7 mars 2014 5 07 /03 /mars /2014 09:58

 

 

 

DoucheFLUX ASBL

  Il est question des difficultés rencontrées pour l’installation d’un Centre de Jour pour personnes sans-abri, qui offre la possibilité de garder cette dignité d’une bonne hygiène en offrant aussi des douches, et des machines à laver.

(…)DoucheFLUX favorise la revalorisation de soi et la confiance en soi, ingrédients indispensables à l’autonomisation / la réinsertion de la population fragilisée.

Voici ce que j’en pense

 

 

Nous avons en Belgique une loi magnifique qui date de 1993, la « loi d’urgence contenant un programme pour une société plus solidaire ». Cette loi dit que les bâtiments vides, en priorité ceux appartenant aux pouvoirs publics, doivent être mis à la disposition de personnes sans abri. En 2010, cette loi avait été appliquée 2 fois. Il y a aujourd’hui en Belgique bien plus de bâtiments vides que ne pourraient en occuper tous les sans-abri réunis.

Je ne sais pas comment est fait le décompte des sans-abri en Belgique actuellement, il y a quelques années, les associations se partageaient le terrain et les dénombraient chacune dans un secteur, ce qui donne une sous-évaluation. Squat éphémère, les bonnes planques (dormir dehors, c’est dangereux), les « à gauche et à droite), avec les bonnes âmes qui transforment leur logement en dortoir pour les amis dans la galère… etc…

Mais surtout, le vrai problème, pour beaucoup n’est pas de retrouver une confiance en soi, c’est dans la société qu’ils n’ont plus confiance. Après avoir suivit le parcours du combattant de celui qui n’a plus rien, après s’être lassé d’avoir du se définir face à des assistants sociaux contrôleurs dans des termes qui ne sont pas les siens, pour être recevable, c’est dans la société que les gens qui vivent cette situation n’ont plus confiance. Ils ont vu le dessous des cartes, ils ont compris les mythes et les mensonges d’une « lutte contre la pauvreté » qui est d’abord une lutte contre les pauvres et une sorte de crible qui sert à discriminer ceux qui sont réutilisables pour les emplois de la société néo-libérale (fasciste) de ceux qui ne le sont pas. Certaines communes vont jusqu’à organiser des stages d’apprentissage de la « soumission au principe de subordination » qui caractérise « le droit du travail ».  Il y a alors une rupture irréversible… on ne la leur fait plus…

Il m’aura fallu le temps pour que le déclic se fasse et pour que j’identifie, ce point commun, à beaucoup de ceux qui tentent de survivre, dans un monde qui leur a clairement signifié que s’ils n’acceptent pas le reconditionnement des nouveaux conformismes, il n’y aura plus de place pour eux, et ils peuvent tout aussi bien crever, inutile, poids social, rebut de la société, charge, sont les mots qui les désignent de plus en plus couramment à présent…

Pour ne pas se voir exclure des maigres revenus qui leur permettent de survivre, un chemin leur est tout indiqué, il leur reste à médicaliser "leur" problème. C’est évident non, ils ne sont pas « normal » et qui n’est pas normal, c’est devenu une sorte d’obligation sociale, doit se faire soigner. Et les suites sont dramatiques, entre les médicaments qui décervellent, mais surtout déconnectent les volontés de se rebeller, entre l’alcool pour que le temps passe autrement, entre les autres drogues comme celles qui vous donne pour un moment le sentiment d’exister vraiment, commence une agonie plus ou moins prolongée dans le temps. C’est « la chronique d’une autodestruction induite ».

Pour tous ceux là, dont tellement sont bourrés de talents, mais inaptes à l’emploi, ou simplement de bonne volonté, tout plein de richesse à apporter dans une convivialité, il n’y a qu’une seule issue : c’est la société qui doit changer.

Seulement voilà, la société change dans l’autre direction, celle de toujours plus d’exclusion de ceux qui ne sont pas conformes, de ceux qui ne se soumettent pas aux normes, soit qu’ils n’en soient pas capables, soit qu’ils ne veulent pas, souvent les deux.

Les dernières décennies ont connu un véritable effacement de la marge. Un réaménagement du territoire qui ne laisse plus de place à l’imagination, à l’invention d’autres possibles. Pour rendre confiance en la société à tous ceux qui ont « bénéficié » souvent par la force des choses, de ce plus de lucidité irréversible, il n’y a qu’une solution : c’est la société qu’il faut changer.

Ce qui ne diminue pas l’apport positif incontestable, de ce droit à la dignité que constituent des douches et des lieux de rencontre… mais cela reste du moins pire. Et même pour cela, il faut mener combat contre les "autorités", pour le confort moral desquelles il est plus confortable de penser que ce sont de véritables d'infra-humains qu'elles assainissent ainsi la société. Un vrai cauchemar !

Anne

PS : c'est déjà une vieille habitude aux USA, cela le devient en Espagne, pour ceux qui ne trouvent pas à se loger, ou pour ceux qui ont de véritables problèmes mentaux et plus d'hôpitaux ou se soigner,  il reste les prisons, toujours d'avantage gérées par des sociétés privées qui s'enrichissent de ce commerce. Certaines sont des leiux de travail obligatoire qui correspondt à une nouvelle forme d'esclavage. Je vous donne quelques lien, bien trop peu pour rendre la totalité du problème mais aussi pour démontrer ce que de nombreux indicateurs dénoncent la mise en place d'un système où les prisons jouent le rôle de lieu d'enfermement de la différence. Comme dit Angela Davis :
“Les prisons ne font pas disparaître les problèmes, elles font disparaître les êtres humains.


et c'est bien ce modèle qui se met en place, une invisibilisation des pauvres  mis en prison, ou contenus dans le ghettos de quartiers de misère entourés de barrages et barrières dont on ne sort qu'en montrant "patte blanche" au gardiens de service. Il faudrait que je vous parle un peu del'Espagne, et des cris d'alerte que lancent dans ce pays ceux qui voient s'installer chez eux ce cauchemar étasunnien, la prison pour les pauvres, pour celui qui vole un pain.

Et tout cela me ramène en droite ligne au Honduras et au Venezuela, aux ghettos, aux "quartiers sûrs", dont je vous parlerai ensuite, une même main derrière des pratiques identique du gouvernement (issu d'unputsch) du Honduras et des puschistes actuels au Venezuela ....


 

A ce sujet :

 

 

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Gilles Deleuze, février 1977.

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