28 septembre 2014 7 28 /09 /septembre /2014 12:16

 

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Après un été à constater sur le terrain de la vie quotidienne dans la dite « Capitale de l’Europe » les effets délétères de la globalisation, je ne suis pas très optimiste en ce qui concerne l’avenir de mon pays.

Je renoue avec les luttes pour le droit à un logement digne. Traversée du monde des squats, des occupations temporaires où se côtoient le meilleur et le pire. Depuis la zone interlope des Petits Profiteurs qui à mes yeux ne valent guère mieux que ceux qui sévissent au sommet de la hiérarchie sociale jusqu’aux lieux qui réunissent des personnes qui portent avec une conscience politique en éveil des projets de monde alternatifs, je parcours un microcosme de l’univers parallèle des occupations – squats, occupations précaires, occupations temporaires, trois manières de se réapproprier le territoire en investissant quelques-uns des logements abandonnés, 15 à 30 mille logements vides pour un total de 550 000 dans la Capitale de l’Europe, alors que les soi-disant associations de lutte contre le sans-abrisme et la pauvreté sous évalue systématiquement le nombre des personnes sans logement. Et ce d’autant plus que Bruxelles attire aujourd’hui en plus de réfugiés extra-européens, des dizaines milliers de réfugiés d’une Europe touchée de plein fouet par les conséquences de l’accumulation de capital par expropriation à laquelle s’adonnent sans vergogne les Corporations des Profiteurs, depuis l’expropriation agraire, à celle industrielle et commerciale (éradication des petites entreprises et intégration sous des statuts de fausse indépendance de celle-ci à leur chaîne de productions) en passant par l’expulsion des habitants de leurs logements alors que la spéculation exclus toujours d’avantage les populations de l’accès à la propriété.

Un reste de réputation de notre ex-excellent système social détruit par l’Europe washingtonienne amène ici les largués qui ne trouveront pas leur place et dont une partie viendra rejoindre les rangs en augmentation des délinquants locaux. C’est un vaste sujet, que je ne ferai qu’effleurer. Alors que toute ma vie j’ai évolué dans des milieux multiculturels enrichissants et harmonieux, que la première fois que des étrangers m’ont importunée, il s’agissait des baudruches de fonctionnaires européens qui nous gâche le paysage, et contribuent à nous imposer les valeurs marchandes de concurrence comme mode d’être et de vie, j’ai cette fois été confrontée à des européens du Sud et de l’Est qui ont tenté de m’imposer leurs valeurs primitives, machisme et rapine, alors qu’eux-mêmes restaient totalement hermétiques à notre belgitude, celle dont je suis si fière, celle qui faisait de notre pays, en particulier la partie francophone, une terre d’accueil et de bonne intégration de tous, de partage. J’ai depuis toujours des amis arabes, des amis musulmans qui jamais n’ont tenté de m’imposer leurs valeurs et v’là que débarquent les européens qui veulent m’imposer les leurs, soumission de la femme à l’homme entre autres, application de la loi du talion, et les rapines – tout ce qu’on peut voler on le prend… quand les différents se règlent à coup de poings, à coups de battes, voir à coup de couteaux… un net recul pour le pays hautement civilisé que nous sommes encore malgré quelques décennies de colonisation yankee..

Je ne vais pas revenir là-dessus, mais oui, la grande majorité des associations de « lutte contre la pauvreté » me foutent tout simplement la gerbe… la pauvreté étant le moyen de se fabriquer des boulots sinécures manipulant les discours ad hoc pour obtenir les subsides qui leur permettent une vie de classe moyenne aisée avec des boulots non-contraignant, pour la plupart, alors que d’autres y trouvent le moyen de se donner de l’importance personnelle à travers la fréquentation du gratin politique… beaucoup de blabla et peu, pas d’actions concrètes efficaces quand elles ne sont pas tout mal-ement contre-productives. Et donc les problèmes qui se posent à ceux qui aujourd’hui veulent se donner les moyens d’une débrouille honnête et constructive sont tout autant de créer leurs propres associations en renouant avec des modes associatifs anciens et de se démarquer de cette lie alcoolique et droguée, qui ne vise que la consommation sans contrepartie. Se procurer alcool et drogue par le vol pour pouvoir se passer la journée écroulés devant les écrans de la connerie systémique. Non, je n’exagère pas au contraire… Une nouvelle faune qui contribue à la dégradation du paysage et des mœurs.

 

Mon retours à Bruxelles commence par un décompte des amis morts, assassinats qui ne disent pas leur nom, trop de misère, trop de douleur, la lente noyade de ceux après naufrage n’ont plus espoir d’atteindre un jour le port de la Sérénité.

Des processus récurrents, quand les conversations tournent autour des dernières hospitalisations des uns et des autres, les diverses cures d’ordre psychologique pour cause de dépression et/ou d’addictions diverses ou de somatisation du mal de vivre, c’est encore et toujours le même refrain, quand la société médicalise ceux qui ne tolèrent plus ses dérives, la lobotomie chimique est de mise qui tue à petit feu, mine de rien avec toute les apparences de l’autodestruction, ceux qui ne trouvent plus leur place dans ce monde où les alternatives sont toujours plus drastiquement réduites. Ce problème je l’ai déjà évoqué, il a pour moi les visages de ceux qui ne sont plus là pour le dire, une acre de saveur de tristesse et de deuil continué. Il a le visage d’amis que je vois glisser inéluctablement vers le fond du gouffre avec ce sentiment ravageur d’impuissance…

Et puis il a la rage aussi, cette sourde colère, contre ceux qui tirent les ficelles du génocide polymorphe et planétaire, rayant de la carte ceux qui n’ont pas place dans leur système. Au-delà des guerres militarisées, il y a des guerres qui ne disent pas leur nom, mais qui toutes ont des cibles similaires, les irréductibles, les non-intégrables au projet de monde global, mais aussi les habitants pauvres des pays qui recèlent les matériaux que les corporations qui dominent le monde doivent s’approprier pour se perpétuer.

Et j’ai bien conscience que la faune évoquée plus haut de même que les pandillas d’Amérique Centrale qui ont été générée dans le contexte des prisons étasuniennes avant d’être lâchées comme de facteurs de déstabilisation violente dans les pays d’origine plus souvent de leurs parents que d’eux-mêmes font partie de la même équation qui implique la nécessité d’un chaos provoqué pour favorisé l’instauration d’un Ordre Nouveau après réduction drastique de la population planétaire : génocide, cette fois au sens le plus littéral du terme.

Depuis que j’ai pris conscience qu’il n’est plus ici question de profit, mais bien de pouvoir et de domination, de fanatisme idéologique – sinon pour quoi une telle volonté d’accumulation, de concentration de ce qu’ils appellent « richesses » mais qui est surtout une déperdition de bon sens, un reniement d’humanité ? Passé un certain seuil de fortune, il n’est plus question de jouir du bien-être que procure l’aisance, mais bien des stratégies guerrières mie en œuvre pour conserver les biens mal acquis. Une machine emballée d’une idéologie mortifère… Non nous ne sommes pas « trop » sur terre, les seuls qui soient réellement surnuméraires sont les accapareurs, ceux qui trouvent normal de tuer, de torturer, d’affamer voir d’assoiffer, d’empoisonner par centaines de millions ceux qui ne sont plus depuis longtemps leurs semblables, le peuple des humains. Et que faire des toujours plus nombreuses machines à tuer que fabriquent en surnombre leurs industries de la mort. Entre les lignes, j’ai continué cette été mon approche d’un nazisme omniprésent qui n’a de néo que le nom, mais aussi de cette formation accélérée partout sur la planète des « machines de guerre »,tueurs et bourreaux d’origine humaine, selon les méthodes éprouvées et sans cesse affinées de l’Alliance Pentagone-Mossad-Nazis, une alliance qui à travers l’Ecole –militaire - des Amériques, par exemple, à permis le meurtre de centaines de milliers de souverainistes populaires latino-américains au siècle passé, une éradication qui reprend chaque jours de l’ampleur comme en témoigne chaque jours les dizaines de meurtres de militants du Mexique à la Terre de Feu….

Plus que jamais aussi se renforce ce constat, il n’est plus question ici ni d’origine ethnique, sociale ou culturelle, mais bien de cette volonté commune de vivre en bons voisins, dans le respect, une histoire de sensibilité, une histoire d’amour du prochain, ceux qui ne sont pas capables de vivre repus en bonne conscience tout en regardant avec mépris sur l’écran de la propagande les enfants des peuples « inférieurs » qui hurlent sous les bombes du génocide planétaire, prélude à la société de contrôle totale dont ils sont les pions, sacrifiables comme les autres mais tellement gavés de ce pseudo-élitisme induit qu’ils ne réalisent pas que demain cela pourrait être eux, et que ces étranges maladies dont pâtissent leur enfants, leurs petits enfants sont la conséquence directe de leur acceptation du pire pour les autres.

Soit, les classes moyennes, cet héritage du nazisme, n’ont pas le monopole de la connerie fascisante, elle est bien loin cette classe ouvrière digne, luttant pour les droits humains de manière organisée, et là, un nouveau lumpen a vu le jour, des profiteurs de bas étage, mais qui ne valent finalement pas mieux que les Profiteurs du sommet, ce sont les même pulsions, celles qui conduisent à « baiser la gueule » des autres pour s’approprier des biens mal-acquis.

Cela a été une dure leçon pour moi au cours de ces dernières années, une leçon que je partage avec beaucoup d’autres, celle qui nous dit que pour construire des alternatives qui tiennent la route, il faut se démarquer et exclure de nos projets ces petits profiteurs-saboteurs, qui n’hésitent pas à voler les plus pauvres pour satisfaire leurs compulsions addictives, de même que nous devons nous démarquer de ces associations aux beaux discours qui vivent dans l’illusion bien entretenue qu’il existe des solutions à la pauvreté au sein du système qui ne relèvent ni de la destruction des pauvres, ni de leur incarcération-esclavage, et de l’éternelle poursuite d’une Opération Condor qui vise à éradiquer – sans en avoir l’air – les créateurs d’alternatives.

Juste en passant, ce petit aperçu d’un été chaud… et petit clin d’œil à qui se reconnaîtra

A suivre

Anne

Ps… ceci dit ma petite caravane reste le logement le plus approprié à mes besoins que j’ai jamais eu parmi les centaines que j’ai expérimenté, mais si cela participe de la même lutte pour le droit au logement choisi, c’est une autre étape et je cherche toujours un endroit où la poser cet hiver, alors que je me concentre sur les moyens de la bonne vie par récupération, production et partage de savoir.

 

 

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Published by Anne Wolff - dans anne humeur du jour
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