23 novembre 2012 5 23 /11 /novembre /2012 14:10

 

 

 Dormir avec l’ennemi ou l’invasion silencieuse. 

  

Par Stella Calloni 

  

 

  Partie I

Le déploiement menaçant de la IVème flotte des EU, réactivée comme un signal de guerre préventive pour notre continent, ne doit pas nous faire perdre de vue l’invasion silencieuse d’une avancée en nombre de fondations aux noms forts attractifs qui font allusion à la démocratie, la liberté, la transparence et jusqu’à des thèmes humanitaires et qui forment un véritable réseau en toile d’araignée dans la région

Cette présence sous couverture et dans tous les cas qualifiée faussement d’effort de « démocratisation » déploie un réseau de dimensions surprenantes.

Il est important de savoir comment se sont étendues ces fondations qui correspondent aux secteurs les plus fondamentalistes de Washington ; agissant comme de vrais « Chevaux de Troie », finançant des centaines d’organisation non Gouvernementale (ONG)

 Beaucoup d’entre elles ne savent même pas d’où viennent les fonds d’appui, de coopération ou de simple et actif financement destinés à des moyens de communication, des groupes politiques, des entités dans toute les secteurs comme les campagnes, l’industrie et autres.

Il est certain qu’il existe des ONG qui sont hors de ce contexte. Et répondent à d’autres projets avec des financements généreux et désintéressés mais elles sont minoritaires.

 La liste des ONG qui dépendent des fondations “centrales “ comme l’Agence Internationale pour le Développement (USAID) ou la National Endowment Foundation (Ned) est interminable.

La NED et d’autres organisations similaires nous apparaissent comme des organisations destinées à « financer » la démocratie. En plus, il y a les organisations européennes, qui dépendent des mêmes centrales des EU et d’autres, nées parfois d’alléchantes propositions des  sociaux-démocrates, qui dérivent en institutions clés pour la droite mondiale.

 C’est important de connaître les connexions de la USAID et de la NED plus connues comme la face sociale de la CIA depuis les années 80 et qui en ce moment sont en passe d’être soumises à enquête par plusieurs congressistes étasuniens pour leur agissements en Bolivie. Elles sont accusées d’appuyer et financer le putschisme et les violents et tragiques évènements dirigés par des préfets, des entrepreneurs et des politiciens de droite de la Media Luna contre le président Evo Morales.

Deux fondations travaillant activement en Argentine, de manière officielle à financer des projets et mouvement démocratiques et en en créant d’autres sous des noms divers  

 L’une d’entre elle est la « Fundacion Libertad » qui a fait racine dans plusieurs provinces mais aussi s’est développée de manière significative dans une des villes les plus importantes de l’Argentine, Rosario.

Crée en 1988 par un groupe « d’entrepreneurs professionnels et d’intellectuels », ainsi se présente-t-elle sur sa propre page, elle développe une activité qui est reliée à plus de 200 entreprises privées et se dédie à des cours, des séminaires, des conférences, études et publications, « ainsi qu’à manifester une intense présence dans les médias à travers des rubriques et des programmes spécifiques »disent ses propres termes.

Elle est étroitement associées avec  d’autres institutions, notablement son association avec la “Heritage Foundation”; la même dont les membres ont été des éléments clés dans la rédaction de ce qui est connu comme les « Documents de Santa Fe, un, deux, trois et quatre, entre autres, qui tracent les plans de la politique extérieure étasunienne depuis la vision plus obscurément ultraconservatrice et interventionniste dans notre région.

Les séminaires organisés par la Fondation Libertad avec « Heritage » ont pour participants les figures majeures du néo conservatisme et les faucons étasuniens.

 La Fondation Libertad est associée d’autre part  avec ses paires comme la Fundation pour l’Analyse Economico Sociale (Faes) que dirige l’ex président d’Espagne Jose Maria Aznar et liée au Parti de Droite, le Parti Populaire ; ou à la Fondation Internationale pour la Liberté présidée par l’écrivain Pérouano-Espagnol Mario Varga LLosa, qui a consacré son talent à servir le plus obscure du fascisme mondial et qui ces derniers temps occupe des tribunes pour dénigrer les gouvernements d’Amérique Latine qui ne sont pas alignés servilement sur Washington. Le réseau se multiplie et le travail conjoint produit ses effets sur différent fronts.

Il faut également se souvenir de la très active Atlas Foundation, un de ses héros dont est l’ex président des EU, Reagan, à présent décédé et qui joint à son associée britannique Margaret Thatcher incarnait la perverse splendeur de la révolution néoconservatrice qui signifia une tragédie pour nos pays et le monde dans les années 80.

 Chaque nom de ces fondations associées, tant mondiales que locales, nous conduit au centre de résonance d’une pensé d’extrême-droite et à un plan hégémonique qui nous accapare également. Une des plus actives fondations satellites est Pensar, intégrée par une grande quantité de députés et politiques de la droite Propuesta Republicana (Pro) que dirige l’actuel chef du gouvernement de la cité de Buenos Aires, Mauricio Macri.

Le grand coup de cloche fut donné par la Fondation Liberté cette année spécialement lors de l’organisation su séminaire international au sujet des Défis en Amérique Latine qui   se tint entre les 26 et 28 mars à Rosario et qui réunit des personnages comme Roger Noriega - qui fut sous-secrétaire pour l’Amérique Latine du Gouvernement de Georges W. Bush - malgré les critiques portées sur ses antécédents néfastes et criminels dans la région. S’y retrouvèrent également Vargas Llosa, Aznar et d’autres personnages de l’internationale de la Droite du monde comme les ex présidents Vincente Fox du Mexique, Francisco Flores de El Salvador, Luis Alberto Lacalle (Uruguay), Osvaldo Hurtado Larrea (Equateur), Jorge Quiroga (Bolivie), Sebastian Piñera (Chili) et parmi d’autres le journaliste et depuis longtemps homme de la CIA, l’étasunien Carlos Alberto Montaner.

Soutenaient également ce séminaire, des fondations comme la Newman d’Allemagne, Cato, Manhattan Institut, Libertad et Desarollo (Chili) entre autres. Lire la liste des invités nous donne une meilleure vision des dangers auxquels nous nous exposons par ignorance, méconnaissance ou complicité.

Durant ce séminaire l’Amérique Latine fut analysée, dans laquelle, disent–ils ! « Coexistent des expériences encourageantes avec des modèles autoritaires et anachroniques » Ils fustigèrent les gouvernements soi-disant « populistes » qui sont en réalité tous élus par la volonté d’une majorité populaire.

 Selon les organisateurs de cette réunion l’objectif était de « provoquer » des débats entre intellectuels, politiques, référents culturels avec les «think tank (tanks de la pensée) des principaux pays de la région. Mais bien évidemment des tanks de la pensée qui soient en affinité avec Washington

Le scénario implique l’une ou l’autre figure destinée à donner une impression de « pluralité » qui est totalement fausse.

 

 ETRANGES COINCIDENCES

Le Congrès de la Fondation Liberté coïncida avec l’ouragan qui devait bientôt arriver dans le pays sous forme de  Lockout patronal de quatre entités de la campagne qui analysé dans tous ses aspects fut un conflit sur dimensionné et sur actué avec une trame de fond ouvertement « destituante » qui laissa de sérieuses conséquences dans sa tentative d’affaiblir le gouvernement.

Ce n’est pas une coïncidence si dans l’année 2005 précisément, c’est créé, au sein de la Fondation Liberté, le centre de Gestion de l’Agriculture et de l’Elevage considérant que « historiquement, Rosario fut une des régions les plus dynamiques et de plus grande croissance économique du pays (…) et qu’elle s’acheminait vers un énorme développement à partir du potentiel  de son complexe agroindustriel et de sa localisation stratégique. »

Selon ce que disent les concepteurs du Centre, celui-ci prétend être cercle de connexion entre  les différents acteurs des secteurs de l’agriculture et de l’élevage qui permettra d’aborder la thématique de Gestion et Management spécifique du secteur agro-éleveur et Agroindustriel, producteurs, approvisionnements, corridors d’exportation, entreprises fournisseuses de facteurs de production etc. Sont invités à ces forums des grands, moyens, et petits producteurs avec la participation de conférenciers toujours surprenants.

 

 Officiellement, l’engagement du Centre face au futur “est de continuer ses efforts qui tendent à défendre les idées de la liberté (dans le concept étasunien de celle-ci) comme facteur de développement, promouvoir la croissance de la région et promouvoir le débat intellectuel autour des problèmes socio-économique, politiques et culturels concernant la citoyenneté. Il y a matière à s’interroger sur ce que signifient les concepts de liberté et de démocratisation, si nous nous en tenons à ce que proposent les organisations centrales dont dépendent ces fondations, si consubstantielles  du pouvoir mondial et de l’interventionnisme actif.

 Il serait intéressant d’étudier ce qui advint depuis 2005 de cette “bonne aide et conseil, et jusqu’où dérivèrent les modèles de base et les accords avec les brillants « hommes de la campagne » comme ils sont appelés aujourd’hui par euphémisme et qui ont trouvé un si bon appui dans leur « rébellion  agraire » et leurs « plans de lutte » avec pénuries inclues.

 Il existe d’autres coïncidences aussi suggestives. Dans la semaine du 18 au 26 septembre, la Fondation Liberté a réalisé un Congrès économique provincial pour traiter d’un thème du moment « le fédéralisme » qui est aujourd’hui à la mode, selon les critères de fédéralismes que préconisent les préfets putschistes de Bolivie. Pour la fermeture de ce Congrès fut invité le vice-président de la nation, Julio Cleto Cobos, en exercice de la présidence en l’absence de la mandataire Cristina Fernandes de Kirchner qui était en voyage aux Etats-Unis pour assister à l’Assemblée de l’ONU. Cobos s’est durement opposé au gouvernement dont il fasait partie et de cette manière le message fut fort clair. La Fondation soutenait le lockout patronal et dans leurs forums il y eu de dures attaques contre la présidente. Quelque chose de différent de ce qui se passe dans d’autres pays ?

 

 POLITIQUE EXTERIEURE

 

La Fondation Liberté est également préoccupée par les relations de l’Argentine avec d’autres pays. Par exemple, le Venezuela. Dans un article publié dans ses pages, il est question des « Implications de l’amitié de l’Argentine avec Hugo Chavez » thème qui partage « la préoccupation » du gouvernement de Bush.

Il est dit dans leur analyse que « Chavez a démontré en plus d’une occasion qu’il était prêt à tout dans le but d’étendre sa révolution réactionnaire, jusqu’aux extrémités qui consistent à défendre des guérillas antidémocratiques dans les pays voisins (on suppose en Colombie) et d’interférer directement et illégitimement dans la politique interne de divers pays latino-américains.

« Se joindre à Chavez signifie pour l’Argentine (…) un obstacle de plus dans sa recherche de transparence et d’institutionnalité » comme le démontre la valise (diplomatique ?) de Antonini Wilson (agent de la CIA et du FBI NR), il soupçonne que Chavez ait financé les campagnes des Kirchner (…). « D’autre part l’alliance avec le Venezuela de Chavez, pour le moins sous la forme de subordination au moyen de l’endettement coûteux comme le pratiquent les Kirchner, implique pour l’Argentine une prise de distance avec les pays qui dans le monde font les choses bien, qui renforcent leurs institutions démocratiques et se sont développés » On suppose qu’il est fait référence aux pays subordonnés aux Etats-Unis et au renforcement « démocratique » comme celui que promut Bush en Irak fondé sur plus d’un million de morts.

 Et cela ? Cela ne se nomme-t-il pas ingérence ?

 

Source espagnole : Durmiendo con el enemigo o la invasión silenciosa « La Historia Del Día

Traduction Anne Wolff


 

Dormir avec l’ennemi ou l’invasion silencieuse.Par stella calloni. Partie 1

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