6 juin 2013 4 06 /06 /juin /2013 17:39

 

 

 

Un texte publié initialement sur le site de l’Agence Vénézuélienne d’Information (AVN en espagnol), je n’ai pas trouvé le nom de l’auteur. Et il y a une ou deux petites erreurs, comme l’omission du retrait de la France de l’OTAN et sa réinsertion, et le fait que selon Atilio Boron, l’Argentine n’aurait toujours pas renoncé à son statut d’associé obtenu pendant la dictature. L’auteur ne précise pas non plus ce quil entend par « grandes puissances » à l’intérieur de lOTAN. Malgré cela, un point de vue extérieur intéressant sur cette armée en voie de mondialisation dont nos pays sont fondateurs et membres actuels. Ce qui ne les rend pas plus sympathiques au reste des peuples du monde !


L’OTAN cherche à dominer le monde à travers les « accords colombiens »

O5 juin 13  

OTAN 

AVN. – L’annonce déconcertante que fit le président Colombien, Juan Manuel Santos, que dans les semaines à venir son pays souscrirait un accord de coopération avec l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord a converti la Colombie en la première nation d’Amérique Latine et des Caraïbes à manifester sa volonté de s’incorporer de manière formelle aux activités de l’alliance militaire la plus puissante du monde, responsable des invasions de l’Afghanistan, de l’Irak et de la Libye. 

Quoique ce dessein se soit éclaircit après quelques jours, ce que signera la Colombie, en principe, est un accord d’échange d’informations privilégiées avec cette alliance militaire qui supposera, dans le temps, de nouvelles possibilités de coopérations comme les actions opérationnelles conjointes.

Le schéma « d’associé » de l’OTAN a été la formule par laquelle l’alliance des USA et des puissances occidentales, augmentèrent au 21ème siècle leur contrôle et leur présence militaire sur tous les continents, au point qu’aujourd’hui l’organisation compte 28 membres,  quelques 5O associés et aspire au cours des prochaines années à étendre cette société à quelques 140 pays.

Les degrés de compromission varient du stratégique à l’opérationnel, mais en évaluant les caractéristiques des associés en Asie on peut se dire que l’OTAN signera des accords pour atteindre, selon eux, quatre objectifs fondamentaux : maintenir la paix, réaliser des opérations humanitaires en cas de désastres naturels, maintenir la sécurité maritime et, participer aux plan de de défense conjointe et à la lutte antiterroriste.

Pour parvenir à ces objectifs, le schéma implique la réalisation d’exercices militaires conjoints (aériens et maritimes), l’établissement de bases militaires permanentes sur le territoire de l’associé, des échanges privilégiés d’informations, des transferts de troupes sur d’autres scènes de guerre ou conflits internationaux et en général une augmentation des dépenses militaires des pays souscripteurs..

 

Le modèle utilisé par l’OTAN en Afghanistan, auquel ont participé quelques 50 pays à l’invasion et à la « reconstruction » du pays – utilisé aussi en Irak et en Lybie – fait penser que le schéma de société sert à garantir l’usage de troupes sans que les USA et les puissances alliées ne se sacrifient directement sur le terrain.

C’est la transformation opérée par l’OTAN depuis sa naissance, en 1949, jusqu’à ses nouvelles modalités de forces militaires multinationale et omniprésente qui cherche à pénétrer en Amérique Latine, et en particulier en SUD Amérique.

L’origine de l’histoire

L’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) a beaucoup changé depuis quelle fut formée, le 4 avril 1949, dans la ville de Washington, avec la participation de 10 nations européennes, des USA et du Canada.

Crée dans un esprit de défense mutuelle entre associés ; l’OTAN en pratique s’est déployée sur toute la planète (à travers des pactes régionaux qui lui ont permis d’intervenir en Asie, au Moyen Orient et en Afrique) pour neutraliser l’expansion du communisme, au point qu’elle finit par se convertir en grand bras armé de l’Occident pendant la guerre froide.

Le puissant arsenal militaire qui grandit à l’abri des puissances occidentales (Etats-Unis, Angleterre, et France en tête) la fit se convertir dans la plus grande puissance militaire du monde et lentement elle s’est étendue, avec différentes formes d’affiliations à presque toute l’Europe Occidentale.

On se souviendra de la polémique que provoqua l’entrée en 1982 de l’Espagne « socialiste » dans le Traité de l’Atlantique Nord, un pas qui aligna définitivement le Parti Socialiste Ouvrier Espagnol sur les principes d’action de base de cette organisation,  autant dire, qui le rendit dépendant  de la défense internationale de la démocratie, des droits humains et de respect de la loi, selon des paramètres et intérêts imposés par les USA et les principales puissances de l’organisation qui sont celles qui prennent véritablement les décisions à l’intérieur de l’OTAN. 

Après la chute du communisme et la désintégration de L’Union Soviétique, au début des années 90, l’OTAN s’est restructurée avec pour vue d’identifier et construire un autre “ennemi”, et pour cela elle utilisa toute son énergie à construire de nouveaux paramètres qui garantissent la « sécurité et la stabilité » des grandes puissances occidentales.

Son intervention dans la guerre de Yougoslavie en 1996, inaugura les dits bombardements pour « raisons humanitaires » qui convertirent l’OTAN en un nouvel acteur global, avec la capacité d’intervenir dans des conflits internes et des guerres entre pays sans l’approbation préalable de l’ONU, toujours au nom de la « démocratie et les droits humains universels »

En 1999 l’organisation initia une stratégie agressive de l’affiliation avec l’incorporation de pays comme la Hongrie, la Pologne et la République Tchèque, ce qui inaugura une nouvelle ère d’expansion en Europe de l’Est, dans une tentative de ligoter la Russie (le projet de bouclier antimissile s’insère dans cette stratégie) et d’éradiquer définitivement le fantôme du communisme dans les ex républiques soviétiques.

A la fin du 20ème siècle, l’OTAN était une organisation  comptant 28 membres (elle avait commencé avec 12 en 1949), annonçant de cette manière la tendance que certains internationalistes ont appelée « otanisation du monde », ce qui veut dire, la présence militaire toujours grandissante de cette organisation dans toutes les régions de la planète.

Le 21ème siècle et la politique des associés

Avec l’attaque des Tours Jumelles, en septembre 2001, les USA et leurs alliés définissent le nouvel ennemi global pour le 21ème siècle : le terrorisme. Au nom du terrorisme fut testé ce nouveau rôle de l’OTAN de bras armé multinational intervenant militairement dans les pays accusés ou soupçonnés, par cette même organisation de constituer une « menace pour la sécurité globale ».

LOTAN se déploya sur le territoire afghan à partir de 2003, un modèle d’action militaire appelé Force Internationale de Sécurité (IZAF, sigle en anglais) à travers lequel non seulement participent aux opérations ses membres traditionnels mais aussi d’autres armées de diverses nations du monde, à tel point qu’au cours des 10 dernières années ce sont 50 pays qui ont participé aux opérations, beaucoup d’entre eux entant que « associés » spéciaux de l’organisation.

Ces associés sont essentiellement des “nations fournisseuses de troupes » qui en plus accomplissent des tâches de « reconstruction » dans le pays (avec les possibilités commerciales pour tous). En Afghanistan, il y a actuellement 16 de ces associés : Arménie, Australie, Azerbaïdjan, Bahreïn, Géorgie, Japon, Jordanie, Kazakhstan, Malaisie, Mongolie, Nouvelle Zélande, Singapour, Corée du Sud, Tonga, Turquie et Emirats Arabes.

L’Afghanistan, comme le dit Rick Rozoff, fondateur de l’organisation contre la militarisation du monde Stop-Nato, a été un laboratoire privilégié pour unifier les intérêts de l’occident et de l’orient et solidifier avec eux la domination de l’OTAN dans la région clé de la géopolitique mondiale. De cette manière, les USA et leurs alliés potentiels, à travers des « associations pragmatiques, efficaces et flexibles » avec d’autres pays, maintiennent leur présence et leur contrôle militaire sur différents territoires, conflits et aires stratégiques, sans avoir besoin de s’exposer directement.

L’augmentation des alliés ayant ce statut « d’associés » a permis aux USA et aux puissances occidentales d’avancer dans leurs dominations, sans devoir « démocratiser » ou « pluraliser » leurs intérêts à l’intérieur de l’organisation.

Associés stratégiques et opérationnels

Dans la première décennie du 21ème siècle, l’OTAN parvint à consolider des associations dans le Nord de l’Afrique, le Golfe Persique et la Mer Baltique (Géorgie) qui ont repotentialisé son pouvoir et son influence, et selon Michito Tsuruoka, membre de l’Institut National de la Défense du Japon,  ce qu’il appelle des objectifs « stratégique institutionnels, opératifs et d’interpeuplements » de l’organisation.

Un modèle qui a servi depuis novembre 2010 pour établir une politique agressive d’association dans le Pacifique Sud, et qui a permis à l’OTAN de gagner l’appui de pays comme l’Australie, la Nouvelle Zélande, les Philippine et pratiquement la dizaine de pays qui intègrent l’Association des Nations de Sud-Est Asiatique (Asean) – sauf la Chine – avec l’organisation périodiquement d’exercices militaires, maintient de bases militaires permanentes sur leurs territoires et échanges d’informations privilégiés sur de potentiels ennemis des Etats-Unis et de leurs alliées dans l’organisation.

Si dans les années 90, l’OTAN a tenté d’isoler la Russie en gagnant des associés permanents en Europe de l’Est, au 21ème siècle les intérêts se sont centrés sur la contention de la Chine, la grande puissance émergente du sud-est asiatique, avec des associées flexibles et efficaces. Le Secrétaire Général de l’Organisation, le danois Anders Rasmussen,  le disait déjà en avril 2011 : « Nous sommes disposés à développer le dialogue politique et la coopération pratique avec n’importe quelle nation et avec les organisations importantes du monde entier qui partagent nos intérêts ».

Tsuruoka dit que les sociétés du Pacifique autour de la Chine se sont fondées pour atteindre 4 objectifs politico-militaires ; maintenir la paix, réaliser des opérations humanitaires en cas de désastres naturels, maintenir la sécurité maritime et participer à des plans de défense conjointe et à la lutte antiterroriste.

La condition pour devenir associé de l’OTAN est en apparence basique “être une nation pacifique, responsable et qui contribue à la sécurité globale », le problème arrive quand ces trois vertus doivent coïncider avec les intérêts géopolitiques des USA.

Les accords qui ont été établis privilégient soit le côté stratégique, comme dans le cas du Japon et de la Corée du Sud (ce qui prévaut est l’établissement de plans militaires conjoints pour maintenir la stabilité dans le sud-est asiatique) ; soit l’opérationnel comme ceux souscrits avec des pays comme l’Australie, la Nouvelle Zélande et Singapour, dont l’aspect important est la participation des armées à des opérations militaires de l’OTAN pour améliorer leur capacité opérationnelle, leur formation professionnelle et leur expérience guerrière, en échange d’échanges privilégiés d’informations.

La guerre comme poumon du capitalisme.

Le modèle des associés qui partagent des intérêts, appliqué en Afghanistan, fut testé postérieurement en Irak en 2003, en Libye en 2011 et maintenant on voudrait le mettre à l’épreuve en Syrie et en Iran. Avec plus de 50 associés en ce moment, selon Rozoff (aucun dans l’Amérique Latine et les Caraïbe jusqu’à l’annonce de la Colombie), les architectes de l’OTAN espèrent arriver, dans les prochaines années, à 140 associés, ce qui convertirait l’organisation en une force militaire gigantesque et omniprésente sans contrepoids sur toute la planète.

Ce qui est clair, dans cette «otanisation » du monde, c’est le caractère économique de la formule. Pour se faire une idée, pendant que les USA et l’Europe entraient dans leur crise financière, qui provoquait des coupes inhumaines dans les politiques sociales de ces pays à partir de 2008, les budgets militaires non seulement étaient maintenus et augmentaient même dans plusieurs cas.

Le rapport le plus récent de l’Institut International Sipri, qui a son siège en Suède, dit que les USA supportent 33% des dépenses militaires de la planète, estimée à 1,75 trillons (1.750 milliards) de dollars par an. De ce montant l’OTAN consomme un trillons de dollars et représente 57% des dépenses militaires mondiales.

Des chiffres qui indiquent que l’industrie militaire est le grand poumon du capitalisme au 21ème siècle et que les USA sont le grand bénéficiaire de ce modèle, non seulement parce qu’ils sont de grands producteurs d’armements et technologies militaires, mais aussi parce qu’ils font pression sur leurs associés de l’OTAN pour qu’ils achètent leur armes et dédient la majeure partie de leur budget à des dépenses militaires.

Seulement en 2012 les dépenses militaires en Europe Orientale ont augmenté de 15%, au Moyen Orient de 8% et en Afrique de 7,8%.  Selon le Sipri, l’Italie, un des pays qui a le plus souffert des coupes dans les budgets sociaux, investit en dépenses militaires 34 OOO millions de dollars en 2012.

L’OTAN, pour autant, non seulement cherche à contrôler le monde militairement mais en plus la guerre s’est convertie en commerce le plus lucratif avec lequel survivent les grandes puissances, à commencer par les USA, affectés aujourd’hui par une forte crise financière.

Source espagnole La Otan busca controlar el mundo a través de “acuerdos colombianos” | El Informador Boliviano 

Traduction française Anne Wolff

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