7 novembre 2013 4 07 /11 /novembre /2013 21:44

 

 

Abel Gonzalez Santamaria

UN rapport conjoint présenté récemment par trois centres influents de recherche et d’analyse étasuniens, spécialisés dans les études sur l’hémisphère occidental – Centre pour les politiques internationales (CIP), Groupe de travail pour les affaires latino-américaines (LAWGEF), et le Bureau pour l’Amérique latine à Washington (WOLA) – a révélé que le gouvernement nord-américain a encouragé l’emploi de Forces d’opérations spéciales dans ses politiques de sécurité en Amérique latine et Caraïbe.

Selon le rapport, intitulé L’heure d’écouter : les tendances de l’assistance de sécurité des États-Unis vers l’Amérique latine et la Caraïbe, ces Forces spéciales seront de plus en plus utilisées en Amérique latine pour des tâches de formation, de recherche de renseignements et autres missions militaires, sous le vieux prétexte de la lutte contre la drogue. De telles missions remplissent des fonctions qui vont au-delà du simple entraînement, et permettent aux unités de se familiariser avec le terrain, la culture et les personnalités clés de pays où elles seraient susceptibles d’intervenir. Le rapport précise aussi que ces missions permettent au personnel étasunien de réunir des renseignements confidentiels sur leurs pays hôtes.

L’étude ajoute que ces actions n’apparaissent généralement pas dans des budgets importants, mais qu’elles sont entourées d’un voile de mystère, reléguées soit dans des rapports anodins devant le Congrès et le public, soit déplacées de la gestion des programmes du Département d’État vers le Département de la Défense.

La capacité des États-Unis à se lancer dans la défense des droits de l’Homme est minée par ses antécédents, par ses innombrables manquements en matière de droits humains : le refus de fermer la base de Guantanamo, les vastes programmes de surveillance et une politique d’utilisation d’avions sans pilote qui justifie les exécutions extrajudiciaires.

Selon ces trois centres d’études la nature de l’intervention des États-Unis dans la région est en pleine mutation. Au lieu de construire des bases, d’utiliser la 4e Flotte ou de lancer des programmes d’aide de « grande envergure » comme le Plan Colombie ou l’Initiative de Mérida, l’implication des forces armées étasuniennes devient plus adroite et plus flexible, mais encore moins transparente.

Comme on le remarque, les nouvelles sont peu encourageantes pour les peuples latino-américains et caribéens. Ce réajustement répond à la stratégie actuelle étasunienne « d’intervention secrète », à faible visibilité publique, qui permet une présence réduite des troupes terrestres et une plus grande utilisation des drones, des attaques cybernétiques et des forces d’opérations spéciales avec une capacité de mouvement rapide et léger.

Le changement de stratégie pour masquer son agenda militariste est évident. Utilisée autrefois à travers la politique du « Bon voisin » prônée par l’administration de Franklin Roosevelt (1933-1945), celle-ci lui permit d’exercer un contrôle visiblement moins interventionniste sur les armées latino-américaines, mais dans la pratique elle privilégia des actions secrètes de déstabilisation à une époque de dépression économique et de guerres, tout à fait semblable à l’actualité. D’où une grande stratégie impériale inchangée…

Source :
granma.cu - Notre Amérique

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Nouvelles formes du fascisme

"Le vieux fascisme si actuel et puissant qu’il soit dans beaucoup de pays, n’est pas le nouveau problème actuel. On nous prépare d’autres fascismes. Tout un néo-fascisme s’installe par rapport auquel l’ancien fascisme fait figure de folklore […].

Au lieu d’être une politique et une économie de guerre, le néo-fascisme est une entente mondiale pour la sécurité, pour la gestion d’une « paix » non moins terrible, avec organisation concertée de toutes les petites peurs, de toutes les petites angoisses qui font de nous autant de microfascistes, chargés d’étouffer chaque chose, chaque visage, chaque parole un peu forte, dans sa rue, son quartier, sa salle de cinéma."

 

Gilles Deleuze, février 1977.

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