9 janvier 2014 4 09 /01 /janvier /2014 01:32

 

L’holocauste gitan, c’est aujourd’hui sous nos yeux. Pour ne pas dire que vous ne saviez pas Le Livre noir des persécutions 

Allez vous faire assassiner ailleurs que nous gardions les mains propres. ? Est-ce le message que nous leur adressons ?


 

 

Ces terres empoisonnées où vivent les Roms européens

C'est une tendance ancrée jusqu'aux racines de l'Europe, une mauvaise habitude qu'on retrouve du Kosovo à l'Italie, de la France à la Slovaquie. Un peu partout en Europe, des logiques de rejet et d'expulsions systématiques amènent des familles roms à vivre et à élever leurs enfants sur des terrains hautement toxiques. L'exemple de Naples, que nous décrivons ici, n'est pas une monstruosité locale, mais une réalité européenne.
Démonstration de l'ampleur des dégâts sur la "terra dei fuochi" (terre de feux), avec un activiste écologiste
Démonstration de l'ampleur des dégâts
sur la "terra dei fuochi" (terre de feux),
avec un activiste écologiste -
MARIO LAPORTA - IMAGEGLOBE
C'est une nouvelle qui n'a pas fait la Une des journaux, mais au début du mois de décembre 2013, les Etats-membres de l'Union Européenne, ont approuvé toute une série de recommandations qui doivent favoriser l'intégration des Roms européens. 

Pourquoi ce souci pour une minorité précisément désignée ? Parce que c'est la première minorité d'Europe en termes de population (10 à 12 millions d'habitants à travers les 28 pays membres) ? Mais aussi parce que c'est la communauté dont les droits humains sont sans cesse refusés. Au sud de l'Italie par exemple, les pouvoirs publics ont obligé, voici dix mois, des familles roms à s'installer sur des terrains hautement toxiques où la mafia a stocké, les années précédentes, des milliers de tonnes de déchets issus de l'industrie pétrochimique et textile.


Il faut raconter le destin européen de ces familles dont les enfants accumulent les problèmes de santé, dus à un empoisonnement de tous les jours. Il s'agit d'une population qui a fui Sarajevo et ses environs il y a plus de vingt ans, quand la ville a été bombardée par l'armée serbe pendant plusieurs années. Réfugiés de guerre en Italie, ils ont établi un premier campement dans une zone industrielle en banlieue de Naples, dans la localité de Ponticelli, cité dortoir au pied du Vésuve, avant d'en d'être expulsés quand les riverains ont saccagé et incendié leurs campements.  « Tous les campements de Roms doivent être immédiatement démantelés et leurs habitants seront soit expulsés soit incarcérés ». Voilà ce qu’avait déclaré le ministre italien de l’Intérieur Roberto Maroni, d’après le quotidien italien La Repubblica, le 11 mai 2008. Ce jour-là, puis le 13 mai, plusieurs camps de Roms ont été incendiés dans la banlieue de différentes villes italiennes. Plusieurs associations solidaires des Roms avaient tenté d'empêcher l'expulsion de Ponticelli, puis la déportation vers ces décharges à ciel ouvert où l'apparition de tumeurs fulgurantes s'avère exponentielle. Depuis dix mois, ces zones hautement toxiques sont devenues le lieu de vie imposé pgar le pouvoir italien à des familles où les enfants mourront avant d'avoir atteint l'âge adulte. Giuriano Seferovitch est l'un des chefs de famille de ce camp. Il réalise les dangers auxquels il expose les siens. « Ce biogaz, nous le respirons depuis que nous sommes arrivés ici, tous les soirs et tous les matins depuis des mois, ce gaz flotte autour de nous, les femmes, les enfants malades, les vieillards... c'est une véritable honte. Même les chiens, ils ne les mettraient pas ici»
<p>Le site de Cesmin Lug au Kosovo, converti en 1999 par le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) en camp pour des centaines de Roms déplacés par des attaques dans la zone de Mitrovica. En octobre 2010, ce site a été démoli après la publication de rapports indiquant qu'il était contaminé par la pollution d'une mine voisine.</p>
Le site de Cesmin Lug au Kosovo
Alex Valentino, du Forum Rom de la Campanie estime que « Ça été un choix délibéré des autorités : les expulser du camp où ils étaient avant, car là ils étaient visibles de la rue. Et sur la grand route, ils dérangeaient la prostitution gérée par la mafia... Ici, personne ne les voit et les roms peuvent mourir, dans l'indifférence »
Une population de 250 enfants survit à l'intérieur du campement, aux prises avec des maladies du sang, des pathologies pulmonaires et des cancers foudroyants. Ils sont tous nés à Naples mais aucun d'entre eux n'a eu la chance de pouvoir aller à l'école. 

L'Italie a pourtant adhéré aux politiques européennes pour l'intégration des communautés roms. L'écart entre ces déclarations faites à Bruxelles et la réalité sur le terrain n'est pas autre chose qu'un mensonge politique, régulièrement dénoncé par une ONG italienne, EveryOne Group. Ce camp n'a pas d'autres barbelés que ceux d'une extrême pauvreté, d'une exclusion systématique des programmes d'accès à la scolarité et au logement, et d'un racisme omniprésent qui voue toute tentative de survie à l'impossible, une situation qui est un démenti cynique de la Stratégie italienne pour l'intégration des communautés Roms, Sinti et Caminanti. Et ces camps ne sont rien d'autre que des camps de la mort où la population et la police locales exécutent avec zèle le même travail que les Aufseherin et les SS à Chełmno, Belzec, Sobibor et Treblinka.

Pour conclure, je reprendrai le point de vue de Roberto Malini, un écrivain membre d'EveryOne Group : « Malheureusement, les institutions de l'UE publient des recommandations et des stratégies qui n'ont pas de valeur juridique et sont donc ignorés par les autorités. La persécution de la communauté rom en Italie est aussi mauvaise qu'elle l'était il y a 10 ans. Rien n'a changé. Seuls quelques défenseurs des droits de l'homme - qui ne reçoivent aucune aide de l'UE - continuent d'aider les familles et élever la moindre protestation. Eux aussi souffrent la persécution politique et juridique. » 
Tieri Briet


 
Deux fillettes Roms interdites d'école
à la rentrée des classes
D'autres liens, pour en savoir plus :

 

Enfants roms de Jász-Nagykun-Szolnok,
exclus de la nouvelle école publique

 

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Published by Anne Wolff - dans Métastases du nazisme
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Gilles Deleuze, février 1977.

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