22 décembre 2013 7 22 /12 /décembre /2013 15:55

 

 


 

Dans le cadre de ma campagne, j’ai la rage et je la partage : maladie mentale, renversement des causes et des effets. La globalisation, c’est aussi ce phénomène qui jette dans l’angoisse ou la terreur la majeure partie des habitants de la planète.

Ce que je désire mettre en lumière aujourd’hui, c’est la globalisation comme fabrication à échelle industrielle de la maladie mentale, dans nos régions.

Pour bien comprendre ce qui se joue ici, il faut avoir en tête le paradoxe d’échelle que je peux illustrer par les théories de la mise à l’emploi des « inactifs » (sic).

« Chacun peut trouver un emploi mais tous ne le peuvent pas » est un paradoxe d’échelle.

Les rapports varient, en Belgique il existe un emploi pour 15 à 40 demandeurs selon les plus basses ou hautes estimations. Et donc si l’échelle individuelle prône que chacun, s’il le veut vraiment, peut trouver un emploi, le paradoxe d’échelle fait que même si chacun y met la meilleure volonté du monde entre un 14/15 ou 39/40 pourront y mettre toute l’énergie et toute la bonne volonté du monde, ils resteront néanmoins sur le carreau. Ajoutons qu’un nombre croissant de personnes inaptes à l’emploi, ont recours à la médicalisation de leurs symptômes sociaux, elles ne se retrouvent dès lors plus dans les statistique des « demandeurs d’emploi », sans pour autant être inaptes à fournir un vrai travail, et souhaitant souvent pouvoir le faire… mais le vrai travail est lui aussi exclu du cadre de la globalisation. C’est le thème central de ce billet de colère, celle de l’assassinat « doux » de personnes en perdition par la médicalisation des malaises sociaux.

Le discours des agents d’insertion, et les matrices d’opinions publiques se construisent sur base de « Chacun le peut s’il le veut » avec pour implicite que celui qui n’y parvient pas est soit de mauvaise volonté, un fraudeur, un tricheur, un profiteur, soit une forme quelconque d’incapable (y compris au sens juridique du terme) et doit donc être stigmatisé ou traité comme tel, ce qui aujourd’hui se synthétise toujours d’avantage une re-catégorisation  en rebut de la société, personne, malveillante ou incapable, improductive à charge de l’ensemble de la société, et selon les tendances des « analystes » elle sera définie avec plus ou moins de virulence comme nuisible. Présentée par les matrices de propagande comme charge pour la « bonne société » elle fera des systémiquement improductifs (ceux qui ne grossissent pas les avoirs des 1%) un groupe objet de mépris voir de haine, servant ainsi la globalisation qui nous écrase tous en détournant les population des cibles de leur légitime colère, leur permettant de décharger leur hargne sur le plus faible, le plus démuni, le moins bien loti. C’est moche, minable, moralement condamnable, mais bien réel

Nous sommes quelques-uns qui observons avec une grande inquiétude les dérives du système. D’une part nous voyons que la « masse » de ces dits rebuts ne cesse de croître, que les prévisions les plus optimistes annoncent une augmentation de 125 millions à 150 millions de personnes vivants sous le seuil de pauvreté en Europe en 2020. Nous savons bien qu’il s’agit là de projections linéaires et que les constantes mesures « austéritaires »  et autoritaires toujours plus drastiques en matières de réduction de travail disponible, bien commun, redistribution équitable… nous conduisent toujours plus vite vers une situation toujours plus dramatique. Les plus observateurs d’entre nous constatent aussi l’apparition récurrente de mesures Made in « UE » & cie (Association à But Lucratif du Corporatisme Transatlantique), qui nous amènent à la question « quel avenir est réservé à ces 15O (et plus) millions de personnes par l’ABLCT ?  : Durcissement des traitements de rejets des largués du système y compris la criminalisation de la lutte sociale et celle de la création d’alternatives, construction de nouvelles places de prisons dans toute l’Europe dont certaines sont d’avances réservées aux « sans-abri » et aux « malades mentaux », dormir dans la rue à Madrid 250 euros d’amendes, à Amsterdam 50, plus de 100 en Hongrie qui en cas d’incapacité de payement vous conduisent en prison. Destinées aussi à tous ceux, qui n’ayant plus d’autres recours, enfreindrons la loi et la Tolérance Zéro pour des raisons de survie : rouvrir l’électricité coupée en plein hiver, participer à une manifestation interdite, voler dans un supermarché de quoi se nourrir faute de meilleure solution, dormir dans les lieux publics, faire usage de semences prohibées, pratiques de solidarités criminalisées par les lois du marché comme crime de lèse concurrence,  … la liste des actes susceptibles de conduire en prisons augmente chaque jour. En Espagne, comme en Grèce, des associations se sont vu refuser le droit de distribuer de la nourriture au plus démunis parce que cela constitue un délit en tant qu’elles ne sont pas officiellement reconnues et autorisées à le faire ! Les nouvelles lois espagnoles permettant de condamner ceux qui s’insurgeraient contre de tels diktats, à des amendes démesurées ou conduisant en prison pour rébellion les personnes dont l’incivisme les pousseraient à continuer à distribuer nourritures, vêtement et couvertures, malgré l’interdiction qui leur a été signifiée.

Des dérives parmi d’autres et celle qui m’intéresse aujourd’hui est la psychiatrisation du malaise social.

 

Je décris ici tout autant de ce que j’ai pu constater dans les textes de la théorie sociale que dans les constats d’une longue pratique de terrain ; une véritable dérive qui accule les personnes qui se trouve dans le « rebut » à se tourner vers « l’aide médicale » pour soulager les symptôme d’une pression sociale accrue qui génère des « troubles mentaux » à tour de bras.

Un rapport de l’OCDE établi qu’un belge sur trois sans emploi souffre de troubles mentaux. Ce rapport se fonde sur des croisements de données des organismes de sécurité sociale et sur une enquête de terrain qui prend en compte les indicateurs suivants : l’irritabilité, l’insomnie, la nervosité, le désespoir, la dévalorisation, le stress,

Un extrait d’un texte, une entrevue avec Anne Herscovici, ancienne directrice de CPAS (organismes chargés d’activer ceux qui bénéficient du minimum de revenus d’existence, le RIS, revenu d’intégration sociale) dévoile toute l’étendue du problème. Sachant que Madame H. est de « gôche » et fait partie de ce qu’il y a de moins pire sur le « marché » de l’aide sociale, nous comprendrons que la personne qui se retrouve demandeuse d’emploi a peu de chance, quasi aucune en fait, d’échapper à une douleur et un désarroi générant des « troubles mentaux ». Ce qui comme vous allez voir est le chemin normal encouragé par les acteurs du social !!!

Souffrance psychosociale et aide conditionnée : les CPAS désarmés

J’ai eu régulièrement un terrible sentiment d’impuissance devant des usagers qui me semblent « à côté de leurs pompes » – mais je ne suis pas médecin - très dépressifs et/ou consommateurs abusifs de psychotropes. Ils se mettent en défaut par rapport aux exigences de la loi. Ils ne remplissent pas leurs obligations(multiples rendez-vous ratés, formations abandonnées, démarches administratives non effectuées, agressivité ou léthargie, etc...) et risquent donc de se voir priver du revenu d’intégration. Et de plonger en conséquence dans une situation pire encore.

Là où je pense souffrance psychique, d’autres voient absence de bonne volonté, refus de collaboration. Mon diagnostic amateur est réduit à de la « naïveté » ou à de la gentillesse mal placée. (belle propagande politique A.W.) Une attestation médicale permet de suspendre les obligations des usagers, mais encore faut-il qu’ils acceptent de voir un médecin et que le médecin fasse plus que délivrer un certificat. Dur aussi de devoir médicaliser, si pas psychiatriser une personne pour lui éviter la perte de ses droits. (sic, sic, sic Anne W) Dur de se contenter de ce minimum-là, de n’avoir d’autre perspective à proposer que le maintien d’une aide financière. Jusqu’à l’âge de la pension ? Cela ressemble à de l’abandon, du renoncement face à une cause qui serait perdue. Les CPAS ne disposent pas ou peu des outils qui permettent un accompagnement spécifique, un travail d’insertion socio-professionnelle adapté et donc à bas seuil d’accès.(t’as tout compris, vive le mépris. A.W.)

Anne Herscovici in Les CPAS, au pied du mur des inégalités - Fédération des maisons médicales

Moi qui ait vu des amis partir en spirale descendante vers le fond du gouffre après avoir accepté la psychiatrisation pour éviter la perte de « droits », je peux vous assurer que c’est encore bien plus dur pour moi que pour la pignoufette ci-dessus « J’ai eu régulièrement un terrible sentiment d’impuissance devant des usagers qui me semblent « à côté de leurs pompes (…) très dépressifs et/ou consommateurs abusifs de psychotropes» ». Pauvre Chérie ! Une personne qui par le rôle qu’elle a joué et joue encore assume à part entière la responsabilité de cette situation. Vous ne remarquez peut-être pas, mais je ressens moi profondément le profond mépris dont je l’ai toujours vu témoigner à l’égard de personnes dont je connais la richesse de talents, de solidarité et pour certains d’humour (pas vraiment bas du seuil, loin de là, fragiles, sensibles, mal dans des relations de concurrence) qui sont ainsi sacrifiées pour le plus grand bénéfice de big pharma, mais pour la plus grande irrémédiable et irréversible perte de la société (– les 1%). Ce que dit ce texte, c’est que fasse à son impuissance de politicienne, les usagers n’ont qu’à aller faire soigner un trouble médical qui n’existe pas pour espérer disposer de revenus de survie. Et elle a le culot d’ajouter qu’un simple certificat qui permet de soulager la pression sans addiction médicamenteuse ne suffit pas… Bravo ! 

Le serpent se mord la queue. Personnellement je considère que la plus à côté de ces pompes est l’auteure de ce texte. Mais c’est aussi une politicienne qui se doit d’avoir en toute circonstance un discours électoralement relevant, et nous savons que de tels discours ne peuvent s’encombrer de « sens de la réalité » parce que quiconque aujourd’hui est doté de ce sens s’engagera dans d’autres combats que la politique politicienne. Où pour le prendre par l’autre bout, quiconque aurait un discours réaliste n’aurait aucune chance de percer dans le monde politicien, pas tant parce qu’il ne serait pas écouté par le peuple dont une grande partie au contraire aspire à un tel discours réaliste qui lui permettrait de retrouver ses repères, mais parce que tout les mécanismes bien rôdés sont en place pour que nul ne puisse réussir en politique qu’il ne soit implicitement coopté par l’oligarchie globalisante. Seules les représentations communales permettent encore une action politicienne d’une certaine efficacité, mais c’est un autre débat.

Avec le discours de notre politicienne ex-directrice de CPAS nous voici en plein dans le paradoxe d’échelle. (…) multiples rendez-vous ratés, formations abandonnées, démarches administratives non effectuées, agressivité ou léthargie, etc... 

Un peu de logique élémentaire. Nous le savons, la misère qui touche des couches toujours plus large de la population menace très clairement de s’aggraver pour des durées indéterminées mais qui apparaissent toujours plus longues, générant dans l’opinion publique le sentiment d’une situation sans issue. Quoi de plus normal donc pour les personnes qui en souffrent de manière toujours plus intense, et qui ont bien conscience en vertu de différents facteurs objectifs que dans la course à l’emploi elles partent perdantes, que de se retrouver en conséquence de cette impuissance dans des états de stress, de perte de confiance, de dépression… Surtout quand d’autre part une pression sadique est exercée sur eux… « T’as perdu mais faut courir, sinon tu perdras tes allocations » Qui court ne pense pas et le système ne veut pas de gens qui pensent, observent, analysent et inventent des solutions réalistes donc Hors Profit.

Si nous passons dans notre paradoxe du point de vue chacun peut trouver un emploi à tous ne peuvent pas, nous arrivons à des conclusions fort antithétiques. Nous avons une société malade de la globalisation, qui et aussi un phénomène discriminant entre ceux qui sont intégrables dans la grande machinerie sociale et ceux qui ne le sont pas. Nous avons des personnes toujours plus nombreuses à savoir qu’elles ne trouveront pas d’issue dans le cadre de ce système, ce qui – quoi de plus normal - génère des angoisses, des insomnies, du stress ou de la dépression chez la majorité d’entre elles, des maux qui n’épargnent d’ailleurs pas les travailleurs pauvres qui ne peuvent plus faire face à leur besoins élémentaires et ceux de leur famille. La pression des agents d’insertion s’accentuant, la déstabilisation augmente. Et que leur propose notre gentille politicienne de gauche : d’aller se faire voir chez le médecin, en espérant que celui-ci leur donnera un traitement « efficace ». La seule efficacité en ces termes là, étant celle qui soigne le symptôme individuel, en l’anesthésiant sans toucher aux causes du mal qui sont collectives et le résultat d’un système inadapté à la vitalité. Un système pour lequel « intégrable » est synonyme de « susceptible de contribuer à l’enrichissement toujours plus démesuré du 1% au détriment de tous les autres, lui ou elle-même inclus ». Clair qu’avec cette libérale-gauche là, nous n’avons aucun espoir.

Ce n’est que récemment que j’ai compris pourquoi je rencontrais plus de lucidité chez ceux qui subissent ce traitement d’ostracisme social  -toujours plus intense et flagrant - que chez ceux qui de l’autre côté de la barrière leur assènent leur mépris imbécile : « On ne la leur fait plus ». Combien de fois n’ai-je pas entendu dans la bouche de nouveaux venus au Club des largués du système, « Maintenant je comprends », ils comprennent soudain que les beaux discours officiels et autres qui stigmatisent les « inactifs » sont de la vaste foutaises, une propagande pernicieuse qui empoisonne les relations sociales et prévient la possibilité d’union des peuples contre un ennemi commun en créant artificiellement la division entre bouc émissaires désignés « les profiteurs » et les « bons travailleurs, payeurs d’impôts, voteurs et consommateurs » bref ceux qui se sentent une mauvaise conscience tranquille, celle d’avoir accompli leur devoirs civiques. Ceux qui sont – souvent brutalement projetés de cette catégorie de « civiques intégrés par l’emploi » à celle d’inactifs inciviques par définitions, comprennent alors pourquoi certains se rebellent, en cessant de faire des démarches qui ne conduisent nulle part pour mériter leur maigre pitance, et contre cette obligation de se narrer comme intégrable potentiel, une aliénation pathogène. Ils comprennent aussi pourquoi beaucoup de ceux qui vivent cette situation ayant compris l’arnaque refusent d’encore jouer ce jeu aux dés pipés. Avoir vécu la situation de l’autre côté du miroir produit souvent une rupture irréversible… après on ne se laisse plus manipuler par les mensonges du système, ce qui fait de vous un non-intégrable à vie.

Quand j’étais en ville, sur le terrain, j’ai pu observer à quelle vitesse grandissait cette fracture au sein de la population et mesurer aussi les dangers qu’elle recèle.

Les méthodes des « agents d’insertions » sont toujours plus proches d’interrogatoires policiers qui pratiquent (au moins) le premier degré de la violence morale en toute bonne inconscience du rôle qu’ils jouent. J’ai vu des personnes soumises à ce traitement se décomposer sous mes yeux et entrer dans des processus d’autodestruction. Les agents d’insertion qui la plupart du temps ont des formations qui ne dépassent pas le niveau d’un conditionnement primaire concernant les méthodes à appliquer pour stimuler l’activité du sujet sont de plus en plus invités à mettre la pression à l’activation par l’emploi, alors qu’il y a de moins en moins de perspective d’emploi. Elles sont également (dé)formées pour jeter la suspicion sur toute proposition de création de travail alternative qui ne peut en aucun cas être prise au sérieux,. Imposer des projets alternatifs, pour ceux qui y parviennent, est un parcours du combattant, un chemin de guerrier. Autrement dit les agents d’insertion sont obligés dans leur boulot de faire pression, quitte à ce que l’activation se traduise par une agitation accélérée qui n’a plus d’autre but que de ce rendre recevable pour les allocations ad-hoc par des démarches dépourvues de sens et sans perspective de solution, la dignité d’un travail utile. Les agents d’insertion font ainsi prendre de la vitesse - sous forme d’accélération d’une agitation incohérente - à ceux qui savent qu’ils sont sur le point de rentrer en collision avec le mur de l’impasse, celle de la recherche sans issue d’un emploi fictif.

Certaines des personnes soumises à ce traitement cessent d’exister pour elles-mêmes – aliénation - se réduisant de plus en plus à être des « activés sociaux » en permanence, même dans le cercle des amis elles ne sont plus capable d’avoir d’autre narrations d’elles-mêmes que celle d’un bon petit plouc obéissant qui pratique systématiquement toutes les recherches d’emploi que le système lui impose. Paradoxalement (encore) c’est dans cette tranche que se retrouve les meilleurs truqueurs, ils ont construits un discours d’évitement qui leur permet de faire face à l’interrogatoire social en se montrant irréprochables même après des années de recherche infructueuse d’emploi. Le problème est qu’ils se sont perdus en route… mais nous savons bien que cela aussi contribue à faire le nid de la globalisation.

D’autres malheureusement suivent les conseils prodigués par notre ex-directrice de CPAS, et pour résoudre individuellement les conséquences d’un problème de société, ils acceptent de voir leur problème médicalisé et de prendre les traitements qui effacent les symptômes de stress provoqués par des circonstances extérieures. Honte sur ceux qui d’un côté stigmatisent ceux qui prennent des « psychotropes » mais d’autres part les envoient de bon cœur consommer les poisons des sociétés pharmaceutiques qui dans l’immense majorité des cas cristallisent comme maladie individuelle un malaise global, et dans d’autres détruisent ce qui reste de santé mentale à des gens qui ne sont pas outillé pour contre-effectuer un ostracisme destructeur. Honte encore plus à ceux qui pratiquent ce sale jeu après avoir prêté le serment d’Hippocrate, ils ont perdu le droit d’exercer la médecine… peu nombreux ceux qui dans la corporation passent l’examen !

Nous sommes face à une logique irréprochable et bien rôdée. Ceux qui ne participent pas à la globalisation, ceux qui ne sont pas capables de se soumettre au formatage de l’intégration ou refusent de la faire doivent être détruits ou - la perspective est de plus en plus nette et proche- mis au travail forcé soit dans des prisons classiques soit en pseudo-liberté dans le cadre toujours plus carcéral de nos sociétés contemporaines. Quand à la destruction elle doit se produire si possible sans faire de bruit et de telle manière que cette destruction puisse être mise sur le compte des tendances autodestructrices de la personne elle-même. Une belle image que vient troubler par exemple l’épidémie d’immolés par le feu qui rendent un peu trop visible le malaise et rouvre des questions que le système voudrait faire taire à jamais. D’où d’ailleurs cette grande générosité en matière de produits pharmaceutiques calmants qui sont payés avec les impôts des « honnêtes travailleurs » et enrichissent les conglomérats de Big Pharma, ces empoisonneurs de peuples dans un souci de lucre.

C’est ainsi que après l’avoir vue remonter la pente, une personne qui m’est chère a eu droit à un second degré de la part d’agents d’insertions qui n’ont fait aucun cas de ces handicapas réels, ce qui dans la panique et la colère l’a mené chez le médecin, qui lui a fournit le certificat et le carcan pour museler sa rage débordante. Je l’ai retrouvé au ¾ dans les vapes sur un banc public qui me salua d’un « C’est tout de même mieux de ne rien faire ». La gerbe ! Je ne vais pas vous raconter toute l’histoire, elle ne m’appartient pas. Mais j’affirme que d’une personne généreuse et bourrée de talent, prête à apporter beaucoup en matière de compétence dans le cadre d’une solidarité conviviale, on a fait un demi-légume condamné à une semi-agonie pour le restant de son existence.

De tels processus évidement sont de nature à réduire et faire tendre à néant toute possibilité de remise en question du système pour lui-même. D’une part en créant une division au sein de la population entre les bons intégrés, ces abrutis qui payent sans se poser de questions les impôts qui servent à détruire leur cadre de vie et les possibilités d’avenir de leurs enfants et leurs voisins… Payer des impôts et laisser des dirigeants auto-proclamés en faire un usage sans contrôle populaire est tout simplement criminel (et je pèse mes mots). A l’assertion sans nuance de « Je paye mes impôts, moi », la seule réponse possible face à l’usage qui en est fait est « Et vous n’avez pas honte », même topo en ce qui concerne ceux qui estime que voter suffit à se dédouaner de la responsabilité politique dans un monde en destruction massive accélérée.

Le texte, dont j’ai extrait un paragraphe ci-dessus contient d’autres délires de la même veine, nous (les marginaux assumés) nous disons parfois qu’il y a des claques qui se perdent, non par agressivité mais dans l’espoir qu’elles réveilleront quelques-uns de ces biens pensants du système de leur somnambulisme imbu de soi. Oui, merci, je sais qu’avec les somnambules, faut y aller en douceur.

Aujourd’hui des solutions se dessinent à l’horizon de l’espoir, elles ont ceci en commun qu’elles regroupent des personnes de tous horizons dans des activités qui ont ceci en commun qu’elles constituent par leur objectifs et réalisations concrets, une remise en question (explicite ou implicite) de la globalisation avec ce constat commun que ce sont les conséquences de cette globalisation  le problème qui doit être éliminé pour que les populations dans leur ensemble retrouvent le bien-être tant physique que moral et la concorde indispensable au bon voisinage, condition d’une bonne vie. De telles initiatives sont toujours d’avantage menacées de tomber dans l’illégalité. Le cas des semences ou celui des orties en France sont exemplaires de cette tendance qui s’impose aujourd’hui à travers des lois impératives « Ce qui est gratuit est interdit » en vertu du principe de concurrence devenu un diktat européen, un des principes fondateur de l’Union Européenne. Mais l’action politique ne se limite pas à la politique politicienne. Le politique en tant que « manière des gens s’organisent entre eux pour vivre ensemble » (H. Arendt) est une dimension inaliénable des initiatives évoquées plus haut. Préparer un repas populaire avec les récupérations de fin de marché est devenu un acte politique, ( et bientôt sans doute de désobéissance civile et de résistance) à part entière qui contrevient aux Lois du Marché Unique imposées par les Corporations. Or ces lois du Marché Unique, via l’UE, supplantent toujours d’avantage nos lois nationales, transformant de telles actions en délit.

Les agents d’insertions sont donc chargés de décourager chez l’usager de telles initiatives qui sont le plus souvent stigmatisées par une honteuse suspicion, ainsi ce jeune couple de marginaux qui se crève et se casse le dos pour lancer une petite entreprise de maraîchage de légumes bio, se voit régulièrement insulté par des agents qui les accusent de vouloir frauder en ne participant pas au parcours de courses à l’emploi… un exemple parmi des centaines d’autres, mais celui des jeunes ayant des projets d’agriculture respectueuse est particulièrement écœurant parce qu’il s’engagent dans un métier dans lequel il est évident que quand bien même ils réussissent, ce sera toujours au prix d’un travail bien plus prenant que n’importe quel emploi avec des rémunérations inférieures… Un tel choix est aussi un choix de conscience, d’intelligence collective de construction d’une société meilleure pour le plus grand nombre, un choix de belles personnes.

Les plus tenaces, ceux qui ont autour d’eux des réseaux de solidarité qui les aident à passer le cap de déstabilisation que constituent les interrogatoires, pressions, chantages, voir menaces de la police de l’intégration ont quelques chances de s’en tirer moralement. Mais plus nombreux sont ceux qui sombrent, une fois déstabilisés par les conditions ambiantes, atteints de troubles mentaux qui créent des tensions psychiques insupportables, entre leur perception concrète d’une réalité qui n’a d’issue que dans la recréation d’alternatives, certains s’ils sont bourrés de talents à apporter dans l de tels projets n’ont pas la capacité d’affronter le combat contre la globalisation qu’elles impliquent.

Pour échapper aux tensions de la schizophrénie systémique, l’obligation de chercher avec une bonne volonté manifeste une chose dont on sait de part et d’autre qu’elle n’existe pas, un sadisme systémique, des personnes, qui souffrent au départ d’un climat social pathogène et mortifère, se réfugient alors dans une maladie, inventée au départ, qui se somatise et souvent se cristallise sous l’effet de médicaments qui court-circuite la colère, la volonté de se battre pour créer ses propres issues ou se joindre à une lutte collective. Heureusement le nombre de personnes qui ont une conscience très claire de ce que le refus du système est une condition sine qua non de bonne santé mentale ne cesse de croître.

Que ce soit les agents d’insertions, les politiciens complices ou les médecins complices, je partage le point de vue d’Isabelle Stengers dans un texte que je vous recommande ("Cultiver une déloyauté envers ceux qui nous gouvernent". Entretien avec Isabelle Stengers - Le blog de Anne Wolff   )

(…)nous connaissons déjà la triste rengaine qui tiendra lieu de chant sur les lèvres de ceux qui survivront dans un monde de honte, de fratricide et d’automutilation. Ce sera « il faut bien, nous n’avons pas le choix ». Il ne faut pas être « tenant » des logiques néo-libérales pour avoir cette rengaine aux lèvres. Cette logique nous tient, elle nous rend « autres » à nous-mêmes. Elle traduit une impuissance qui est ce que cette logique ne cesse de fabriquer, ce que j’appelle les « alternatives infernales ».

(…)il importe d’abord de ne pas les  [le montages des logiques néolibérales] respecter, d’écouter ceux qui nous demandent de les respecter comme on pouvait écouter les collaborateurs pendant la guerre. Ne pas se laisser mobiliser, soutenir les déserteurs à cette mobilisation, cultiver une déloyauté déterminée envers ceux qui nous gouvernent et envers leurs raisons et apprendre à tisser des solidarités, des coopérations entre ceux qui résistent, ce n’est évidemment pas « la solution », mais c’est ce qui est possible dès aujourd’hui – c’est aussi une manière de contrer le désespoir et le cynisme, le « chacun pour soi » et le « tous pourris » qui est en train de gagner très dangereusement du terrain.  

Ces quelques phrases d’I.S. sont un meilleur remède contre la tentation de se vivre malade - alors qu’ on est seulement découragés ou stressé par la pression sociale normative -  que n’importe lequel des médicaments que vous imposeront les agents d’insertion , politiciens et médecins de la Collaboration avec le système. Les porteurs des initiatives évoquées sont les réalisateurs de cette possibilité de se retrouver actifs à construire un monde à échelle humaine. Et tous, à contre courant du système pathogène et mortifère font œuvre de Salubrité Publique.

Merci à eux

Anne Wolff

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Gilles Deleuze, février 1977.

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