Clinton, riant d’un rire dément au spectacle du massacre de Kadhafi. Fin de la prétention occidentale à la civilité. Faisant de l’Occident et de ses alliés l’ennemi à abattre tant pour les amoureux de la vie et de l’autodétermination des peuples que pour les innombrables victimes de ses guerres sans merci, pour les héritiers des chaînes d’un esclavage qui n’a été aboli que sur le papier et pour la forme.

L’humanité aujourd’hui se divise entre ceux qui aiment la vie, et les vivants et se font guerriers de l’existant, les artisans de la haine qui ont les comportements de machines programmées pour détruire, et de tous ceux qui perdus, accablés, ne savent plus trop, luttent aveuglément au quotidien pour une survie précaire qui ne laisse pas le loisir de réfléchir. Il y aussi ceux qui repus d’indifférence engrossent en grappillant des miettes comme broutent les vaches, avec une constance concentrée de ruminants, la masse amorphe des sans conscience.

Je pourrais épiloguer sur ce qu’humain veut dire… sur cet éclatement de l’humain qui se produit sous nos yeux, renvoyant les uns à une infra-humanité, ouvrant les chemins d’une extra-humanité. Une autre fois…

Repenser pour chacun notre singularité et nos appartenance collective en d’autres termes que ceux de nos appartenances, ethniques, sociales, religieuses, culturel, non pas en fonction d’un passé qui nous divise mais bien en regardant ensemble dans la direction d’un avenir mondial possible, qui a la Paix pour condition et l’Amour pour  guide, voilà quel étant le sens de mon propos.

Anne W

Partager cet article

Repost 0
Published by Anne Wolff - dans anne humeur du jour
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Le blog de Anne Wolff
  • Le blog de Anne Wolff
  • : Comprendre la globalisation, apprendre à y résister
  • Contact

Profil

  • Anne Wolff
  • Amoureuse de la vie, d'une fleur, d'un papillon, d'un arbre, du sourire d'un enfant, je m'oppose à tout ce qui conduit à la destruction systématique de ce que la nature a créé, de la vie, de la beauté du monde, de la tendresse et de la dignité
  • Amoureuse de la vie, d'une fleur, d'un papillon, d'un arbre, du sourire d'un enfant, je m'oppose à tout ce qui conduit à la destruction systématique de ce que la nature a créé, de la vie, de la beauté du monde, de la tendresse et de la dignité

No Pub

Malgré les publicités imposées dans sa nouvelles versions qui apparaissent sur ce blog,celui-ci reste un acte gratuit.

Recherche

Nouvelles formes du fascisme

"Le vieux fascisme si actuel et puissant qu’il soit dans beaucoup de pays, n’est pas le nouveau problème actuel. On nous prépare d’autres fascismes. Tout un néo-fascisme s’installe par rapport auquel l’ancien fascisme fait figure de folklore […].

Au lieu d’être une politique et une économie de guerre, le néo-fascisme est une entente mondiale pour la sécurité, pour la gestion d’une « paix » non moins terrible, avec organisation concertée de toutes les petites peurs, de toutes les petites angoisses qui font de nous autant de microfascistes, chargés d’étouffer chaque chose, chaque visage, chaque parole un peu forte, dans sa rue, son quartier, sa salle de cinéma."

 

Gilles Deleuze, février 1977.

Archives