28 février 2013 4 28 /02 /février /2013 13:55

 

La deuxième gratiferia castelnovienne a remporté hier un joli succès. L'idée de la gratuité séduit de plus en plus de gens. Certains en ont fait un mode de vie.

Se débarrasser des objets dont on ne veut plus, emporter gratuitement ce dont on a besoin: le concept se banalise et séduit tout le monde. Photo Phil Messelet

Se débarrasser des objets dont on ne veut plus, emporter gratuitement ce dont on a besoin: le concept se banalise et séduit tout le monde. Photo Phil Messelet 

L'un arrive avec un carton plein de petit électroménager, l'autre avec un sac de linge. Une maman fouine dans les vêtements pour enfants. La théière en argent bien fatiguée ne mettra que quelques minutes à trouver preneur. La gratiferia de Châteauneuf, hier, a une nouvelle fois fait le plein, attirant autant ceux qui veulent faire le plein d'objets gratuits que ceux qui veulent se débarrasser d'ustensiles devenus inutiles.

Dans les allées, une mère de famille au profil atypique: elle ne dépense quasiment rien depuis plusieurs années. «J'ai un jardin et quand j'ai des surplus, j'invite les gens à se servir gratuitement. Devant la maison, je fais pousser des herbes aromatiques, les passants peuvent en prendre. Je fais mes conserves pour l'hiver et j'en donne.» Elle pratique aussi avec un art consommé le système D. «Les magasins jettent beaucoup de nourriture. Ils doivent en avoir énormément pour ne pas donner l'impression que le commerce ne marche pas.» Alors elle récupère, elle partage, elle échange.

Elle meuble son intérieur avec ce qu'elle trouve sur les trottoirs, posé là par des gens qui n'en veulent plus. Elle est arrivée à la gratiferia avec des affaires dont elle n'avait plus besoin, elle repartira avec ce qui lui sera vraiment utile. «Tout ce qu'on économise, ça représente plus que ce que je rapporterais en travaillant», dit-elle. Un choix de vie et non une nécessité économique. «Je ne changerais de mode de vie pour rien au monde, sourit-elle. Si c'est plus cher que gratuit, ça ne m'intéresse pas.»

Légumes en libre-service

Céline, une des organisatrices, est ravie: «La mayonnaise prend bien. Il y a pratiquement une gratiferia tous les mois en Charente depuis la première qu'on a lancée cet été.» Pour ne pas s'endormir sur ces lauriers, sa soeur Isabelle et quelques autres ont lancé une autre initiative gratuite, celle des «Incroyables comestibles»: faire pousser des légumes sur le domaine public, que l'on met à disposition de qui veut, gratuitement.

«On en a installé deux, les gens n'osent pas prendre. En retour, on aimerait qu'ils aident, remettent des choses à pousser, que ce soit un partage.» La page Facebook locale a déjà conquis 160 internautes en une semaine. Le stand installé à la gratiferia a permis de diffuser l'idée en attendant les semis de printemps. «C'est sûr, on ne peut pas alimenter tout le monde avec ça, sourit Isabelle. C'est juste un message que l'on envoie. Le but, c'est de semer, dans tous les sens du terme.»

 

Source : Gratiferia: Châteauneuf sème et récolte la gratuité - CharenteLibre

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Gilles Deleuze, février 1977.

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