8 février 2014 6 08 /02 /février /2014 15:17

 

Ce sujet me met un peu trop en rage pour que je puisse m’exprimer sans un débordement d’émotion qui ne serait pas propice alors que trop de confusion règne déjà. Et ce n’est pas le moment pour moi, dans une situation un peu trop précaire de fuite en avant, d’approfondir l’origine de ces émotions et d’autres, de voir quel point elles touchent en moi qui réveillent cette colère de petite fille qui dit : NON ! Qu’on laisse les gamins grandir en paix, découvrir la sexualité en temps et heure sans leur dire à l’avance ce qu’ils sont sensés découvrir ou percevoir. Ce dont il est question, c’est bien d’en faire des cobayes sans aucune garantie qu’ils ne sortiront pas complétement déstabilisés à vie par le traumatisme, comme ce fut le cas pour de nombreuses expériences « pilotes » du style…. S’il faut éduquer que l’on éduque les adultes en commençant par revoir tous les aspects des médias qui véhiculent les stéréotypes de femelles idiotes qui ont pour plus grande vertu leur capacité à séduire les mâles dont la capture leur conférera un statut social…

 

En résumé, hommes et femmes nous ne sommes pas pareils, mais bien différents et complémentaires. Et si je mène un combat, c’est bien celui du respect de cette différence sans cette hiérarchisation de valeur qui a vu naître la société industrielle dans une apologie des valeurs masculines dont témoignent les nombreuses métaphores de viol et domination de la nature féminine de la Terre qui l’accompagne.

Et si certains doivent être éduqués à ce sujet, ce ne sont pas les enfants mais bien les adultes qui ont permis tout autant que la régression des dit « droits sociaux et du travail », la régression des conquêtes des femmes sur la minorisation que consistait l’introduction du Code Napoléon (post révolution…) calqué sur le droit romain qui consacre la domination du pater familias. Dans les années 70, des femmes avaient reconquis ce territoire juridique, alors que la contraception permettait aux filles une sexualité libre sans crainte de se retrouver enceinte, ce qui constituait un déséquilibre majeur, une prise de risque non partagée. Pourquoi une telle régression dans les comportements depuis cette époque où il semblait que le machisme et le féminisme réducteurs vivaient leurs derniers feux d’artifice ? Qu'enfin une complémentarité épanouie ferait place à ces éternels reproches si typique du couple féministe-machiste...

La réponse est principalement culturelle. Et c’est bien à cette culture ambiante qu’il faudrait s’attaquer plutôt qu’à pervertir des enfants. Une grande opération d’éducation permanente qui entre femmes, entre hommes et ensemble poserait les bonnes questions sur cette dérive des acquis en matière de respect réciproque des irréductible différences entre hommes et femmes, qui n’empêchent pas les uns et les autres d’exercer avec bonheur des taches traditionnellement réservées à l’autre sexe.

Et merci à Philippe Bilger, je ne partage pas absolulent tout mais ce texte pose les bonnes questions.

 

A lire également pour comprendre mieux les origines de ma colère Jacques Attali: Vers l’humanité unisexe | Slate

Contre le RNH ! redressement de la nature humaine
Philippe Bilger  

Cela a commencé avec le mariage pour tous. On pouvait penser que le mimétisme européen avait joué avec un engagement présidentiel à l’évidence plus facile à tenir que l’inversion de la courbe du chômage. 

Cela a continué avec l’affaire Dieudonné et les injonctions du ministre de l’Intérieur qui dépassaient, et de très loin, le cadre de sa mission pourtant si difficile à assumer quand on constate les piètres résultats de la lutte contre l’insécurité en 2013. Ce n’était pas à lui d’intimider les spectateurs des représentations de Dieudonné en leur faisant la morale et en les stigmatisant quasiment. Devaient-ils demander à Manuel Valls la permission de sortir le soir ?

Cela dure avec la conception de la justice socialiste qui, fuyant le réel et ses incommodités, rêve de l’avenir, fantasme sur le futur et élabore ses projets, qui le demeurent, pour un peuple imaginaire merveilleusement à l’écoute et détaché des misères humaines, des tragédies causées par les crimes et les délits.
Cela s’aggrave avec la théorie du genre et, même si les démentis des ministres sont sincères, il y a une aspiration de ceux qui nous gouvernent à faire de l’école et de l’enseignement tout autre chose que ce qu’ils devraient être. Apprendre, lire, écrire, calculer, s’imprégner de notre Histoire de France, se former à la passion des grands auteurs et de la littérature, apprivoiser les langues étrangères, autant d’objectifs et d’ambitions qui, pour être d’une heureuse banalité, sont aujourd’hui peu ou prou relégués au profit d’une éducation même plus civique mais bouleversante, destinée à constituer les établissements pour des lieux d’expérimentation et d’indifférenciation des sexes.
Dans 600 écoles de dix académies, si on n’apprend pas aux garçons à devenir des filles, les nouveaux ABCD de l’éducation, de la grande section de maternelle au CM2, s’assignent pour but de lutter contre les stéréotypes filles-garçons. “Nous voulons tout de même qu’il y ait égalité entre les hommes et les femmes au sein de la société, dans le choix d’un métier”, a déclaré Vincent Peillon (Le Parisien).
Soit, mais si une telle ambition est légitime, incombe-t-il à l’école de superposer sans cesse à ses missions fondamentales de plus en plus négligées des prises de conscience et des ateliers vecteurs d’une bouillie éthique et sociale difficilement assimilable ? L’enseignement est-il voué à diffuser une certaine conception de la morale qui se résume peu ou prou à un féminisme même plus raisonnable ? Serait-il absurde de laisser aux parents, aux familles, aux vies amoureuses et à l’influence aussi bien forte que subtile des hommes et des femmes dans leurs relations quotidiennes, la charge, l’honneur de se faire progresser, d’avancer en lucidité, en égalité ? La vie privée du président serait sacrée mais les intrusions dans notre sphère d’existence tolérables ? Est-il normal de poser la main de l’Etat, sa volonté orientée, son idéologie plus sectaire – une seule vision, toujours, de l’humain, de sa liberté, de sa responsabilité – qu’équitable, sur un monde qui appelle d’autres démarches, et surtout pas de la politique même déguisée en soie, en velours et en injonctions patelines à suivre ? Pourquoi s’immisce-t-il dans ce qui nous regarde au premier chef ?
Avec ces insensibles ou ostensibles dérives, je perçois l’émergence, dans la démocratie selon François Hollande, d’îlots de totalitarisme mou, d’un caporalisme collectif qui s’en donne d’autant plus à coeur joie qu’à défaut de changer le monde, de réformer la France, le pouvoir n’a plus que la ressource de s’en prendre aux “fondamentaux”, aux permanences, aux stabilités, à l’ordre, aux évidences de la nature.
Il y a de manière dévastatrice, sur tous les plans, une obsession de rupture. Si, en effet, parfois le naturel mérite d’être amendé ou complété par le culturel, nous n’en sommes plus là avec ce gouvernement. Pourquoi a-t-il une telle hantise devant ce qui coule de source, ce qui a été admis durant des siècles, ce qui a fait ses preuves et qui autorise une politique digne de ce nom ? Pourquoi la nature et ses leçons inspirent-elles autant de dégoût à ce pouvoir ? Parce que ce qui est proche, accessible, irréfutable, légitime fait peur ? Qu’on met le désordre et l’agitation là où on peut ? Que, dépassés par la nature, on a pris le parti de lui faire la peau ? Que la culture est un beau mot qui à force d’être exploité tourne à vide mais qu’on prétend s’en servir comme arme de guerre contre l’intolérable pesanteur des comportements et des déterminismes parce que ceux-ci seraient en eux-mêmes pervers ?
Parce que cette gauche ne sait plus quoi faire pour se faire remarquer. Alors elle change l’insupportable cohérence née du passé et du pragmatisme.
Ce totalitarisme qui pointe est soft, certes, mais clair et net. Logique aussi : la liberté est en effet une ennemie. Partout.
Pourquoi prétendre, à toute force ou à coups fourrés, dénaturer, confondre, enjoindre, ne pas succomber à l’immédiate compassion pour les victimes, détourner les institutions et les services de leur but, déséquilibrer une société, dégrader les identités, instiller de la mauvaise conscience dans des liens qui se sont toujours construits en s’opposant, qui s’opposent mais se complètent, quel besoin a l’Etat de venir s’immiscer dans ce qui ne le concerne pas ?
J’écoute, je lis Vincent Peillon et Najat Vallaud-Belkacem. Le premier : “La lutte contre les stéréotypes de genre – les opinions toutes faites sur les femmes et les hommes – et l’homophobie doit être menée avec force à tous les niveaux d’enseignement”. La seconde : “La théorie du genre, qui explique “l’identité sexuelle” des individus autant par le contexte socio-culturel que par la biologie a pour vertu d’aborder la question des inadmissibles inégalités persistantes entre les hommes et les femmes ou encore de l’homosexualité et de faire oeuvre de pédagogie sur ces sujets” (Le Figaro).
Pourquoi pas ? Mais il y a des politiques et des ministres pour cela. Ce prêchi-prêcha n’a pas sa place à l’école.
Les homosexuels se marient parce qu’il convenait de fabriquer une égalité artificielle. Des spectateurs sont réprimandés parce qu’ils croyaient avoir le droit, en démocratie, d’assister à des spectacles selon leur bon plaisir. L’angélisme gouvernemental s’obstine à faire céder les évidentes compassions pour les victimes et la rigueur qu’elles appelleraient en retour face aux constructions idéologiques gangrenées par la fuite du réel et fondées sur un autre peuple que celui, insupportable, réclamant sécurité et justice. L’école, les petits enfants et les enseignants sont embarqués dans un processus qui vise à déconstruire et à troubler. Le progressisme niais non seulement accable mais fait perdre son temps à un service public qui devrait pouvoir se concentrer sur l’essentiel.
Le naturel, partout, est chassé au galop.
Je suis contre le RNH. Contre le “redressement de la nature humaine” dont ce pouvoir s’est fait une dangereuse spécialité.

 Philippe Bilger

Via
Humeurs de Marissé

 

Partager cet article
Repost0

commentaires

Blanche de Marseille 10/02/2014 10:26


Très choquée d'entendre ce matin aux infos qu'il y avait des livres pour enfants , citant un titre proprement scandaleux  " j'ai deux Papa "   Alors que je ne suis nullement
opposée à ce qu'évolue la Loi afin d'offrir meilleure protection aux couples homosexuels  ( chacun doit pouvoir vivre comme il le souhaite )  entendre  " J'ai deux papa " ...NON ce
n'est pas possible !!! que deux Hommes ou deux Femmes élévent ( très souvent dans un grand amour ) un ou des enfants , d'accord , mais je suis scandalisée de la façon dont on présente cela à des
innocents bambins ! On détraque , on âbime , on détruit la Famille dans son origine même , celle de l'Humanité ! Ce Gouvernement faussement social est pire que tout ce que j'avais vu jusqu'ici !
et je le répète , je ne suis nullement choquée de voir deux Hommes ou deux Femmes élever ensemble des poussins , nos petits , nôtre seul avenir ! Je profite pour dire combien j'ai aimé
l'intervention sage de Monsieur Philippe BILGER dans l'histoire Dieudonné - Merci de ce billet important 

Anne Wolff 11/02/2014 22:57




 Bonjour Blanche,



Je ne vais pas raconter ma vie, mais la dernière des choses que l’on puisse reprocher est d’être puritaine mais là j’ai vraiment ce sentiment viscéral, comme si un grand danger planait sur les
enfants.



Il ne fait pas tout mélanger. Et puis où est le plaisir de la découverte si non seulement on vous a déjà tout raconté mais en plus contraint à voir certaines choses plutôt que d’autres. Moi,
j’appelle cela du conditionnement pur et simple et pas n’importe lequel. Et je suis renforcée dans cette idée par le procès virulent fait à Poutine qui n’est clairement pas politiquement
homophobe mais bien dégoûté par les pédophiles ce que je partage totalement.



Maintenant j’imagine qu’on peut ne pas trop apprécier des avances insistantes en général, et je dois dire que jamais un homme ne c’est conduit avec moi de manière aussi violement machiste que
certaines des lesbiennes qui m’ont draguée. J’en ai encore des beurk qui remontent rien que d’y penser.



Il est de plus en plus clair pour moi que si j’avais de jeunes enfants, je quitterais l’Europe vite fait, pour leur permettre de grandir dans un pays où l’avenir a encore du sens. L’Europe se
perd de ne pouvoir abandonner ses bagages qui ne sont plus qu’un poids mort, un poids de mort et v’là t’y pas qu’elle en charge d’autres qui risquent de causer des séquelles à longue échéance. Et
demain peut-être le monde selon Attali verra-t-il le jour et je me réjouis de savoir que je ne serai plus là pour le voir.



Il ne me reste plus qu’à faire ce que je peux pour éviter cela à ceux qui nous suivent !



Présentation

  • : Le blog de Anne Wolff
  • : Comprendre la globalisation, apprendre à y résister
  • Contact

Profil

  • Anne Wolff
  • Amoureuse de la vie, d'une fleur, d'un papillon, d'un arbre, du sourire d'un enfant, je m'oppose à tout ce qui conduit à la destruction systématique de ce que la nature a créé, de la vie, de la beauté du monde, de la tendresse et de la dignité
  • Amoureuse de la vie, d'une fleur, d'un papillon, d'un arbre, du sourire d'un enfant, je m'oppose à tout ce qui conduit à la destruction systématique de ce que la nature a créé, de la vie, de la beauté du monde, de la tendresse et de la dignité

No Pub

Malgré les publicités imposées dans sa nouvelles versions qui apparaissent sur ce blog,celui-ci reste un acte gratuit.

Recherche

Nouvelles formes du fascisme

"Le vieux fascisme si actuel et puissant qu’il soit dans beaucoup de pays, n’est pas le nouveau problème actuel. On nous prépare d’autres fascismes. Tout un néo-fascisme s’installe par rapport auquel l’ancien fascisme fait figure de folklore […].

Au lieu d’être une politique et une économie de guerre, le néo-fascisme est une entente mondiale pour la sécurité, pour la gestion d’une « paix » non moins terrible, avec organisation concertée de toutes les petites peurs, de toutes les petites angoisses qui font de nous autant de microfascistes, chargés d’étouffer chaque chose, chaque visage, chaque parole un peu forte, dans sa rue, son quartier, sa salle de cinéma."

 

Gilles Deleuze, février 1977.

Toutes Dernières Archives