25 juin 2011 6 25 /06 /juin /2011 20:04

 

3333546015_1c4aa30627.jpg

Mes propos n'engagent que moi, ils sont l'écho de paroles partagées

 

Dans le texte précédent, j’ai donc mis en évidence ce qui me semble être non seulement  la question commune des Indignés et qui est une question partagée par une bonne partie de la population.

Comment s"approprier le pouvoir de décision dans les enjeux qui nous concernent ?

 

2881773437_16c5b7fb45.jpg


Deux approches complémentaires pour répondre à cette question.

Une approche globale qui établit la distribution des centres de décisions sur la planète. Là-dessus déjà nous ne sommes plus d’accord. Mais est-il nécessaire d’être tout à fait d‘accord quant à l’approche globale pour avoir sur le terrain une action locale concertée et fructueuse ?

 

2534435690_5e40b1d694.jpg


Je ne pense pas. S’il existe, au sein des indignés, des courants de pensée, des familles, et aussi des que personnes appartenant à des mouvements de la politique et qui sont là pour noyauter,  si cela crée indubitablement des affinités sélectives et des oppositions parfois farouches, cela ne résume pas le tout de ce pouvoir catalyseur  des assemblées et des lieux investis, zones autonomes temporaires, champs d’expérimentation du pouvoir de décision collectif. Que certains appellent cela « démocratie réelle », que d’autres veuillent en venir à un autre concept pour désigner la chose, ce qui compte ici, c’est le phénomène en devenir dans sa pleine manifestation avec tous les processus qui le composent et non les étiquettes qu’on lui colle pour l’exprimer.

 

34719570_5806184215_m.jpg


Toute étiquette à ce stade-ci ne peut être que réductrice et vouée à canaliser un phénomène qui doit pouvoir évoluer dans sa libre spontanéité. Nous ne sommes plus dans le monde des canaux  aux tracés dictés par la nécessité mais dans celui des rivières et des fleuves dont les parcours se déterminent selon un principe de contingence (alliance du besoin – rejoindre la mer -  et des possibles - par quel chemin).

 

2091725586_00bc4d44ab.jpg


Autoorganisation est un mot clé. Autodétermination en est un autre. Or c’est deux notions se retrouvent toujours dans un contexte spécifique – historique et géopolitique – qui constitue une limitation des possibles. Le principe de la « table rase » est une fiction, une expérience de penser. Appliqué dans la réalité elle implique toujours l’annihilation des courants divergents, de l’élimination physique des opposants à toutes les formes de censures et moyens de les faire appliquer.

 

690622795_9281cae495.jpg


Et c’est une des contrainte que rencontre les Indignés : si nous tenons des assemblées populaires nous ne sommes pas Le Peuple, nous somme coexistant d’un peuple que nos principes nous interdisent de contraindre de quelque manière que ce soit à penser comme nous (qui ne pensons déjà pas tous de la même  façon). Nous sommes pourtant en droit d’avoir envie de le convaincre que notre souci relève de l’Intérêt Général (pris comme intérêt de ceux qui  ont le souci du Bien Commun), et celui de faire partager  ce sentiment d’urgence que partage déjà la plupart d’entre nous.

 

3547331720_37623cbb2b.jpg


Bref il ne s’agit pas de mettre un peu de mercurochrome sur un membre gangréné. Mon intime conviction est que nos manières actuelles d’habiter la planète nous conduisent droit dans le mur. Le modèle occidental est non seulement insoutenable dans ces manières de piller et de consommer, de dégrader les ressources de toute la planète, il est inacceptable dans sa volonté de s’imposer comme modèle universel auquel tous sont censé se rallier, officiellement de fait mais dans la réalité nous pouvons constater qu’il s’impose principalement par la force et l’assassinat des opposants les plus influents.

 

23861381.jpg


Il s’agit donc d’inventer ensemble de nouvelles manières d’habiter la planète.

(à suivre)

 

101285510_a3fde75326.jpg

 

Ensemble

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Anne Wolff - dans Refondation
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Le blog de Anne Wolff
  • Le blog de Anne Wolff
  • : Comprendre la globalisation, apprendre à y résister
  • Contact

Profil

  • Anne Wolff
  • Amoureuse de la vie, d'une fleur, d'un papillon, d'un arbre, du sourire d'un enfant, je m'oppose à tout ce qui conduit à la destruction systématique de ce que la nature a créé, de la vie, de la beauté du monde, de la tendresse et de la dignité
  • Amoureuse de la vie, d'une fleur, d'un papillon, d'un arbre, du sourire d'un enfant, je m'oppose à tout ce qui conduit à la destruction systématique de ce que la nature a créé, de la vie, de la beauté du monde, de la tendresse et de la dignité

No Pub

Malgré les publicités imposées dans sa nouvelles versions qui apparaissent sur ce blog,celui-ci reste un acte gratuit.

Recherche

Nouvelles formes du fascisme

"Le vieux fascisme si actuel et puissant qu’il soit dans beaucoup de pays, n’est pas le nouveau problème actuel. On nous prépare d’autres fascismes. Tout un néo-fascisme s’installe par rapport auquel l’ancien fascisme fait figure de folklore […].

Au lieu d’être une politique et une économie de guerre, le néo-fascisme est une entente mondiale pour la sécurité, pour la gestion d’une « paix » non moins terrible, avec organisation concertée de toutes les petites peurs, de toutes les petites angoisses qui font de nous autant de microfascistes, chargés d’étouffer chaque chose, chaque visage, chaque parole un peu forte, dans sa rue, son quartier, sa salle de cinéma."

 

Gilles Deleuze, février 1977.

Archives