16 avril 2014 3 16 /04 /avril /2014 14:18


 

 

 

En 1953 déjà, Allen W Dulles, cofondateur et futur directeur de la CIA, dans son livre « L’art du renseignement » exposait, s’en aucune gêne, la stratégie étasunienne face à leurs principaux ennemis d’alors, l’Union Soviétique :

« Les états Unis possèdent 50% des richesses du monde en ayant seulement 6% de sa population. Notre tâche consiste à maintenir cette disparité sans que ce soit au détriment de notre sécurité nationale… Pour y parvenir nous devons renoncer à des objectifs irréalistes comme les droits humains, l’amélioration des niveaux de vie et la démocratisation. 

Les États-Unis doivent imposer leur vision, leur style de vie et leurs intérêts particuliers au reste du monde… La littérature, le cinéma, le théâtre, devront exalter les plus bas sentiments humains… nous ferons incomber aux dits artistes, la tâche d’inculquer à la conscience humaine le culte du sexe, de la violence, du sadisme, de la trahison … et tous les types d’immoralité ». 

Nous sèmerons le chaos en URSS, sans que ce soit perceptible, nous substituerons à leurs valeurs de fausses valeurs et nous les obligerons à croire en elles. Nous trouverons nos alliés et coreligionnaires dans la Russie elle-même… Seuls quelques-uns seront assez judicieux pour comprendre ce qui leur arrive réellement… Notre principal appui sera la jeunesse. Nous la corromprons, nous la démoraliserons et nous la pervertirons. 

  L’objectif final de cette stratégie à l’échelle planétaire est d’éradiquer du terrain les idées d’alternatives à notre domination… obtenir que les victimes en viennent à comprendre et partager la logique de leurs bourreaux. »

 
Allen W Dulles

Celui-ci fait partie de quelques passages de mes dernières publications que j’avais envie de remettre en évidence et qui concerne la manière dont les « décideurs de Washington » entendent imposer au monde la suprématie de leurs intérêts et de leur sécurité au détriment des peuples.

Nous le constatons aujourd’hui, la haine de la Russie survit à la chute de l’URSS. Elle est constitutive de ce vieux fou de Brezinski - mais qu’est-ce qu’il fait encore là celui-là à nous pourrir la planète. Mais Dulles n’est pas mal non plus, j’ai chez moi un livre où il raconte les négociations secrètes qu’il a menées avec les généraux nazis pour négocier la reddition de l’Allemagne quand il est apparu que, « merde ! », les Russes étaient en train de fiche en l’air tous les beaux plans d’Europe fasciste concoctés par un groupe de Corporations. Le début d'une longue histoire qui sur divers terrains associera USA, Israèl et nazis dans la lutte contre le "communisme", jusqu'à nos jours avec une intensité menaçante ces temps-ci.

Il faut lire leurs textes pour comprendre leur vision du monde. C’est bien au-delà encore de la pourtant fertile imagination des complotistes qui inventent des extra-terrestres, si besoin est, solution ad-hoc aux solutions de continuité de la théorie du complot.  

Ce sont de "ces décideurs de Washington » eux-même qu’il faut apprendre, ce qu’ils veulent et comment ils entendent y parvenir. Et la sénilité aidant le vieux Brez nous en livre aussi quelques-unes, des clés de son délire. Là, il n’y a plus aucun doute possible. Ce sont des fanatiques, totalement irrationnels et absurdement rationalistes, niant la réalité quand elle ne leur convient pas, détruisant systématiquement tout ce qui s’oppose à leur conception de ce que devrait être le monde.

Des fanatiques dangereux, disposant d’une puissance inouïe et tout imbibés d’esprit d’Inquisition, les Inquisiteurs, ces grands pervers sadiques, qui ont transformé la planète en enfer pour ceux qui se trouvaient sur leur chemin. On en a toujours pas fini avec l’Inquisition, et ses pervers sadiques qui ne pensent qu’à punir l’humain en tant que tel, il serait temps pourtant ! Ils ne voient que le mal et du coup le fabrique, comme Dulles avoue sans gène qu'il s'attachera à le faire au cours des décennies qui suivront.

Un autre passage que je voulais mettre en évidence de ceux publiés ces jours derniers, est le suivant :

Compulsion vengeresse et férocité

Après une chasse à l’homme, ils sont capturés et enfermés dans un camp de prisonniers (…) où les (...) tentent de les priver de leur identité en les isolant, en les empêchant de dormir, en les exposant à des bruits assourdissants, (...) en leur faisant subir ou assister à une séance de waterboarding.

(…)j’ai vécu comme un animal. J’ai été encagoulé, battu, affamé,
dénudé et douché dans l’air froid de décembre jusqu’à l’hypothermie. À un moment, je ne pouvais plus parler parce que je tremblais si fort. Jeté dans une cage d’un mètre carré avec juste une boîte de café rouillée pour pisser dedans, j’ai été averti que le pire allait encore venir. J’ai été violemment interrogé à trois reprises.
Comme j’avais oublié mon numéro de prisonnier, j’ai été attaché à un chariot et forcé à regarder un codétenu subir une simulation de noyade à quelques centimètres de moi. Je n’oublierai jamais le son de ce jeune matelot suffocant, apparemment si proche de la mort, payant pour mon erreur. » En quelques jours, ce jeune lieutenant vit ses repères s’effondrer et crut réellement se
trouver dans une espèce de no man’s land où régnait l’arbitraire : « J’étais sûr que mes geôliers, qui portaient des uniformes de style soviétique et parlaient avec des accents slaves, iraient jusqu’au bout s’il le fallait. »
Un autre cadet de la US Air Force (…) subit le même traitement (…)
« J’ai été enfermé dans une très petite boîte. Comme j’étais un joueur de football à l’université, je leur ai dit de ne pas me mettre là-dedans car j’avais eu des opérations au genou et ce genre de choses. Ils m’y ont mis quand même. [...] Ils passaient en boucle un poème de Rudyard Kipling appelé Boots [...] qui pouvait vous rendre fou à l’entendre sans arrêt sur ces haut-parleurs. Ils passaient de la musique siamoise. Ils passaient une sonnerie de téléphone, ce genre de choses. Et pendant tout ce temps, ils ne vous laissaient pas vous asseoir sur le sol. Une fois dans la grande boîte, ils vous sortaient et vous mettait en position de stress. Ils vous mettaient à genoux sur un morceau de bois et vous faisaient tenir vos bras en l’air en même temps. Pendant tout ce temps, ils vous harcelaient. »

 Ceci ne sont pas des scènes de prisons secrètes, ce sont les techniques « enseignée » à l’École de survie de la US Air Force basée à Fairchild près de Spokane (Washington). Cette Académie fondée pendant la Guerre froide et baptisée SERE – pour Survival, Evasion, Resistance and Escape – est censée renforcer la résilience des soldats capturés par l’ennemi. Pendant plusieurs semaines, les jeunes cadets sont soumis à des situations de stress d’intensité croissante.

A l’École des Amériques, école militaire étasunienne, qui a formé les tortionnaires de l’Amérique Latine entre autres, le jeune cadet doit élever et prendre soin d’un animal familier. Puis il devra l’étrangler de ces propres mains et le manger. Dans l’école des Kaibils du Guatemala qui en est issue, et crée des soldats entièrement dévoués aux intérêts de Washington, les « étudiants » doivent manger de la chair vivante…

Les passages que j’ai reproduits ici sont extraits de Dérives de la psychologie américaine  un très long texte, mais qui vaut la peine d’être lu pour comprendre comment se forgent les méthodes d’une psychologie dont le but est le contrôle des comportements individuels et collectifs. Il nous parle du chemin de dégradation des consciences qui a été volontairement pratiqué pour mettre sous contrôle les populations de la planète.

Le dernier extrait, lui nous montre que ces méthodes évoquées ci-dessus sont en réalité des puissantes armes dans une guerre d’un genre nouveau qui implique la dégradation massive de l'intelligence, de la conscience et de la bienveillance Humaines.

 

La guerre de 4ème génération

 

La définition d’un modèle d’ingérence et d’intervention qui a été appliqué au monde à partir de la Seconde Guerre Mondiale pour déstabiliser les nations et faire tomber les gouvernements non affiliés aux intérêts des pays centraux (E.U. et Union Européenne) se radicalisa en 1989 quand depuis le Pentagone des officiers de l’Armée et l’Infanterie de Marine des USA produisirent un document intitulé « Le visage changeant de la guerre jusqu’à la quatrième génération ». A partir de là fut développée une théorie de la Guerre de Quatrième Génération associant le concept de Guerre Asymétrique à celui de « la lutte contre le terrorisme » que décrétera le gouvernement de George W. Bush.

En 1991, deux ans après ce premier document, le professeur Martin Van Creveld de l’Université Hébraïque de Jérusalem publia le livre « La transformation de la guerre » qui synthétise et complète la théorie de la guerre de Quatrième Génération. Dans ce modèle prévaut la substitution des bases militaires traditionnelles par d’autres cachées et des entrepôts ; Le contrôle de la population se fera non plus à travers une occupation militaire mais bien par un mélange de propagande et de terreur. Il prédit en plus la disparition des systèmes de combat traditionnels (armée contre armée) et sa transformation en conflit de basse intensité (également nommés Guerres Asymétriques).

Dans la Guerre de Quatrième Génération “Les tactiques et stratégies militaires sont remplacées par des tactiques et stratégies de contrôle social, au moyen de la manipulation de l’information et de l’action psychologique de manière à diriger le comportement social des masses. Les cibles ne sont pas physiques (comme dans l’ordre militaire traditionnel) mais psychologique et sociales. L’objectif ne vise plus la destruction d’éléments matériels (des militaires, soldats, infrastructures civiles, etc.) mais le contrôle du cerveau humain. Les grandes unités militaires (marine, aviation, tanks, sous-marins, etc.) sont remplacées par un grand appareil médiatique composé par les grandes rédactions et les studios de radio et télévision. Le bombardement militaire est remplacé par le bombardement médiatique. Les slogans et les images remplacent les bombes, les missiles et les projectiles du domaine militaire. L’objectif stratégique n’est alors plus la conquête et le contrôle des espaces physiques (populations et territoires, etc.) mais bien l’appropriation et contrôle du comportement social de masse.

La formule de la guerre de 4ème génération a été employée dans le monde entier dès avant sa formulation théorique (par exemple au Chili en 1973), mais au cours des dernières années et face aux échecs successifs de la méthode de la guerre conventionnelle pour occuper des pays (Irak, Afghanistan) cette forme d’intervention est devenue la forme préférée des interventions impériales. Elle a été utilisée contre l’Iran, la Syrie et la Lybie et dans notre Amérique Latine contre le Honduras, le Paraguay, la Bolivie, l’Equateur et le Venezuela avec des degrés de succès divers. 

 

Por Miguel Guaglianone  

Extrait de VENEZUELA/ De la “violencia civil” al terrorismo | ecopopular 


Ces trois extraits témoignent de théories et pratiques qui sont nées de l’échec de la  Campagne de Russie par l’Allemagne nazie, pourtant bien armée par les Corporations étasuniennes, les mêmes qui remettent cela aujourd’hui, alors que le pouvoir de décision du gouvernement étasunien est passé, petit à petit entièrement entre leur mains. Alors que depuis quelques années ils ont impulsés partout dans le monde un immense essor de fanatisme hitlérien… même des fanatiques musulmans, rappellent qu’Hitler était l’ami de leurs Imams. A faire le tour du monde de ce mouvement, il semble bien qu’à part les Juifs non Israéliens, les Tsiganes, les Russes et les mouvements sociaux de Souveraineté populaire, chacun puisse d’une manière ou d’une autre se proclamer ami d’Hitler. Des gamins de Kuala Lumpur, à ceux de Mexico dans un grand tour du monde de la renaissance nazie qui n’a de néo que le nom.

Des vieux fous pour des raisons historico-personnelles, émotionnelles, de frustration et de rage de l’échec à écraser la Russie, celle de Staline, comme celle de Poutine, sans commune mesure, nous conduisent vers notre destruction.

Je voulais ici, à travers quelques textes parmi d’autres, beaucoup, donner un aperçu de LEUR vision du monde. Et des actions néfastes de destructions des consciences, des cultures, des pays, des crimes innombrables qu’ils ont commis en toute « bonne conscience » pour parvenir à des fins qui leur sont propres et ont pour corollaire la haine de l’humanité, sa destruction morale ou physique.


La victoire de Kramatorsk

Les peuples qui se lèvent en Ukraine pour défendre leurs droits sont composés en grande partie d’antifascistes déterminés. A Kramatorsk, la junte U.S.-U.E. de Kiev a envoyé ses chars pour « écraser les terroristes, sans pitié ni merci ». Des femmes de Kramatorsk ont fait une chaîne humaine pour arrêter les chars, en expliquant aux soldats qui les conduisaient qu’elles n’était pas des terroristes, mais des simples femmes, mamans, travailleuses, ménagères qui défendaient leur droit et l’avenir de leurs enfants. Six de ces chars sont aujourd’hui à leur côté portent le drapeau russe.

Respect pour ces femmes dont le combat et aussi le mien.


Et respect pour Poutine dont je ne sais toujours pas à terme s’il est mon ennemi ou mon ami, mais dont je sais qu’aujourd’hui, qu'il est sur la scène international celui qui incarne la rationalité, l’intelligence et la mesure face à des fous dangereux et compulsifs qui n’ont d’autres objectifs que de plonger la planète à feu et à sang pour se l’approprier pendant que les pauvres à leur instigation s’entre-tuent et qu’ils dégradent et pervertissent les consciences humaines pour mieux les contrôler.


Anne W

 

 

 

 

 

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Published by Anne Wolff - dans Amie de la tendresse
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Gilles Deleuze, février 1977.

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