2 février 2014 7 02 /02 /février /2014 16:02

 

Deux élections présidentielles aujourd'hui en Amérique Latine, Costa Rica et El Salvador, deux élections dont les campagnes ont vu une montée à gauche, mais mon suivi approfondi des récentes élections au Honduras, un montage qui comptait au moins 1O formes de fraudes, pressions, menaces, agression et achats de vote, le tout sous égide assumé des USA, qui se comportaient en porte-parole du gouvernement hondurien, je suis dubitative.

Les méthodes de fraude électorale et de confiscation des votes, quand on y met les moyens ne manquent pas et nous savons que les USA corporations ne manquent pas de fonds quand il s'agit d'assurer "leurs intérêts et leur sécurité"

 

"Une victoire du Front élargi permettrait de faire le ménage dans l'État et de renforcer le secteur public"
Entretien avec William Rodolfo Ulloa, secrétaire général et chef de campagne du Front élargi pour les élections du 2 février au Costa Rica



Giorgio Trucchi

Traduit par  Fausto Giudice Фаусто Джудиче فاوستو جيوديشي

 

 

 

Ce 2 février environ trois millions de Costaricains sont appelés à voter pour choisir un successeur à la présidente Laura Chinchilla et les 57 membres de l'Assemblée législative (2014-2018).

Le parti du Front élargi, fondé en 2004 par des membres éminents de la gauche costaricaine, comme José Merino, Eduardo Mora Valverde et Patricia Mora, présenté comme candidat à la présidentielle le jeune (36 ans) député José María Villalta. Son plan de gouvernement a comme priorité de réduire les inégalités sociales et de lutter contre la pauvreté.

Les deux autres candidats qui, selon de récents sondages, ont la chance de gagner sont Johnny Araya  du PLN (Parti de libération nationale) de la présidente sortante Chinchilla et Otto Guevara du MV (mouvement libertaire) de droite.

Pour William Rodolfo Ulloa, secrétaire général et directeur de campagne du FA (Frente Amplio =Front élargi), Villalta a de fortes chances de gagner l'élection dès le premier tour.

 

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- Quels sont les principaux axes du programme de gouvernement du Frente Amplio?

- WRU: Il y a trois axes clés. Le premier est de sauver la sécurité sociale, en particulier, la Caisse costaricaine  de sécurité sociale, en renforçant ses capacités de gestion, en arrêtant le processus de privatisation et de concession du service de santé et en la dotant de ressources financières pour une viabilité à long terme. Le deuxième est de renforcer le ministère du Travail et de la Sécurité sociale, pour qu'il puisse remplir sa mission d'inspection des conditions de travail, garantir le paiement de salaires minima, faire respecter les garanties de travail contenues dans la loi et la défense des droits syndicaux inscrits dans la Constitution.

Enfin, le troisième axe est la relance de la production nationale axée sur le marché intérieur, la promotion des initiatives de micro, petites et moyennes entreprises (MPME), les coopératives autogérées, des entreprises communautaires, en particulier celles constituées par des  femmes, les jeunes, les personnes handicapées et les chômeurs  adultesde longue durée.

 

- A quelques jours du vote José María Villalta se présente comme le challenger du candidat officiel.  Vous vous y attendiez? Quels sont les éléments qui encouragent les gens à voter pour le FA?

- WRU: Nous avons perçu dans la population une montée de  la colère et du rejet du parti au pouvoir (PLN). Cependant, au début octobre, la réalité a dépassé nos perspectives officielles. Il ya plusieurs facteurs objectifs et subjectifs qui pourraient expliquer cette situation.

Le modèle néolibéral actuel n'a pas prouvé ses avantages supposés pour  la population, au contraire, il a créé un fossé social qui se caractérise par le maintien, en moyenne, de 20% des Costaricains dans la pauvreté. Il a également conduit à une mainmise croissante des entreprises sur  l'État se traduisant par de la corruption. Le PLN leur présente pour ainsi dire la facture  parce que, durant ses deux mandats, il ya eu beaucoup d'actes de corruption qui n'ont pas reçu de réponse vigoureuse.

Il y a aussi certains éléments qui jouent en faveur du FA la jeunesse du candidat qui a soulevé l'espoir d'un changement de cap, une pratique politique constante défense des intérêts populaires et une trajectoire parlementaire de huit ans pendant lesquels on n'a pas pu citer un seul acte de corruption.

En outre, les propositions de programme ont reflété la plupart des aspirations de préservation de l' État social qui caractérise le développement historique du Costa Rica pendant une bonne partie du XXe siècle, et qui a été érodé par les agissements des gouvernements PLN et PUSC à partir de 1986.

 

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- La campagne de dénigrement : qui l'a développée et comment ?

- WRU: Cette campagne a pris trois formes. La première est une campagne systématique orchestrée par une partie des patrons liés  au PLN, qui s'est donnée pour  tâche de contraindre leurs salariés à ne pas voter pour la FA, affirmant que s'il était au pouvoir, les entreprises fermeraient et il y aurait des licenciements. Cette situation est la plus grave, vu qu'elle se base sur un rapport de force inégal, clairement en violation des règles démocratiques, à la fois du Code du travail et du  Code électoral.

Nous avons identifié plusieurs opérations: emails  d'Avon Costa Rica, Subway Costa Rica et TIPS,  qui ont été signalés et ont entraîné une procédure du  Tribunal électoral suprême. Dans d'autres cas, nous n'avons pu déposer de plainte, puisque le tribunal exige que la plainte soit signée, ce qui bien évidemment conduirait  à des représailles.

Le deuxième axe de campagne sale est venu d'une partie des médias. Beaucoup d'articles et d'éditoriaux ont brandi  la bannière de l'anti-communisme comme on ne l'avait pas  vu au Costa Rica depuis les pires années de la guerre froide.

Le troisième provient de groupes religieux conservateurs, qui ont exacerbé les sentiments religieux sur des questions comme l'avortement, la fécondation in vitro ou le mariage de personnes du même sexe. Ils en sont arrivés à distribuer des tracts à la sortie des offices religieux, appelant explicitement à voter contre le Front élargi. Nous avons des informations selon lesquelles que dans certaines congrégations évangéliques on a fait la même chose.

- Quel est le message du FA à la classe ouvrière?

- WRU: N'ayez pas peur, sachez que le FA sera un allié solide et loyal. Exercez sans peur votre droit de choisir le président que vous considérez comme le  mieux à même de défendre vos intérêts et les intérêts généraux de notre peuple. Le vote est secret et de nombreux Costaricains sont morts pour ce droit dans le passé. Il s'agit d'un moment comme il y en a peu dans l'histoire d'un pays, et il s'agit de choisir entre la continuité du néolibéralisme et changement, représenté par le progressisme du FA.

 

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- Sur José María Villalta et son parti, on a dit de tout : qu'il est chaviste,  communiste, sandiniste, qu'il va détruire le pays. Comment pourriez-vous expliquer ce qu'est le FA, sa proposition et son programme ?

- WRU: Le Front élargi est un parti politique qui se situe à gauche, de manière explicite et nous l'avons toujours dit. Cependant, nous croyons que ces ismes  soient des étiquettes valables pour un parti quel qu'il soit. Notre projet est de viser à la construction d'un socialisme démocratique, en conformité avec les caractéristiques historiques, économiques, sociales, politiques et culturelles de notre pays et de sa société. En ce sens, nous ne cherchons à transférer  de manière mécanique l'expérience d'aucun autre pays d'Amérique latine.

Nous avons dans nos rangs des ex-militants du Parti communiste, mais nous avons aussi des gens qui se définissent comme sociaux-démocrates, sociaux-chrétiens, écologistes, féministes.

En bref, comme notre nom l'indique, nous sommes un parti qui rassemble un grand nombre de sensibilités convergeant dans le but commun de construction du «socialisme à la tica". {Les Costaricains s'appellent eux-mêmes les Ticos et Ticas, NdT]

Notre programme est de chercher à reprendre le chemin de la lutte contre la pauvreté, les inégalités sociales, pour une meilleure répartition des richesses, la création d'emplois et redonner du muscle à l'État pour l'exécution des travaux publics et le contrôle de l'économie, donnant du pouvoir aux communautés dans toutes les questions relatives à la production, l'exécution, le suivi et l'évaluation des politiques publiques.

 

- Que signifierait pour le pays une victoire de Villalta et du FA ?

- WRU Une victoire du FA signifierait, avant tout, l'arrivée d'une option permettant faire le ménage dans l'État et de renforcer le secteur public, en révisant l'équation État-marché, comme ce qui a été proposé dans d'autres pays, par exemple le Chili.

- Vous sentez-vous sûrs de vous au FA, même dans en cas de second tour ?

- WRU: Absolument

- La politique étrangère. Que proposez-vous et quelle position aurait le FA face à des processus unitaires que le SICA (CA4-Parlacen-CCJ), ALBA, Petrocaribe et CELAC ?

- WRU: Le Costa Rica a assumé la présidence temporaire de la CELAC (Communauté des États d'Amérique latine et de la Caraïbe), une organisation dans laquelle nous sommes pleinement engagés et espérons approfondir notre implication.

Le SICA est un outil fondamental pour les pays d'Amérique centrale, cependant, une entrée au Parlement centraméricain n'est pas dans nos objectifs à court terme, et nous ne l'envisageons pas dans notre plan de gouvernement. Fondamentalement, c'est quelque chose qui implique une série de changements constitutionnels qui, dans  notre pays, ne sont pas un processus facile et impliquent des négociations assez complexes.

Cependant, nous souhaitons aller au-delà de l'intégration commerciale dans des domaines qui ont été jusqu'à présent au second plan, comme les droits humains, la protection des écosystèmes régionaux, le développement social et économique, la réduction de la pauvreté, la coopération dans la la santé et l'éducation, la promotion de la culture et, en général, la coordination des positions communes dans les négociations politiques avec d'autres pays et blocs régionaux.

En ce qui concerne Petrocaribe, nous avons un intérêt particulier à évaluer la pertinence de l'intégration économique et politique dans cette instance. Dans l'ensemble nous avons soulevé la nécessité de renforcer les relations commerciales et les programmes de coopération avec tous les blocs économiques régionaux, en particulier avec les pays d'Amérique latine, en accordant un intérêt particulier au  MERCOSUR.

En ce qui concerne l'UNASUR, nous voulons approfondir le dialogue politique et contribuer par  notre diplomatie à renforcer cette instance.

- Enfin, comment allez-vous  aborder les questions sensibles telles que la monoculture, la souveraineté alimentaire, l'utilisation de pesticides et d'OGM ?

- WRU: Pour les monocultures, nous disons dans notre plan de gouvernement que nous décrèterons un moratoire sur l'expansion de la monoculture, notamment de l'ananas. Cela ne signifie pas une  interdiction mais tout simplement de ne pas augmenter leur surface. Nous soutiendrons également les municipalités qui ont limité l'expansion des  monocultures en utilisant leurs prérogatives légales en matière  d'administration foncière.

La question des OGM est aussi quelque chose que nous prenons très au sérieux. Nous allons soutenir les municipalités qui ont décrété  leurs territoires sans OGM. Nous chercherons à  faire adopter une loi déclarant un moratoire indéfini pour la plantation et la dissémination d'organismes génétiquement modifiés, tant qu'aucune preuve scientifique convaincante et vérifiée n'aura pas été fournie qu'ils  ne nuisent pas à l'environnement. En outre, il faut protéger la biodiversité agricole des semences traditionnelles, les considérant comme un patrimoine de l'humanité qui ne peut pas être soumis à brevet commercial.

Face à la situation consistant à être  l'un des pays ayant la plus forte utilisation de produits agrochimiques potentiellement toxiques, nous proposons de développer la  production biologique et agro-écologique en recyclant les nutriments et l'énergie de l'exploitation agricole, intégrant la production agro-pécuaire.

Enfin, la souveraineté et la sécurité alimentaires sont un élément clé de notre plan de gouvernement. Par conséquent, notre politique dans ce domaine vise à assurer une autosuffisance raisonnable en matière de  production agricole alimentaire.

 


 





Merci à Tlaxcala
Source: http://nicaraguaymasespanol.blogspot.com/2014/01/costa-rica-una-victoria-del-frente.html

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Published by Anne Wolff - dans Sud Amérique
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