26 novembre 2013 2 26 /11 /novembre /2013 16:26

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 Voici un texte qui a été écrit deux jours avant les élections au Honduras. Ce texte non seulement anticipe la fraude qui s’est produite mais aborde aussi la suite du scénario, celui que nous sommes nombreux à redouter, une liquidation discrète mais radicale de la résistance alors que les yeux de l’opinion publique, se seront détournés de la scène Honduras. Une bonne raison pour continuer à relayer ce qui s’y passe, et les exactions de cette nouvelle prolongation du régime putschiste - en plus violent encore, plus radicalement acquis aux Corporations et plus fasciste que celui de Pepe Lobo. Sans oublier les leçons à tirer pour tous ceux qui affrontent les corporations, les mêmes, en tous lieux de la planète.

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Délégation internationale de surveillance des élections arrêtée par les militaiires

 

 

JJ Rendon, la droite fasciste et la fraude annoncée

22 novembre par OFRANEH

Depuis le coup d’état de 2009, le Honduras est entré dans une spirale ascendante de calamités, qui semblent dirigée dans le sens d’un renforcement de l’état failli induit[i], sans que ce soit produit aucun effort pour renforcer l’état de droit dans le pays, alors que tant la militarisation que la construction de bases de forces étrangères continuent de se renforcer[ii].

Le scénario électoral s’est tendu face au manque de contenance du parti du gouvernement, lequel s’est auto proclamé vainqueur depuis des semaines avant les élections. Lobo (président en fonction) assurait le 23 octobre « nous savons déjà qui va gagner »[iii], donnant à entendre sa capacité de prédiction surpassait celles des sondages, lesquels ont sanctionné durant des mois le Parti National et ses candidats, éclaboussés par le désastre économique, la violence régnante et la cession éhontée de la souveraineté nationale.

Derrière la campagne de Juan Orlando Hernandez – actuel président du Congrès National – on trouve le maître de la diffamation et des campagnes pourries en Amérique Latine, le vénézuélien JJ Rendon, lequel fut partie prenante la campagne de Pepe Lobo lors des élections controversées de l’année 2009. Le conseiller est supposé avoir obtenu le triomphe de 23 candidats présidentiels sur le continent, dans leur majorité des figures associés à l’extrême-droite.

JJ Rendon est l’artisan de sa néfaste réputation, alimentée de forme permanente par la controverse et le scandale, se complaisant à enfler son énorme ego. Il suffit d’écouter l’air de Napoleon Bravo intitulée « c’est la faute à JJ [iv]» dans laquelle il semble que de manière à peine voilée il lance sa propre campagne pour se convertir en vice-président du Venezuela[v].

Son expertise en “Manipulation de crises de l’opinion publique et clinique de la rumeur” a été d’une énorme utilité pour des politiciens de la droite fasciste latino-américaine depuis Peña Nieto, en passant par Juan Jose Santos, jusqu’à ce paltoquet de Capriles. En récompense, pour ’avoir été le timonier de la campagne de Lobo en 2009, l’actuel « mandataire » lui octroya en janvier 2011 une « médaille d’honneur du mérite[vi] » pour son apport en faveur de la démocratie en Amérique Latine.

Au début du mois de novembre, Rendon est arrivé signalant que la “Démocratie en Amérique latine est en péril », affirmation promue depuis son séminaire « le Pouvoir de Uno[vii] ». En tout cas il semble bien être un expert de la rumeur, il dispose d’une énorme capacité à modifier l’histoire, et est convaincu de sa version de la démocratie en tant que gouvernement des minorités autocratiques, tendance promue par la droite fasciste, chargée de piller le continent au service du capital et de puissances étrangères.

Au Honduras, l’actuelle administration gouvernementale a servi de fer de lance à la droite fasciste latino américaine, en mettant en pratique un néo libéralisme à outrance, créant un cadre juridique pour la cession du pays par fractions, en plus d’avoir sapé l’indépendance des pouvoirs et permis un échec total en matière de sécurité comme excuse pour accroître la militarisation du pays.

La récente création de la Police Militaire et de l’Ordre Publique (PMOP) et son usage dans la campagne politique de Juan Orlando Hernandez, démontre une fois de plus la tendance au recours à la matraque, instrument de dissuasion face à la crise économique et politique à laquelle les putschistes ont soumis le Honduras. Le binôme Lobo-Hernandez s’est fait remarquer par son attachement aux mandants impériaux en plus d’avoir remis aux enchères le Honduras aux libertariens de l’extrême-droite étasunienne.

En Amérique, les processus électoraux ce sont convertis en une simple opération de marketing. Le 15 septembre dernier a eu lieu à San Pedro Sula, un symposium intitulé « 11ème Conférence Latino-Américaine de Marketing Politique ». A cet événement participait l’assistant de JJ Rendon, Mr Luis David Duque. Celui lança un avertissement à l’auditoire « d’y aller mollo avec la fraude et avec les gens qui désirent une insurrection après les élections »

Les leaders nationalistes et les fonctionnaires de l’état sont avertis de manière très claire du risque d’une prétendue insurrection comme réponse à la fraude annoncée. Il suffit de se rappeler les accusations lancées entre nationalistes lors des dernières élections internes quand la manipulation de données de la part de l’entourage de l’actuel président du Congrès, créèrent un chaos qui servit de terrain d’essai pour les élections du 24 novembre prochain.

Faisant partie de la stratégie des rumeurs qui est employée dans la bataille électorale, les nationalistes, en plus d’annoncer une victoire assurée avant l’heure, persistent à avertir d’une prétendue insurrection des réfractaires à la dictature civile imposée au pays depuis 2009. Depuis le Plan Stratégique de Sécurité et d’Urgence et leur cellule de crise, jusqu’à un Plan d’Urgence de l’Hôpital Ecole sont les indicateurs d’une répression et d’un massacre annoncés.

JJ Rendon possède une énorme expérience en matière de crises post-électorales. Son « expertise » culmine avec la manipulation   au Mexique des convulsions sociales par laquelle Peña Nieto apparut comme « vainqueur », jusqu’au appel au déchaînement et à l’insurrection contre le gouvernement de Maduro lors de victoire électorale des chavistes que le paltoquet Capriles ne prétendait pas reconnaître.

Dans le cas du Honduras, la participation massive du peuple à l’élection et son acharnement pour défendre ses droits, scellera la fin du chapitre de la destruction de la souveraineté nationale, tellement méprisée par les prétendus nationalistes.

La droite fasciste d’Amérique Latine, à travers son porte-parole, JJ Rendon crie que la démocratie est en danger[viii]. Malheureusement la démocratie à laquelle se réfère le roi de la rumeur, n’est en l’occurrence pas celle du peuple, mais bien celle des minorités qui ont pillé le continent et n’ont pas hésité à violer les droits humains pour parvenir à conserver leurs prérogatives de pouvoir.

Ce dimanche, pour la Droite Fasciste est en jeu une pièce clé de la carte latino-américaine, la fraude et la répression semblent être les consignes, cependant dans une véritable démocratie, c’est le peuple qui décide. Mais le dernier mot comme nous y avons été habitués jusqu’ici revient à l’empire, celui qui nous a habitué à ses manipulations de notre continent au gré de ses caprices et intérêts.

Fait à Sambo Creek le 22 novembre 2013

Organisation fraternelle noire du Honduras, OFRANEH

Traduction Anne Wolff

Source originale en Espagnol :

OFRANEH | Federación del pueblo garifuna de Honduras

JJ Rendon, la derecha fascista y el fraude anunciado. 

 



[i] L’état failli fait partie des raisons auto proclamées par ceux qui  dirigent « Washington » pour pratiquer une intervention militaire dans un pays donné, au nom de la protection de leurs intérêts et de leur sécurité. A diverses reprises durant son mandat le régime de Profirio Lobi a ainsi frôlé le gouffre faisant redouter dans le pays un coup d’état plus dur encore que le précédent au sein du régime qui en était issu mais ne faisait pas assez diligence aux yeux de ses sponsors pour mettre en place les mécanismes de la cession du pays aux intérêts privés et transnationaux. NdT

[ii] Au moment du coup d’état de 2009 Manuel Zelaya s’apprêtait à expulser les Forces armées US de la base de Palmerola et à transformer cette dernière en aéroport public pour voyageurs. Palmerola est à présent une des, sinon la plus, grande base US en Amérique Centrale.

[vii] Uno ? Peut être en relation avec le parti UnoAmerica fondé par l’ancien président de Colombie Uribe et qui ramasse tout ce que la région compte d’extrême-droite dure, militaire ou non.

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Gilles Deleuze, février 1977.

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