16 juin 2012 6 16 /06 /juin /2012 14:10

 

Le premier d'une série de textes qui concernent la convocation d'une assemblée constituante au Honduras, depuis son introduction avant le coup d'état militaire qui visait à epêcher sa tenue et à maintenirle contrôle du pays entre les mains d'une oligarchie à la solde des USA jusqu'à nos jours où cette constituante reste au coeur des mibilisations et des exigences du peuple du Honduras. Au-delà de ce que ceprocessus nous apprend et qui concerne l'histoire du Peuple du Honduras, il y a beaucoup d'enseignements à retirer pour nous ici de cette lutte opiniâtre d'un peuple parti à la conquête de la démocratie directe et de l'équité.

 

 

Salvador Zúniga est un des leader du mouvement indigène que nous aurons l'occasion de retrouver par la suite, entre autre par ses positions concernant les élections à venir, dans ce texte écrit en mars 2009 nous prenons la mesure de la situation et du risque pressenti d'un coup d'état à venir avec son cortège de sang et de larmes,

 

Une constituante pour la refondation du Honduras.

Par Salvador Zúniga, Miembro del COPINH.

 

   le 23 mars 2009

Ces derniers jours dans le débat national un des principaux thèmes de discussion est la consultation de la population avec la proposition de ce que soit approuvée ou désapprouvée l’installation d’une quatrième urne, par laquelle le peuple déciderait si doit ou non être convoquée une assemblée nationale constituante, pour la proclamation d’une nouvelle constitution politique.

Les représentants politiques ou membres des groupes de pouvoir, les mêmes qui ont promu la violation de la constitution de la République quand ils permirent à un citoyen de Panama de devenir président du Honduras, les même qui confièrent la souveraineté du Honduras à des armées étrangères, comme celle de la contre-révolution au Nicaragua, l’armée salvadorienne et à l’armée gringa, les mêmes qui ont joué avec la constitution pour habiliter ou récuser certains candidats à la présidence,

ceux qui enlèvent ou ajoutent des articles inamovibles (dans le constitution, la cause officielle du coup d’état étant que Zelaya voulait appeler une constituante qui toucherait à ces articles « bétonnés »  NdT) selon les besoins de leurs mesquins intérêts, aujourd’hui se déchirent les vêtements à grands cris et annoncent une mobilisation de défense de la constitution dont eux-mêmes ont violé les institution quand cela les arrangeaient. La constitution devrait appartenir au peuple, mais eux, se l’a sont arrogée comme leur propriété personnelle, faisant preuve  d’un énorme cynisme quand ils disent défendre la constitution de la république alors que, les mêmes,  quand ceux qui sont au  pouvoir la violèrent  se sont tus ou ont fait l’éloge  de telles violations, comme le ministère public, celui-là même qui se cacha les yeux face aux plus terribles actes de corruption comme dans les cas  pour lesquels les procédures (se han engavetado y siguen engavetados -suggestion de traduction bienvenue )

Dans ces actes ce sont les puissants qui sont impliqués, ce même ministère public qui contribue à l’impunité et pas seulement en ce qui concerne la corruption mais aussi pour les violations des droits humains, et que dire du grand éléphant blanc nommé Commission des Droits Humains qui se tait face aux actes de violation de ces droits comme les constants féminicides qui se produisent dans notre patrie chérie. Commission  qui aujourd’hui joue les porte-parole des groupes de pouvoir dans lesquels on retrouve d’anciens auteurs de coups d’état, les corrompus qui ont séquestré ce pays dans lequel 80 % de la population vit dans la pauvreté et 60 % dans l’extrême-pauvreté., dans ce pays où 800 000 petites filles et petits garçons non pas la possibilité de poursuivre leurs étude jusqu’au troisième cycle, dans ce pays où des milliers de jeunes filles exercent la prostitution dans les rues, dans ce pays ou les groupes fantoches depuis leurs luxueuses villa élisent les membres de la cours suprême de justice, les membres du ministère public, la nomination de ceux qui participeront à la commission des droits humains et comment seront réparties les administrations publiques en fonction de leur intérêts.

La consultation ne portera pas ombrage aux institutions ou personnes démocrates qui croient vraiment que la démocratie signifie que le peuple a tout le droit d’être consulté à ce sujet et à d’autres d’intérêt général ; le principe de toute démocratie est que la souveraineté réside dans le peuple et que de lui émane tous les pouvoirs.

Si le porte-parole de la commission,  le ministère public, les candidats à la présidentielle, les médias (moyens) de manipulations massives et tous ceux qui s’arrachent les vêtements en bon pharisiens avaient un minimum de vocation démocratique, ils ne s’opposeraient pas à la consultation, mais soutiendraient le peuple dans ce grand geste pour le refondation du Honduras.

Indépendamment de qui convoque à l’installation d’une nouvelle assemblée nationale constituante, nous devons profiter de la conjoncture pour impulser un mouvement pour la refondation du Honduras, être prêts non seulement à voter le SI à la quatrième urne mais aussi à voter un SI à la convocation d’une nouvelle assemblée nationale constituante [i],  et à participer aux élections le cas échéant avec des candidats et candidates à  devenir députés constituants dans tous les départements du pays

et contribuer à une la nouvelle constitution politique de la république par laquelle  le pays sera constitué comme un pays multilingue qui reconnait comme officielles les langues indigènes, le Toll, le Pech, le Garifune et les autres, dans laquelle soit promulgué la distribution équitable des ressources naturelles, dans laquelle se reconnaisse le droit à l’avortement thérapeutique ou pour des viol, dans laquelle se mette sur pied l’armée de la démocratie directe, dans laquelle se restaure la souveraineté nationale ordonnant le démantèlement des bases militaires étrangères, dans laquelle soit clairement établie l’égalité des sexes et que s’arrête la violence et les discrimination contre les femmes, dans laquelle soient expropriée la richesse des corrompus qui durant des années ont jouit de l’impunité,. Une nouvelle constitution qui garantisse le fonctionnement transparent des organismes qui rendent la justice afin de garantir une véritable administration de justice, une constitution qui garantissent la liberté d’expression à partir de moyens de communication qui soient indépendants et pas les comparses de groupes de pouvoir aui font de gros négoces en vendant de la publicité avec son rôle de manipulation des consciences.

La nouvelle constituante ne doit pas être un projet personnel autour d’un « caudillo », la nouvelle constituante doit être le projet du peuple du Honduras pour la construction d’une véritable institution démocratique qui en finisse avec ce désordre de manipulation, de mensonges, d’inégalités sociales, de discrimination, de violence, d’impunité et de corruption dans laquelle les puissants se jouent jour après jour de notre peuple qui chaque fois perd d’avantage l’espoir en tout et en tous.

L’opportunité, c’est maintenant, il faut agir rapidement, si nous y manquons maintenant  dans la suite viendront certainement des temps de troubles dans lesquels nous payeront un grand quota de sang pour que l’émancipation, de toute façon,  advienne.

La conjoncture est propice, ceci déjà à eu lieu au Venezuela, en Equateur, en Bolivie. Au Honduras, la terre de Lempira Morazon, de Cabanas, de Visitacion Padilla et autres patriotes aussi cela aussi se peut, il faut avancer sans peur, et avec toute notre volonté, si nous ne le faisons pas, l’histoire nous jugera.

 

 



[i] Rappelons le processus ultra démocratique  prévu pour décider ou non de la convocation d'une assemblée constituante avant le coup d’état.

Le 28 juin, jour où le coup d’état a eu lieu devait se dérouler une consultation populaire (non contraignante) pour savoir si lors des élections  d’octobre présidentielles, législatives et régionales, il faillait, ou non,  adjoindre une quatrième urne. La quatrième urne devait servir à un référendum – contraignant cette fois – pour permettre au peuple de se prononcer en faveur, ou non, de la convocation d’une assemblée constituante.

Mais le 28 juin au matin, l’armée a enlevé le président et la conduit hors du pays (sous la menace des armes et en pyjama).

Des tas de mensonges ont circulés ici, l'un d'eux était que Zelaya voulait surtout faire sauter l’article betonné de la constitution qui interdit au président d’exercer deux mandats pour se faire réelire. Or l’agenda prouve que cela relève de la plus pure intoxication, puisque le referendum devait avoir lieu lors des élections présidentielles auxquelles il ne pouvait – en vertu de la constitution de mise – en aucun cas se représenter.

 

Source origninelleen Espagnol : Por: salvador zúniga, miembro del copinh. | COPINH | Consejo Civico de Organizaciones Populares e Indígenas de Honduras

Traduction Anne Wolff

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Gilles Deleuze, février 1977.

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