4 octobre 2013 5 04 /10 /octobre /2013 15:37

Le philosophe Leibniz écrivait déjà au 17ème siècle que nous ferions mieux de regarder du côté des castors, pour construire nos sociétés sur des modèles de coopération plutôt que de concurrence. Le mythe de la concurrence comme loi universelle de la nature est une insulte à la biologie réelle. La concurrence est une forme largement minoritaire dans les processus qui ont permis l'évolution qui a nécessité toutes les symbioses, synergies et coopérations intra et inter spécifique pour se produire.

Et voici qu’à présent ce sont les bactéries qui nous donnent des leçons en ce sens !

 

De la solidarité bactérienne face aux antibiotiques...


Confrontées aux antibiotiques, des bactéries développent des systèmes de communications chimiques permettant aux plus robustes de transmettre leur résistance aux plus faibles.

Bactérie résistance

La communauté scientifique pense généralement que l'apparition d'une résistance aux antibiotiques au sein d'une population bactérienne est exclusivement le fruit de mutations génétiques aléatoires. Depuis peu, cependant, quelques voix s'élèvent pour mettre à mal ce modèle un tantinet simpliste et promouvoir ce qu'on appelle l'hétéro-résistance (rien à voir avec l'orientation sexuelle des bactéries).

Les bactéries font de la résistance...

Et le doc' Miguel Valvano, chercheur au Centre for Human Immunology and Department of Microbiology and Immunology, au Canada, vient d'en rajouter une louche, au détour d'un article détonnant publié dans Plos One. Son équipe a en effet mis en évidence que les bactéries les plus résistantes aux antibiotiques produisent des petites molécules à destination des bactéries les plus sensibles des environs. Petites molécules qui aident les cellules les plus faibles à se défendre contre les antibios. Et ce mécanisme peut impliquer diverses variétés de microbes (B. cenocepacia, Pseudomonas aeruginosa et E. coli), dont certaines pathogènes pour l'homme.

Selon Omar El-Halfawy, co-auteur de l'étude, "ces molécules peuvent être utilisées et produites par pratiquement toutes les bactéries [...] Elles peuvent être considérées comme un langage universel qui pourrait être compris par la plupart des bactéries [...] La prochaine étape est de trouver des moyens pour inhiber ce phénomène".

[Sources : plosone.org, techno-science.net, bulletins-electroniques.com]

(Article publié sur le site "Les mots ont un sens")

 

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"Le vieux fascisme si actuel et puissant qu’il soit dans beaucoup de pays, n’est pas le nouveau problème actuel. On nous prépare d’autres fascismes. Tout un néo-fascisme s’installe par rapport auquel l’ancien fascisme fait figure de folklore […].

Au lieu d’être une politique et une économie de guerre, le néo-fascisme est une entente mondiale pour la sécurité, pour la gestion d’une « paix » non moins terrible, avec organisation concertée de toutes les petites peurs, de toutes les petites angoisses qui font de nous autant de microfascistes, chargés d’étouffer chaque chose, chaque visage, chaque parole un peu forte, dans sa rue, son quartier, sa salle de cinéma."

 

Gilles Deleuze, février 1977.

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