5 septembre 2013 4 05 /09 /septembre /2013 07:51

 

 

 

L’image du jour : protestation contre l’intervention en Syrie au congrès des Etats-Unis source : Fuerte protesta: Manos con sangre detrás de John Kerry mientras hablaba en el congreso de EEUU 

Symbolique des contradictions qui agitent les USA. Kerry qui avait en son temps manifesté contre la guerre au Vietnam devenu le faucon de service, alors que se lève dans l’opinion publique du pays un nouveau courant de résistance aux guerres de l’Empire.

Nous le savons, quelle que soit la position du Congrès l’intervention US en Syrie aura lieu, elle fait partie d’un agenda sans cesse retardé par toutes les formes de résistance qui marquent le hiatus entre théorie et pratique. D’une part un programme global pour le monde et ses habitants qui vise à faire de la planète un lieu entièrement sous contrôle technocratique, un lieu régit par une ingénierie sociale et d’autre part la réalité des habitants qui s’opposent à ce projet et sans cesse en retarde l’application, alors que de nouveau pôles de puissance politique se constituent dans le monde en opposition à sa globalisation.

Au cours des dernières années, j’ai essayé de comprendre ce qu’impliquait ce concept de globalisation, en tant que projet de monde à venir tant à l’échelle planétaire que dans ses retombées dans nos quotidiens. La caractéristique principale de la globalisation est qu’elle repose sur une idéologie qui allie capitalisme et scientisme.

La naissance de la « Science Moderne » comme fiction de possibilité d’une science exacte du monde réel, étendue à la gestion du vivant est à l’origine de cette idéologie. Quand quelques hommes croient pouvoir remplacer Dieu - pour ceux qui y croient ou se substituer à l’évolution naturelle pour ceux qui n’y croient pas.

Un projet tel que pour qu’il fonctionne, il lui faut d’abord remodeler le monde en fonction de lois qui ne sont pas celles de la vie réelle.

Ce projet qui est aussi un projet de contrôle – « Domination du spectre total » sont les termes de l’objectif du Pentagone pour 2020 - n’a cessé de se heurter à l’obstacle intrinsèque que représente  pour lui la vie réelle en tant que source inépuisable d’imprévisible. Au lieu de faire marche arrière et de reconnaître cette erreur fondamentale : la mécanique et la biologie sont des sciences s’appliquant à des êtres différents, la mécanique fabrique ses propres objets, alors que la biologie est la science de l’étant vivant, créé indépendamment de l’intervention humaine, les adeptes du projet se sont enfoncé toujours davantage dans le fanatisme, préférant éradiquer le vivant que renoncer à leur modèle « idéal ».Une relation perverse s’est établie entre « science » et capitalisme, alors que le capitalisme dans sa conquête de pouvoir total, unique et centralisé sur l’ensemble de la planète, et sa visée d’instauration d’une gouvernance technocratique a changé de nature.

Nous le constatons à présent, au quotidien, une concentration de pouvoir inouïe dans le monde se produit, non parce qu’une idéologie aurait conquis les cœurs et les intelligences de ses habitants, mais parce que quelques-uns ont mis en place un système qui leur permet d’accumuler le capital de telle manière qu’ils se transforment progressivement en propriétaires de la planète. Propriétaire de la terre, des personnels politiques, des systèmes d’éducations, des forces de répressions,… Si nous rouvrons le livre de l’histoire en oubliant ce qui nous a été inculqué dans des programmes revus et corrigés par les « Vainqueurs », nous découvrons une réalité fort différente des matrices d’opinion en vigueur.

En lisant les mémoires de la Pasionaria cet été, une évidence m’apparait, si le reste de l’Europe était venue au secours du peuple espagnol en lutte contre l’insurrection fasciste jamais la seconde guerre mondiale n’aurait eu lieu. Au lieu de cela nous voyons les armées allemandes et italiennes intervenir alimentées par les carburants étasuniens alors que les gouvernements européens jouent alors la carte de la « non-ingérence ». La Guerre d’Espagne est bien le premier épisode de conquête fasciste dans le monde, une conquête qui n’a jamais cessé et qui se découvre aujourd’hui comme un courant puissant, transplanétaire, plus puissant que jamais !

J’ai fait quelques autres lectures dont j’aimerais vous parler, ce sera pour plus tard. Mais toutes me conduisent à cette même conclusion : le fascisme est partie intrinsèque de l’idéologie globalisante. Et ceux qui en sont aujourd’hui les héritiers sont aussi les héritiers de ceux qui ont fourni le carburant qui ont permis d’écraser le peuple espagnol, qui ont armé Hitler pour sa guerre « éclair » ou qui ont utilisé les nazis après-guerre pour éradiquer les  « hérétiques » à leur doctrine de la pensée unique. Partout nous pouvons retracer les liens qui unissent à travers la planète ceux qui appartiennent à cette internationale fasciste qui ayant agi dans l’ombre pendant des décennies, après la même période de guerre psychologique, qui impliquait la concentration des principaux médias mais aussi une mainmise sur les programmes scolaires et la pénétration (voir la fabrication) des groupes d’opposition, et la menées d’autres guerres qui conduisait à l’élimination physique des dissidents,  dont le Plan Condor en Amérique Latine est sans doute une des manifestation les mieux documentées.

Le spectre du Stalinisme agité pour discréditer tout projet de gauche possible a fait long feu.

Je vais encore m’attirer les foudres de ces ignares petits crétins antifas qui se prennent pour les nouveaux zorros sans bien comprendre quelle cause ils servent réellement, Je ne suis plus certaine que l’étiquette « gauche » soit accolable à mon actuelle conception du monde. Non que sois plus recevable à mes yeux quelque projet de droite que ce soit, mais que j’entends ce message venu des peuples d’Amérique Latine, creuset d’un nouveau monde possible : »Les notions de gauche et de droite sont encore et toujours celles issues de la culture des colonisateurs. Que nous importe à nous, leur position dans l’hémicycle après une révolution qui n’est pas la nôtre, qui n’est pas de nos civilisations, qui n’est pas de notre culture »

Et la question est donc d’aller au-delà de ce concept de gauche, en intégrant d’autres valeurs qui ne sont certes pas les valeurs discriminatoires ethniquement et socialement de la droite, mais partant, comme le proposent ces peuples, de l’existant et de l’unité de base qui est la commune, non pour réaliser un programme pré écrit mais bien pour inventer collectivement ce programme selon les contingences, besoins et désirs réels ainsi que l’expriment de nombreuses personnes rencontrées cet été dont certaines ont une démarche active en ce sens : « Ce monde d’avant, il faudra bien qu’on y revienne ». Il est certain que l’insatisfaction est à présent la chose au monde la mieux partagée avec l’angoisse de cet avenir incertain dont plus personne ne sait ce qu’il nous réserve. Particulièrement pour ceux toujours plus nombreux qui ne croient pas aux actuelles légendes au sujet de la Syrie et s’interroge sur les buts réels d’une intervention US officielle, qui semble-t-il est programmée pour avoir lieu envers et contre tout et tous,  sachant que le premier tir US est capable de déclencher un embrasement régional susceptible de s’étendre à d’autres régions de la planète, Europe en tête, dont nous savons déjà à travers de nombreux exemples dont ceux précités de la guerre d’Espagne et de la dite Seconde Guerre mondiale ont été organisé par les pères idéologiques de ceux qui assassinent aujourd’hui la Grèce l’Espagne, et autres pays… Et tous les éléments se mettent en place pour permettre d’étendre la mortelle pressurisation financière des Peuples à l’ensemble du continent : misère et contrôle social.

A la lumière de cela, et d’une lecture de l’histoire un peu moins naïve que celle qui nous est inculquée dans les manuels scolaires et autre fabriques de matrices d’opinions et qui nous enseigne que ces pères idéologiques déjà deux fois par le passé, première et seconde guerres dites mondiale n’ont pas hésité à sacrifier les peuples d’Europe à leurs intérêts, et il est plus que douteux à constater la désinvolture avec laquelle ils plongent toujours d’avantage notre continent dans le chemin vers une mortelle misère que de tels scrupules à présent les habitent,

Oui, il a de quoi être extrêmement inquiet ! Les simulations artificielles des guerres telles qu’elles se pratiquent actuellement ont démontré que dans la pratique elles se heurtent à un élément imprévisible dans leurs calculs, la force de résistance des peuples qui stimule leur intelligence et leur inventivité. Dans la souffrance, la mort et la destruction les consciences se réveillent. Puissions-nous éviter d’en arriver là ! Les mains ensanglantées qui se lèvent derrière Kerry sont aussi des mains tendues vers tous ceux, et ils se comptent par centaines de millions, qui sont en toute conscience opposés à une intervention US officialisée en Syrie. La guerre, toujours produit d’étranges alliances. Celles qui se nouent entre ceux qui sans pourtant être susceptibles de se mettre d’accord sur un projet d’avenir ont un ennemi commun.

C’est à présent une question centrale : Quelles sont les alliances recevables sans risque de nous perdre ? Comment les nouer de telle manière à constituer une barricade de l’opinion publique contre le danger d’embrasement de la planète ?

Anne W.

 


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Published by Anne Wolff - dans anne humeur du jour
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Gilles Deleuze, février 1977.

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