22 mai 2013 3 22 /05 /mai /2013 11:31

 

Petite précision : les mouvements sociaux vienne de créer l’ALBA des Peuples, une initiative transcontinentale (SUD), 22 pays participaient à cette fondation, dont le but est de permettre  une organisation horizontale des peuples en action, indépendamment des gouvernements ; développant ensemble leur projet de développement intégral pour la région. Les mouvements sociaux, les associations paysannes sont en première ligne de cette lutte guerre  contre le pouvoir transnational. Chaque jour, certains y perdent la vie, sont enfermés, torturés, expulsés…..

Et donc le titre de l’article est un peu réducteur, ce n’est pas à terme de souveraineté des entités abstraites états dont il est question, mais bien de celle concrète des peuples. Il ne faut jamais perdre de vue que l’Amérique Latine actuelle est une constellation d’associations populaires liées par une toile d’araignée de relations à différentes échelles. Une construction de terrain au quotidien menée par des peuples bienveillants, intelligents, créatifs et dynamiques.

Les mandataires jouent alors un rôle de catalyseur et l’état un rôle organisateur dans la mise en place des mécanismes de défense face aux agressions extérieures. Le troisième évènement notable de conquête de souveraineté est la construction d’une Ecole Régionale de Défense en Equateur… pour en finir avec la sinistre tradition de l’Ecole US ex « des Amériques » où les gouvernements du sud envoyaient leurs militaires se transformer en bourreaux et assassins de leur peuple.

Tout l’espoir du monde les accompagne dans cette construction de la communalité. Refondation du monde, d’un autre monde, digne, populaire, pacifique.

 

Articles ici  en espagnol ;

Desde los pueblos, la articulación hacia el ALBA - Marcha - Una mirada popular de la Argentina y el mundo

Otra integración es posible: Cumbre de los Movimientos Sociales del ALBA 

 

 

 

 

Quand la souveraineté des états se reconstitue face aux multinationales

18 mai par Christophe Ventura

Depuis le 22 avril, plusieurs pays d’Amérique latine (Bolivie, Cuba, Équateur, Nicaragua, République Dominicaine, Saint-Vincent et les Grenadines, Venezuela) se sont associés pour créer une « Conférence permanente des États latino-américains affectés par les intérêts transnationaux ».

Ces dernières années, la Bolivie, Équateur et le Venezuela se sont engagés dans des conflits de forte intensité contre plusieurs entreprises multinationales (Exxon Mobil, Murphy Oil Corporation, Perenco, Conoco-Philips, etc.). En jeu, la renégociation des concessions d’exploitation de leurs ressources pétrolières et naturelles par celles-ci. C’est notamment au sein du Centre international de règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI), organisme rattaché à la Banque mondiale en charge de l’arbitrage des conflits entre États et entreprises en matière de droits des investissements, que les disputes se sont déroulées. Mais las de cet organisme trop favorable, selon eux, aux investisseurs privés |1|, ces pays l’ont quitté (respectivement en 2009, 2007 et 2012) pour impulser la création d’instruments régionaux de consultation et de gestion des conflits avec les entreprises multinationales des pays du Nord.

C’est dans ce contexte qu’ils ont organisé à Guayaquil (Équateur), en présence de représentants officiels invités d’Argentine, du Guatemala, du Honduras, du Salvador et du Mexique, cette première Conférence.

Celle-ci a permis de définir, dans le cadre de sa Déclaration finale, le périmètre d’action et les perspectives de l’initiative. Le document fondateur indique que, dans le contexte de la mondialisation, « les pays en développement (disposent) de ressources précieuses qui doivent être utilisées de manière soutenable pour le développement de (leurs) populations ». Il signale également que la période récente « a montré la persistance de cas flagrants de violation du droit international et de la souveraineté des États » (par des firmes transnationales). Enfin, les pays signataires considèrent que « plusieurs processus de négociations bilatérales avec des firmes transnationales sont actuellement en cours qui demandent une assistance solidaire entre les États de la région afin que ces négociations aboutissent à des résultats bénéfiques pour les peuples du Sud ».

Sur la base de cette analyse, ils s’engagent à soutenir la création, au sein de l’Union des nations sud-américaines (Unasur), d’un « mécanisme régional de résolution des différends en matière d’investissement qui garantisse des règles justes et équilibrées lorsque surgissent des conflits entre firmes et États ».

Par ailleurs, ils proposent la création d’un Observatoire international sur les contentieux en matière d’investissements dont les objectifs seront multiples : activité de veille au niveau international, production d’analyses et de recommandations pour les États faisant face à un différend avec une multinationale, réflexion sur la réforme des organismes existants, mutualisation des expériences et des avancées juridiques en matière d’arbitrage dans les conflits commerciaux, création de mécanismes de coordination et de consultation sur les systèmes juridiques entre États latino-américains, élaboration de stratégies communes pour les États face aux multinationales, mise en place de mécanismes de sollicitation des mouvements sociaux, etc.

Enfin, il s’agira de proposer la mise en place « d’espaces de coordination générale des pays du Sud » sur l’ensemble de ces questions au niveau du G 77 + Chine. Et ce, de sorte à consolider un rapport de forces entre ces pays et les multinationales dans tous les espaces institutionnels multilatéraux : Nations unies, Organisation mondiale du commerce (OMC), Fonds monétaire international (FMI), Banque mondiale, etc.

Faisant écho à cette initiative qui vise, dans le cadre d’une coopération collective, à redonner des marges de manœuvre aux États et à la souveraineté nationale face aux multinationales, les mouvements sociaux latino-américains ont adopté, le 9 mai, une « Déclaration des mouvements et organisations sociales sur les propositions de la première Conférence permanente des États latino-américains affectés par les intérêts internationaux ».

Celle-ci affirme : « Nous pensons que les États nationaux doivent non seulement avoir l’obligation, mais également la pleine liberté d’établir et d’appliquer des législations et des politiques publiques favorables aux populations et à l’environnement, et ce en complément de leurs obligations en matière de droits humains, sans devoir subir la menace d’actions ou de revendications du capital transnational ».

Et d’exprimer une solidarité avec les objectifs affichés par les gouvernements et leurs propositions (notamment la création de l’Observatoire international). Le document précise toutefois : « nous ferons preuve de vigilance pour que l’ensemble se concrétise, et de manière à ce que cette initiative ne se limite pas à la question des multinationales privées, mais concerne également les entreprises multinationales d’État ». Cette position indique la préoccupation de ces mouvements sociaux quant à la stratégie des entreprises publiques de ces pays – ou celles d’autres pays du Sud (Afrique du Sud, Chine, Corée du Sud, Inde) – dans le domaine pétrolier et minier notamment.

Quoi qu’il en soit, voici qui devrait inspirer tous ceux qui, en Europe et ailleurs, souhaitent reconquérir du pouvoir face aux forces du capital.

Lire la Déclaration des mouvements sociaux : https://docs.google.com/spreadsheet...

Notes

|1| Le Brésil, Cuba et le Mexique ne sont pas signataires de la convention CIRDI. Pour sa part, la République Dominicaine ne l’a pas ratifié. Pour en savoir plus, lire Cécile Lamarque, « Et de trois : après la Bolivie et l’Équateur, le Venezuela quitte le CIRDI ! », Cadtm, 24 février 2012.

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Source : CADTM - Quand la souveraineté des états se reconstitue face aux multinationales 

Via Mes coups de coeur

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Gilles Deleuze, février 1977.

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