22 mars 2014 6 22 /03 /mars /2014 09:44

 

Estados Unidos: Escuelas cerradas

 

Une autre pièce du puzzle, USA univers carcéral qui ne laisse plus beaucoup d’autres choix aux jeunes issus de milieux pauvres et issus de l’immigration qu’entre l’incorporation comme chair à canon dans l’armée ou le chemin de prisons qui hébergent près d’un pourcent de la population adulte - principalement de ces mêmes origine - du pays. Dans de nombreuses prisons, privées, le choix est simple ; soit tu travailles soit tu es mis en isolement.  

Une situation qui ne cesse de se radicaliser et qui en l’occurrence semble déboucher sur un nouveau saut qualitatif négatif, l’abandon total de l’enseignement pour les plus défavorisés… de quoi se poser la question : « Quel sort leur est réservé, quel est le projet d’avenir que leur concocte les corporations sachant qu’elles n’ont aucune bienveillance pour les non productifs et les « surnuméraires » alors que la main d’œuvre humaine qui leur est indispensable ne cesse de se réduire ? ». Va-t-on reterritorialiser dans l’univers carcéral l’esclavagisme du vieux Sud, voir réactiver la peine de mort pour les esclaves qui auraient l’outrecuidance d’apprendre à lire et à écrire. 

On comprend mieux pourquoi ces gens ont la haine des processus d’éducation privilégiée et gratuite dont bénéficient les petits peuples des pays progressistes d’Amérique Latine… pourquoi parmi les cibles de leurs alliés sur place au Venezuela, une des cibles des « violents » comme on les appelle là-bas sont les écoles et les universités populaires qu’ils mettent à sac et tentent de détruire. 

 

Résumé de l’article de  Mumia Abu-Jamal 

Etats-Unis, écoles fermées. 



 

Les États-Unis franchissent un nouveau fossé d’iniquité. Les écoles de tous les USA noirs et des quartiers latinos ferment leurs portes et barricadent leurs fenêtres. Les villes utilisent les impôts pour renforcer la machine de répression au détriment de l’éducation dont l’accès est à présent clairement réservé aux riches, une faible partie de la population. 

 

Le terrain se prépare pour une corporatisation de l’enseignement. La notion d’école publique est renvoyée aux poubelles de l’histoire. Pourquoi ?

Diane Ravitch qui fut une ardente défenderesse de cette corporatisation s’est ravisé, elle explique :

« Aucune nation au monde n’a éradiqué la pauvreté avec une stratégie de renvoi des professeurs ou en confiant les écoles publiques à des intérêts privés.  L’inspection académique n’appuie pas de telles mesures. Mais ces inconvénients ne diminuent en rien la ferveur de ceux qui impulsent ces réformes. Cette nouvelle espèce de promoteurs inclus principalement des spécialistes de Wall Street dans les investissements de fonds libres, des officiels de fondations, des exécutifs de corporations, des entrepreneurs et ces concepteurs de politiques mais très peu d’éducateurs avec l’expérience des écoles. L’éloignement des réformateurs avec les réalités de l’enseignement et leur indifférence aux enquêtes académiques les conduit a ignorer l’importance de l’influence qu’on les familles et la pauvreté »*

Malgré cette pénétrante critique publiée dans une revue nationale, le processus continue. Les écoles charter (écoles privées subventionnées sont la nouvelle structure. Des écoles corporatives, des écoles pour les gens qui peuvent payer. Pour les pauvres – rien. Et cela est fait ouvertement. Pas la peine de se cacher, nous sommes à l’ère des grands négoces.

Les gens au pouvoir n’ont pas à se préoccuper de cela. Nous, oui, la fermeture des écoles signifie l’extension des prisons.

C’est simple… et c’est moche.

Depuis la nation incarcérée Mumia Abu-Jamal.

Mumia Abu-Jamal est un journaliste étasunien et militant, condamné à mort pour le meurtre d’un policier, il a vu sa peine commuée en prison à perpétuité pour vice de procédure sans que sa culpabilité soit remise en question par un nouveau jugement.

*[Fuente: Ravitch, Dian, “Schools We Can Envy”. New York Review of Books, Mar. 8. 2012 (vol. LIX: No. 4), pg. 19]

 Source en espagnol : Estados Unidos: Escuelas cerradas

 


Hasard ?Illustratif ? Anticipatif ? sur cette affiche consacrée aux droits des enfants pauvres en Belgique, les enfants symbolisés portent l'uniforme des prisons belges .....

 

 

 

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commentaires

caligula63 22/03/2014 20:49


Bien le bonsoir, gente dame!


 


Ah, la mise à sac de l'éducation. Un thème maintes fois répété. Mais aussi un grand dilemme. L'éducation permet à une société d'évoluer, tout le monde en est conscient, mais elle permet aussi à
la population de se remettre en question par ses acquis.


C'est ce qui se passe en Chine. Le pays est écartelé entre son besoin d'ingénieurs, de têtes pensantes; et son refus de libéralisation des classes sociales. De plus, et bien souvent, la lutte
contre la corruption passe par une meilleur condition d'éducation de la population; mais cette amélioration peut aussi avoir l'effet inverse.


Pour en revenir aux USA, la privatisation du système éducatif est une hérésie (mais pas qu'en Amérique du Nord). Les directeurs de ces écoles, collèges, lycées, universités ne voient pas sur le
long terme. Ce qui les intéresse c'est le chiffre d'affaire, rien d'autre. Or, comme vous le faites si justement remarquer, ceux qui n'ont pas accés à cette éducation seront livrés à eux-même; et
qui sera obligé de les prendre sous son aile? L'Etat! Mais aux USA, l'Etat n'a que faire des perdants; l'American Way of Life est faite pour les battants, si vous ne rentrez pas dans cette
catégorie, vous pouvez retourner à la case départ, sans toucher le jackpot...


Votre comparaison entre les prisons privées et l'esclavage est aussi très juste. Cela va même plus loin, puisque certaines prisons vont jusqu'à faire payer leur prisonniers durant leur séjour, le
montant pouvant atteindre 50$ par jour...


Concernant l'éducation en général, j'ai commencé à me poser des questions lorsque le gouvernement français a commencé à mettre un frein à l'apprentissage. Qu'y a-t-il de mieux, pour apprendre un
métier, que de voir faire un professionnel? Et surtout de suivre son enseignement? Et ben non. Dans les années 80, le gouvernement français à pris des mesures allant à l'opposé de cette
politique. Et de nos jours c'est encore pire puisque les entreprises doivent déclarer les apprentits, et donc être soumis à prélèvement, ce qui ne fait pas avancer les choses.


Plus prés de chez moi, une école d'apprentis a été plus ou moins cédée à une entreprise privée, qui s'est empressée de récupérer les subventions, avant de mettre la clé sous la porte. Résultat,
il a fallu que le conseil régional réouvre ladite école, mais comme il n'y avait plus d'argent dans les caisses, ils ont été obligés de faire appel à des entreprises privées afin de subvenir aux
besoins des élèves...


Cela étant dit, je ne mets pas toutes les écoles privées dans le même panier. J'ai suivi mes études (dans le BTP) au sein d'une école privée qui appartenait à un syndicat. Le système éducatif
était à l'opposé de ce que j'avais connu avant. Par exemple, on travaillait 39h par semaine, aussi bien dans les ateliers ou sur les chantiers que pendant les cours d'enseignement général. Si un
élève ne comprenait pas une leçon, le professeur insistait jusqu'à ce que le cours soit assimilé... Cette école était si bien côté, qu'à la sortie des examens, chaque élève avait au moins cinq
propositions d'embauche! Je me considère comme un privilégié d'avoir pu intégrer cette école, même si je ne travaille plus dans le BTP depuis plus de 15 ans.


Bref, pour les gouvernements occidentaux, la population n'a besoin que de deux choses: du pain et des jeux. Cela fait deux mille ans que la recette a été écrite, et elle est toujours de mise.
Seuls les pays émergents pensent différemment, mais pour combien de temps encore?


Heureux de vous relire.

Anne Wolff 24/03/2014 00:06



Je suis toujours étonnée quand je passe
du monde latino au monde francophone. En Amérique Latine des Peuples, Chavez est celui qui ouvert le droit à l’éducation à ceux qui en était privés. L’éducation comme outil politique, moyen de
choisir son destin, d’exprimer ce qu’on a sur le cœur, et cela passe bien avant tous les indicateurs économiques qui sont mis en avant ici pour montrer que le Venezuela s’en tire pas trop mal
selon les critères du Marché.


En ce qui concerne les USA mais aussi
l’Europe, j’ai lu une phrase terrible il y a pas longtemps : « Ils ne veulent plus faire de dépense pour une génération destinée à être sacrifiée ». Et cela me parle. La réduction
de population a commencé de mille manières, qui sont chacune sous le seuil de perception en tant que génocide mais qui prises ensemble sont parlantes et terrifiantes.


Je revois une image d’enfants qui courent
sur une place de Damas avant la guerre ; quand elle était encore à l’état de rumeur. J’ai souhaité de tout mon cœur que ces enfants puissent grandir en gardant leur beau sourire et leurs
yeux pétillants.


Les « battants », c’est de la
frime. Combien de gens dans ma vie m’ont attribué épithète… et je sais qu’ils n’ont pas tort, mais je suis la seule personne que j’ai à surpasser, d’autres peuvent m’amener une émulation qui
m’aidera à le faire. C’est un point de vue que j’ai souvent retrouvé chez des gens qui pratiquent un art martial à haut niveau, Le degré de perfection de l’autre est ce qui permettra de se
surpasser soi-même, un partenaire avant d’’être un adversaire.


Le monde « made in USA » est
fait pour les minables qui pensent que les marches par lesquelles ils graviront l’échelle de la hiérarchie sociale sont faites de ceux qu’ils auront réussi à écraser. Il est bien plus facile
d’écraser les autres que de les aider à grandir.


Je rigole, j’étais en train de penser en
toute modestie : déjà l’école est faite pour stimuler la rivalité… enchaînement spontané.. je m’en fiche j’ai toujours été hors concours de toute façon…


Ce que j’ai apprécié dans quelques lieux
où j’ai eu l’occasion de vivre, des villages, marginaux pour le dire comme cela, pas des communautés, j’ai horreur de cela, c’était cette possibilité pour les enfants d’apprendre avec des adultes
disponibles pour transmettre leurs savoirs. Il y avait un gamin dans le dernier village qui était fasciné par les bagnoles, et il marchait à peine quand le spécialiste en réparation du coin a
commencé à le prendre comme apprenti. On avait aussi un Irlandais, un véritable génie de la construction, et il nous expliquait que dès 6 ans il avait commencé à amené les pierres à son père sur
les chantiers. Et chacun savait à qui s’adresser pour recevoir des réponses à ses questions.


Quand aux écoles privées, j’ai réussi à
échapper à la maternelle, premier jour de primaire souvenir vivace, je fais le tour de la classe du regard et je me dis que zut, cette fois c’est pour longtemps, 13 ans je m’échappe, c’est grâce
à une école privée que plus tard quand j’ai senti que c’était important la connaissance que je suis allée dans une école privée pour passer un « jury central », une sorte de bac belge
en math. Le système était génial, des cours de base, des groupes de niveau différents, le matin chacun recevait des exercices à son niveau et les plus forts expliquaient aux plus faibles et si
personne n’y arrivait il y avait des étudiants universitaires qui circulaient et qu’on pouvait appeler à tout moment pour une explication. Et je suis bien contente d’avoir eu cette possibilité.
Grâce au directeur. Son école, très chère accueillait principalement des gosses de riches que leurs parents mettaient là en désespoir de cause, mais il acceptait quelques élèves qui comme moi
avait vraiment envie d’apprendre sans se préoccuper d’être payé.


Et tout aussi contente d’avoir échappé au
formatage des salles de classes où je m’ennuyais ferme. Les plus belles année de sa vie sur un banc d’école, c’est un crime contre l’enfance, contre l’adolescence, contre tous les potentiels qui
sont détruits par la normalisation. Je ne suis vraiment pas partisane d’un enseignement généralisé le même pour tous. J’ai publié il y a quelques mois l’histoire de gens qui se baladent avec leur
roulotte, leurs enfants n’ont pas été à l’école primaire, ils sont entrés en secondaire et une réflexion des parents a été que l’enseignement traditionnel étouffe la curiosité des enfants. Je
suis tout à fait d’accord. Je peux aussi prendre les enfants d’Amazonie qui apprennent à lire la forêt dans laquelle un petit citadin d’Europe ne survivrait pas longtemps. Une autre culture, non
hiérarchisable. Alors oui, que les petits « sauvages » ait accès à l’écriture mais comme un plus, pas au prix du sacrifice de leur culture pour devenir recevables sur le marché de
l’emploi… faut arrêter le massacre !


En plus, un enseignement soi-disant
nivelé, va d’office recréer les différences entre ceux dont les parents peuvent contribuer à l’éducation et ceux qui ne le peuvent pas ou n’en prennent pas la peine.


Je suis donc partisane d’une diversité
des enseignements accessibles à tous. Et qui ne se limite pas à l’école, mais soit une sorte de bain de culture dans lequel tous, de tous âges partagent généreusement leurs connaissances avec
ceux qui le souhaitent dans un esprit de complémentarité et non de concurrence….. et que ce soit amusant… j’ai eu deux profs qui nous disait cela, un de théâtre et un de philo, quand ils nous
donnaient des travaux à faire… « et surtout amusez vous, sinon vous ennuierez les autres… et je crois que de m’être échappée tôt de l’école, à sauvé cela, je continue à m’amuser quand
j’apprends… et j’aimerais qu’il en soit de même pour tous… parce que c’est une richesse inaliénable… et infiniment renouvelable…



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Gilles Deleuze, février 1977.

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