18 avril 2014 5 18 /04 /avril /2014 22:04

Discours du nouveau président par intérim de la fédération autoproclamée du Sud-Est ukrainien

 

Le comité fédéral pour la sécurité de l’Ukraine du Sud-Est décrète l’état d’urgence dans cette partie du pays afin de protéger la population, de la mettre à l’abri des fascistes. Mon devoir d’officier, de général, est d’empêcher que ne se produise un génocide.

Le président de l’Ukraine du Sud-Est, Anatoli Vizir.15 avril

 


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Des gens ordinaires

Dimanche 13 avril, les observateurs de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), en visite à Slaviansk, une ville de la région de Donetsk, ont été pris à partie par des habitants. Nous publions le résumé de cet échange. 

La première femme : Pulvériser à l’arme atomique les habitants du Sud-Ouest ukrainien ? Nous tuer, nous, civils ? [Allusion aux propos de Ioulia Timochenko lors d'une conversation téléphonique, interceptée et publiée le 24 mars, ndlr] Mais regardez-nous : nous sommes des femmes, nous ne sommes pas armées, nous sommes ici pour défendre nos droits. Nous n’en voulons pas, de l’UE. Nous ne sommes opposés ni à la Russie, ni à aucun autre peuple. Nous voulons simplement vivre en paix et être libres ! Ne nous imposez rien !

Le représentant de l’OSCE : C’est très important pour nous…

La première femme : Nous devons gérer notre terre nous-mêmes ! Nous en sommes maîtres !

La deuxième femme : Pourquoi Yaroch ordonne-t-il au Secteur droit de tuer nos enfants ?

Pourquoi Iatseniouk, Tiagnibok, Klitschko et les autres de la junte [l’actuel gouvernement de Kiev, ndlr]… Ce sont eux qui ont commencé les premiers à s’emparer du pouvoir. Ils ont assassiné les jeunes Berkout, des appelés de 18 ans, ils leur ont pissé dessus… Pourquoi ? Ils ont tué des policiers aussi, et personne n’a été jugé coupable ! Les secouristes ramassaient les Berkout blessés et les amenaient au centre de Maïdan où ils étaient abattus…

Vous qui êtes là depuis plusieurs semaines, je vous le demande – personnellement : pourquoi ne donnez-vous pas une appréciation objective des faits ? Pourquoi les chaînes de télévision russes ont-elles été coupées ?

Le représentant de l’OSCE : Laissez-moi parler. Nous représentons l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe. Il s’agit de la plus grande organisation chargée de veiller à la sécurité sur le continent européen. Tous les pays-membres, incluant la Russie, la Biélorussie, les États-Unis, la Slovaquie, la Pologne et l’Ukraine, nous ont demandé – à moi, Slovaque, et à mon collègue polonais – de venir en Ukraine et de donner une représentation objective de ce qui se passe ici, puisque les médias se livrent une guerre de l’information à outrance. Notre but est d’obtenir des informations objectives. C’est pourquoi je vous remercie de nous avoir dit tout cela, car il est important pour nous de tout entendre.

La troisième femme : Et dites, s’il vous plaît : pourquoi Loukachenko, quand il y a eu les mêmes désordres dans son pays, a-t-il préféré ne laisser personne s’en mêler ? Et il avait raison ! Notre pays a ses propres droits et lois et nous n’avons besoin de personne.

La deuxième femme : Nous avons besoin de l’OSCE, puisque la junte a pris le pouvoir de manière illégitime !

La troisième femme : Les filles, une autre question, est-ce que nous voulons vivre sous cette junte ou non ?

Plusieurs voix : Non !

La deuxième femme : Nous sommes pour notre république démocratique à nous !

L’homme : Une autre question que nous nous posons – c’est qui ce Yaroch ?

Le représentant de l’OSCE : Je peux répondre ? L’OSCE n’accepte aucune forme de violence… Des actes de violence, malheureusement, ont lieu en Ukraine et ailleurs. En ce qui concerne Yaroch, je ne commenterai pas ses actes, mais nous sommes opposés à l’usage de la violence.

La deuxième femme : Pourquoi est-il toujours en liberté alors ? Pourquoi le Secteur droit n’a-t-il pas été condamné ?

L’homme : À quoi bon avoir un État, si ce n’est pas lui qui veille à la sécurité mais des bandits armés ?

Plusieurs voix : Comment vous appelez-vous ?

Le représentant de l’OSCE : Je suis le représentant du bureau de l’OSCE à Donetsk. Nous surveillons cette région.

La première femme : Le pouvoir illégitime a donné aux fascistes les rênes du pays ! Nous nous souvenons tous de l’année 1945, quand les fascistes ont marché sur la moitié de l’Europe. Et nous sommes là aujourd’hui pour nous opposer au fascisme, pour que l’ennemi ne passe pas ! Si nous nous couchons maintenant, ils vont tout envahir, et vous le savez très bien.

La quatrième femme : La preuve : si vous avez un moment de libre, allez visiter l’aérodrome de Slaviansk, vous y verrez deux hélicoptères et deux véhicules blindés !

Le représentant de l’OSCE : Merci pour le conseil, nous irons.

La troisième femme : Et que pensez-vous du fait que nous, habitants de la région de Donetsk, nous nous rassemblons dans le calme afin d’exprimer notre volonté de créer notre propre république démocratique ? Nous ne voulons pas dépendre d’individus à qui nous ne faisons pas confiance. En 23 ans, ils nous ont dépouillés, ils nous ont tout pris !

Le représentant de l’OSCE : Tous les pays-membres de l’OSCE soutiennent le fait que des personnes s’expriment lors de manifestations pacifiques.

Plusieurs voix : Mais on a en marre de manifester !

 

Source : Slaviansk : « On en a marre de manifester ! » — Le Courrier de Russie

Voir aussi :
Slaviansk : « Nous sommes des gens ordinaires » — Le Courrier de Russie

 


Le ministère de l’Intérieur ukrainien arme des civils

 

Pro-ukrainiens à Lougansk. Photo : Sébastien Gobert

Pro-ukrainiens à Lougansk. Photo : Sébastien Gobert

16 avril

19 régions ukrainiennes ont formé des bataillons de civils armés de kalachnikovs, a déclaré le 15 avril le conseiller du ministre de l’Intérieur Stanislav Retchinski. « Nous avons formé des bataillons afin de patrouiller dans les villes. Ces régiments réunissent exclusivement des locaux, afin de ne pas attiser la haine entre les régions », a souligné M. Retchinski, précisant que ces bataillons, équipés de fusils automatiques, devront aider la milice ukrainienne. Les régiments sont composés de bénévoles, qui doivent, lors du recrutement, fournir un extrait de casier judiciaire et passer un examen médical.

Source : Revue du 16/04 – Le ministère de l'Intérieur ukrainien arme des civils — Le Courrier de Russie

 

Les séparatistes ont dit non à l’accord de Genève

COUP DE MASSUE. Ukraine: l’Occident, prisonnier de ses mensonges et Donetsk dit non.

Publié le avr 18, 2014 


 

Denis Pouchiline

Denis Pouchiline

Les séparatistes ont dit non à l’accord de Genève. Celui qui prévoit l’évacuation et le désarmement des groupes armés a été purement et simplement rejeté. En réalité, ils ont raison. A partir du moment où le pouvoir de Kiev est issu d’un coup d’état, quelle légitimité a-t-il ?  Les déclarations des séparatistes sont nettes, claires et sans bavure. Le recul de Kiev est pâtant. Maintenant, les usurpateurs disent réfléchir à un statut particulier de la langue russe et aussi pour une large décentralisation. Niet, niet, niet !  

Le président par intérim Olexandre "Tourtchinov et (le premier ministre Arseni) Iatseniouk doivent d’abord quitter les bâtiments qu’ils occupent illégalement après leur coup d’Etat", comme les Anti-Maïdan appellent le soulèvement qui a renversé fin février un régime pro-russe, a déclaré à la presse à Donetsk Denis Pouchiline, ministre du gouvernement de la République de Donetsk". La presse mainstream met des guillemets et parle de ministre autoproclamé. Et à Kiev, ils ont été élus par qui ?

L’application de l’accord ne pourrait en outre intervenir "qu’après une réforme constitutionnelle", a ajouté Denis Pouchiline. Les séparatistes réclament une "fédéralisation" de la Constitution ukrainienne, que refuse les usurpateurs que l’Occident nomme "Gouvernement", qui y voit la porte ouverte à l’éclatement du pays et propose une "décentralisation".

Les Anti-Maïdan, qui prévoient un référendum sur l’autonomie régionale le 12 mai, ne se sentent pas liés par l’accord car le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï "Lavrov n’a pas signé en notre nom mais au nom de la Russie," a terminé Denis Pouchiline.

 

Source : COUP DE MASSUE. Ukraine: l’Occident, prisonnier de ses mensonges et Donetsk dit non. | Allain Jules

 

 

Contre qui la junte de Kiev arme-t-elle des civils, si ce n’est pour qu’ils combattent d’autres civils ?

Pourquoi ces civils de la fédération de l’Est qui sont le sujet des débats et qui ont prouvé tout à la fois leur claire détermination et leur capacité d’auto-organisation n’ont-ils pas été partie prenante des « dialogues » qui les concernent ?

Pourquoi les USA le sont-ils ?

Lire Discours du nouveau président par intérim de la fédération autoproclamée du Sud-Est ukrainien   pour comprendre qu’il s’agit bien là d’une organisation souveraine d’un peuple qui prouve en plus sa maturité politique.

Où est le droit à l’autodétermination quand les peuples sont placés de fait sous tutelle d’autres qui parlent en leur nom mais dans leur intérêt personnel ?

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"Le vieux fascisme si actuel et puissant qu’il soit dans beaucoup de pays, n’est pas le nouveau problème actuel. On nous prépare d’autres fascismes. Tout un néo-fascisme s’installe par rapport auquel l’ancien fascisme fait figure de folklore […].

Au lieu d’être une politique et une économie de guerre, le néo-fascisme est une entente mondiale pour la sécurité, pour la gestion d’une « paix » non moins terrible, avec organisation concertée de toutes les petites peurs, de toutes les petites angoisses qui font de nous autant de microfascistes, chargés d’étouffer chaque chose, chaque visage, chaque parole un peu forte, dans sa rue, son quartier, sa salle de cinéma."

 

Gilles Deleuze, février 1977.

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