6 novembre 2013 3 06 /11 /novembre /2013 00:06

 

Je vous ferai dorénavant quelques revues de presse non exhaustives pour rendre compte de l’ambiance de répression et de terreur qui règne au Honduras, pays qui connaît aujourd’hui le taux le plus élevé de criminalité au monde, 20 personnes y sont assassinée chaque jour, et certaines d’entre elles le sont par les Forces de l’Ordre du pays ou des tueurs à gage à la solde de l’oligarchie.

Le 31 octobre, Eva Corina Gomez, une jeune femme de 24 ans, défenseuse des droits du peuple Lenca face au projet de barrage de la société chinoise SINHYDRO, de la région du Rio Blanco, a été retrouvée morte.

Le premier novembre, des militaires ont fait irruption lors de l’inhumation d’Eva, sans aucun mandat, dans la maison d’une autre militante Ceferina Sanchez Garcia, et dans quatre autres maisons,  dans lesquelles il y avait seulement des enfants, qu’ils ont menacé de leurs armes exigeant que leur soient donné des informations sur le lieux où se trouvaient certains membres de la COPINH, le mouvement de lutte paysanne indigène.

Rappelons qu’au Honduras, de nombreux enfants vivent terrorisés par ce genre d’incursion ou d’avoir été témoins de mauvais traitements, de crime, de torture, quand ils n’en sont pas les victimes et qu’ils se mettent à trembler ou courent se cacher à la seule vue d’un uniforme.

Ce même jour dans le département de Gracias a Dios, dans la communauté de Samaria, de la municipalité de Brus Laguna plus de 7O militaires, arrivant en barques ou en hélicoptères et commandés par le Colonel Alforo Escalante, chef de l’opération Xatruch, ont débarqués dans la maison de Osbin Nahum Caballero.

Selon des témoignages, la semaine précédente des militaires étaient déjà venu dans cette localité, pénétrant dans plusieurs maisons, ils avaient fait subir mauvais traitements ou des tortures à certains habitants sous prétexte de leur faire avouer où il y avait des narcotrafiquants.

Le 26 octobre, le commandant de la Force Xatruch  dans des déclaration à la radio locale signale qu’un supposé sicaire connu seulement sous le nom de Caballero qui a été dénoncé par les familles des victimes se serait réfugié dans l’établissement paysan de la Confianza, et que les habitants par peur ne l’auraient pas livré à la police,. Pour la mère de Osbin,  María Digna Santamaría Montoya , il est évident que cela fait référence à son fils puisqu’elle réside à la Coopérative la Confianza, dit elle devant la Court Suprême de Justice alors qu’elle y porte plainte et introduit un recours en Habeas Corpus pour les 6 disparus..

Voici le témoignage de la Maman d’Osbin qui est membre du Mouvement Paysan Unifié de l’Aguan (MUCA sigle en espagnol).

Le 30 octobre 2013, à 8 heures du matin, la maison de Osbin Nahum Caballero, fut assaillie par un peloton de 80 militaires qui sont arrivés en barques ou par hélicoptères. Les hommes en uniformes sont entrés de manière violente dans la maison de Osbin, ils s’emparèrent de son épouse Rosa Florinda Avarenga Lara et la traînèrent pour la sortir de la maison. Face à cette action violente, son fils accourut à son secours, les militèrent tirèrent sur lui quatre fois.

A 8h30 Maria Santander à reçu un coup de téléphone de sa belle-fille, Alvarenga Lara, qui l’a informée de l’arrivée des militaires et de ce qu’ils avaient tiré sur son mari, Osbin, qu’il serait mort  et que son corps a été embarqué dans un des hélicoptères des militaires.

Quand les militaires ont débarqué, en plus de Osbin et de sa femmes se trouvaient dans la maison leurs deux petites filles Keylin Noeli Caballero Pérez âgée de 6 ans et Mesly Rosibel Caballero Alvarenga de deux ans et demi, ainsi que deux frêres Javier Castillo y Justo Castillo d’une vingtaine d’année. Tous, sauf Osbin dont le corps avait été emmené, se trouvaient au moment de l’appel téléphonique sous la surveillance des militaires.

Depuis ce coup de téléphone, malgré les recherches anxieuses menées par Maria Santander appel, elle n’a aucune nouvelle d’aucun d’entre eux. Aucun des corps de police ou de justice concernés n’a pu ou voulu lui donner la moindre information.

De tels événements font partie du quotidien hondurien, l’arbitraire y préside et fait que chacun homme ou femme, enfant, jeune, résistant ou non peut en être victime à chaque instant. C’est une des règle de base du terrorisme, que de plonger chacun dans un état de peur permanente parce qu’il peut frapper n’importe qui à tout moment et les enfants eux-mêmes ne sont pas épargnés.

Anne Wolff

 

Articles sources en espagnol

www.movimientomuca.blogspot.com

HONDURAS TIERRA LIBRE: HONDURAS: Militares desaparecen a familia en la Mosquitia

HONDURAS TIERRA LIBRE: HONDURAS: Comunicado a La Comunidad Nacional e Internacional. ALERTA, ALERTA!!!!! 

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Présentation

  • : Le blog de Anne Wolff
  • Le blog de Anne Wolff
  • : Comprendre la globalisation, apprendre à y résister
  • Contact

Profil

  • Anne Wolff
  • Amoureuse de la vie, d'une fleur, d'un papillon, d'un arbre, du sourire d'un enfant, je m'oppose à tout ce qui conduit à la destruction systématique de ce que la nature a créé, de la vie, de la beauté du monde, de la tendresse et de la dignité
  • Amoureuse de la vie, d'une fleur, d'un papillon, d'un arbre, du sourire d'un enfant, je m'oppose à tout ce qui conduit à la destruction systématique de ce que la nature a créé, de la vie, de la beauté du monde, de la tendresse et de la dignité

No Pub

Malgré les publicités imposées dans sa nouvelles versions qui apparaissent sur ce blog,celui-ci reste un acte gratuit.

Recherche

Nouvelles formes du fascisme

"Le vieux fascisme si actuel et puissant qu’il soit dans beaucoup de pays, n’est pas le nouveau problème actuel. On nous prépare d’autres fascismes. Tout un néo-fascisme s’installe par rapport auquel l’ancien fascisme fait figure de folklore […].

Au lieu d’être une politique et une économie de guerre, le néo-fascisme est une entente mondiale pour la sécurité, pour la gestion d’une « paix » non moins terrible, avec organisation concertée de toutes les petites peurs, de toutes les petites angoisses qui font de nous autant de microfascistes, chargés d’étouffer chaque chose, chaque visage, chaque parole un peu forte, dans sa rue, son quartier, sa salle de cinéma."

 

Gilles Deleuze, février 1977.

Archives