13 avril 2014 7 13 /04 /avril /2014 16:12

 

 

Les événements confirment ce qui était annoncé, il y a une dizaine de jour, le soulèvement de plusieurs régions d’Ukraine contre le gouvernement de fait, en particulier contre la participation de nazis à la direction du pays, mais aussi contre une révolution qui n’en était pas une mais bien un mouvement d’une guerre de quatrième génération dans laquelle une presse-arme de guerre met en scène un scénario pré-écrit, braquant les projecteurs là où on lui dit de le faire et produisant des discours dictés par les auteurs du scénario, en prenant bien soin de ne pas mettre trop en en évidence les réels courants de protestation légitimes – figurants les mouvements de masses mais détournés de leur sens - qui sont destinés à être sacrifiés par la suite - ce que Zibechi appelle « zurfer sur la vague[i] ». C’est ce courant volontairement laissé dans l’ombre, anti-gouvernemental pas pro Europe pour autant, qui aujourd’hui se manifeste en Ukraine et face au refus des forces de l’Ordre pré-coup d’état de les réprimer affronte de la répression conjointe de milices nazies et de mercenaires d’armées privées engagés dans ce but.

 

Si nombreux sont les Ukrainiens qui avaient des raisons de vouloir la chute du gouvernement, l’immense majorité n’était pas européiste pour autant, loin de là et encore moins nombreux étaient ceux qui désiraient voir l’extrême-droite nazie accéder au pouvoir. Dès lors face à la prise de pouvoir totalitaire de nouveaux gouvernants désignés par les EU-UE, des soulèvements étaient à prévoir, le gouvernement de fait, se doutant que les forces de l’ordre régionales refuseraient de les réprimer, engageait des mercenaires de sociétés privées pour mener la répression dans les régions indépendantistes et/ou antifascistes et intégraient les bandes de délinquants nazis à la Garde Nationale.

Alors que simultanément nous voyons Kiev et sa région devenir une sorte de Mecque des néo-nazis européens et autres, les Ministres nazis de la Défense et de l’Eduction ayant mis à leur disposition des ex Camps de Vacances, actuels Centres d’Entraînement ou les jeunes néo-nazis d’Europe sont cordialement invités à venir s’entraîner aux pratiques paramilitaires.[ii]

D’autre part encore, nous voyons qu’avec un léger décalage dans le temps, alors que le Gouvernement d’Ukraine venait de tomber, une autre guerre asymétrique, latente passa à la vitesse supérieure au Venezuela, entamant l’opération appelée « La Salida », la sortie, qui vise non seulement la chute du gouvernement mais aussi l’éradication du chavisme à travers de grandes opérations de « purge » qui se préparent de manière même pas voilée, alors que de ponctuellement nous avons pu assister à des prémisses de cette violence fasciste.[iii]

Seulement voilà, la différence entre l’Ukraine et le Venezuela, c’est que faute de vague sur laquelle surfer, il fut clair d’emblée, qu’il s’agissait ici non pas de manifestations spontanées, mais bien d’une guerre de basse intensité dirigée depuis l’étranger et ayant ses dirigeants locaux parmi les fascistes et nazis de l’intérieur, et le peuple y compris pour l’immense majorité de l’opposition populaire, a très bien réalisé qu’elle n’avait absolument rien à gagner à un changement de gouvernement qui mettrait des fascistes au pouvoir. 80% de la population approuve la gestion de la Crise par le Gouvernement qui a consisté à intensifier des opérations placées sous le signe de la Paix et à appeler l’opposition constitutionnelle à établir un dialogue de conciliation nationale. Nous pouvons ajouter que seuls 10% de la population approuve l’insurrection paramilitaire de l’opposition fasciste dans laquelle nous retrouvons des composantes similaires à celles qu’on retrouve Ukraine, une composante d’étudiants ou ex étudiants dont la direction appartient à des organisations fascistes et néo-nazies et qui a été formée dans les hauts lieux de formation de leaders de coup d’état « doux » de Harvard à la Serbie, en passant par Miami et la Colombie, des paramilitaires colombiens, des Forces d’Opérations Spéciales étrangère, des bandes criminelles de narcos, des terroristes sous mandat de recherche international et les délinquants recrutés sur place et payés pour fiche autant de bordel que possible…

Dans le cas de l’Ukraine et encore bien plus clairement dans celui du Venezuela, ont été mise en évidence les sources financières qui ont permis sur une durée de plusieurs années de préparer cette guerre, et qui trouve leur origine à Washington à travers diverses fondations de l’état, parastatales ou de fonds provenant des corporations qui sont actuellement les vraies détentrices du pouvoir aux USA et qui en terminent ces dernières semaines avec le pouvoir politique européen – en bref : les structures marchandes ont à présent la main mise sur les budgets des états et le droit marchand international, se substituant à la libre organisation des peuples -  alors que se profile à l’horizon des élections européennes dont nous savons tous qu’elles vont introduire comme force politique incontournable l’extrême-droite au pouvoir en Europe. Malheureusement nous n’avons pas en Europe d’enquêteurs et analystes qui puissent mettre largement en évidence les causes et effets d’une mainmise sur l’Europe, puisque sévit une Inquisition qui hurle au Conspirationisme dès qu’un enquêteur, un historien, un journaliste met en évidence le plus petit rouage d’une manipulation qui sévit depuis plusieurs décennies. C’est toujours une sorte de choc des cultures quand je passe du monde culturel latino ou de tels thèmes sont analysés en permanence en longueur, largeur et profondeur, d’en revenir à cette stérilité francophone où l’on se tait de peur de se voir stigmatiser et ostraciser affublé d’un uniforme rouge-brun. Car c’est là que nous en sommes, une telle catégorisation laisse à l’extrême-droite le monopole d’une critique pertinente de nombreux aspects du système, qui si quelques-uns d’entre nous se doutent qu’elle n’est qu’une façade racoleuse et trompeuse, pousse dans les bras du fascisme à peine masqué,  un peuple conscient de la faillite de la gauche (en général), alors que toute alternative de gauche plausible à été systématiquement éradiquée. Je trouve bien plus de lucidité sur les thèmes exclus par les tabous anti conspirationistes parmi les petites gens que parmi les intellectuels de gauche, et j’ai vu aussi comment ce puritanisme électoraliste de la gauche putain, faute de répondre aux questions légitimes que se pose le peuple a littéralement jeté ce peuple inquiet dans les bras d’une extrême-droite électorale décomplexée qui lui donne non seulement les réponses attendues, mais malheureusement l’entraîne ensuite plus loin dans des dérives, telles que celles qui résulte du coup de force logique qui fonde la manipulation intrinsèque de son discours… partir d’une critique de l’acculturation yankee et finir en en rejetant la faute sur le multiculturalisme, en faisant des « étrangers pauvres » et autres exclus les cibles d’une vindicte au départ dirigée vers le gros capital qui est l’ennemi commun des peuples.

Démonter ce saut de logique est un des point clé à mettre en évidence pour qui voudrait sincèrement démonter le discours de l’extrême-droite… comment on part d’un rejet de l’Europe pour finir par mettre dehors les étrangers et les inactifs au travail sous payé… dans une Europe Unie des Nationalismes « Whyte supremacist », quand il n’est pas tout simplement question de les laisser crever, voir de les aider à le faire… le jeunes nazis contemporains semi-délinquants sont en ce moment formés dans ce but, Lissage disent-ils à Kiev… purge annoncent-ils au Venezuela, et en Suède, Pologne ou Espagne,… les nazis multiplient les descentes armées dans les centres sociaux et les agressions physiques de militants sous l’œil bienveillant d’une partie de la police, comme celle de Stockholm qui lors des émeutes des banlieues de l’année passée a reconnu avoir trouvé de « bons auxiliaires » dans les milices de Vigilants.

 Les attaques se multiplient et mériteraient une meilleure systématisation de manière à en percevoir clairement non seulement l’ampleur réelle mais également les formes et vitesses de croissance, gardant bien en tête que ces actions ponctuelles sont actuellement limitées volontairement, alors que les milices d’extrême-droite se professionnalisent en vue d’une crise à venir en Europe[iv]

 

Grâce aux analystes et à toute une population latinos qui n’ont aucune envie de se faire massacrer par des paramilitaires dépeceurs, ni confisquer la construction d’une souveraineté populaire qui s’élabore à l’échelle de l’Amérique Latine dans son ensemble à travers de nombreuses plateformes régionales - comme l’ALBA des peuples, la Via Campesina, le Parlement Indigène, les groupements de communicateurs de médias populaires ou d’artistes, de communeros, de lutte continentale contre l’extractivisme et beaucoup, beaucoup de etc - qui regroupent de différentes manières à différentes échelles et selon des projets communs de large envergure ou ciblés une multiplicité de mouvements sociaux, j’ai appris énormément de choses tant sur les théories des guerres de quatrième génération que sur leur mise en pratique actuelle, passée et à venir, tant en AL qu’en UE,  ainsi que sur les liens entre fascisme et pouvoir global à l’échelle planétaire, y compris concernant ce moment de l’histoire dangereux auquel nous allons devoir faire face en Europe… J’ai appris aussi comment des dizaines de millions de gens étaient capables de différer des conflits secondaires qui les opposent pour créer un vaste Front Antifasciste à l’échelle d’un Continent… Les antifascistes d’Europe feraient bien d’en prendre de la bonne graine.

Une première chose à faire remarquer, c’est la spontanéité par laquelle c’est constituée la plus grande plateforme jamais vue même dans cette Amérique Latine qui en est si riche pourtant, celle de soutien à la révolution bolivarienne du Venezuela et à son gouvernement, cet immense Front Antifasciste réunit tant des personnes que des gouvernement en passant par toutes les échelles collectives intermédiaires. Et ce malgré la division qui partage au sein de cette plateforme les industrialistes-extractivistes et les partisans de la Souveraineté Alimentaires ou des Organisations Paysannes et Ouvrières du Venezuela même qui estiment que le Gouvernement n’apporte pas une réponse satisfaisante à leurs légitimes exigences ou n’accomplit pas comme il le doit le Plan de la Patrie  développé par Hugo Chávez, base sur laquelle Maduro a été élu. Que ce soit au Venezuela, en Colombie ou au Pérou, entre autres, le mot d’ordre était clair, d’abord nous faisons front ensemble et ensuite nous réglerons nos différents.

J’ai essayé de relayer cela à la mesure de mes moyens, mais s’il y a bien une chose dont je n’ai pas rendu compte de manière satisfaisante, sujet trop vaste, multiple, divers, mais convergent en l’occurrence,  c’est ce grand mouvement d’organisation populaire qui s’est emparé du Venezuela, (et de la région) réveillant un peuple qui s’endormait peut-être un peu sur ces lauriers et que la menace de guerre a amené – des centaines de ? dizaines assurément de millions de personnes - à apporter leur contribution à la mise en échec du coup d’état, que ce soit en s’organisant spontanément pour protéger des lieux cibles, dégager des voies de circulations bloquées par les Guarimbas, menant des enquêtes personnelles pour exposer la situation dans différents quartiers, construisant les structures des niveaux d’organisations de résistance plus élevés, et des apports théoriques grâce à des études approfondies des méthodes de « coup d’état doux » et de guerre asymétrique, des remontées aux sources de financements ou des mises en évidence des différentes étapes de préparation, celle des leaders ou les entraînements à la guérilla urbaine (Miami, Colombie, Serbie) de la chair à canon de Washington… un travail auquel ont participé les grands analystes de la région, de Boron à Petras, en passant par Zibechi, Eva Golinger, Calloni, Alvarado Godoy et Jean-Guy Allard - qui nous a donné de précieux renseignements sur le parcours universitaire de Leopoldo Lopez qui a eu droit à l’enseignement préparation de projet concret compris des leaders d’OTPOR qui sont à présent professeurs de déstabilisation de gouvernements à l’Université d’Harvard, ou qui nous a mis au courant de la réunion tenue par Machado en 2011 à Miami[v] qui constate que le chavisme n’étant pas renversable par les urnes, il faudra employer d’autres méthodes, et définit le programme – ainsi que de beaucoup d’autres qui chacun apporte sa contribution à l’élaboration d’une riposte victorieuse, c’est également la construction accélérée d’un Front du Pouvoir Populaire parti de la base qui se construit pour se préparer à résister à un prochain massacre annoncé, mais aussi se met en action pour renforcer ce Pouvoir Populaire - seule réponse susceptible de dérouter le fascisme et sa sale guerre, -  dont beaucoup pensent que le Gouvernement le laisse un peu trop en rade, mais n’est-ce pas justement le propre d’un vrai Pouvoir Populaire que de se donner soi-même les moyens de devenir gouvernement du peuple par le peuple ?

Un fait remarquable aussi, celui qui ne se voit pas, c’est la discipline dont a fait preuve le peuple bolivarien, malgré les morts parfois de proches, les blessées, les dégâts parfois de leur logement personnel, les menaces et les insultes, même si souvent cela lui coûte et que l’envie lui vient aussi de défouler sa rage sur les assassins, le peuple ravale sa douleur et sa colère et prépare une réponse concertée et collective.

Bien sûr comme beaucoup, je tremble aujourd’hui parce que si les différentes étapes d’une déstabilisation - jusqu’ici- ont été désamorcée une à une, ce n’est pas sans entraîner à chaque reprise une escalade de la violence téléguidée par Washington - dont nous avons eu un aperçu par exemple en Syrie, chaque victoire de l’armée du gouvernement entraînant la mise en œuvre de forces d’invasions accrues dotée d’armement plus puissant – alors que le but clairement énoncé de l’opposition fasciste est de provoquer une intervention militaire de Washington sur fond de guerre civile…  

Ainsi qu’il est apparu à partir de l’élucidation des parties occultes de la théorie de Gene Sharp, une guerre des pauvres contre les pauvres fait partie des conséquences souhaitées dès le départ par ceux qui programment ou récupèrent les « révolutions de couleur » dans le but très clair de permettre au Corporations transnationales de s’attribuer de nouvelles ressources et de s’ouvrir de nouveaux marchés (reconstruction) entre autre dans des pays dévastés, dont les populations s’entre-tuent dans une guerre civile  de longue durée ou conduisant  à domination et l’arbitraire de nouveaux dictateurs convenant au pouvoir de Washington.

Il faut comprendre une chose, les Corporations se fichent bien de savoir si ce pouvoir sera nazi ou islamiste, ce qui compte c’est qu’il serve leurs intérêts immédiats. Et nous voyons aujourd’hui également des gouvernements socialistes (social-libéraux) d’Europe servir ces intérêts avec beaucoup de bonne volonté, ce qui nous montre simplement que les manipulations de jeunes leaders ne se limitent pas à ceux de droites, mais que ceux d’une pseudo-gauches ont été, parfois à leur insu, également recrutés selon des méthodes dont Zibechi nous donne un aperçu, des Fondations organisant sous fausses bannières des formations pour mouvements sociaux de gauche, qui permettent également aux corporations de connaître chacun des faits et gestes de ces mouvements grâce à la création de « mémoires vives », entre autres techniques d’infiltration, noyautage, manipulation et fichage…

J’ai fait ce détour par l’Amérique Latine, tout d’abord pour montrer que dans une certaine mesure une riposte est possible mais qu’elle nécessite la solidarité active de vastes couches de la société et de plusieurs gouvernements de toute une région. Ce qui ne fut pas le cas en Ukraine. Mais aussi parce qu’il semble de plus évident que l’Empire des Corporations s’est lancé dans un assaut final sur le mode « Hégémonie Absolue ou Rien ». Au Venezuela le mot d’ordre est clair, il s’agit d’une guerre au finish, et d’autre part nous sentons bien que la Russie qui est ciblée à travers l’Ukraine est censée chuter une bonne fois pour toute.

Nous voyons à travers des attaques menées simultanément contre ces principaux obstacles à l’unipolarité du Monde Marché Unique, Russie, Venezuela, Chine, mais aussi Brésil, Argentine, annexion de l’Europe subordonnée à ce Marché après que les peuples et leurs biens y aient été livrés pieds et poings liés et restent sans réaction significative, pillage accru de l’Afrique à la faveur de guerres fabriquées, … Algérie et Iran dans le collimateur des troupes qui les surveillent de très près… Bref un ensemble de signes qui montrent que les Corporations menacées par la prise de conscience et l’organisation grandissantes de peuples Souverainistes ou la montée de pôles commerciaux concurrents come les BRICS, doit jouer son va-tout avant de ne plus pouvoir faire face ni par sa suprématie militaire, ni par celle économique défaillante, ni par l’intoxication médiatique qui malgré tout se fissure toujours d’avantage, si pas en Europe dans le reste du monde.

Nous voyons aussi que les politiques actuelles de Poutine et Maduro obtiennent non seulement le soutien des 80% de leurs populations respectives, mais que malgré la diabolisation forcenée dont il est objet, Poutine gagne en popularité dans le monde d’autant plus que la disparition de Chávez en fait le leader international unique incontesté de l’anti-hégémonisme US. Même Marion Le Pen se doit de lui envoyer son petit bouquet de flatterie….  Soit… une chose est de considérer les alliés dans une lutte anti hégémonique, (certainement pas La Le Pen) autre chose de considérer ceux qui sont les associés affins de la construction d’un monde. Il est très clair aujourd’hui que les alliés nazis de Washington sont les ennemis de Poutine et que la Russie n’est pas en train de mettre la mainmise sur l’Europe et ne pourrait certainement pas s’y risquer avant quelques décennies, ayant d’autres chats à fouetter pour un moment.

Il semblerait aussi assez logique que face à l’ennemi commun, Caracas, Moscou et Pékin dont les représentants ont eu récemment des entretiens en direct, loin des oreilles de Washington ont du se mettre d’accord sur des stratégies communes pour mettre l’ennemi en déroute sur base d’un principe amplement partagé, tant que Washington ne sera pas KO définitif, le monde ne connaîtra pas la Paix… Après, la Chine a besoin des ressources de la planète pour nourrir sa population alors que cet immense pays est dévasté par une pollution monstrueuse qui l’oblige pour commencer à importer toujours d’avantage la nourriture de ses populations humaines et d’élevage, sa conquête du Marché lui coûte irréversiblement cher, et en fait un prédateur dont il faut se méfier. Mais une chose à la fois.

Nous avons face à nous deux laboratoires du fascisme qui vient, le Venezuela et l’Ukraine. Et celui d’Ukraine nous concerne tout particulièrement, parce que les milices fascistes européennes qui ont à présent à disposition dans ce pays instructeurs et camps d’entraînement sont aussi originaires de nos pays. Selon divers analystes latinos, ce qui se produit en ce moment en Europe est une conquête du pouvoir par une extrême-droite au service des Corporations, qui utilise une façade plus ou moins politiquement correcte pour s’introduire dans les rouages du pouvoir politique et institutionnel, alors que, en plus d’une infiltration croissante des forces de polices et des armées d’Europe, se préparent des milices entraînées - une armée - destinées à agir dans une étape ultérieure, et que sont recrutés sous différentes bannières, des jeunes délinquants, comme c’est le cas en Ukraine et au Venezuela, les uns – meilleurs ? - étant intégrés aux milices, les autres serviront d’hommes de main et de chair à canon d’une prise de pouvoir à venir, pour laquelle les urnes n’auront été qu’un instrument parmi d’autres dans une marche vers une mainmise totale par le fascisme corporatiste sur le pouvoir de l’Union Européenne.

Je crois hélas, comme le font remarquer différents analystes latinos, que la vieille Europe ou Europe décadente comme ils l’appellent n’a plus les ressorts pour résister. Non seulement les matrices d’opinion formées par les outils médiatiques de la Guerre de Quatrième Génération y ont formaté les consciences de telle manière qu’un courant toujours croissant est prêt à accepter le fascisme comme un sauveur, mais aussi à se joindre à ceux qui contribueront à éliminer toute résistance par une participation active à sa mise hors combat ou par les mécanismes de la délation dont la mise en place progresse.

Néanmoins, je relaye le message venu du Sud, face à cette offensive globale, seule la résistance des peuples organisés sera en mesure de vaincre le fascisme qui est la nature intrinsèque du corporatisme. Cette organisation des peuples l’expérimente et la développe aujourd’hui dans toute l’Amérique Latine, y compris dans les pays les plus répressifs où les meurtres de résistants sont quotidiens come en Colombie, au Honduras, au Mexique, au Pérou… où chaque mouvement local fait partie de plusieurs structures régionales solidaires. Seules une alliance planétaire des Peuples en quête de Souveraineté permettrait de renverser le fascisme, et l’organisation qui est déjà bien ébauchée en Amérique Latine et qui s’internationalise grâce à des mouvements planétaires comme la Via Campesina entre autres ; peuvent mettre le fascisme – et les Corporations du Profit – en déroute. Mais aussi éviter que de nouvelles hégémonies se mettent en place.  En Europe cela implique la redéfinition totale d’un projet de monde, une refonte des valeurs par laquelle les principes de concurrence, pouvoir d’achat et emploi sont limogés par ceux de complémentarité, accès à des produits sains et/ou durables et de qualité à juste prix et la possibilité d’exercer de vrais métiers utiles au bien-être de tous et de chacun sans que soit détourner les fruits de ce travail par des Profiteurs-Affameurs-Assassins. Cela implique de prendre conscience de ce fascisme qui non seulement à nos portes mais dans nos murs ouvre la voie au totalitarisme comme principal ennemi à mettre en déroute une fois pour toute.

 

Anne W.

 

 

 

 



[i] Surfer sur la vague. 

Un art fort similaire fut celui dont firent preuve les groupes conservateurs du Brésil durant les manifestations de juin. Alors que les premières marches ne reçurent quasiment aucune couverture médiatique, sauf pour mettre en évidence le « vandalisme » des manifestants, à partir du 13, quand des centaines de mille descendirent dans la rue, une inflexion se produit.

 Les manifestations obtinrent les grands titres mais il se produit ce que la sociologue brésilienne Silvia Viana définit comme « une reconstruction de la narration” vers d’autres fins. Le thème du prix des transports fut relégué au second plan, les drapeaux du Brésil furent mis en avant ainsi que le slogan « A bas la corruption » qui ne figurait pas dans les rassemblements du départ (le Monde Diplomatique, 21 juin 2013). Les medias de masse firent aussitôt disparaître les mouvements qui avaient appelé à manifester et mirent en leur lieu et place les réseaux sociaux, allant jusqu’à criminaliser les secteurs les plus militants pour leur supposée violence, pendant que la violence policière restait au second plan.

De cette façon, la droite, qui au Brésil n’a pas de capacité de mobilisation, a tenté de s’approprier la mobilisation qui avait des objectifs (la dénonciation de la spéculation immobilière et des mega chantiers du mondial) qu’elle était loin de partager. « Il est clair qu’il n’y a pas de lutte politique sans conflit pour des symboles » assure Viana,Dans ce conflit symbolique, la droite, qui à présent emballe ses coups d’états de prétextes comme la « défense de la démocratie » apprend plus rapidement que ses adversaires.

Des droites au look de gauche par Raúl Zibechi - Le blog de Anne Wolff

[v] Sous le titre Maria Corina, de Miami à Caracas, au service de Washington, JC Allard nous explique :

-      Pendant la conférence de paix du 19 février Machado menait une Marche pour la Paix des femmes pendant laquelle elle n’a cessé de faire furieusement l’apologie de la violence.

-      Ce qui n’a rien d’étonnant si on sait que Maria est la membre d’opposition entretenant les liens les plus forts avec le département d’état US, la mieux financée aussi. Elle est aussi une grande admiratrice de GW Bush qui a l’époque l’a reçue personnellement.

-      Mais ce n’est pas tout, en 2011 elle a participé à Miami à une conférence qui avait pour thème « 600 jours pour éradiquer l’autoritarisme chaviste du Venezuela ». Persuadée qu’il était devenu impossible de renverser Chavez par les élections, elle s’y est clairement prononcée pour « l’action de rue pour chasser Chavez du pouvoir ». Elle le considérait comme imbattable, même si elle trouvait différents prétextes liés à son populisme et son autoritarisme pour expliquer la chose.

-      De sources qui assistèrent à cette conférence disent qu’il s’agissait clairement de la proposition de ce qui se passe aujourd’hui. C’est aussi à ce moment qu’elle a renforcé ses liens avec le département d’état, et d’autres forces parmi les plus réactionnaires des E.U.

"Venezuela : carnaval ou guarimba ? "

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Published by Anne Wolff - dans anne humeur du jour
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P.G. 14/04/2014 03:24

« Sous le titre Maria Corina, de Miami à Caracas, au service de Washington, JC Allard nous explique : » — Anne Wolff Ce ne serait pas plutôt Jean-Guy Allard et non JC Allard qui est l'auteur de «
María Corina, de Miami a Caracas, al servicio de Washington » ? Bonsoir, bonne nuit et merci pour tout !

Anne Wolff 14/04/2014 08:33



Honte sur moi ! Voilà, c'est corrigé.


Dur, dur hier la junte ukrainienne lançait un ultimatum aux "terroristes" pour ce matin et sans l'intervention de la Russie qui convoque le Conseil de Sécurité de l'ONU ce soir à OOh GMT nous
aurions assisté à un massacre de plus... d'antifascistes par des nazis au 21ème siècle, alors que l'extrême-droite vénézuélienne appelle au massacre des chavistes pour le 19 en se vantant de
l'approbation de gens aussi recommandables que George W. Bush ou Alvaro Uribe...


 


Comme un goût de monde à l'envers !


 



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Gilles Deleuze, février 1977.

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